Le voyage en voiture fut très pénible ; personne n'osait dire mot vu l'ambiance qui régnait. J'en voulais beaucoup à ma mère. Mon père est la seule chose qu'il me reste sur cette planète. Je l'aime plus que tout. En tout cas, mon beau père ne le remplacera jamais !
Le voyage dura une heure. Notre maison était située en pleine campagne, et l'aéroport se trouvait à une heure d'ici. Malgré ma réticence à partit avec ma « nouvelle famille », j'étais très curieuse de voir à quoi ressembler un aéroport. Je n'étais encore jamais sortie de ma campagne natale ! Cependant, je fus un peu déçue. Ca ne ressemblait en rien aux grands bâtiments que l'on voyait dans les films. A ma grande surprise, lorsque nous arrivâmes, un portier m'ouvrit la porte de la voiture. Décidément, je ne m'y ferais sans doute jamais. J'étais très mal à l'aise aux côtés de ma mère et de Bart. Ils étaient tous deux vêtus de vêtements leur aillant surement coutés une fortune ! Alors que moi, je portais un vieux jean troué, et un sweat beaucoup trop grand pour moi. La première chose que je fis, fut de regarder le tableau où étaient inscrits tous les voyages. Mais aucun vol n'annonçait de départ pour Manhattan.
« Gayle ? Je n'arrivais décidément pas à l'appeler maman. Il n'y a aucun vol pour Manhattan.
-Ma chérie, me répondit-elle, appel moi maman s'il te plait. Nous avons un jet privé tu sais. Il est donc normal qu'il ne soit pas inscrit. »
Je me demandais vraiment ce que je faisais la… Un jet privé… Rien que ca ! J'étais anxieuse et à la fois impatiente de rentrer dans l'avion. Au lieu de nous faire enregistrer comme tout le monde avant d'embarquer, Bart se dirigea vers les pistes d'atterrissages. Visiblement nous étions attendus. Un grand nombre de personnes étaient postés devant l'avion. Ma mère ne prit même pas la peine de les saluer. Je montais les marches des escaliers très lentement. Comme pour faire durer le suspens… D'ailleurs la surprise fut de taille ; l'appareil était aménagé comme un appartement. Au lieu de sièges, c'était des canapés qui étaient installés. Il y avait même des rideaux aux hublots.
« Mets-toi à l'aise ma chérie. Le voyage ne sera pas très long. Me dis tendrement ma mère. »
Je m'installai sur un des canapés, puis prit le livre que j'avais apporté pour le voyage. Lire était un des me grands passe-temps. Il faut dire qu'il n'y avait pas grand-chose à faire là ou j'habitais. Depuis je vivais dans les livres. Les histoires d'amour surtout. Je n'avais jamais eu de petit ami. Mais avec le nombre de livres romantiques que j'avais dévoré, c'était comme si toutes ces histoires étaient les miennes. J'aimais me mettre à la place des héroïnes des histoires. Ca me faisait rêver…
Le voyage était passé très vite. Je ne m'étais d'ailleurs pas rendu compte que je m'étais endormie. Lors de l'atterrissage, je fus un peu secouée. J'eu le temps de contempler la ville par le hublot. C'est la que j'aperçus, pour la première fois, les hauts grattes ciels de Manhattan. Il y en avait à perte de vue ! C'était comme dans les séries américaines que je regardais parfois le samedi après-midi pour faire passer le temps. Et c'en était moi l'héroïne…
Je sortis de l'avion ; une voiture nous attendait déjà. Elle était encore plus luxueuse que celle que j'avais vue ce matin lors de mon réveil, alors que j'étais encore en Arizona. Nos valises étaient déjà dans le coffre de la voiture. Ils ne faisaient visiblement pas les choses à moitié. La voiture sortit très vite de l'aéroport. Nous avons un peu roulé avant d'arriver au cœur de la grande ville. J'étais émerveillée par tout ce monde et ces décors… Magnifique. Comme dans mes rêves, mes livres et mes séries… En mieux.
« A ta droite, c'est le Plazza Hôtel, me dit Bart en me décrivant un grand bâtiment, des amis à nous, les Waldorf, y résident.
-Ils vivent dans une chambre d'hôtel ?
-Nous pas exactement. L'hôtel leur appartient. »
Devant mon air halluciné, ma mère et Bart rirent.
« Tu n'as pas fini d'avoir des surprises ma grande ! Repris Bart. Cette ville en est remplie ! Il ne se passe pas un jour sans un nouvel événement. Mais ne t'inquiètes pas, mon fils Charles s'occupera de toi. Enfin tu auras bien sur ta propre liberté, mais c'est lui qui te fera découvrir la ville. D'ailleurs appel le Chuck. Je ne sais pas pourquoi, mais il déteste son prénom. »
Il me fit un sourire, et la voiture s'arrêta devant une résidence très luxueuse. Un portier vint m'ouvrir la portière de la voiture, comme à l'aéroport quelques heures auparavant. Il était en uniforme. Un truc assez ignoble d'ailleurs. Je le dévisageai et le mit très mal à l'aise visiblement. Il baissa les yeux et me dévisagea à son tour. Avais-je l'air d'une extra-terrestre ? Je me rappelai soudain que je portais sur moi des vêtements de paysanne. Je lui fis un sourire puis suivi Bart et ma mère vers l'entrée de la maison. Un homme nous attendait devant la maison.
« Madame Bass, dit celui-ci en faisant une révérence devant ma mère.
-Bonjour Oscar. Tout s'est bien passé ici ?
-Oui parfaitement madame. Il me regarda. Serait-ce la fille de madame ?
-Oh oui excusez-moi. Oscar je vous présente Mia.
-Enchantez de faire votre connaissance mademoiselle.
-Moi de même, répondis-je maladroitement.
-Oscar, Charles est ici ? demanda Bart.
-Oui monsieur. Votre fils vous attend dans le salon principal. »
Sur ce, nous pûmes rentrer dans la maison. Tout était beau et brillait autant que la voiture de ce matin.
« Oscar est l'intendant de la maison, chuchota ma mère à mon intention. »
Cette situation était des plus étranges. Hier encore je vivais dans ma petit maison de campagne avec mon père, et me voila dans une maison digne d'un roi. Nous traversâmes une multitude de pièces toutes plus magnifiques les unes que les autres. Je me croyais dans un conte de fée. La robe de princesse en moins.
Le salon principal se situait au centre de la maison. C'était surement la pièce la plus éclairée et la plus décorée de toutes. Sur un des canapés, un garçon était assis. Il était de dos, je ne voyais pas son visage.
