Chapitre 2 - Pris au piège
Simon tapait nerveusement sur le clavier, entant lignes de codes après lignes de codes, créant de toutes pièces un algorithme capable de vérifier le programme de la société Kree. Il n'avait pas le choix pour l'instant, Keenan étant derrière lui à le surveiller. Mais dès qu'il en aurait la possibilité, il s'immiscerait dans le réseau et se mettrait à la recherche d'informations sur ce qu'était réellement capable de faire cette puce si révolutionnaire. Il n'avait aucun doute sur le but des rafles de Weevils, seule interrogation restante : servaient-ils de cobayes pour les tests ou allaient-ils servir à autre chose ? Il se souvenait encore de l'attitude étrange que ces aliens avaient eue peu de temps auparavant, comme s'ils étaient un groupe solidaire.
Il travaillait le plus lentement possible mais pas assez à son goût. Malheureusement, ralentir le rythme était hors de question, il tapait presque à deux à l'heure et s'il diminuait encore, il mettrait la puce à l'oreille de son « gardien ». Encore trois lignes, plus que trois lignes et il aurait terminé… Il appuya sur la touche « enter » du clavier et une barre de progression apparut à l'écran. En dessus, une durée qui laissa un peu d'espoir à Simon : 03:23:17
Keenan : T'as fini ?
Simon : Yep ! Mission accomplie ! y'a plus qu'à attendre.
Keenan : J'appelle Vance !
Il sortit pour s'emparer du combiné de l'interphone, laissant Simon seul durant quelques minutes, ce qui lui permis de pirater le réseau. Il saisit cette chance et retourna dans le DOS pour y inscrire les lignes de code d'un « ver-espion » indétectable. Une fois cette manipulation effectuée, il rouvrit la fenêtre du programme de vérification, comme si de rien était, puis le plus discrètement possible il s'adressa à l'équipe.
Simon : C'est bon ! Le ver est en place ! On a 3 heures avant la fin de la vérification.
Toujours silencieux, Jack et Ianto écoutaient la conversation entre Simon et Vance qui venait d'arriver.
Vance : Mr Dupuis, je vous félicite ! Vous aviez raison ! Mr le Directeur va être ravi ! Dans 5 heures nous pourront démarrer notre projet !
Simon : Quel projet ?
Vance : Je ne sais pas si je peux vous le dire … de toute façon…
Simon : De toute façon quoi ?
Vance : Vous venez de nous permettre de créer la plus puissante et obéissante armée du monde ! Ces puces vont nous permettre de contrôler ces créatures pour en faire de parfaits petits soldats !
Simon : Mon Dieu ! Vous allez les lâcher dans Cardiff !
Voix : Pas seulement dans Cardiff ! Nous les clonons depuis plus d'un an maintenant. Notre Armée se compose de plus de 200 000 Unités réparties dans les plus grandes villes du globe ! Il ne reste plus qu'à envoyer à chaque centre le code d'activation que le programme de vérification est en train de calculer.
Vance : Mr Le Directeur…
Le Directeur : Mr Vance, vous avez fait une travail remarquable ! Je vous félicite ! Il est temps de se débarrasser des pions gênants… en commençant par Monsieur ici présent !
Vance : à vos ordres ! Messieurs ! Emmenez-le au niveau –3 !
Simon : Niveau –3 ? Qu'est-ce qu'il y a au niveau –3 ?
Le Directeur : Le centre de détention de nos unités les plus récalcitrantes. Je crois savoir qu'elles manquent d'exercice !
Jack regarda Ianto, la peur se lisait dans son regard. Simon allait être donné en pâture aux Weevils qui n'en feraient qu'une bouchée s'ils n'intervenaient pas immédiatement. Laissant leur différent de coté, ils s'élancèrent vers l'entrée du bâtiment, armes à la main. Le vigile n'eut pas le temps de réagir à cette intrusion qu'un uppercut vint le toucher en plein visage, l'assommant sur le coup. Après un rapide coup d'œil autour d'eux pour s'assurer que la voie était libre, ils s'engouffrèrent dans l'ascenseur. Mais au moment où Ianto allait appuyer sur le bouton de l'étage souterrain désiré, ils s'aperçurent qu'il n'existait pas.
Jack : Les escaliers !
Ils ressortirent et descendirent quatre à quatre les escaliers, priant pour arriver à temps pour sauver Simon. Lorsqu'ils arrivèrent devant la porte marquée « niveau –3 », Ianto se positionna sur le coté tandis que Jack prenait place en face, les bras tendus, prêt à faire feu. Il donna un grand coup de pied dans la poignée et s'engouffra suivi de Ianto.
Personne… Juste un couloir sombre, vide et silencieux. Ils prirent à gauche et remontèrent le long corridor. Toujours rien… Puis soudain un hurlement retentit. Ils s'élancèrent vers le lieu d'origine, prenant couloirs après couloir. Ce labyrinthe devait s'étendre bien au delà des fondations de l'immeuble, sous la baie. L'humidité présente ne laissait aucun doute là-dessus.
Un nouveau cri résonna, plus fort, donc plus près d'eux. Ils continuèrent encore plusieurs mètres avant de tomber sur une porte close. De nouveau ils prirent place autour d'elle et de nouveau Jack utilisa la « méthode bourrin » pour l'ouvrir. Ianto ne dit rien, il savait pertinemment que cette situation ne se prêtait pas à « on se la joue discret » : Simon était en danger.
Une fois la porte défoncée et les deux hommes entrés, ils s'immobilisèrent. Ils étaient dans une pièce vide, Simon était devant eux attaché à une espèce de poteau reliant le sol au plafond. Il semblait avoir été tabassé. Ils s'approchèrent de lui, doucement, vérifiant leurs arrières.
Jack : Simon ! Tu vas bien ?
Il lui ôta le bâillon qu'il avait sur la bouche.
Simon : C'est un piège Jack ! Partez !
Voix : Trop tard !
Au même moment, des spots éclairèrent la pièce, aveuglant les trois hommes et la porte fut condamnée par un rideau de fer, les emprisonnant dans cet espace clos.
Voix (Dans un haut-parleur) : Capitaine Jack Harkness ! Pourquoi ne suis-je pas surpris de vous voir ici ?
Jack : Qui êtes-vous et comment me connaissez-vous ?
Voix : Je suis le Directeur de cette Société. Mais voyons Capitaine… Vous me faites de la peine ! Réfléchissez … 1978 …
Ianto : Jack ?
Jack : Impossible ! Vous avez été condamné à perpétuité et enfermé dans les prisons de UNIT ! il y a …
Le Directeur : 115 ans oui ! Ce fut une longue attente… croyez-moi !
Jack : Vous … êtes un alien ?
Le Directeur : Bien évidemment, sinon il y a belle lurette que je serais mort et enterré. Et ces autres aliens que vous appelez Weevils, ils seront les pions de mon jeu d'échec mondial et avec eux je ferai échec et mat aux grandes puissances.
Ianto : Qui est-ce Jack ?
Jack : J'aurais dû m'en souvenir… déjà à l'époque il avait essayé d'apprivoiser les Weevils ! Il se faisait appeler Zodac ! Comment avez-vous pu vous échapper !
Zodac : Le destin ! Ou la chance, appelez ça comme vous voulez. Une panne d'électricité providentielle et un peu d'ingéniosité et me voilà de nouveau libre et puissant !
Jack : Je ne vous laisserai pas faire !
Zodac : Et comment comptez-vous m'arrêter Capitaine !
Jack : Je ne peux pas mourir Zodac !
Zodac : c'est fâcheux … mais cela explique votre présence à cette époque vous aussi. Si je ne peux vous tuer, je peux vous rendre fou ? Combien de temps pensez-vous rester lucide avec les cadavres de vos amis près de vous, sans nourriture, sans eau, sans avenir ni espoir ? Combien de temps avant de sombrer dans la folie ?
Un bruit métallique se fit entendre. Une trappe venait de s'ouvrir dans le sol de la pièce et comme il était de coutume dans les cirques antiques, le fauve fit son entrée, toutes dents dehors, la bave aux lèvres, les yeux exorbités et grognant à plein poumons.
Jack : Ianto ! détache Simon et restez derrière moi !
Ianto : Et ensuite ?
Jack dégaina son arme et tira deux coup de feu dans la tête du Weevil qui s'effondra mort.
Zodac : Combien de balles Capitaine ? 8 ? 12 ? une vingtaine avec celle de votre acolyte ? J'ai des centaines de ces bêtes qui attendent de l'autre coté de ce mur !
Et comme pour valider ses dires, un nouveau Weevil sortit de la trappe. Jack tira trois nouvelles balles et comme le premier, il s'effondra.
Ianto : Il a raison Jack ! On va pas tenir longtemps ! Qu'est-ce qu'on va faire une fois à court de munitions ?
Deux corps gisaient sur le sol de la pièce, l'un près de l'autre. Il n'y avait plus de bruit, pour le moment tout était calme. Un « clic » retentit suivit d'une douzaine de « bing ». Jack venait de décharger son barillet et replaçait les munitions vides par de nouvelles. Les six dernières. Restait encore l'arme de Ianto, puis…
Il avait à peine fini de réenclencher son arme qu'il sentit quelque chose lui frôler le visage et un sifflement résonna dans ses oreilles. Il se retourna incrédule vers Ianto qui tenait son arme devant lui, le regard volontaire et rageur. Il regarda alors derrière lui et vit un troisième weevil affalé à coté des deux autres.
Ianto : On est quittes désormais !
Jack : Quittes ?
Ianto : Pour le « Poisson lune »
Jack : Quelle mémoire !
Simon : Dites, ça vous dirait qu'on essaye de sortir d'ici ?
Jack : Il me reste 6 balles, tu dois en avoir 10…
Ianto : 9 !
Jack : Oui 9 … on doit prendre les devants sinon on y arrivera pas !
Ianto : C'est à dire ?
Jack : Cette trappe doit bien arriver quelque part !
Ianto : C'est du suicide Jack ! On n'y arrivera jamais ! Et Simon peut à peine marcher !
Jack : Tu as une autre idée ? Moi je préfère y aller plutôt que de rester ici et attendre la mort !
Simon : Parlez pour vous ! Il me semble qu'il n'y a que moi de mortel ici ! Mais je suis de l'avis de Jack ! Je n'attendrai pas gentiment de me faire déchiqueter ! On y va !
Ils s'avancèrent alors vers la trappe grande ouverte. Jack tenait son pistolet droit devant lui, la main gauche soutenant la droite pour avoir une meilleure précision, leurs balles étaient comptées. Il était près à faire feu à tout moment. Ianto le suivait, soutenant Simon du mieux qu'il pouvait de son bras gauche, tenant son arme dans la main droite.
Jack se baissa pour examiner le trou sombre et béant. Voyant qu'il n'y avait rien il amorça sa descente lentement, examinant tous les recoins. Il était pratiquement arrivé en bas lorsqu'un de ses pieds fut arraché du sol. Il chuta sur les angles des marches et entendit des craquements sinistres dans son dos. A tâtons, il essaya de récupérer son arme qu'il avait lâché, mais il ne la retrouva pas. Sa jambe fut de nouveau tirée et malgré les coups de pieds que le capitaine assénait à son agresseur, il se sentait glisser et ne pouvait s'accrocher à rien.
Jack : Saloperie ! tu vas me lâcher !
Ianto : Jack ?
Jack : Ianto ! Tire ! mais tire bon sang !
Ianto : Je distingue rien ! je risque de te toucher !
Jack : Tire dans le tas !
Ianto : Mais…
Jack : Mais quoi ? t'as peur de me tuer ? TIRE !
Ianto leva son arme et tira deux coups dans la masse sombre. Deux hurlements distincts se firent entendre ; un grondement sourd suivit d'un bruit de chute et un gémissement retenu que Ianto reconnu de suite. Il avait touché Jack. Il se rua au bas des escaliers et tâtonna devant lui pour essayer de rejoindre le Capitaine, Simon sur ses talons.
Ianto : Jack ?
Ianto attendait une réponse mais seul le silence lui arrivait.
Ianto : JACK ?
Jack : Arghh, oui .. mpff… laisse-moi deux minutes ..
Ianto : Je t'ai touché ?
Jack : Oui , mais ce n'est pas grave …
Ianto : où es-tu ?
Tout à coup la lumière s'alluma. Ianto plissa des yeux pour s'habituer et distingua les deux corps devant lui. Le Weevil gisait à terre, un trou dans la tête… et Jack était à quatre pattes essayant de reprendre son souffle.
Ianto : Tu devrais t'asseoir Jack, t'as pas l'air bien…
Jack : Je préfère pas …
Ianto : Oh …
Jack : Oui oh …
Ianto : Désolé…
Jack : C'est juste l'affaire de quelques minutes…
Ianto : Faudrait peut-être enlever la balle non ?
Ianto avança la main afin de se rendre compte par lui même des dégâts mais il fut arrêté immédiatement par Jack.
Jack : non,non,non… n'y touche pas !
Ianto : C'est bien la première fois que tu me dis ça !
Jack : Touché (*en français dans le texte)
