CHAPITRE 1
C'était arrivé en pleine salle du conseil, alors qu'Arthur était assis à la Table Ronde, entouré de tous ses chevaliers.
Jamais le Roi n'aurait pu imaginer ce qui l'attendait ce matin-là.
Jamais il n'aurait cru que ce jour, qui jusque là avait ressemblé à n'importe quel autre, deviendrait soudain celui où le monde s'effondrerait sous ses pieds.
Pourtant, il avait suffi d'un instant pour que tout bascule, irrémédiablement.
Et Arthur n'avait rien vu venir – à aucun moment. Il avait été aveugle, encore une fois.
Merlin avait une mine affreuse depuis l'aube, bien sûr. Mais cela n'avait rien d'étonnant. Comment Arthur aurait-il pu imaginer que la triste figure de son serviteur ait quoi que ce soit à voir avec d'obscurs projets d'assassinat qu'il fomentait en secret à son encontre ?
Gaïus venait tout juste de mourir, après tout !
Arthur savait que Merlin considérait Gaïus comme son père et il éprouvait une profonde sympathie pour son ami dans le deuil qui l'affligeait. Il ne se souvenait que trop bien du sentiment de perte qu'il avait ressenti quand son propre père était mort, un an auparavant...
Bien sûr, les circonstances étaient différentes : Uther était décédé des suites des blessures que lui avait infligées un assassin, et des maudits enchantements d'un vieux sorcier fourbe.
Il avait eu une mort terrible.
Gaïus, lui, était parti en paix, pendant son sommeil, ce qui était pour Arthur une grande consolation.
Mais le résultat était le même : comme Arthur avant lui, Merlin se sentait maintenant orphelin – privé de la présence rassurante de son mentor et de ses conseils avisés. Et Arthur ne pouvait s'empêcher de sentir son cœur se serrer pour son ami. Il aurait voulu pouvoir trouver les mots pour le réconforter, comme Guenièvre savait si bien le faire, ou, si ce n'était les mots, tout au moins la bonne attitude, comme Gauvain qui semblait avoir l'art et la manière de partager un grand chagrin en s'épanchant dans l'alcool plutôt que dans le verbe.
Mais il avait toujours eu du mal à exprimer ses sentiments, et, une fois de plus, il s'était retrouvé bien ennuyé quand il avait fallu passer à l'action. Il n'avait été capable de donner à Merlin qu'une tape sur l'épaule pour lui faire savoir qu'il partageait sa peine, s'agaçant lui-même de ses piètres talents en matière de communication.
Pour être honnête, Arthur était plus préoccupé par la perte de Gaïus, et la tristesse de Merlin, que par ce qui se disait au Conseil, au moment où c'était arrivé – même s'il n'en laissait rien paraître parce qu'il avait appris depuis qu'il était Roi à avoir toujours l'air profondément absorbé par ce que lui disaient ses conseillers quand il était en assemblée avec eux.
Léon était en train de parler de Bayard, et de la manière dont il réagissait aux négociations concernant la fondation d'Albion, et Arthur l'écoutait d'une oreille distraite; voilà ce dont il se souvenait plus ou moins.
Puis, son univers avait basculé.
Il avait basculé quand Merlin – le serviteur le plus fidèle, le compagnon le plus indispensable qu'il ait jamais eu, son ami de toujours, SON Merlin – avait bondi au-devant de lui la main tendue, en hurlant dans une langue ancienne et effrayante, les yeux changés en brasier ardent, un masque de détermination plaqué sur son visage habituellement inoffensif.
Arthur n'avait pas eu le temps de comprendre quoi que ce soit à ce qui se passait.
Il avait vu l'épée magique voler tout droit vers son cœur, et vaguement compris qu'il était déjà trop tard pour réagir, mais il était plus absorbé par l'or éclatant qui brillait dans les yeux de Merlin que par le danger qui fondait droit sur lui, parce que cet or-là – cet or-là était magique, et Merlin n'était pas un sorcier, n'est-ce pas ?
Arthur avait frôlé la mort de très près.
Mais l'épée meurtrière s'était plantée dans le mur, juste à côté de lui, au lieu d'atteindre son but – alors il avait retrouvé ses esprits, et il avait réalisé pleinement ce qui venait tout juste de se produire.
Merlin l'avait trahi.
Merlin.
Arthur avait senti son esprit se détraquer à cette pensée.
Quelque chose en lui avait rugi : Non, non, pas Merlin.
C'était tout ce qu'il arrivait à se dire en regardant l'expression ahurie de son serviteur bien-aimé qui venait d'essayer de le tuer au vu et au su de tous les chevaliers de Camelot - parce que, des trahisons, il en avait connues – d'innombrables trahisons, Morgane, Guenièvre, Lancelot, Agravain, tous ces êtres qu'il aimait et qui lui avaient planté des couteaux dans le dos, mais à chaque détour du destin, à chaque moment de douleur, à chaque réalisation brutale, Merlin avait été là, là pour le réconforter, pour le secouer, pour l'obliger à regarder vers l'avenir, là pour lui dire qu'il n'était pas qu'un imbécile et qu'il valait quand même quelque chose même s'il était parfois aveugle, là pour se tenir à ses côtés avec ses remarques inutiles et ses plaisanteries même pas drôles, là pour le ramasser à la petite cuiller quand il avait besoin de l'être, pour le nourrir de force quand il refusait de manger et pour voir le meilleur en lui, là, tout simplement, comme seul le meilleur des amis pouvait être là.
Et voilà que Merlin venait d'essayer de le tuer.
Pourquoi ? Qu'avait-il fait pour que Merlin le haïsse au point de vouloir l'embrocher ? Et surtout – depuis quand projetait-il son coup ?
-Sire, dit Merlin, bouleversé, en faisant un pas en avant.
Et il semblait si attentif, si préoccupé si Merlin en disant cela, que pour un peu, Arthur aurait presque pu croire qu'il venait de rêver toute la scène : les mots anciens, les yeux dorés, la main tendue, l'épée meurtrière.
Mais il n'était pas aveugle à ce point-là.
Mensonge, pensa-t-il, le cœur brisé de rage et de douleur, en se souvenant des ravissants sourires que Morgane faisait à Uther juste avant de le renverser. Pourquoi les plus talentueux menteurs étaient-ils toujours les plus adorables ? Pourquoi vous donnaient-ils à ce point envie de les croire, à ce point envie de tout leur pardonner ?
Merlin regardait les chevaliers à présent, vaguement indigné, l'expression faussement innocente.
-Non, je n'ai pas... ce n'est pas moi qui... mais enfin, jamais je ne voudrais faire de mal au Roi vous le savez !
Arthur sentit son cœur se fermer sur ces paroles, et ce fut avec un humour sans joie qu'il se dit : n'ai-je pas toujours pensé que tu serais incapable de trouver ton propre arrière-train même si ta vie en dépendait ? Je devrais être satisfait que tu soies aussi peu dégourdi. C'est sans doute à cause de ça que tu n'as pas su me tuer correctement non plus.
-Idiot, cracha-t-il, d'une voix glaciale. Tu as raté ton coup.
Merlin lui adressa un regard meurtri – comme si c'était lui qui était en faute.
Et ce fut à cet instant – à cet instant précis, qu'Arthur décida d'arracher cette fausse innocence de ses traits de menteur pour qu'il montre son vrai visage. Il voulait voir à qui il avait fait confiance, durant toutes ces années, il voulait savoir à quel point il avait été sot et aveugle. Il brandit son épée et il cessa de réfléchir. La rage et la douleur le rendaient à moitié fou. Il pensa : finissons-en puisque c'est ce que tu veux.
Il était certain que Merlin l'attaquerait et il était certain que son épée ne vaudrait pas grand chose contre une incantation, mais pour être honnête, il se moquait de mourir. Il avait l'impression qu'une très grande part de lui-même était déjà morte quelques instants plus tôt – sans doute, la meilleure moitié.
Il arma son bras guerrier et l'abattit de toutes ses forces, remarquant à peine que Merlin n'avait pas bougé d'un pouce et le dévisageait de ses grands yeux bleus – des yeux de biche effrayée, des yeux d'ami malheureux, des yeux de sorcier mensonger. Lorsqu'il s'en aperçut, il sentit sa fureur augmenter d'autant plus; qu'espérait-il donc prouver ? Qu'après avoir été capable d'essayer de le tuer stupidement, il était capable de se laisser tuer tout aussi stupidement ?
Eh bien très bien, puisque c'était ce qu'il voulait !
Mai ensuite, Arthur entendit la voix perçante et terrifiée de Guenièvre et elle jaillit de nulle part pour s'interposer entre lui et sa cible. Il réussit de justesse à éviter de la pourfendre avant de comprendre ce qu'elle fabriquait.
Elle osait protéger Merlin ! Il n'arrivait pas à le croire. N'avait-elle pas vu ce qui s'était passé ?
-Pousse-toi, Guenièvre ! ordonna-t-il d'une voix pleine de rage.
Mais à sa grande surprise, elle lui répondit :
-Non !
Et elle resta où elle était, face à lui, prête à le défier. Elle avait son expression obstinée – celle qui promettait qu'elle ne risquait pas de changer d'avis sur la question, et Arthur ne put s'empêcher de se sentir spolié.
Ses boucles étaient en désordre, les larmes roulaient sur son visage, sa poitrine se soulevait trop rapidement dans son corsage, mais ses yeux étincelaient et sa main agrippait convulsivement celle de Merlin.
Arthur n'arrivait pas à croire, qu'elle soit prête à risquer sa vie pour un assassin doublé d'un imbécile. Et il était clairement outragé de la voir se mettre dans un état pareil pour Merlin. On aurait dit qu'elle cherchait à nouveau à défendre Lancelot ! Elle était sa Reine ! C'était pour lui qu'elle était censée s'inquiéter, crier, pleurer, après qu'il soit passé à deux doigts de la mort !
-C'est un sorcier, hurla-t-il. C'est un sorcier, c'est un menteur, c'est un traître, c'est un idiot, c'est le plus pitoyable assassin de toute l'histoire de Camelot et je vais le tuer sur-place !
-Arthur non ! cria Guenièvre, refusant de le laisser passer.
Il la bouscula pour la dépasser, mais elle s'accrocha à son bras ; il voulut la repousser en arrière, mais il ne voulait pas lui faire mal et il retint ses forces, tandis qu'elle se mit à lutter de toute son énergie pour lui arracher Excalibur. Elle criait : «C'est Merlin, Arthur ! C'est Merlin !» comme si cela voulait encore dire quoi que ce soit. Arthur hurla en retour : «Il vient d'essayer de me tuer !». Mais Guenièvre était diablement plus forte qu'il n'aurait pu l'imaginer et elle réussit à lui arracher son épée, qui tomba sur le sol dans un cliquetis métallique.
Il lui lança un regard brûlant.
Il se sentait plus mortifié qu'il ne l'avait jamais été et il était furieux contre elle.
Sa femme venait de l'humilier devant tous ses chevaliers par deux fois, prouvant que non seulement elle ne s'inquiétait pas de lui, que non seulement, elle n'en faisait qu'à sa tête, mais qu'en prime, elle était prête à se battre avec lui physiquement si nécessaire. Quel sorte de respect était-ce là ?
Elle dut percevoir la colère incontrôlable qui se saisissait de lui, parce qu'elle recula d'un pas, hors d'haleine.
-Ce n'était pas lui, s'exclama-t-elle, d'une toute petite voix., en joignant les mains. Ce n'était pas lui, Arthur, ce n'était pas -
Il se détourna d'elle, délaissant Excalibur, la laissant parler comme bon lui semblait. Peu lui importait; ils règleraient cette question-là ensemble plus tard, sur l'oreiller, si toutefois il était disposé à jamais recommencer à partager son oreiller avec elle. Et il lui expliquerait alors comment il convenait qu'une femme traite son mari, et qu'une Reine traite son Roi.
Il se retourna vers Merlin, reportant sur lui toute sa rage, et il gronda : « traître ! ».
Merlin lui adressa son regard de chien battu et protesta :
-Arthur, je vous jure que -
Arthur lui envoya son poing dans la figure, et ça lui fit du bien.
-Faisons ça à la loyale, si vraiment tu veux te débarrasser de moi, rugit-il. Sois un homme pour une fois Merlin ! Utilise tes poings !
Il frappa une seconde, puis, une troisième fois. Trahi, trahi, trahi, répétait la petite voix sourde qui pulsait en lui. Il voulait que Merlin se batte. Il voulait sentir ses poings, éprouver physiquement la morsure de sa haine. Tout plutôt que le mensonge de cette innocence à laquelle il ne croyait plus. Bas les masques. Que la vérité éclate.
-Qu'attends-tu pour répliquer, Merlin? Vas-y ! Fais ce que tu projettes de faire depuis... combien de temps maintenant ? Un mois, un an, dix ans ? Utilise un autre de tes maudits sortilèges pour en finir avec moi, et ne me rate pas, cette fois, espèce d'idiot ! Tue-moi ! Tue-moi puisque c'est ce que tu veux, comme tous les autres sorciers ! Te débarrasser du Roi de Camelot, du Roi des imbéciles, qui prend ses ennemis pour ses amis !
Arthur cognait, de toutes ses forces, pour faire jaillir la vérité. Il ne voyait plus rien ses yeux étaient embués. Il avait mal aux poings, il avait mal au cœur. Il ne comprenait pas pourquoi il n'était pas encore mort. Et puis, soudain, il sentit des rondeurs et des courbes sous ses poings serrés à la place des angles osseux du corps de Merlin et il se figea, sous le choc. Il venait de frapper Guenièvre. Elle s'était encore interposée. Il n'arrivait pas à le croire. Elle était en larmes, mais elle tendit les mains pour le faire reculer, et il s'écarta, envahi par la honte.
Il avait honte d'avoir levé la main sur elle. Il avait honte de l'avoir fait pleurer. Mais aussi, pourquoi fallait-il qu'elle vienne se mêler de ce qui ne la regardait pas ?
-Arthur ! appela-t-elle, implorante.
Il essaya de l'écarter, à nouveau, sans la blesser, mais elle ne se laissa pas faire.
-Il y a une explication, il y a forcément une explication. Je ne peux pas vous laisser tuer Merlin. Arthur, je vous en prie. Ce n'était pas lui. Il n'a pas essayé de vous tuer, il n'aurait jamais fait ça, il vous aime beaucoup trop.
Elle essaya de le toucher, avec délicatesse, mais il recula, parce qu'il avait l'impression que sa douceur le brûlait. Il regarda Merlin, qui était à terre, haletant, le visage en sang, le regard défait.
Ses grands yeux bleus étaient trempés et des larmes brûlantes roulaient sur ses joues meurtries.
Et l'espace d'un instant, Arthur sentit son cœur chavirer à la pensée qu'il venait de battre son Merlin, ce garçon toujours gentil, enthousiaste et maladroit qui avait en lui une confiance inébranlable et qui l'aurait suivi jusqu'au bout du monde. Sauf quue – ce Merlin-là n'existait pas, n'existait plus. Ce Merlin-là était un mensonge et le véritable Merlin était, non seulement un sorcier, mais un assassin.
-Tout le monde l'a vu !
-Non, ce n'était pas lui ! s'écria farouchement Guenièvre.
-C'est un sorcier et un menteur, rugit Arthur.
Il ne s'attendait pas à voir Gauvain se placer aux côtés de Guenièvre, entre lui et Merlin, avec une expression incertaine sur le visage. Merlin avait-il donc tant d'amis à la Cour de Camelot, et lui, si peu, alors qu'il en était le Roi ?
-La Reine a raison, Arthur il doit forcément y avoir une explication, dit le chevalier d'un ton hésitant.
Arthur regarda son traître de serviteur, qui malgré sa forfaiture réussissait à lui voler l'allégeance de sa femme et de l'un de ses meilleurs chevaliers. Il essayait de parler, mais sa bouche était pleine de sang. Quand il réussit à trouver sa voix, elle ne filtra qu'à grand peine à travers ses lèvres tuméfiées.
-Pardonnez-moi, Sire, dit-il. J'aurais voulu, je voulais, j'essayais de... vous auriez dû l'apprendre autrement mais je n'ai pas trouvé le moment de...
Il admet.
Arthur crut qu'il allait perdre la tête. Il sentit, que si Merlin restait là, ne serait-ce qu'une seconde de plus, il le tuerait vraiment. Peut-être qu'une part de lui ne pouvait pas s'y résoudre. Peut-être fut-ce pourquoi il hurla :
-Hors de ma vue.
-Je ne veux pas vous quitter, protesta Merlin, d'une voix pitoyable. Quoique vous puissiez croire... je suis toujours votre serviteur.
-Depuis combien de temps me mens-tu, depuis combien de temps joues-tu les idiots en attendant l'heure de me poignarder dans le dos avec ta magie comme l'a fait Morgane ? Quand je pense... que je te faisais confiance ! Hors de ma vue et de mon royaume à jamais ou je te tuerai !
Arthur joignit le geste à la parole, et se retrouva devant Gauvain, qui lui barrait la route. Son chevalier le contint en l'entourant avec ses bras, comme s'il était un enfant qui risquait de se blesser lui-même, décuplant sa rage. Il lutta furieusement mais Gauvain était déterminé à l'empêcher d'arriver jusqu'à Merlin.
Arthur entendit Guenièvre crier :
-Va-t'en, Merlin ! Va-t'en ! Cours !
Et à son grand soulagement, Merlin, sortant de sa torpeur, finit par lui obéir, disparaissant enfin de sa vue, emportant avec lui l'envie de tuer qui tenaillait Arthur.
Au moment où son serviteur en fuite passait la porte de la salle, le Roi terrassé sentit ses jambes le lâcher, la douleur le submerger, et ses propres larmes, inonder son visage, si brutalement que ce fut comme si c'était lui qui venait tout juste d'être roué de coups. En pensée, il revoyait tous les souvenirs où Merlin était présent, et il se rendait compte que Merlin faisait partie de tous ses souvenirs. Le vide qu'il ressentait à la place qu'avait prise dans son cœur cet ami toujours présent était insupportable. Il savait qu'il ne se relèverait pas de la morsure de cette trahison-là.
Il sentit les bras aimants de Guenièvre se refermer sur lui pour le sauver, et il enfouit son visage contre son épaule pour cacher ses sanglots. Elle le recouvrit des boucles de ses cheveux, et elle le serra, fort, comme il avait besoin de l'être, dans une étreinte farouche et protectrice.
Mais au-dessus de sa tête, il l'entendit s'exclamer :
-Laissez-le quitter Camelot en paix ! Si vous le touchez, vous aurez à en répondre devant moi !
Et il sut que même maintenant, alors qu'elle le voyait à terre, elle se souciait encore de Merlin plus que de lui.
Ensuite il n'entendit plus rien, parce qu'il était assourdi par le son de ses propres pleurs.
Ses larmes coulaient parce qu'il savait que le monde avait basculé, et que tout était changé pour toujours...
