Et voici le second chapitre de cette fanfiction Abbones (un ship tellement peu inconnu mais si pure 3). J'espère que vous l'apprécierez!

Pandelfique : Merci pour ton commentaire. Je suis d'accord avec toi ; Susan et Hannah ont tellement de choses à dire - et dans cette fic, je n'en aborde même pas la totalité (shame on me).


Hannah ne se considérait pas comme quelqu'un de spécialement nerveux.

Enfin, bien sûr, il y avait les crises d'angoisse peu avant les contrôles, qui la maintenaient éveillée la nuit, les soudains piques de panique quand les examens approchaient, et le stress qui s'emparait d'elle quand elle pensait aux cours plus de quelques secondes. Et tout ça, c'était fatigant.

Bon, peut-être qu'Hannah était du genre inquiète.

Quoiqu'il en soit, de tous les endroits du château, celui qu'elle préférait était les serres. Ce n'était pas qu'elle aimait spécialement les plantes ou qu'elle était très douée en botanique – elle avait de bonnes notes sans pour autant être excellente. C'était simplement que, sous la lumière chaude que laissait passer les dizaines et dizaines de fenêtres au verre sali par la pluie, qui retombait sur les tables de bois un peu grossière, qui donnait à la serre son air apaisant. Et Hannah aimait ça.

L'air y était frais, aussi ce genre de fraîcheur, de rafraîchissement, qu'on ne trouve qu'en présence des plantes, et alors qu'elle circulait entre les pots ronds et petits, aux couleurs orangées, et qu'elle voyait sous ses yeux les tiges et les feuilles sortir de parmi la terre brune, cet air lui parvenait, et c'était à cet instant qu'Hannah se sentait vraiment en paix.

C'était pour ça qu'elle préférait les serres aux autres endroits du château, n'en déplaise à Justin et à son attrait pour la tour d'astronomie.

-Est-ce que Mrs. Chourave sait que tu es là ? demanda une voix, dans son dos. Est-ce qu'on a même le droit d'être ici en dehors des cours ?

-Elle sait que je suis là, elle m'y a vu une fois, répondit Hannah, avec son sourire amical, en s'enfonçant encore un peu plus dans le dédale de tables, de pots et de plantes. Elle m'a juste souri, alors je pense que c'est pas grave.

Enfin, elle s'arrêta, immobilisa ses mains d'un côté et de l'autre des tables, et dirigea ses yeux vers ceux de Susan, derrière elle. Elle avait enroulé sa veste autour de sa taille, et ses longs cheveux auburn retombaient dans son dos.

-Et donc, tu... marmonna Susan, en balayant du regard les fleurs aux couleurs jaunes et violettes. Tu restes entourée de pots pendant quelques heures, c'est ça ?

-Je savais que tu n'allais pas être si enthousiaste que ça, répondit simplement Hannah, son sourire s'évanouissant un peu. J'ai essayé de te faire changer d'avis mais...

-Bien sûr que je suis enthousiaste, Hannah, la coupa Susan. Pourquoi je ne le serais pas à propos de quelque chose que tu aimes ? J'essaie juste de comprendre. Est-ce que tu... tu as une serre chez toi ?

Hannah prit une profonde inspiration avant de se hisser sur le rebord de la table, tandis que Susan s'approchait d'elle pour lui faire face. C'était pour ça qu'Hannah aimait bien Susan. Enfin, elle aimait bien chacun de ses camarades de dortoir. Elle aimait bien Megan, et Ernie, et Justin. Mais Hannah aimait Susan en particulier. Car contrairement aux autres, Susan semblait s'intéresser. Ce n'était pas un simple intérêt poli, comme Ernie pouvait manifester, ou quelque chose qui ne méritait pas qu'on s'y attarde, comme Justin pouvait paraître penser. Non, avec Susan, c'était quelque chose d'autre, quelque chose de plus profond et d'intéresser, quelque chose de plus doux et réel, sûrement. C'était un type de compréhension auquel Hannah n'était pas habituée, et qui, étrangement, lui faisait beaucoup de bien. Au fil du temps, elle avait fini par réaliser qu'elle en avait besoin – et c'était sûrement pour ça que dès qu'elle posait ses yeux sur Susan, elle sentait un sourire s'esquisser presque instinctivement sur ses lèvres – car au fil du temps, elle avait aussi fini par réaliser qu'elle avait besoin de Susan.

-En quelque sorte, répondit-elle enfin, toujours assise sur le rebord de la table. Je suis sang-mêlée, tu sais, et j'ai grandi avec les cultures moldues et sorcières. Ma grand-mère moldue aime jardiner, alors j'ai dû apprendre quelques trucs sur les plantes moldues. Et puis les manuels de botanique ont été les premiers que j'ai acheté sur le Chemin de Traverse, et je me rappelle que j'avais été tellement pressé à l'idée d'entrer à Poudlard que je les avais tous lu en un après-midi...

Sa voix s'éteignit face au sourire que lui adressait Susan. Hannah se tut, pressa ses lèvres entre elles. Elle était sûrement en train de l'ennuyer, mais face au regard encourageant dans les yeux de Susan, au sourire qui persistait sur ses lèvres alors qu'elle l'écoutait parler, cette pensée disparaissait dans le fond de son esprit.

-Pourquoi tu m'écoutes parler ? demanda alors Hannah sans oser croiser son regard. Je ne dois pas être si intéressante à écouter...

-Ne dis pas ça, souffla Susan sur un air jovial. Tu es plus intéressante que Binns...

-C'est un compliment ? demanda Hannah en riant.

Susan se joignit à elle et elles restèrent silencieuses un moment après ça, jusqu'à ce qu'Hannah se décide à reposer la question :

-Pourquoi tu m'écoutes parler de plantes et de serres ? demanda-t-elle une nouvelle fois. Je veux dire, Ernie et Megan ne prennent pas cet effort.

-Oui, admit Susan, l'air pensive. Je pense que c'est parce que...

Sa voix se termina en une suite de mots incompréhensibles et à peine articuler qu'elle étouffa en enfonçant son visage dans les manches de sa veste. Levant un sourcil interrogateur, Hannah se retrouva à rire un peu malgré elle en voyant sa peau hâlée, le sommet de son front, prendre des teintes rosées. Hannah tenta de plaquer sa main contre sa bouche pour empêcher un nouveau rire de franchir ses lèvres, mais se retrouva à rire entre ses doigts.

-Qu'est ce que tu as dit ? demanda-t-elle alors.

Susan lâcha les manches de sa veste, qui retombèrent contre les plis de sa jupe, et, un air amusé semblant être étouffé uniquement par l'embarras qui s'était saisi d'elle, tenta d'esquiver au mieux possible son regard.

-Je pense que c'est parce que tu as été ma première amie, dit-elle alors, sa voix s'emballant alors qu'elle achevait sa phrase, avant de renfoncer son visage dans les plis de sa veste.

Hannah laissa son expression s'évanouir alors que ses sourcils se hausser sous la surprise. Elle devina un sourire apparaître sur ses lèvres, alors que le visage de Susan devenait de plus en plus rose.

-Vraiment ? S'exclama-t-elle. Je... c'est... c'est adorable !

-Merci, Hannah, s'étrangla Susan.

Mais, avant qu'elle n'ait pu rajouter quelque chose, elle lançait ses bras autour de son cou et la faisait trébucher en une étreinte, alors qu'elle sentait que si la table contre laquelle Susan se tenait était derrière elle, elles seraient sûrement tomber. Elles heurtèrent la table en un bruit de pots qui s'entrechoquent, et, riant toujours, Hannah la lâcha, recula de quelques pas, alors qu'elle sentait son sourire, toujours présent sur ses lèvres, et elle était un peu gênée de sourire comme ça car elle avait consciente qu'elle devait être ridicule – mais là encore, ça ne gênait pas Susan, puisqu'elle souriait du même sourire un peu embarrassé mais toujours sincère.

-Donc, marmonna Susan, en se retournant vers les pots qui étaient derrière elle. Qu'est ce que c'est que ça ?

-Des germes de belladone, répondit Hannah. Mrs. Chourave a fait un cours là-dessus il y a même pas trois jours, Susan !

-Trois jours, c'est très long, protesta Susan. C'est trois nuits de sommeil et neuf repas.

Hannah rit alors qu'elle restait à ses côtés, leur coude se frôlant à peine, jusqu'à ce que Susan se saisisse du pot qui était face à elle, et se décide à l'examiner du regard.

-Et qu'est ce qu'on fait avec des germes de belladone ? demanda-t-elle alors.

-On fait pousser des belladones, Susan, souffla Hannah. C'est dans le nom.

-Oh, laissa échapper Susan. Tu marques un point.

Mais un sourire amusé s'était esquissé sur ses lèvres et Hannah perçut sa main se diriger vers le pot et, avant qu'elle ait eu le temps de réagir, elle vit la terre arriver sur elle et retomber contre ses cheveux.

-Tu ne viens pas de... souffla Hannah en riant.

Mais Susan avait reprit une nouvelle pincée de terre, et Hannah quitta en courant l'allée de tables, sentant la terre heurter sa chemise avant de retomber sur le sol de pierre. Elle se pencha derrière une des tables de bois de la salle, entendant Susan, à quelques mètres d'elle, jusqu'à ce que ses doigts rencontrèrent un autre pot. Se saisissant d'une pincée de terre, Hannah se releva, visa et tira en riant, voyant la terre rencontrer le visage de Susan. Elle se raidit alors que ses paupières se fermer contre la terre, tandis qu'Hannah replongeait derrière la table.

Plus haut, elle entendait Susan rire aussi, avant de se saisir d'une poignée – une poignée – de terre, et, alors qu'Hannah se relevait une nouvelle fois, la lancer sur ses vêtements.

Hannah tenta de riposter. Tant bien que mal, elle tenta de riposter, et, alors que leurs vêtements se brunissaient sous les projectiles, le sol se retrouvait couvert sous la terre. Entre elles, les pots se vidaient, et Hannah avait la certitude qu'elles seraient bien restées ici pendant tout le reste de l'après-midi, sous la lumière des serres, si elles n'avaient pas entendu des bruits de pas, à l'extérieur. Elle était juste à côté de Susan, maintenant.

L'œil aux aguets, l'oreille tendu, Hannah s'était immobilisée, et, jetant un regard à la terre sur le sol, à la terre sur leurs vêtements, à la terre sous leurs ongles, son inquiétude se retrouva étouffer par l'amusement et, un sourire s'esquissant encore une fois sur ses lèvres, elle se saisit de la main de Susan.

-Viens, souffla-t-elle avant de se précipiter vers la porte menant aux couloirs du château.

Elle entendit la porte se refermer derrière elle alors qu'elles entraient dans le château, laissant les serres derrière elles.


Et voici donc ce second chapitre! N'hésitez pas à laisser un commentaire, ça fait toujours plaisir d'avoir (même de maigres) retours!