Bonjour !

Merci énormément pour vos follows, vos favoris et vos reviews ! Cela fait super plaisir !

J'espère que ce chapitre vous plaira autant que le premier.

Bonne lecture.


Disclaimer : Aucun personnages n'est à moi.

O/O/O

Chapitre 2 : Mauvaise ou bonne nouvelle ?

Dans les couloirs du château, Severus faufila discrètement à travers les foules d'élèves qui ne faisaient pas attention à lui. Ces foutus adolescents remplis d'hormones étaient plus agités que d'habitude et Severus devina aisément la raison. Son absence avait fait le tour de Poudlard, ainsi qu'un possible remplaçant temporaire allait venir prendre sa place. Il voyait beaucoup d'élèves être ravi de cette étonnante nouvelle tandis que d'autres étaient surtout content de ne plus recevoir ses incorrigibles devoirs ou d'interrogations surprises. Les cours venaient de terminer, ce qui provoquait un brouhaha insurmontable pour ces pauvres oreilles. Il n'avait qu'une seule envie, se cacher dans un endroit tranquille où personne ne pourrait le déranger.

La veille, il avait été voir l'infirmière avec le directeur et après un examen total, il s'avérait que la potion agirait sur une plus longue durée. Madame Pomfresh avait estimé deux semaines, voire un peu plus, au plus grand désarroi de Severus qui se demandait comment il allait tenir aussi longtemps dans la peau d'un chat.

Il avait besoin de calme pour réfléchir à tout cela... Il avait besoin d'être seul pour se remettre de ses émotions. Comment avait-il pu rater une potion ? Pourtant, il était sûr de ce qu'il faisait et normalement, il ne devrait pas y avoir d'explosion... Il ne cessait de refaire la scène dans sa tête et aucun détail ne semblait lui échapper, alors comment avait-il pu faire exploser sa préparation ? !

Se laissant guider par ses pattes, il arriva au pied de l'escalier qui menait jusqu'à la tour d'astronomie. Il entendit une voix au loin, appartenant apparemment à une fille.

« Je t'ai vu Harry ! Je t'ai vu l'embrasser ! »

Cela ressemblait à une voix bizarrement familière... Piqué par sa curiosité, Severus décida de monter pour voir de qui il s'agissait. Il découvrit une chevelure flamboyante, comprenant rapidement que c'était la cadette de la famille Weasley.

« C'est lui qui m'a embrassé, pas moi ! Je...

- Oh arrête ! Tu t'es laissé faire ! Je n'arrive pas à croire que tu me trompes devant moi. »

Il avait reconnu la voix insupportable du célèbre Harry Potter et s'aperçut de sa présence au côté de la jeune fille. Alors comme, cela, le Survivant profitait pour martyriser le pauvre cœur de sa chérie... Quel pauvre minable.

« Ah ce que je sache Ginny, nous n'avons jamais été ensemble.

- Qu-quoi... Mais tu... Tu savais ce que j'éprouvais pour toi ! Et toi, la seule chose que tu fais quand je suis dans les parages c'est embrasser Malfoy ! Mais Malfoy quoi ! »

Qu'est-ce qu'elle venait de dire ? Que Harry avait embrassé Draco ? Mais c'était quoi cette histoire ! Il ne savait pas que son filleul était attiré par les garçons et encore moins par Potter ! Il fallait absolument qu'il ait une conversation avec lui ! Enfin... quand son problème de transformation sera résolu, dans encore longtemps...

« Je croyais que tu ressentais la même chose pour moi, Harry.

- Je suis désolée. Je n'ai jamais voulu te blesser. »

Severus le voyait s'avancer vers elle pour la consoler mais la rouquine ne semblait pas vouloir et pleura un peu plus à chaudes larmes.

« Est-ce que tu sors avec lui ?

- Hein avec Malfoy ? Non... non, répondit-il maladroitement.

- Alors pourquoi ce baiser ? »

Le silence prit place, rendant l'atmosphère plus chargée, plus lourde, plus désagréable. Ginny semblait soudainement comprendre à ce mutisme.

« Oh, je vois. C'est que du sexe entre vous, déclara-t-elle entre ses pleurs et un rire jaune, je m'étais complètement trompée sur toi... Je n'arrive pas y croire...

- Je suis tellement désolée Ginny, même moi je ne pensais pas être attiré par...

- Par les mecs. Putain. J'aime un gay. Je... j'ai besoin de m'éloigner de toi. Je... »

Elle ne termina pas sa phrase et s'en alla en courant tandis que Severus observa plus longuement le jeune homme qui venait de mettre ses mains sur son visage, complètement découragé.

« Merde ! Merde ! »

Il le voyait se déchaîner soudainement, marchant en large et en longueur avant de s'arrêter net devant lui. Ah, enfin Potter semblait le remarquer... Il le voyait observer autour de lui avant de poser à nouveau ses yeux verts sur son pelage noir.

« Tu dois me prendre pour un dingue. »

Ah, s'il le savait... Déjà parler à un chat c'était limite, fou alors oui, il pouvait le considérer comme un dingue vu la scène qu'il venait de voir. Et puis... Il se tapait son filleul ! Il avait encore du mal à le croire... Comment était-ce possible ? Harry était complètement dingue d'avoir osé toucher son filleul. Il le vit subitement s'accroupir, avançant doucement sa main vers lui comme lui demander de venir jusqu'à lui. Il croit vraiment après ce qu'il venait d'entendre qu'il viendrait gentiment vers lui ? Il pouvait mettre sa main où il pensait. Un rire nerveux prit Harry, faisant oublier à Severus sa soudaine colère.

« Déjà que je suis nul avec les relations humaines, alors avec les animaux, ce n'est pas mieux... Merlin, je suis un homme mort si Ron le découvre. »

Il avait entretemps retiré sa main et l'avait glissé dans ses cheveux en bataille. Severus l'observa toujours, se demandant ce qu'il voulait dire par là. Pourtant, il le voyait souvent entouré et les autres élèves semblaient l'apprécier. Rien n'indiquait que Potter était une quiche en relations humaines. Bon, peut-être à part cette dispute avec la Weasley...

À peine avait-il songé à cette pensée qu'il entendit des pas accélérer dans les escaliers. Harry s'était redressé et sans que Severus n'ait le temps de voir ce qui se passait, il le découvrit contre le mur, les pieds ne touchant plus le sol.

« Ron ! Arrête ! cria Hermione qui venait d'arriver.

- Ma sœur était complètement chamboulée ! Elle était en larmes, et c'est à cause de toi Harry ! T'as beau être mon meilleur ami, je n'accepte pas que Ginny soit malheureuse par ta faute ! »

Ron était rouge de colère et Hermione tentait en vain de le calmer. C'était la première fois que Severus voyait Ronald Weasley très en colère contre le Survivant. Il s'étonna de la vitesse à laquelle il s'était précipité sur Potter pour le plaquer au mur et à quel point il avait de la force. Il n'aurait pas aimé être à la place de Potter, en train de lutter à respirer les pieds touchant à peine le sol.

« Ron ! Lâche-le ! Il s'étouffe ! »

Le rouquin fini par retirer sa prise sur le cou de son ami, le regardant toujours d'un air colérique tandis que Harry tenta de reprendre son souffle dans des fortes respirations.

« Qu'est-ce que tu lui as fait ! Jamais je ne l'ai vu autant en pleure !

- Je... souffla Harry, reprenant encore sa respiration, elle m'a surpris avec une autre personne... »

Severus comprit tout de suite que son élève essayait de choisir les bons mots tout en essayant d'éviter de parler de Malfoy. Il s'avança doucement, se mettant contre un mur sombre afin d'écouter plus sérieusement. Mine de rien, il pouvait être très curieux...

« Hein ? Mais je croyais que tu aimais ma sœur ! T'es vraiment qu'un pauvre con Harry !

- Oh, Ron, tu t'en doutais bien que je n'avais pas de sentiments amoureux pour Ginny.

- Mais comment oses-tu... »

Ron s'apprêtait à lui sauter dessus lorsque l'unique fille du groupe l'en empêcha rapidement, se mettant ainsi entre les deux garçons.

« Ron, s'il te plaît, calme-toi.

- Me calmer ! Non mais je rêve là ! Je me calme, si je veux !

- Il y a forcément une explication. Harry disait que Ginny l'avait surpris avec quelqu'un d'autre...

- Et je me demande bien qui ! »

Tous les regards étaient braqués sur lui, y compris le félin qui se délectait de voir le visage décomposé du balafré qui essaya de trouver ses mots pour répondre à cette question.

« Euh... Hé bien... comment dire... répondit-il nerveusement, je... cette personne n'est pas à Gryffondor...

- Ouais... C'est vague. C'est qui bordel de merde !

- Si je te le dis qui c'est, Ron, tu ne vas pas faire des siennes auprès de cette personne ?

- Hum...

- Allez Ron, tu ne vas rien faire, insista Hermione.

- OK mais je t'en veux toujours d'avoir fait pleurer ma sœur ! Je te tiens comme responsable peu importe avec qui elle t'a surpris. »

Harry glissa sa main sur sa nuque le regard déviant ailleurs et posant soudainement sur l'animal qui semblait lui aussi bien intéressé par sa réponse. Il soupira doucement puis releva son regard vers les yeux colériques de son meilleur ami.

« C'est... Malfoy. »

Un silence de plomb s'ensuivit après cette déclaration. Il semblerait que l'information avait dû mal à s'imprégner dans les cerveaux de ses amis, surtout concernant Ron qui sortait doucement de son choc.

« Quoi ! Malfoy ! Mais tu te fous de moi !

- Attends, Ron... tenta Hermione

- Et depuis quand tu préfères les gars ! Je n'arrive pas à croire, tu te tapes Malfoy ! Tu es tombé bien bas ! »

Hermione qui, plus tolérante et moins surprise par cette réponse inattendue, n'eut le temps de calmer le rouquin que ce dernier donna un joli coup de poing dans la figure du balafré.

« Merlin Ron ! Mais qu'est-ce qui t'a pris ! Il a le nez cassé !

- Il l'a bien mérité ! Je ne veux plus le voir... »

Ron s'en alla aussi vite qu'il était revenu laissant Hermione s'occuper de leur ami. Dans son coin, Severus n'avait raté aucune miette de la scène qui s'était déroulé sous ses yeux. Il s'aperçut que le Gryffondor avait fait tomber ses lunettes lors du coup de poing et semblait mal au point. Il aurait tellement aimé retirer des points... Pourquoi il fallait qu'il soit devenu un chat !

« Attends, je vais t'accompagner jusqu'à l'infirmerie. »

Et sans plus attendre, Severus les observa partir, oubliant de récupérer la paire de lunettes rondes qui traînait misérablement au sol à plusieurs mètres d'eux. Alors qu'il profita enfin du silence de la tour, il entendit soudainement des pas légers, comme si la personne n'osait pas faire de bruit. Mais grâce à son ouïe fine, il devina qu'une personne était en train de montrer les marches de la tour. Il se demandait bien qui osait venir encore déranger ce calme qu'il pouvait enfin profiter... Lorsqu'il s'aperçut l'éternelle chevelure blonde qu'il connaissait si bien. C'était Draco !

Il ne semblait pas le remarquer et d'un côté, Severus s'en soulageait, il ne savait pas trop pourquoi, mais il préférait, même si celui-ci ne le savait pas, que son filleul le voit dans cet état. Il avait encore du mal à digérer qu'il devait rester en chat pendant deux longues semaines ! Il le voyait guetter de gauche à droite comme pour vérifier qu'il n'y avait plus de trace du trio d'or lorsque son regard tomba sur la paire de lunettes rondes au sol. Severus découvrit un petit sourire narquois s'installer sur les lèvres de son filleul et ne put que constater que ce dernier agissait de drôle de façon. Depuis qu'il était au courant que Potter se bécotait avec Draco, il avait l'impression de regarder son filleul d'une nouvelle manière. Il découvrait seulement maintenant que le blond semblait plus détendu, plus épanouit et ce, grâce à la disparition de Voldemort et son innocence clarifiée après son procès durant l'été. Il devina aisément que la présence de Potter loger dans ses pensées était incontestablement lié à ce bien-être que Draco affichait, malgré lui, sur son visage. Il avait ramassé la paire de lunettes et l'avait rangé délicatement dans sa longue poche que sa robe de sorcière ornait discrètement entre ses plies. Il observa un instant le ciel puis partit rapidement, titillant sa curiosité. Severus se demandait bien s'il allait rendre ces lunettes à son propriétaire...

OOOOO

Severus aurait voulu disparaître. Là. Toute de suite. Il se sentait si gêné et pourtant, il n'osait faire un pas pour s'éloigner de la scène à laquelle il assistait. Il avait suivi secrètement son filleul qui était parti à l'infirmerie. Draco avait sans aucun doute vu, Potter souffrir le martyr dans les couloirs. Il avait vu l'attendre dans un coin sombre et discret d'un couloir que le Survivant sorte et dès qu'il l'avait aperçu, le blond l'avait emmené presque de force avant que Hermione puisse se rendre compte de sa disparition. Et maintenant, ils étaient dans les cachots, loin des regards curieux et des voix insupportables des élèves, bouche contre bouche, les mains de Draco qui hasardent luxueusement sur le corps alerté du Survivant.

« Hum... Je ne crois pas que c'est judicieux... hum...de rester là... » S'essouffla Harry

Draco répondit simplement par un grognement, sa bouche étant désormais occupé à rougir le cou de son amant. Ce dernier retint avec difficulté, un soupir, les yeux fermant et le visage relevé vers le plafond.

« Malfoy…

- Hum… »

S'il le pouvait, Severus aurait déglutit face à l'érotisme qui émanait du couple qui se cachait tant bien que mal aux yeux des autres. Quelques Serpentards de deuxièmes années venaient de sortir, une dizaine de mètres plus loin, de leur salle commune. De là où il était, Severus pouvait voir les mains du blondinet se faufiler à travers la chemise à moitié froissé du brun pour caresser chaudement sa peau ainsi que titiller ses tétons. S'il n'était pas un félin, Severus aurait sans aucun doute été excité et son corps l'aurait appréciablement fait comprendre dans son pantalon étroit. Comme quoi, il y avait des bons côtés d'être un chat…

Severus imagina les mains dissimilées de son filleul posséder le torse musclé du Survivant, voyant par la même occasion les tétons maltraités du Gryffondor dans sa mémoire. Il laissa la scène se dérouler, mélangeant entre réalité et fiction. Tandis que Potter gémissait de plus en plus face au corps compressant de Draco, Severus s'éloigna peu à peu de la réalité et imagina ses mains à la place de celles du Serpentard, qui descendaient doucement vers le pantalon trop serré où cachait une douloureuse et excitante érection. Sans se rendre compte, Severus ferma ses yeux noirs, et se laissa envahir par les gémissements à peine refoulés de son élève, réveillant des désirs longuement enfouis en lui. Merlin que Potter pouvait être un appel au viol. À cette pensée, Severus rouvrit ses yeux, choqué par ses propres idées. Comment avait-il pu fantasmer sur Potter ? Il était horrifié par son imagination qui n'avait caché aucune pudeur les images d'un Harry Potter nu et en extase… Il s'était imaginé être à la place de Draco, pouvoir toucher le Gryffondor et cela lui faisait peur. Entendant une nouvelle fois le brun gémir, il dévia son regard à nouveau sur la scène et découvrit que Draco s'était mis entre ses jambes pour le prendre entièrement dans sa bouche. Sans plus attendre, Severus réussit à s'éloigner, songeant que ses pattes avaient miraculeusement bougé pour lui faire voir d'autres paysages moins érotiques. Il s'était senti très mal à l'aise lorsqu'il comprit que son propre filleul faisait une fellation au Survivant. Il avait préféré partir pour essayer de retrouver ses esprits et pour la même occasion, de comprendre ce qu'il l'avait poussé à imaginer des scènes obscènes… Sûrement qu'il était en manque, cela fait plusieurs mois qu'il n'avait pas couché avec un amant d'un soir et maintenant qu'il s'était transformé en chat, il ne pourrait pas satisfaire son soudain besoin de s'envoyer en l'air avec un inconnu. Et bien sûr, tout ça c'était la faute de Potter. C'était toujours de sa faute !

Bien entendu, il n'était absolument pas de mauvaise foi… Severus décida de revenir chez Dumbledore pour le convaincre que ce n'était vraiment pas une bonne idée que Potter puisse le garder, surtout s'il va le voir s'envoyer en l'air avec son filleul ! Hors de question. Ce fut sur cette pensée que le professeur de potions prisonnier dans un corps de chat, monta les escaliers des cachots pour retrouver le directeur.

OOOOO

Harry sentit son cœur se serrer. Ron ne daignait pas lui parler depuis qu'il avait su qu'il couchait avec Malfoy et ses camarades auxquels il partageait son dortoir semblait être au courant de sa situation. Il voyait Neville lui lancer un regard compatissant tandis que Seamus et Dean tentaient de faire comme s'ils n'étaient pas au courant. Harry remercia ses trois amis mentalement, avant de croiser le regard de Ron qui était en colère contre lui. Il hésitait à lui parler, de peur d'empirer la situation. Il était un Gryffondor, il était courageux, et même si la petite voix dans sa tête lui dictait d'être prudent, Harry voulait parler au rouquin. Après tout, n'étaient-il pas des meilleurs amis, des frères ?

« Euh… Ron, tu es toujours fâché contre moi, n'est-ce pas ? »

Il sentit que l'atmosphère avait monté d'un cran et regretta presque ses mots en voyant ses yeux bleus lui lancer toute sa colère. Il entendit Seamus et Dean sortir du dortoir, tandis que Neville décida finalement que c'était le moment pour lui de prendre sa douche, le laissant ainsi seul avec la colère de Ron.

« A ton avis ? » Répondit-il froidement.

C'était rare qu'il lui parle avec autant de froideur, même que c'était la première fois et Harry ne savait pas comment se comporter avec lui.

« Crois-moi, je n'ai jamais voulu faire souffrir ta sœur...

- Ah ouais, et bien, c'est raté. » Continu-t-il avec le même ton.

Harry glissa nerveusement sa main dans sa chevelure et essaya de garder contenance. C'était la première fois qu'il se sentait si petit, si impuissant face à Ron, qui d'habitude était toujours là pour l'encourager, l'accompagner dans ses délires, le rassurer. Et voilà que son meilleur ami était contre lui, avec une envie de meurtre brillant dans ses yeux clairs et les joues qui risquaient d'exploser tellement elles passaient de blancs au rouge d'énervement.

« Je n'arrive pas croire que tu préfères Malfoy ! C'est dégueulasse ! »

Il sentait que cela allait se dégénérer, que cela allait se transformer en une grosse dispute. Et malgré son pressenti, Harry continua de répondre, en espérant avoir tort sur ce drôle de ressenti. Il aurait voulu lui dire, que lui aussi, il avait encore du mal à le croire mais trouvait cela un peu déplacé sachant qu'il risquait de recevoir une nouvelle tarte de sa part. Il tenta la méthode douce, de celui qui essaie de lui faire comprendre que c'était sa vie et que s'il voulait s'envoyer en l'air avec un Serpentard et de surcroit Malfoy, c'était son choix.

« D'accord, Ginny en pâtie, tu es en colère car je l'ai fait souffrir malgré moi, mais, à ce que je sache j'ai le droit de faire ce que je veux de mon corps, tu n'as pas le droit de me juger comme tu le fais maintenant ! »

Finalement, ce n'est peut-être pas ce qu'on appelle une méthode douce… Voyant Ron froncer davantage ses sourcils roux, il comprit qu'il était allé un peu loin dans sa réponse, ou du moins qu'il aurait peut-être dû choisir une façon plus délicate qu'il avait le droit de s'envoyer en l'air avec qui il voulait que cela soit garçon ou fille. C'était avec le Serpentard, qu'il avait découvert son homosexualité, bon, il n'était pas sûr à 100% qui aimait les garçons mais il se savait bi, et commençait doucement à l'accepter grâce à Malfoy qui avait fait un marché avec lui. C'était simplement et purement du sexe entre eux, pas de quoi en faire des montagnes… Malfoy voulait un sexfriend pour prendre du bon temps et lui, il avait accepté pour connaître davantage son intérêt pour la gente masculine et pour être sûr qu'il était attiré par les hommes.

« Je te juges si je veux ! Dit-il de façon immature, dégage ! Va te faire baiser par Malfoy puisse tu sembles adorer ça ! »

Quoi ? Qu'est-ce qu'il venait de lui dire ? Il sentait son cœur se serrer dans sa poitrine, Merlin que cela faisait mal, surtout venant de son meilleur ami. Il se sentait peiné et n'avait plus la force de répondre à sa provocation. Le silence s'installa soudainement, encore plus sous tensions que quelques instants plus tôt. Il semblerait que le brouhaha de la salle commune s'était évaporée comme par magie depuis que la dispute avait éclaté. Sans rien dire et retenant au mieux les larmes qui risquaient de sortir de ses yeux verts, Harry prit son sac de cours et quitta le dortoir suivit des regards interrogateurs de ses camarades qui l'observaient sortir de leur chaleureuse salle commune.

OOOOO

Il était vingt-deux heures, et le couvre-feu était passé depuis une demi-heure déjà. N'arrivant pas dormir, Severus décida de se dégourdir les pattes dans le grand château en compagnie de Dumbledore qui profita de lui rapporter les premiers changements sur les relations entre les quatre maisons.

« Il semblerait, mon cher Severus, qu'il y ait moins de tensions entre les Serpentards et les Gryffondors depuis le début de l'année scolaire, n'est-ce pas merveilleux ? »

Severus aurait soupiré, las, mais sa nouvelle condition ne le permettait pas. À la place, il miaula de façon très mignon et voulu s'enterrer six pieds sous terre d'avoir pu sortir un son aussi aigu et humiliant.

« En attendant que votre situation se rétablie, il serait peut-être judicieux de vous remplacer…Mais j'ai bien peur de ne pas avoir le temps pour faire les entretiens… »

Dumbledore se tue soudainement et s'arrêta brusquement faisant titiller curiosité le chat noir qui se demandait pourquoi il avait interrompu sa marche.

« J'ai l'impression d'entendre des pleurs…, est-ce que tu les entends aussi Severus ? »

Au lieu de répondre, Severus suivit le son des pleurs, il était certain que ces derniers n'appartenaient pas à Mimi Geignarde et se demanda qui avait pris le risque de dépasser le couvre-feu pour pleurer un bon coup loin des regards. Il entendit le directeur le suivre derrière lui et aperçut une porte entrouverte d'une salle de classe dans un angle discret du couloir. De son corps souple, il se glissa facilement dans l'ouverture tandis que Dumbledore ouvrit doucement la porte pour découvrir l'auteur des sanglots.

Dans un coin de la salle, à la lumière des étoiles, un élève était assis à même le sol et pleurait à chaudes larmes, le visage enfouit dans les bras mouillés de larmes. Il reconnut rapidement la chevelure rebelle et l'uniforme des Gryffondor de Potter…

« Harry ? »

Celui-ci releva doucement sa tête, tremblant de la tête aux pieds par les spasmes douloureux de ses larmes. Albus Dumbledore rejoignit rapidement l'adolescent qui le regardait d'un ai désespéré. Rogue se sentait subitement mal à l'aise. Il n'avait pas l'habitude de voir des élèves pleurer et encore moins Potter. Celui-ci avait l'air vraiment bouleversé. Mais qu'est-ce qu'il s'était passé ? Quelques heures plus tôt, il était encore heureux dans les bras de son filleul et le voilà maintenant en train de pleurer sans pouvoir s'arrêter. Pire qu'une fontaine…

Harry ne réussit à formuler aucune réponse et tenta de cacher aux mieux son visage rempli de larmes avec ses mains. Dumbledore qui s'était mis à la hauteur du jeune homme, retira doucement ses mains pour rencontrer son regard rempli de tristesse. Severus s'était lui aussi avancé, se mettant à côté du Gryffondor.

« Raconte-moi ce qui t'arrive mon grand. »

Les sanglots doublèrent soudainement et Severus lança un mauvais regard au directeur, devinant que sa demande était la cause de cet abandon de tristesse. Il décida de gérer la situation à sa façon, puisque Dumbledore ne semblait pas réussir à apaiser ne serait-ce qu'une seconde l'état de son élève. Puisqu'il était devenu un chat, il allait jouer ses atouts d'animal pour apaiser le pleurnichard. Il s'avança un peu plus, se glissa entre les genoux entrouverts de l'adolescent et monta maladroitement sur lui. Harry se laissa faire et sans se rendre compte, pris le félin contre lui, tandis que ses larmes se calmèrent petit à petit.

Finalement, Harry décida de ne rien dévoiler à Albus et se leva, toujours le félin entre ses bras. Severus se laissa faire, voyant que l'état de l'étudiant était plus rassurant.

« Oh, ne vous en faites pas, rien de méchant…

- Tu es sûre ? Si tu as besoin de parler, ma porte est grande ouverte.

- Oui, merci.

- Je vois qu'il a fini par t'apprécier. »

Harry baissa son regard sur l'animal et sourit discrètement tout en le caressant doucement. Severus se surprit à ronronner, chose qu'il n'avait jamais faite depuis ce jour…. Foutu Potter ! Il savait s'il faire en matière de caresse, Merlin que c'était agréable !

« Pourrais-tu t'en occuper pendant quelques temps ?

- Eh bien… Oui je veux bien. Mais il n'a pas de propriétaire ? »

Au mot « propriétaire » Rogue s'arrêta subitement ses ronronnements, trop dégouté par le fait qu'il puisse appartenir tel un objet, à un inconnu.

« Il s'avère que le propriétaire en question est momentanément absent, menti-t-il à moitié, et j'ai une charge de travail assez conséquent, je préfère que ce chat soit entouré d'attention, et j'en suis sûr que tu seras capable de lui en donner, n'est-ce pas Harry ?

- Euh… Oui, d'accord. Et quel son nom ?

- Sevy. »

Severus cru s'étouffer au petit surnom que Dumbledore venait d'employer et se retint pour ne pas sortir ses griffes afin de lui dire sa façon de penser.

« Sevy. Je trouve que cela lui va bien. Je l'emmène avec moi alors. »

Si tu savais Potter… Si tu savais. S'il avait su qui se cachait dans ce corps de chat et que bizarrement ce nom lui allait à ravir. Rogue voulu en rire jaune…. Heureusement que les chats étaient réputés pour être silencieux.

« Bien, je te dis donc, bonne nuit.

- Oui merci professeur. Bonne nuit à vous aussi. »

Harry parti en direction de sa salle commune, le sac à dos sur son épaule et Sevy entre ses bras. Ce dernier se demanda encore ce qu'il allait lui arriver dans l'antre des lions… En espérant que sa situation n'allait pas durer longtemps.

Le jeune homme, ne pouvant savoir qu'il portait le professeur de potions entre ses bras, sourit davantage en sachant qu'il allait avoir un peu de compagnie. Il doutait bien que Ron était encore fâché contre lui et que ses camarades de sa promotion ne risquaient pas trop de lui parler de peur de recevoir les foudres du rouquin. Ce fut sur cette pensée qu'Harry et Sevy rentrèrent enfin dans la salle pour partir rejoindre silencieusement les autres dormeurs.