Bonne lecture !


« P-pardon ? »

La shinigami aux yeux fardés de noir soupira. Pourquoi fallait-il qu'ils aient toujours cette même réaction ? C'en devenait presque lassant, à la longue. D'un mouvement fluide, elle se leva, dominant le lycéen de toute sa hauteur.

« Tu m'as très bien compris. Retire le fundoshi, sa voix était calme, posée.

- V-Vous devez simplement effectuer des mesures, non ? Ça ne devrait rien changer... »

Encore et toujours ce même refrain. Ça y est, elle était en harassée. Shutara analysa brièvement le jeune homme qui se tendait devant elle ; grand, bien bâti, un visage plutôt carré et assez agréable au regard.

L'ombre au tableau ? Il y en avait malheureusement plusieurs : pour commencer, il était roux - vilaine couleur, ensuite, les rougeurs affublant les pommettes du garçon n'indiquait qu'une chose ; sa gêne.

Autrement dit, elle pouvait évaluer le taux de chance qu'il n'ait encore une aucune relation sexuelle à plus de quatre vingt-dix pourcents. Le risque qu'il soit de surcroît bouillonnant d'hormones ? Supérieur à soixante-cinq.

En d'autres termes, l'adolescent qui se tenait devant elle serait bien amusant à tourmenter un peu.

« Kurosaki Ichigo..., Ichigo - la face rouge carmin, déglutit, Penser intéresser de façon purement physique un membre de la garde royale.. Ne te trouves-tu pas un peu présomptueux ?

- C-Ce n'est pas ce que je voulais dire ! »

Senjumaru sourit. Il avait totalement mordu à l'hameçon. Posant un doigt inquisiteur sur ses lèvres, elle prit une expression faussement étonnée.

« Oh, elle retint de justesse un rictus lorsqu'il frémit en sentant ses bras artificiels se positionner autour de lui, et bien dans ce cas, je ne vois pas de problème.

- C-C'est simplement gênant !, Ichigo paniquait. Il préférerait mille fois combattre un menos grande à mains nues qu'à être en sa compagnie.

- Ah. Et pourquoi donc ?

- J-je serai...

- Complètement nu, en effet, la teinte vermeille de ses joues en était maintenant à son paroxysme, j'avoue cependant ne pas voir ce qu'il y a de troublant à cela... A moins bien sûr, que tu tiennes à ce que j'en fasse de même ? »

Intéressant, nota mentalement la shinigami. Il semblerait donc que chez l'adolescent en pleine ébullition hormonale, un rougissement intempestif puisse donner lieu à une couleur étrangement violacée : mélange de couleurs intéressant.

Senjumaru soupira, bien que cet individu ne l'amuse fortement, elle n'avait pas que ça à faire.

« Kurosaki Ichigo. Je t'accorde maintenant trente secondes - passé ce délai, je me verrais dans l'obligation de te le retirer moi-même. »

Ichigo blémit et, soupirant encore une bon coup, finit par s'exécuter.

« Oh. Je crois comprendre maintenant la raison de ta gêne. »

Le shinigami remplaçant, au comble de l'humiliation, ne répondit pas, ce qui amusa d'autant plus son bourreau. Les bras squelettiques prirent d'eux-mêmes les mesures de l'adolescent, laissant à leur propriétaire tout le loisir d'observer son cobaye.

« Quel âge as-tu, exactement ?

- Hein ?, le roux parut décontenancé de cette question, dix-sept ans.

- Oh. Je vois. Cela ne doit probablement être qu'un simple retard de puberté. »

Oh. Et le voilà qui rougissait de plus bel. Quel sujet d'étude passionnant...

« Dix-sept ans... Soit approximativement, cent trente-cinq ans de moins que Kuchiki Rukia. »

Shutara ne put réprimer un rictus lorsqu'elle vit le garçon blanchir à nouveau. Elle devenait accro à ce sujet.

« Kuchiki Rukia. Aller jusqu'à risquer ta vie pour la sauver d'une mort quasi-certaine, j'avoue avoir été agréablement étonnée. Un acte aussi brave et chevaleresque... C'est rare de nos jours. Elle doit infiniment t'en être reconnaissante. »

Ichigo sentit ses joues le brûler à nouveau.

« Cent trente-cinq ans de différence, ce n'est pas rien tout de même. Oh. Quoique. Dix-sept ans, c'est encore bien jeune pour avoir un style arrêté. J'imagine que vous les humains voyez ça comme une sorte d'expérience. »

Oh. Il n'y eut aucune réaction cette fois-ci.

« Vos bras ont fini de prendre mes mesures, la coupa-t-il brusquement, j'imagine que je peux donc me rhabiller.

- Mh ? Oh. Oui, bien sûr. »

La shinigami soupira, ne trouvant plus aucun intérêt à le titiller ainsi. Ichigo, soulagé, s'autorisa un soupir de confort.

« Quoiqu'il en soit, Kurosaki Ichigo, faire de si grosses histoires pour une chose aussi petite, c'est à croire que tu ignores que mon temps est précieux. »


C'est avec un grand soulagement qu'Ichigo quitta le palais de la gardienne du tissage. Une main compatissante vint se poser sur son épaule. Levant la tête, il croisa le regard vide de Renji. Ils n'eurent besoin d'aucun mot pour se comprendre.

« Cette femme..., maugréa le vice-capitaine de la sixième division, Pire que Kurotsuchi. »

La porte s'ouvrit à nouveau, laissant apparaître Rukia qui marchait vers eux d'un pas serein. Elle parut surprise des expressions de stupeur figées sur les visages de ses amis.

« D-déja ?, s'enquirent-ils à l'unisson.

- Que voulez-vous dire ?

- C-C'est juste que, bégaya Renji, ça n'a pas duré longtemps. »

Les fins sourcils de Rukia se froncèrent.

« Juste le temps de prendre mes mesures, oui.

- Rukia !, cette fois-ci, c'était Ichigo qui s'était jeté à l'eau. Elle ne t'a pas dit.. ?

- Et bien pour être honnête, ses bras m'ont surprise. Mais j'imagine que ça m'aurait fait d'autant plus étrange s'ils avaient touché ma peau. D'ailleurs, elle n'a cessé de murmurer des choses étranges : vingt-cinq, trente, quinze pourcents... Je me demande à quoi cela peu bien correspondre. »

Renji blanchit jusqu'à la racine des cheveux tandis qu'Ichigo s'empourpra à nouveau.

« T-tu veux dire que tu n'as même pas eu à ôter ton uniforme ? »

Leur hurlement de désespoir résonna jusqu'au tréfonds du Seireitei.