Bonjour tout le monde! C'est avec un énorme plaisir que je vous offre ce nouveau chapitre de cette histoire. J'espère que vous aimerez le lire autant que j'ai aimé l'écrire et que Misssagagemini a aimé le corriger !
Bonne lecture!
Note de l'auteur : Je n'ai jamais, au grand jamais, lu les Lost Canvas ! Prenez-en note, merci!
Les lèvres de Saga se posèrent tendrement sur le front de Kiki pour y déposer un doux baiser d'au revoir. Ils se prirent la main un instant avant que le Chevalier des Gémeaux ne décide véritablement de partir. Ils se sourirent et Saga tourna les talons en direction de la sortie. Kiki le suivit des yeux un long moment, jusqu'à ne plus le voir. Il soupira puis sourit doucement. Ces séparations lui brisaient toujours un peu le cœur. Si tout ne dépendait que de lui, il garderait cet homme à son Temple, toujours à ses côtés, mais il ne le pouvait pas, même s'il le voulait véritablement. Bon Dieu qu'il l'aimait ! Il eut un rire enfantin et pivota sur ses talons. Son tour maintenant de regagner ses appartements privés en vue de passer une bonne nuit de sommeil. Voila deux semaines maintenant qu'il occupait le poste de Grand Pope. Dès la première journée il avait été envahi par le découragement : Shion n'était pas à jour dans ses papiers donc Kiki devait rattraper le retard de Shion en plus de faire ceux de la semaine même. Il avait demandé Saga en renfort ; celui-ci avait généreusement accepté de lui prêter main forte jusqu'à ce que ce problème soit réglé. Deux semaines. Voila le temps qui avait été nécessaire pour y parvenir. Deux semaines de paperasse ! Dit ainsi ça semble plutôt pénible. Mais en vérité, ça représentait aussi deux semaines qu'ils avaient pu passer juste eux deux, seuls au Temple du Grand Pope…
Juste cette pensée fit sourire le Représentant de la Déesse Athéna. Il parvint enfin à sa chambre. Rapidement, il se départit du casque de Grand Pope, puis de la soutane et finalement de son pantalon qu'il portait en dessous. Il les envoya valser dans un coin de la pièce, à même le sol, avec les autres. Seul le casque ne reçu pas le même traitement : lui se fit gentiment, mais négligemment, posé sur un meuble quelconque. Kiki et l'ordre, deux choses qui n'allait définitivement pas ensemble… Il enfila un pyjama et alla se coucher. Enfin ! Cette longue journée trouvait sa fin et lui pouvait aller se reposer en paix jusqu'à ce que le Soleil ne se lève et ne le contraigne à n'en faire autant. Mais ça… c'était pour demain. Autant penser à quelque chose de plus réjouissant, comme aller dormir !
À peine posa-t-il la tête sur l'oreiller qu'il se sentit planer. Il se sentait bien et au chaud sous les draps beiges de son lit. Il soupira de béatitude et cala sa joue dans l'oreiller, remonta la couverture jusqu'à son menton et se mit en boule, collant des jambes à son corps. Vive la position fœtale pour dormir !
Bruits de pas. Quelqu'un marchait dans le Temple du Pope. Kiki se réveilla difficilement lorsqu'il les entendit indistinctement. Ils se rapprochaient avant de tourner le coin un peu plus loin. Kiki ouvrit un œil avant de se retourner dans son lit. Il se rendormit.
Une heure plus tard. Bruits de pas. La même cadence, la même démarche. Kiki se redressa dans son lit et fixa la porte close un moment. Quelle heure était-il ? Était-ce le matin ? Il jeta un œil au cadran à côté de lui. 3h14 du matin. Il secoua la tête un instant. Les pas tournèrent le coin. Saga était-il revenu au Temple pour aller chercher quelque chose qu'il y aurait oublié ? Ou peut-être était-ce Shion ? Qui sait. Kiki se recoucha une fois que les pas se furent éloignés.
Le lendemain matin, le Grand Pope se réveilla avec l'impression d'avoir un peu mal dormit. En effet, il avait été réveillé à deux reprises par des gens qui déambulaient dans son Temple. Il se retira péniblement de sous les couvertures, enfila des vêtements propres puis partit en direction de la salle à manger. Il y retrouva tous ses Chevaliers, du moins ceux qu'il restait. Il mangea en leur compagnie, le sourire aux lèvres. Il conversa allègrement avec Milo et Aldébaran qui lui racontaient leur dernière mission et le succès qui en avait résulté.
Une fois le repas terminé, il prit le Gémeau à part et lui demanda la raison de sa visite nocturne au Temple du Pope. « Euh Kiki… Je suis pas allé au Temple durant la nuit, je suis resté au mien… De toute façon, tu te doutes que si j'étais bel et bien venu, je serais passé te dire bonne nuit ou quelque chose du genre… C'était probablement Shion. » Ils se jetèrent un long regard amoureux avant que Saga ne quitte pour aller rejoindre les autres Chevaliers du Zodiaque. Ouais, ce devait être Shion. Qui d'autre aurait pénétré dans le 13ème Temple aussi impunément sinon ? Kiki secoua la tête et se dirigea vers son bureau. Il s'y installa et entreprit de remplir les trop nombreux papiers qui s'y trouvaient déjà. Un jour il devrait blesser le jeune page qui avait la responsabilité de les lui apporter. Comme ça il aurait la paix pour un jour ou deux… Il pensait cela, mais il ne le ferrait jamais. Il n'oserait jamais faire de mal à quelqu'un pour une raison aussi idiote. Seul un ennemi de la Déesse mériterait qu'il lève la main contre lui… Autrement non ! Jamais !
Et une pile de feuille ! Une ! Plus que de deux et ce serait la fin de ce calvaire journalier. Une signature ici, des initiales là, quelques crochets par ici, un court message en dessous, un commentaire dans cet encadré, une autre signature et une autre feuille de complétée ! Signature, écriture, crochet, commentaire. Suivante ! Trois heures s'écoulèrent facilement avant qu'il ne puisse sortir de son bureau et respirer allègrement l'air pur. Fini pour aujourd'hui. Il les avait faites relativement vite. Il pouvait tout de même se féliciter sur ce point ! Pour une fois qu'il ne les faisait pas à la va-vite pour s'en débarrasser. Aujourd'hui, il n'avait aucune raison de se presser à faire quoique ce soit puisqu'il n'avait rien d'important de prévu. Pas de rencontre avec Athéna, pas de Saga à son Temple, pas d'audience de demandée. Rien. Le calme plat dans son emploi du temps. Bain ? Pourquoi pas. Il pouvait largement en profiter pour abuser du bain et s'y prélasser à loisir. Rapidement, il avait compris et partagé l'obsession et la dépendance au bain du Temple qu'avait Saga. Toujours chaud, une douce odeur apaisante et un décor magnifique. Il se souvint que Shion lui avait dit avoir une sorte de table qu'il pouvait mettre sur l'eau et qui flottait, lui permettant de faire quelques papiers en profitant de l'ambiance relaxante de cette immense salle de bain. Il faudrait qu'il essaie un jour… Ça pourrait devenir très intéressant à la longue…
Il fit un crochet par sa chambre, histoire de ramasser quelques vêtements, se débarrasser de ceux étant sales et d'attraper son nécessaire de toilette. Une fois devant le grand bain, il se dévêtit et se laissa glisser dans l'eau chaude et parfumée. Il inspira profondément et... « Grand Pope, Shion du Bélier demande audience dans les plus brefs délais », lui annonça un garde de l'autre côté du rideau servant de porte. Soupir de déplaisir. Il quitta l'enveloppante chaleur de l'eau, se sécha et réintégra sa toge noire et tout le reste des habits de Grand Pope.
Il donna audience à Shion, prit note de ce qu'il lui disait puis lui demanda de disposer suite à cela. Il retourna enfin à son bain et s'y prélassa jusqu'au souper…
Après avoir soigneusement rangé ses feuilles d'observation célestes avec les autres, il enfila son pyjama et soupira. Au moins il pouvait se féliciter de maitriser davantage la lecture des étoiles. Il n'avait plus besoin de Saga ou de Shion, simplement de beaucoup de temps parfois. Avec le temps, il allait y arriver. Pour le moment, il se pratiquait et ne se stressait pas vraiment avec ça. Il n'y lisait aucune guerre à venir ou d'ennuis, donc même si la lecture qu'il faisait des étoiles n'était pas exacte ou complète, cela ne mettait rien ni personne en danger !
Il se coucha confortablement dans son lit et s'endormit presque instantanément.
Kiki se réveilla en sursaut lorsqu'il entendit des pas dans le couloir. Encore. Il prêta l'oreille jusqu'à ce qu'ils tournent le coin et quittent plus loin. Il grogna faiblement avant de se recoucher de l'autre côté. Il secoua la tête. Il devrait avertir Shion de cesser de marcher dans le Temple le soir, ça fait trop de bruit. Trop d'écho dans ce Temple ! Il allait en toucher deux mots à Shion demain…
Vers 3h30 du matin, la personne repassa dans le couloir… Kiki l'entendait arriver. Il se leva, légèrement irrité et ouvrit la porte à la volée pour faire peur à la personne qui marchait et qui l'empêchait de dormir tranquillement. Les pas marchaient, puis tournaient le coin plus loin. La mâchoire de Kiki se mit à trembler, ses yeux s'agrandirent et se remplir d'eau. Il déglutit difficilement. Les pas avaient tourné le coin. Mais aucun corps n'accompagnait ces pas. Sous le choc Kiki resta un long moment sans bouger avant de s'écrouler à même le sol. Personne. Aucun humain n'avait marché. Mais le bruit était bien là. Quelque chose se promenait depuis hier dans le Temple. Le Grand Pope se releva, referma lentement la porte puis retourna se coucher, toujours prit de peur…
À peine le Soleil se levait-il que Kiki pénétrait dans la chambre de son maître Shion. Il le réveilla en le secouant frénétiquement. C'est péniblement et d'une manière fort peu agréable que le Chevalier du Bélier émergea du pays des rêves. Il attrapa la main de Kiki avant de lever ses yeux vers lui et de rester un moment hébété de voir son élève ainsi. Kiki était blême, avait les yeux grand ouverts, les pupilles dilatées à l'extrême, le regard fou, les mâchoires serrées. Shion se redressa et posa une main sur sa joue. « Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda-t-il. La voix tremblante, Kiki lui répondit, agrippant une de ses mains à celle de Shion : « Il y… Il y a un fantôme dans le Temple du Pope... Le Temple est hanté. Ne ris pas de moi! » finit-il par rugir. Il se recula du lit et toisa Shion d'un regard à la limite entre la peur et la rage. Shion lui murmura qu'il avait dû rêver et imaginer tout cela à cause de la fatigue. Kiki quitta. Il n'avait pas envie qu'on lui dise qu'il inventait tout cela. Non, c'était bien réel. Quelqu'esprit que ce soit marchait dans son Temple la nuit !
Kiki passa probablement la pire journée de sa vie : la fatigue le rongeait, le manque d'appétit lui crispait l'estomac, la mauvaise humeur prenait le pas sur sa nature normalement si enjouée, le moindre bruit de provenance inconnu lui insufflait une vague de peur et la seule idée de se retrouver seul ce soir aux prises avec des fantômes lui faisait dresser les cheveux sur la tête. Lorsqu'il croisa Saga en milieu de journée, il n'eut même pas l'envie de lui parler de ce qui le troublait. Il ne voulait pas répéter la même erreur que le matin : il ne tenait pas particulièrement à ce qu'on rit de lui une fois de plus. Il passa à côté de lui, il sourit faiblement et s'excusa de ne pouvoir lui parler davantage prétextant des piles immenses de paperasses.
Une fois dans son bureau, il se mordit la lèvre inférieure, se sentant mal d'avoir mentit. Il avait envie de faire demi-tour et d'aller voir le Chevalier des Gémeaux pour s'excuser et lui dire ce qu'il venait d'inventer n'était que pacotille, qu'il n'avait aucun papier à remplir… mais ça Saga devait déjà le savoir. Le lundi était le seul jour de la semaine où aucun papier ne rentrait à moins d'une urgence urgente… mais encore, c'était un cas très exceptionnel, toutefois ce n'était jamais quelque chose d'assez long pour accaparer Kiki pour un long moment. Il alla s'asseoir sur sa chaise et soupira. Il posa les coudes sur la table et posa son front sur ses bras croisés. Il se mit à réfléchir à ce qu'il allait faire avec ce problème de fantôme ou d'esprit ou de il ne savait encore trop quoi dans son Temple. Tout ce qu'il savait avec certitude, toutefois, c'est qu'il allait devoir s'en charger lui-même ! Il allait devoir affronter cette chose ou du moins savoir ce qu'elle voulait !
Il se leva promptement, claqua ses mains ensemble et partit en direction de la Bibliothèque du Sanctuaire. Il en poussa la porte cérémonieusement. C'était la première fois qu'il y entrait et il avait l'étrange impression que ce ne serait pas la dernière toutefois. Ce problème qu'il avait sur les bras lui donnait la sensation que la Bibliothèque lui serait de la plus grande aide. Il ne pourrait dire pourquoi, mais c'était ainsi. Il fit quelques pas dans l'énorme bâtisse. Il devait avouer qu'il était plutôt impressionné de l'architecture de l'endroit : les plafonds très hauts, deux étages, tout en marbre, des moulures représentant des guerriers se suivant à la course, de larges rangées de livres et quelques petites tables en verre éparpillées un peu partout. S'il était devenu Chevalier, il aurait eu des travaux de recherche à faire ici, mais il s'en était sauvé en devenant Grand Pope contre son gré. Peut-être était-ce mieux ainsi. Non ?
Il marcha entre les rangées, cherchant ce qu'il voulait, ce qui l'aiderait, ce qui ferrait son bonheur. L'endroit comportait trop de livres pour qu'il puisse véritablement se retrouver parmi les ouvrages. Il soupira et s'assit à une table en se décourageant. Il en avait pour des jours à farfouiller avant de mettre la main sur la perle rare. Une voix monotone et douce lui parvint au travers de son silence d'accablement : « Je peux vous aider Grand Pope ? » Kiki leva la tête vers son Chevalier du Verseau et lui sourit avec reconnaissance. Il se contenta de lui dire qu'il cherchait des informations sur les esprits, revenants, fantômes. Si Camus n'avait été lui-même un revenant - dans un certain sens – il se serait probablement permis de demander la raison de cette recherche toutefois la situation étant ce qu'elle était cette question paraissait un peu futile dans un tel contexte.
Quelques livres en main, Kiki s'assit à une table et commença à feuilleter les livres d'abord consciencieusement puis en diagonal. Rien d'intéressant pour l'instant. Il tomba finalement sur un livre écrit par Capricorn no Priam. Le bouquin semblait vieux, lorsqu'il lut la date d'écriture il vit qu'il datait d'il y a 240 ans. Kiki en tourna les premières pages : tout était écrit à la main. Il sourit et lut les titres des chapitres. « L'âme du Temple…. p. 58» Kiki alla à la page indiquée et commença à lire, intrigué malgré lui par ce que cet homme avait à raconter. Cet homme qui devait être le Chevalier du Capricorne de l'époque de Shion selon la date de création.
« J'ai accepté de jouer le rôle de Grand Pope pendant la longue réunion à laquelle celui-ci doit se rendre pour les deux semaines à venir. En temps normal, ce serait à Shion de le faire, mais vu qu'il est alité suite à une blessure résultant d'une précédente mission qui a tourné au vinaigre, il est dans l'incapacité de le faire. Je dois avouer que ça me réjouit un peu d'occuper ces fonctions très honorables au sein du Sanctuaire de notre très chère et respectable Déesse Athéna. Peut-être cela montrera-t-il au Grand Pope actuel que j'ai un intérêt certain à le reléguer quand l'âge l'empêchera de poursuivre. Je m'égard. Au plus méritant ce poste !
Je disais donc un peu plus tôt que le Sanctuaire d'Athéna était probablement le meilleur lieu pour qu'on y retrouve des esprits puisque bon nombre de soldats et de Chevaliers, depuis les temps mystiques, y meurt et pas toujours avec une sépulture adéquate. Cela, bien sur, empêche les âmes des défunts de trouver le repos éternel auquel ils aspirent. Ou du moins ça prive les âmes les plus torturées de le faire. Une fois le corps sous terre et les dernières onctions données, celle-ci peut partir. C'est du moins ce que j'ai comprit de mon expérience.
Au début de mon « règne », j'ai été réveillé en pleine nuit par un bruit de pas qui se déplaçait dans le Temple passant devant ma chambre et se rendant à la salle à manger de la Chevalerie. Je me suis levé et ai suivi l'être invisible jusqu'à ce lieu. Une fois arrivé là, il s'est révélé à moi et m'a indiquer l'endroit où se trouvait ses restes corporels. Je les ai extraits de leur emplacement et me suis occupé de leur sépulture. Suite à quoi je n'ai plus eu à faire à ce fantôme (j'ai été à deux doigts d'écrire Spectre avant de me rendre compte qu'on pouvait confondre avec les combattant d'Hadès). […] »
Kiki retourna au début du livre dont il lut les première lignes avec intérêt ; il reconnaissait dans les propos du Chevalier une partie de ce qu'il vivait en ce moment et non pas seulement des récits farfelus qui lui paraissaient exagérés par l'imagination, ni même une simple source d'informations qui ne reposaient sur rien pour être crédibles.
« J'ai lu quelques ouvrages, dont la plus part datent de l'Antiquité, sur le sujet des revenants et des esprits égarés, mais rien ne me paraissait vraiment satisfaisant. J'avais l'impression que la touche humaine et personnelle manquait, que tout n'était qu'hypothèses ou suppositions. Je me suis dit qu'un jour peut-être ce que j'écris servira à quelqu'un d'autre. […] »
Kiki prit le livre dans ses mains et demanda à Camus s'il avait le droit de partir avec le bouquin. Camus leva un sourcil surpris et lui répondit qu'il pouvait bine faire ce qu'il voulait puisqu'il était le Grand Pope. Un large sourire étira les lèvres du rouquin alors qu'il quittait les lieux pour retourner à son Temple et poursuivre sa lecture. Une fois de retour chez lui, il posa l'ouvrage sur un meuble dans sa chambre puis se fit happer par un page qui venait lui annoncer que Mu de Jamir demandait une audience devant le Pope dans les plus brefs délais. Kiki soupira de toute son âme et se traîna les pieds jusqu'à la pièce d'audience. Il monta paresseusement jusqu'au trône et toisa son ancien maître avec indifférence sans même s'en rendre compte. Son visage exprimait tout l'ennui que lui insufflait cette rencontre inattendue. Mu le lui fit remarquer et vint à sa rencontre. Il voulait simplement des nouvelles de son protégé. Ce dernier retrouva une partie de son entrain et lui raconta comment il aimait le poste, à quel point ça impliquait plein de responsabilités et de tâches connexes qu'il n'aurait jamais imaginées (par exemple partir à la chasse aux fantômes). Mu lui sourit et ils parlèrent un long moment, si long que rapidement le souper arriva. Mu reprit la route vers sa tour à Jamir et Kiki celle de la salle à manger où les Chevaliers étaient déjà tous attablés et attendaient son arrivée comme signal de départ pour se nourrir. Une fois que le Pope mit les pieds dans la pièce les couverts se levèrent et le repas se déclencha, les conversations aussi.
Une fois le souper terminé, il retourna à sa chambre et regarda un long moment le livre avant de décider d'aller se coucher en priorité. Il avait passé une nuit assez désagréable la veille que ce soir il pouvait bine se payer le luxe de dormir plusieurs heures consécutives. Il eut un léger sourire à cette idée. Il s'étira longuement, eut un bâillement pour confirmer ce qu'il avançait. Il glissa ses doigts sur la vieille couverture du livre avant de se changer, passer à la salle de bain et de se mettre au lit. Il s'enroula dans ses draps et s'endormit alors que l'horloge sonnait 21h.
Un peu plus de 5h plus tard, un bruit de pas réveilla le Grand Pope. Ce dernier se leva de son saillant et décida de suivre le fantôme pour que celui-ci le conduise à son corps et qu'il puisse l'enterrer et se débarrasser de lui de façon gentille et utile. Il marcha à travers le Temple un bon moment, passant par des chemins qu'il n'avait pas l'habitude d'emprunter. Il arriva finalement devant deux imposantes portes. Il les observa un moment et se demanda leur utilité et ce qui se trouvait derrière. Il se força à se souvenir mais rien. Tout ce qu'il savait en ce moment c'est que le fantôme qu'il poursuivait se trouvait de l'autre côté. Kiki fit une moue avant de commencer à pousser un des battants qui se révéla plus difficile à ouvrir qu'il ne l'aurait cru. Au bout d'un moment intense d'effort, la salle se dévoila à lui alors qu'un énorme son se répercutait dans les Temples en contrebas. Kiki se mordit les lèvres lorsqu'il se souvint : C'était la « salle de Réunion de Guerre » et Shion lui avait formellement interdit de l'ouvrir à moins que ce ne soit en temps de Guerre. Il referma la porte le plus qu'il put avant de se téléporter dans sa chambre.
À peine quelques secondes après qu'il ait réintégrer ses draps, Camus se matérialisa dans sa chambre, vêtu de son armure brillante et l'air aussi inquiet que ses traits inexpressifs le pouvaient. Kiki fit semblant de se réveiller en sursaut et toisa Camus. « Qu'est-ce qu'il y a, Camus ? s'intrigua Kiki avec le plus de sérieux qu'il le pouvait.
-Avez-vous ouvert la porte de la Réunion, Grand Pope ?
-Non, pourquoi ?
-Rien. »
Et Camus repartit. Kiki expira bruyamment. Il l'avait échappé belle. Un peu plus longtemps et il se serait trahi lui-même en riant nerveusement ou en détourant le regard. Il se recoucha et se rendormit quelques minutes plus tard. Une fois de plus la personne morte marcha dans le Temple et se dirigea vers la Salle de la Réunion de Guerre, mais Kiki resta couché et ne voulut pas y retourner; pas ce soir.
Le lendemain, Shion vint le voir et lui demanda la même chose que Camus la veille. Avec la même assurance il mentit à son maitre et alla vaquer à ses occupations de Grand Pope. Il entra dans son bureau et quelle ne fut pas sa surprise de voir Saga assis sur la table de travail. Kiki soupira doucement puis marcha jusqu'à lui. Il s'installa sur sa chaise et débuta la paperasse attendant que le Gémeau parle. Ce dernier le fit assez rapidement. « As-tu ouvert la porte de la Salle de Réunion de Guerre ? demanda-t-il d'un ton détaché qui surpris Kiki au point de lui faire perdre son assurance.
-Qu'est-ce qui te fait croire que j'ai ouvert la porte ? Pourquoi j'aurais ouvert la porte ? Je sais même pas où est cette porte. Je vois pas pourquoi tu crois que j'ai ouvert la porte. Quelle porte ? Parce que je sais pas de quoi tu parles. J'ai aucune raison d'ouvrir la porte. Il y a pas de Guerre donc pas de porte, hen ! »
Kiki se tut et baissa les yeux. Saga pinça les lèvres et patienta jusqu'à ce que le Pope ose affronter son regard et s'expliquer. Kiki lui avoua qu'un fantôme hantait le Temple du Pope et qu'il tenait de comprendre où était le cadavre de la personne morte pour pouvoir l'enterrer et lui permettre de reposer en paix. Saga lui sourit et secoua la tête. Il promit de ne pas en parler aux autres. Kiki lui en fut très reconnaissant. Kiki ne put retenir un soupir de découragement une fois que Saga eut quitté les lieux. Il avait bien vu dans son regard la moquerie, bien que subtile. Personne ne le croyait. Comment le pourraient-ils de toute façon ? Rien ne pouvait prouver les dires du Grand Pope. Probablement les autres mettaient-ils cela sur le compte de la fatigue qui découlait du travail éreintant dans lequel Kiki était plongé depuis sa nomination au poste. Mais le principal intéressé savait qu'il n'avait pas simplement imaginé cette apparition; elle était bien réelle, morte, mais présente dans le Temple du Pope.
Kiki serra un poing et le posa sur la table. De façon trop théâtrale pour être véritable, il se dit qu'il allait devoir ouvrir la porte de la salle un jour s'il voulait trouver les ossements du fantôme qui parcourait les corridors du Temple du Pope la nuit. Il desserra ses doigts et les posa à plat sur sa table de travail et murmura quelques mots de découragement. Avant cette chasse au « trésor », il avait quelques obligations en papier auxquelles il devait s'atteler. Il roula des yeux alors que sa main gauche agrippait une plume.
Durant une bonne partie de la soirée, il se mit à réfléchir à une question de première instance : comment entrer dans la Salle de Réunion de Guerre sans que la porte ne le fasse savoir à tous les Chevaliers du Sanctuaire ? Il passa sa main dans ses cours cheveux roux et sa bouche se tordit d'énervement. Il ne trouvait pas… soudainement, Shion se matérialisa à côté de son élève et lui prit l'épaule affectueusement. Kiki leva ses grands yeux verts vers l'ancien Pope et sourit tristement. « Qu'est-ce qui te tracasse, Grand Pope ? s'amusa Shion.
-Mon fantôme… souffla Kiki. Le fantôme qui se promène dans le Temple la nuit. Tu devrais venir faire un tour ce soir avec moi. Tu vas entendre de quoi je veux parler. »
Ses yeux soudainement brillants rencontrèrent ceux de Shion qui secoua la tête avant de sourire et d'accepter. « Pourquoi pas…» murmura-t-il avec simplicité. L'idée de ne plus être le seul à avoir entendu la présence de cet esprit dans le Temple rassura Kiki autant que ça le motiva. Il avait même oublié son plan d'ouvrir la porte pour voir ce qu'il y avait de l'autre côté. Il ne restait plus qu'à attendre que la nuit arrive et que le fantôme daigne se faire entendre pour que tout aille comme prévu.
Ce moment étrangement tant espéré par le Pope arriva plutôt rapidement, du moins assez pour qu'il n'aille pas le temps de s'impatienter. Shion le rejoignit à la chambre principale du Pope, toutefois au moment où il mit les pieds dans les lieux, le fantôme avait déjà fait sa première ronde. Il fallait attendre encore environ une heure avant qu'il ne se manifeste. Lorsque Kiki le lui annonça, le Chevalier du Bélier ne put que sourire et acquiescer avec amusement. Décidemment, Kiki trouvait mille et une façons de se divertir ici !
L'heure passa relativement vite. Les deux Béliers jouèrent aux cartes et parlèrent calmement et avec désinvolture de « Comment allait le travail de Grand Pope? Est-ce que Kiki était à jour dans son travail? À quand la prochaine réunion de tous les Chevaliers? ». Tout à coup, un bruit se fit dans le corridor. Kiki tendit l'oreille et, un large sourire étirant aussitôt ses lèvres, reconnu la cadence presque rassurante du fantôme. Il en fit part à Shion qui se contenta de lever un sourcil interrogatif alors que son élève se levait précipitamment et les téléportait devant la fameuse porte « jamais ouverte » de la Salle de Réunion de Guerre. Shion eut un violent hoquet de surprise. Kiki lui sourit avant de retrouver un air sérieux. « Quelqu'un est entré dans cette salle ! » s'enflamma Shion. Incrédule Kiki secoua la tête. Non. Le fantôme n'était même pas encore parvenu à ce couloir alors comment Shion pouvait-il dire que… Les yeux de Kiki se portèrent sur la porte entrebâillée. Il pinça les lèvres. « Ah ouais, la porte… balbutia-t-il, un peu mal-à-l'aise. Bah en fait c'est moi qui l'avait ouverte par accident le jour où tout le monde à entendu le gros bruit d'alerte. » Shion soupira et dévisagea, mécontent, son disciple. Il referma hermétiquement la porte avant de reporter son attention de nouveau sur le rouquin à son côté.
Les minutes s'écoulèrent jusqu'à ce que les bruits de pas ne se rapprochent considérablement de leur localisation. Les sens à l'affut, Kiki en fit part à Shion qui haussa les épaules. La marche du fantôme se stoppa brutalement à quelques mètres d'eux. Instantanément, un halo d'abord doré se mit à briller avant de passer au noir de jais. Les pas reprirent et passèrent à côté de Kiki. Pour la première fois, plus que ces oreilles, ce furent ses yeux qui furent mis à profit. Il vit. Un homme passa à quelques centimètres de lui, le frôlant de son corps mi-opaque. Des yeux d'un gris pâle, des cheveux d'un noir profond, un long nez droit, une pâleur cadavérique, une expression faciale d'une tristesse innommable, un corps grand et musclé sous une armure dorée : un Chevalier ! Complètement sous le choc, le Grand Pope resta figé un long moment avant de tourner son visage terrifié vers son maitre. Ce dernier toisa son élève un moment. L'inquiétude se lisait sur ses traits alors qu'il ramenait Kiki à sa chambre.
Une fois tous les deux assis côte-à-côte, Shion demanda à son élève la raison de sa stupéfaction; il n'osa pas dire horreur. « Je l'ai vu… murmura Kiki sous le regard incrédule de son Chevalier. J'ai vu le fantôme, son corps… Il m'a touché. » Ses mains s'agrippèrent frénétiquement au chandail de Shion alors que les larmes commençaient à couler le long de ses joues. Cet esprit était bien réel. Cette pensée le terrorisait. Avant il aurait pu essayer de se leurrer et se dire que ses oreilles lui jouaient des tours, mais maintenant… plus aucun échappatoire ! Il avait peur. Son regard pénétra Shion, lui demandant sa confirmation : il avait vu, ou tout du moins entendu, le fantôme lui aussi, non ? Shion baissa la tête avant de se passer la main sur le visage. Il ouvrit la bouche pour répondre, mais la referma, ne sachant comment s'exprimer, comment ne pas blesser son élève. « Non, Kiki. Je n'ai rien vu, ni entendu, ni sentit. Mon Cosmos n'a pas vibré non plus… je suis désolé. Tu devrais oublier cette histoire de fantôme… »
Sur ce, il se leva et laissa Kiki seul dans son désarroi et sa surprise. Comment ce faisait-il qu'il soit le seul à ressentir et à percevoir cette présence?
Je souhaite que ce chapitre vous ait plu ! Laissez des reviews ça fait touuujouurs plaisir ! :)
Bisous
