Je drabble, tu drabbles, il drabble, nous drab... Ouais, non.
Altaïr—Il vient de l'austère Masyaf et découvre la digne Damas, Acre la sacrifiée et Jérusalem trois fois sainte. Partout la sècheresse, partout le sable et partout la poussière. Là tombe une pluie de cendres, ici coule des rivières de sang et ailleurs chante la voix des épées. Sur les toits d'or, de planches ou de briques, il court, libre comme l'aigle. Le destin n'a pas encore frappé au cœur, ne l'a pas enchaîné à la forteresse en l'écrasant sous le chagrin et le devoir. Ses ailes se déploient tant qu'elles le peuvent. Il est libre. Il vole.
Ezio—Sa cité est si belle. De jour comme de nuit, elle vibre dans son cœur. Plus jeune, il grimpait les balcons pour visiter les jolies filles. Homme, il règne sur les toits pour que jamais son âme ne soit engloutie par l'ombre. Vieillard, il observera Florence depuis le sol, sans jamais oublier ce qui faisait sa grandeur à ses yeux. Elle l'a poussé vers sa chute pour qu'il s'envole vers le soleil mais jamais il ne lui en voudra. Il est da Firenze, jusqu'à sa mort.
Edward—Les feuilles sont épaisses, lourdes d'eau. L'humidité le prend à la gorge, dense et vivante. L'aube cueille les résidents de cette jungle au saut du lit. C'est une mer vert sombre qui frémit sous les pas d'un millier de singes, d'oiseaux, de lézards. Les prédateurs s'installent sur les branches basses, patients. Il sait que la terre sous lui grouille de la même manière, fourragée par les serpents et les insectes. Un clocher perce les frondaisons, au loin, et des toits s'étalent jusqu'au rivage. Derrière encore, il voit la mer, le bleu pur des Caraïbes, piqueté de mâts et de voiles qui dansent avec les marées. Son royaume.
Haytham—Il étouffe. Entre quatre murs, il panique et veut sortir, respirer, vivre ! Son agilité lui fait défaut, son flanc mutilé veut le clouer au sol avec les autres, avec les rats, mais il monte, une prise après l'autre vers les toits de Londres. Là, il saute et bondit, glisse, se blesse, s'écorche les genoux comme un enfant, s'égare, court et perd l'équilibre pour mieux tomber. Un tas de foin l'accueille et il se sent comme un petit dans les bras de sa mère. Il est lui-même. Plus si jeune mais lui-même. Blessé mais lui-même. Il rit. Plus haut, la lune se moque.
Connor—Les couleurs de la forêt sont changeantes et c'est avec joie qu'il l'observe du haut d'un grand pin. Tantôt brune et dorée quand l'automne arrive, dénudée et immaculée au plus fort de l'hiver. Vert tendre quand le printemps s'installe, réchauffée par le soleil en été. Parfois la brume, parfois la pluie, parfois les éclairs, parfois le vent, peignent la toile aux couleurs des esprits. Alors que les colons vivent leurs existences de peine et de douleur dans leurs villes sales, la vie en forêt se déroule toujours comme elle le devrait. Mais pour combien de temps ?
Desmond—Happé par la nuit et le vertige, il s'arrête un instant pour regarder la ville. Il est haut, si haut, plus haut que tous ses ancêtres et il voudrait monter encore, échapper à tout cela, aux lumières agressives de la métropole qui ne dort jamais. L'avenir ne lui réserve qu'une vie de douleur, de tristesse et de sacrifice et il le sait déjà. Il saute dans le vide, dans le noir, dans les mille et une lumières de New York, jusqu'à sa cible. Son parachute a des ailes d'aigle et les bénédictions de ceux qui l'ont précédé. Il vole à son tour.
