Au LVPD, Grissom était à son bureau étant le superviseur, il devait s'occuper de l'administration. Il était déjà tard, dix minutes déjà que ses collègues avaient pris leur service, ils se préparaient tous à rejoindre leur scène de crime que Grissom leur avait assigné et pourtant, aucune nouvelle de Sara. Ce n'était pas du tout son genre, quelque chose n'allait pas ! Grissom tentait de la joindre sur ses téléphones depuis bien cinq minutes mais il tombait directement sur le répondeur de son portable quant à son téléphone fixe il sonnait dans le vide jusqu'à tomber la encore sur le répondeur. Elle devait accompagner Nick sur leur scène de crime, un règlement de compte entre gangs qui avait fini en bain de sang. Grissom était de mauvaise humeur, Sara aurait dû le prévenir si elle avait un souci. Il allait appeler Nick sur son portable pour le prier de passer chez Sara et de la prendre au passage - il lui ferait la morale après – lorsque le téléphone de son bureau sonna. C'était Brass. Celui-ci s'était demandé comment l'annoncer à Grissom. Il ne savait pas comment Gil allait réagir, mais il redoutait que ce soit violent. Il tenta de maîtriser la situation.
« Grissom.
-Gil ? C'est Jim. Sara est là ?
-Non, justement, j'ai essayé de la contacter, elle est injoignable, j'allais appeler Nick pour qu'il passe la prendre... pourquoi, qu'est-ce qu'il se passe? »
Il avait un mauvais pressentiment d'un coup, le coup de fil de Brass n'était pas le fruit du hasard, était-il arrivé quelque chose à Sara sur le chemin. Il commençait à s'inquiéter.
« Écoutez-moi, mes collègues viennent de recevoir un appel urgent d'un homme, apparemment, il affirme qu'une jeune femme est pendue à son balcon et qu'elle menace de se suicider et… enfin on n'est sûr de rien mais d'après l'adresse, il se pourrait qu'il s'agisse de Sara.
-Quoi ?!. »
Grissom avait brusquement relevé la tête, prêt à bondir et à se précipiter dehors en entendant le prénom de Sara, il espérait avoir mal entendu.
« Rien n'est sûr Gil, ne vous inquiétez pas, j'ai déjà envoyé une patrouille sur les lieux, l'homme a seulement dit que la jeune femme est brune et qu'elle est sur les nerfs, ça pourrait être n'importe qui. je passe vous prendre, d'accord ?
Grissom ne lui laissa pas le temps de finir. Si Jim disait vrai, il n'y avait pas une seconde à perdre. Il connaissait Sara et dans quel état elle pouvait se mettre parfois. Il pensait qu'elle était tout à fait capable de le faire. Il sortit en trombe de son bureau, clés et blouson en main. Pendant ce temps, Jim continuait de parler dans le vide :
« D'accord ? Gil ?… Gil ?… Merde! »
Brass le savait, il aurait dû se déplacer et lui dire directement. Lui aussi se dépêchait maintenant, il mit sa sirène et appuya sur le champignon.
Dans les couloirs, Grissom était tellement pressé qu'il avait manqué de heurter Catherine qui était en train de lire son dossier tout en marchant. Elle l'évita de justesse.
« Où allez-vous si pressé ? »
Sans ralentir son allure, Grissom lui cria du bout du couloir :
« Sara ! Sara a des ennuis ! »
Et il sortit du bâtiment. Jim le cherchait dans les couloirs, lui aussi rencontra Catherine :
« Qu'est-ce qui se passe ? », Lui demanda-t-elle.
« Je viens de dire à Grissom qu'un gars avait appelé pour dire qu'une femme était suspendue à son balcon pour se suicider. D'après l'adresse qu'il nous a donnée, on pense que c'est Sara.
-Oh mon dieu ! Grissom est déjà parti, je ne l'ai jamais vu aussi pressé. On est sûr que c'est Sara ?
-Non, mais il a cessé de m'écouter quand j'ai dit 'Sara'. Je prends ma bagnole, je vais essayer de le calmer.
-Je vais chercher les gars, on va vous suivre, on ne sait jamais… »
Catherine préférait envisager toutes les possibilités : si ce n'était pas Sara, Grissom serait plus calme et tel qu'elle le connaissait, il tenterait de calmer la femme si c'était Sara en revanche, il aurait peut être besoin de soutien ou d'aide… surtout si le pire arrivait. Elle prit ses affaires et alla chercher ses collègues dans la salle de repos. Les voitures de Brass et de Grissom n'étaient déjà plus sur le parking.
Grissom tentait de se raisonner, de se calmer en se convainquant que ce n'était peut être pas Sara mais rien n'y faisait. Il roulait comme un fou pour arriver le plus vite possible sur les lieux. Ça ne lui ressemblait pas de réagir aussi brusquement d'habitude, c'était lui le plus posé, le plus raisonnable. Quand il arriva enfin, il ne pouvait pas voir qui se trouvait là haut mais il voyait un attroupement énorme devant chez Sara : des curieux, des reporters, des officiers de police, des pompiers… Il descendit de son véhicule et leva les yeux. Il sentit comme un pincement au cœur quand il aperçut Sara il ferma alors les yeux, il ne redoutait plus maintenant, il savait !
Sara était aveuglée par des projecteurs que la police avait installés et entendait un terrible brouhaha. La seule chose d'assez distincte était le porte-voix qui disait :
« Madame, ne faîtes pas ça, repassez doucement de l'autre côté de la rambarde. »
Elle savait que beaucoup de gens étaient là, mais elle ne savait pas s'il y avait quelqu'un qu'elle connaissait, 'sans doute personne' pensa-t-elle. Les choses avaient mal tourné, elle aurait voulu être seule comme elle en avait malheureusement l'habitude. Peut être qu'elle n'aurait jamais sauté et, dans ce cas, personne n'aurait su. Mais maintenant, tout le monde allait savoir, elle n'avait pas voulu ça.
Brass arriva juste après l'annonce dans le porte-voix. Grissom était agité, il regardait tout autour de lui et se disait que tout cela ne faisait qu'aggraver la situation. Il s'approcha de l'homme qui parlait à Sara, lui présenta son badge et lui demanda le porte-voix.
« Elle n'a pas encore sauté vous savez, pourquoi la police scientifique ?
-C'est ma collègue qui est là-haut ! Passez-moi ce fichu porte-voix !
-Ok ok, tenez… si vous pensez faire mieux que moi ! »
Brass sortit de sa voiture et vit le policier tendre quelque chose à Grissom. Celui-ci s'adressa à Sara :
« Sara, c'est Grissom. Je vous en prie, ne faîtes rien, je vais monter vous parler. »
Brass rejoignit son collègue. Le policier qui avait prêté son porte-voix parut soudain agité :
« Mais vous êtes fou ! Vous voulez qu'elle saute ou quoi ?!
-Je connais cette jeune femme. J'ai plus de chance de la sauver en allant lui parler directement. Et coupez-moi ces projecteurs, s'il y a quelqu'un qui veut qu'elle saute, c'est vous, pas moi ! »
L'homme donna alors l'ordre à ses hommes d'éteindre les lumières pointées sur Sara. La jeune CSI regarda en bas, elle n'y voyait toujours rien mais elle distingua tout de même une silhouette entrer dans son bâtiment. De nouveau, plein de pensées se bousculaient dans sa tête.
En bas, Catherine, Warrick et Nick venaient d'arriver dans l'autre Tahoe. En descendant du véhicule, ils levèrent les yeux et comprirent à leur tour pourquoi Grissom était si pressé. Ils restèrent immobile, choqués. Des reporters, en revanche, s'agitaient autour d'eux, ils filmaient Sara et sortaient un nouvel appareil qui permettrait d'entendre ce qu'allaient se dire Sara et Grissom. Là, pas de doute, ils tenaient un scoop ! Sortant de leur léthargie, les CSI se rapprochèrent des journalistes : ils commentaient ce qui venait de se passer :
«… Il semblerait que le superviseur de la police scientifique de Las Vegas, le docteur Gil Grissom, ait décidé de monter dans l'immeuble afin de venir directement au secours de la jeune femme. Nous sommes maintenant en mesure de vous donner le nom de la personne. Il s'agirait bien de Sara Sidle, la collègue du docteur Grissom. Nous ignorons encore la raison pour laquelle mademoiselle Sidle a décidé de mettre fin à ses jours… »
