Note d'auteur: Me voilà de retour avec un nouveau chapitre tout beau tout neuf, narré par l'inénarrable James Potter et... *roulement de tambour* Marlène McKinnon. Eh oui, une tête très peu connue, mais qui j'espère vous plaira. On commence immédiatement dans le vif du sujet, histoire d'installer l'ambiance de ces années de montée en puissance "Voldemorienne", et aussi de présenter tous les personnages principaux.

Merci pour ta très gentille review ElysioAnge3, voilà le genre de message qui pousse les auteurs à se surpasser :)

Bref, place à l'action... Et au Quidditch!

Disclaimer: Toujours tout à JKR, seules l'histoire et des personnages secondaires sont de moi.


James Potter avait trois choses préférées dans la vie: Lily Evans, ses amis et le Quidditch. Or, cette matinée allait avoir l'avantage indéniable de réunir ces trois passions, puisque les sélections pour l'équipe de la maison Gryffondor avaient lieu ce vendredi. Par conséquent, Sirius serait sur le terrain avec lui, comme Mary, et le reste des Maraudeurs et de leurs camarades rouges et or seraient dans les gradins pour regarder et les encourager.

Certes, cette année, il n'avait à trouver qu'un troisième poursuiveur pour compléter le départ provoqué par la seule septième année de leur équipe précédente, ce qui éviterait les essais à n'en plus finir et une liste sans fin de prétendants plus ou moins doués. Mais d'un autre côté, cela réduisait le temps qu'il passerait sur le terrain à tenter d'impressionner Lily parce que franchement, si les acrobaties dangereuses marchaient sur toutes les filles de l'école, la jolie rousse ne pouvait pas une exception.

Oui, le brun à lunettes en était certain, elle appréciait forcément de le voir sur son balais. D'ailleurs, elle venait toujours voir les matchs non ? C'était une preuve quand même ! Enfin, si on omettait le fait qu'une de ses meilleures amies jouait aussi, ce que James décida de considérer comme un argument insuffisant pour basculer sa thèse.

C'est donc le cœur joyeux qu'il arriva dans la Grande Salle, s'assit entre Sirius et Peter puis commença à manger de bon appétit, ce qui n'échappa pas à ses amis.

« C'est la perspective de voir défiler une bonne quinzaine de personnes pour le poste de poursuiveur ce matin qui te met d'aussi bonne humeur ? lui demanda Remus sur un ton amusé.

- Il fait beau, on va jouer au Quidditch... Pourquoi j'aurais pas le droit d'être heureux ? »

Les autres Maraudeurs se jetèrent des regards perplexes et Sirius finit par dire :

« Bah, d'habitude, tu râles quand tu as à faire les sélections et l'année dernière, c'est carrément Mary qui les a faites à ta place.»

James, qui en était à sa deuxième tartine de pain beurrée, s'interrompit brusquement et répondit d'une voix indignée :

« Alors de un, elle l'a pas fait à ma place, elle m'a conseillé, c'est pas du tout la même chose ! Et de deux, c'est quoi cette inquisition matinale ? »

Voyant qu'il avait touché un point sensible et préférant ne pas trop énerver son capitaine de meilleur ami, Sirius préféra battre en retraite en répondant un peu convainquant :

« C'est bon, Cornedrue, te fâches pas, on demandait c'est tout. »

A ce moment précis, l'objet de la querelle, soit Mary McDonald, fit irruption devant eux et déclara d'une voix enjouée :

« Salut les garçons ! Vous êtes prêts pour ce matin ? Moi je tiens une de ces formes ! Bon, on se retrouve dans un quart d'heure sur le terrain, Lily, Franck et Alice y sont déjà. »

Et sur ces mots, l'ouragan brun partit d'un bon pas, aussi vite qu'elle était venue. Sirius souffla :

« Par moment, je me demande si quelqu'un ne lui a pas jeté un sortilège d'Energie éternelle quand elle était gosse... »

Sa sortie ne manqua pas de faire rire Peter, toujours bon public sur les plaisanteries de ses amis, tandis que Remus sourit en regardant la bouillonnante sorcière s'éloigner. Aussi les trois comparses furent-ils très surpris quand James se leva d'un coup et leur dit :

« Bon allez, hop, on se grouille là, les autres nous attendent !

- Ah ok, je comprends mieux maintenant pourquoi t'avais l'air si content, réalisa soudain Sirius en se tapant la main contre le front, tu comptes encore impressionner Lily avec ton autorité de capitaine, vieux ? Dois-je te rappeler que ça fait deux ans que t'essayes et que, jusqu'à preuve du contraire, ça n'a jamais marché ? »

Comme leur ami ne faisait pas mine de ralentir l'allure, les trois Maraudeurs restants se levèrent aussi et rejoignirent au pas de course leur ami, et arrivés à son niveau, celui-ci rétorqua à Sirius :

« Ecoutes, les filles aiment les joueurs de Quidditch, c'est scientifiquement prouvé. Donc, Lily est forcée d'adorer me voir jouer, elle n'ose pas le dire c'est tout ! »

Puis devant les têtes médusées de ses compagnons, qui n'avait manifestement pas compris l'étendue de son génie et la pertinence de son raisonnement, il ajouta :

« Quoi ? Un problème ?

- Non rien. » répondirent-ils tous en cœur. Contrarier James sur ce sujet représentant un danger non négligeable pour la santé, ses trois amis préférèrent adopter la technique de la fuite, soit celle utilisée depuis... toujours en fait, quant il était question devant l'héritier Potter du phénomène Lily Evans.

« Au fait, tu crois qu'il y aura de bons candidats ? » demanda Peter pour changer adroitement de sujet, ce qui marcha parfaitement puisque James répondit :

« Hum, on verra bien, mais sur tout Gryffondor, il doit bien y avoir quelqu'un de potable à recruter. »

Et ils rejoignirent les vestiaires tout en parlant Quidditch, la diversion faisant lever les pouces discrètement à Sirius, tandis que Remus forma sur ses lèvres de manière silencieuse les mots « Bien joué » pour féliciter Peter de son interversion, qui haussa les épaules comme si c'était normal. Après tout, c'était la dynamique des Maraudeurs, chacun apportait sa pierre à l'édifice de leur amitié.

Arrivés devant la porte des vestiaires, les quatre comparses se séparèrent, le poursuiveur et le batteur allant se changer tandis que les deux autres gagnaient les gradins. Entrés à l'intérieur, James salua le deuxième poursuiveur de l'équipe, Andrew Johnson, un grand garçon noir à l'allure un peu dégingandé, un an plus jeune, au vol sobre mais efficace, complétant bien les pirouettes de son capitaine. Tandis qu'il terminait de mettre ses protections, le sixième année fit :

« McLaggen est allé rejoindre les filles sur le terrain, et vu les cris que j'entends, il a encore dû testé sa dernière technique de drague sur McDonald. Espérons qu'elle ne l'ait pas envoyé à l'infirmerie cette fois, ça serait dommage de tester des poursuiveurs sans gardien...

- Franchement James, je comprendrais jamais pourquoi tu as pris ce type dans l'équipe. » grommela Sirius en laçant ses chaussures, sans relever les yeux vers son ami qui était aux prises avec sa robe de Quidditch. Une fois dépêtré, ce dernier répondit fermement :

« C'est un imbécile, mais il est bon. Et on avait besoin d'un bon gardien, donc je l'ai accepté. Fin de l'histoire. »

James avait longtemps hésité avant de prendre Graham McLaggen comme gardien. Dans la même année qu'Andrew, il était arrogant, relativement désagréable et par moment, certains de ses propos n'auraient pas manqué d'obtenir l'approbation des tenants de la théorie sur la supériorité sang-pure. Mais d'un autre côté, il était indubitablement doué pour garder ses buts, et surtout, aucun autre Gryffondor ne lui arrivait à la cheville pour ce poste, donc l'héritier Potter avait abdiqué pour le bien de l'équipe.

En fait, le James Potter d'il y a deux ans aurait probablement refusé de seulement envisager la question, mais à la fin de sa cinquième année, il avait compris qu'il était temps de mûrir un peu. D'une certaine façon, ce qui le blessait dans les rebuffades perpétuelles de Lily n'étaient pas tant l'échec en lui-même, mais plutôt sa manie de le considérer encore comme le même gamin vantard de leurs premières années à Poudlard. Alors, voyant qu'elle était aveugle aux changements, plus par jeu qu'autre chose, il continuait de temps en temps ces approches gamines et ses discours foireux, plus pour épater la galerie qu'autre chose.

Il n'avait pas perdu espoir, pas vraiment, mais il avait plutôt appris à cacher ce qu'il ressentait véritablement sous ce masque de l'éternel idiot amoureux.

« James ? Ça va ? »

La voix de Sirius le tira de ses pensées, et ce dernier n'obtenant pas de réponses, il continua :

« Tu sais, je ne remettais pas en cause ta décision, hein, je veux dire, c'était juste une plaisanterie.

-Hein ? Ah oui, oui bien sûr, je réfléchissais juste à autre chose. »

Son ami n'insista pas, mais, discrètement, vint poser sur son épaule une main réconfortante. S'il y avait quelque chose appréciait énormément chez le jeune Black, c'était justement cette capacité à savoir quand poser des questions, et quand être là, simplement, sans rien dire. Cette présence amicale le rasséréna, et c'est d'une voix enjouée qu'il s'exclama :

« Allons sur le terrain ! On a un poursuiveur à choisir. »

Sauf que lorsqu'ils déboulèrent, balais en main, sur le terrain de Quidditch, une foule un peu trop compacte pour être une file de Gryffondors postulant se tenait là, et au vu des cris échangés, l'ambiance n'était pas au beau fixe.

« Par Merlin ! Mais qu'est-ce qu'il se passe ici ? » s'exclama James, ahuri.

- Je ne sais pas, mais sûrement pas quelque chose de positif. » répondit Sirius d'une voix sombre.

Ils se précipitèrent là où la foule s'était rassemblée, et virent immédiatement des écussons vert, mais aussi bleu et même jaune. Et au milieu, Mary McDonald aux prises avec Montague tandis que les capitaines Serdaigle et Pouffsoufle contemplaient la scène avec consternation.

D'une voix forte, James, tout en se frayant un chemin vers le centre, cria :

« Que quelqu'un m'explique ce qu'il se passe ! »

Une Mary furibonde lui répliqua : « Il se passe que ces imbéciles ne veulent pas nous laisser jouer. »

La gardienne des Serdaigle lui répondit d'une voix mordante : « Les imbéciles te remercient, McDonald, mais sache que nous avons parfaitement le droit d'être là, le terrain nous est réservé. »

James se tourna vers l'équipe des aigles et leur dit :

« Attendez, le vendredi a toujours été le jour des sélections de l'équipe de Gryffondors !

- Eh bien, pas cette année. »

C'est alors que Montague intervint, gonflant ses muscles pour paraître encore plus menaçant :

« Désolé, mais Slughorn nous a donné l'autorisation de nous entraîner pour toute la fin de la semaine ! »

James, qui allait intervenir, fut devancé par la Serdaigle qui avait parlé juste avant et dont il réussit enfin à se souvenir du nom : Emmeline Vance.

« La fin de la semaine, couramment, c'est le week-end Montague, donc vous n'avez rien à faire ici.

- Quand commence la fin de la semaine n'est pas précisé sur le papier, donc c'est laissé à l'appréciation du capitaine. » rétorqua le Serpentard avec un sourire rusé, ses yeux brillants de malice pendant que ses acolytes ricanaient derrière.

Pour achever un peu plus d'embrouiller les choses, le capitaine des Pouffsoufle, choisit ce moment précis pour intervenir :

« Hum, vu la situation, je précise qu'il est inutile de dire que normalement, c'est à la maison Pouffsoufle qu'aurait dû revenir le terrain. »

Autant dire que l'air sur le terrain était lourd, les joueurs des différentes équipes se lançant des regards noirs, tandis que les élèves en haut des gradins commençaient à manifester leur étonnement en sifflant abondamment.

Une joueuse de Pouffsoufle, McKinnon si la mémoire de James était bonne proposa prudemment :

« On a qu'à faire deux sessions avec deux équipes à chaque fois, chacune sur un bout du terrain. Comme ça, tout le monde s'entraîne ou procède à sa sélection, et ça règle le problème. »

Bon, James devait l'avouer, c'était une bonne stratégie. Certes, reculer face aux Serpentards l'ennuyait, mais vu qu'apparemment, les directeurs de maison avaient très légèrement omis de se consulter pour cette première semaine, c'était la meilleure option dont ils disposaient tous, avant qu'on en vienne aux mains, enfin, plutôt aux baguettes d'ailleurs.

Tous acquiescèrent de plus ou moins bonnes grâce, et bientôt, les Serpentars et les Gryffondors s'élancèrent sur leurs balais, et James put enfin se tourner vers ceux qui attendaient de pouvoir descendre pour faire leurs preuves :

« Bon, on va procéder de la manière suivante : chaque candidat au poste de poursuiveur vacant va effectuer quelques passes avec Andrew et moi, puis devra éviter les cognards de nos batteurs avant de tenter de marquer. Si plusieurs personnes réussissent tout ça, on fera une séance de tirs au but pour les départager. C'est parti ! »

Les postulants commencèrent à défiler, et après avoir éliminé ceux qui ne restaient qui avaient du mal à rattraper le Souaffle en plein vol, les choses sérieuses purent commencer. Au bout d'une dizaine de personne, aucun Gryffondor n'avait marqué, mais à défaut, James avait tout de même repéré un ou deux élèves qui pourraient éventuellement faire l'affaire.

Cependant, une fille plutôt menue de quatrième année s'avança et dès la première passe, le jeune homme sut qu'elle allait convenir. Son vol était fluide, aérien, ces passes précises, et elle évita avec agilité le cognard de Sirius, avant de virer sur la gauche pour distancer celui de Mary. Croisant les doigts, James la vit se diriger vers les anneaux de McLaggen.

« Allez, marque, marque ! » pensa-t-il très fort.

Et, d'un mouvement souple du poignet, la fille envoya la balle dans l'anneau de gauche, devançant le gardien des Gryffondors de quelques secondes.

« Je crois qu'on a notre poursuiveuse. chuchota Sirius à l'oreille de son ami, qui sursauta légèrement puisque, trop occupé à regarder l'essai, il ne l'avait pas vu approcher.

- Oui, à mon avis, personne ne lui arrivera à la cheville. Mais bon, soyons équitables, laissons les autres tenter leur chance. »

James nota soigneusement le nom de la fille en question, Clara Morney, puis retourna à son poste. Après un gros quart d'heure et la fin des essais, le verdict fut immédiat : le poste allait à la quatrième année, personne d'autre n'ayant pu marquer.

« Finalement, ça c'est plutôt bien passé. » déclara Sirius en se rapprochant du sol et de James.

- Oui, espérons que ça dure. »

C'est à ce moment précis que tout dégénéra.


« Attends, t'es sûr qu'on a le terrain ? Parce que j'ai vu James Potter et Sirius Black y aller, demanda Marlène McKinnon, clairement dubitative, à son meilleur ami d'enfance.

- Je te dis qu'on a la permission de Chourave, j'ai reçu un papier signé ce matin, expliqua avec excitation Benjamin Fenwick, dit Benjy, qui occupait le poste de batteur dans l'équipe des Pouffsoufle et officiait aussi comme capitaine.

- Bon d'accord, laisse-moi terminer mon petit-déjeuner, et on y va. » abdiqua Marlène, avant de se caler plus confortablement sur son siège et de continuer sa lecture de la Gazette du Sorcier. Alors qu'elle parcourait la page ouverte devant elle, un entrefilet attira son attention, et son froncement de sourcil dût alarmer son condisciple, puisqu'il fit doucement :

« Mauvaises nouvelles ? »

Son amie ne lui répondit pas immédiatement, trop occupée à terminer l'article. Quand elle releva la tête, son visage était résolument sombre. Toute bonne humeur avait disparu. Lentement, elle expliqua :

« Des moldus ont été tués. Dans une rue près de chez nous, Benjy, quasiment devant la porte de mes parents ! Tu te rends compte, maintenant, les Mangemorts frappent au milieu de Londres sans problèmes ! »

Benjy ne pipa pas un mot dans un premier temps, trop abattu par la nouvelle, et demanda finalement :

« On les connaissait ?

- Je ne crois pas non. »

Les deux amis restèrent en silence de longues minutes, laissant les éclats de rire et les conversations joyeuses des autres élèves glisser sur eux, comme s'ils étaient enfermés dans leur bulle de tristesse, à penser à ces moldus qu'ils ne connaissaient pas mais qui étaient morts pour rien, juste parce qu'ils n'avaient pas de pouvoirs magiques, à deux pas de chez eux.

Finalement, Benjy s'éclaircit la voix et murmura :

« Au moins, nous, on ne risque rien, on est des sorciers. »

Marlène lui lança alors un regard franchement interloqué :

« Benjy, tu réfléchis par moment à ce que tu dis : mon père est un Cracmol et ma mère une moldue!Je suis quoi pour Tu-sais-qui et sa clique, hormis un ignoble croisement de sang dégénéré, pour citer ce cher Dolohov.

- Attends, il t'a dit ça ? Non mais je vais aller lui casser la...

- C'est pas le sujet, et puis de toute façon, Dolohov est un sombre idiot qui ne voit pas plus loin que son sang si pur... Ce que je veux dire, c'est qu'à ton avis, si les choses empirent, qui sera visé en premier ?

- Mais Marlène, une partie de ta famille est sorcière ! Et puis, je ne suis pas né-moldu non plus je te rappelle, protesta son ami d'une voix forte, attirant les regards sur eux.

-Oui enfin, tu ne peux pas le prouver je te rappelle, rétorqua Marlène, ce qui eut pour effet de stopper net la conversation, et aussitôt, la sorcière s'en voulut d'avoir dit ça, en voyant le visage du sorcier se fermer.

- Pardon Benjy, je voulais pas... »

L'intéressé renifla et répliqua :

« Tu n'as pas voulu quoi ? Me rappeler que je ne sais rien de mes parents ? Que j'ignore pourquoi j'ai fini dans cet orphelinat ? Je sais que pour ces gens, je ne suis rien, merci, certains se sont chargés de me le dire. Je t'attends sur le terrain. » Et là-dessus, il se leva et la planta là, peinée.

Marlène soupira. Tout ce qui pouvait toucher de près ou de loin la question des parents était un sujet sensible pour Benjy. Abandonné à la naissance par sa mère, il avait grandi dans l'orphelinat près de chez elle, et les deux enfants avaient sympathisé à l'école primaire du quartier. Pourtant, même s'ils se connaissaient depuis longtemps, parler de ses origines restait difficile pour le jeune homme, y compris avec sa meilleure amie. Et ces derniers temps, il prenait la mouche pour un rien. Depuis l'été en fait, calcula mentalement la sorcière. Sûrement la conséquence de l'atmosphère délétère qui s'installait peu à peu, y compris à Poudlard.

En effet, depuis un an, Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom et sa clique se faisait de plus en plus menaçants, et si les théories sur la supériorité des sangs-purs avaient toujours existé, maintenant, ceux qui les soutenaient n'hésitaient plus à le dire haut et fort, et ce même parmi les élèves de l'école. Le pire, c'était qu'aucune maison n'était épargnée, et cette haine ambiante n'étaient pas l'apanage des seuls Serpentards, contrairement aux idées reçues.

Marlène savait que que des Serdaigle, des Pouffsoufle et des Gryffondords partageaient aussi ce point de vue. Merlin, même l'autre préfet de son année, cet abruti d'Howard McMillan qui avait réussi par un miracle inexpliqué à être nommé préfet-en-chef, déclarait à demi-mots soutenir plus ou moins ces thèses abjectes !

Comme il ne servait à rien de se morfondre plus longtemps sur quelque chose qu'elle ne pouvait hélas guère changer, Marlène quitta elle aussi la table des Pouffsoufle et sortit de la Grande Salle, avant de se diriger vers la sortie du château, plus précisément vers les vestiaires des équipes de Quidditch. Là, elle s'habilla rapidement, mais plutôt que d'aller directement rejoindre ses coéquipiers, elle préféra passer par les gradins afin de saluer quelques têtes connues qu'elle avait entraperçu en arrivant, et dont la présence l'étonnait.

Immédiatement, la jeune fille reconnut une chevelure rousse flamboyante et s'empressa de saluer sa propriétaire :

« Salut Lily, tu viens assister à nos essais ? Je suis flattée, mais c'est un peu bizarre.»

L'autre sorcière lui lança un regard étonné, et répondit :

« Ah tiens, bonjour Marlène. Euh non, aujourd'hui, c'est le jour des sélections de Gryffondor, tu sais. »

Effectivement, le reste des Gryffondors de septième année était là, aussi Marlène les salua tous d'un signe de tête, ne connaissant vraiment bien que Lily, avec qui elle avait cours d'Arithmancie, les deux jeunes filles ayant rapidement sympathisé à force d'être assise à la même table.

« Euh... Pourtant notre capitaine a reçu un mot de Chourave ce matin nous laissant le terrain... »

Lupin prit alors la parole :

« Oui, et vu ce qui se passe en bas, j'ai l'impression qu'il n'y a pas que nos deux équipes qui devaient avoir la permission de s'entraîner aujourd'hui. Regarde plutôt, ajouta-t-il en pointant le petit attroupement qui s'était formé en bas.

- Misère ! Je vais voir ça de plus près avant que nous ayons un meurtre sur les bras. »

Marlène descendit en courant les escaliers et sauta par-dessus la barrière basse des gradins, avant de se réceptionner sur son balais et de foncer vers le centre du terrain où les esprits commençaient apparemment à s'échauffer. Elle arriva pile au moment où Benjy essayait de faire valoir leurs droits, et compris qu'il allait falloir être diplomate, sinon les sorts risquaient de fuser. Le plus simple était de diviser les quatres maisons en deux équipes qui se partageraient le terrain et de changer au bout d'une heure. Ce qu'elle proposa, et qui fut accepté. Bon, au moins, ils avaient tous encore un peu de jugeote.

Tandis qu'elle regardait les Gryffondors et les Serpentard voler, Benjy vint la voir :

« Brillante ton idée. Tu nous as évité une bataille rangée.

- J'ai parfois de bonnes idées. »

C'est alors que Black, en voulant remonter après avoir parlé à Potter une fois leur sélection terminée, piqua un peu trop à gauche et percuta violemment Montague, qui ne l'avait pas vu venir. Le chaos qui s'ensuivit fut assez indescriptible.

Le capitaine des Serpentards, surpris, se fit éjecter de son balais, et ne dut son salut qu'à l'intervention prompte d'un de ses coéquipiers, qui le rattrapa in extremis. Furieux, un de ses amis, qui avait emmené sa baguette, lança un sortilège en direction du Gryffondor, qui l'évita de justesse, et en deux minutes, à force d'attaques et de contre-attaques, le terrain s'était transformé en véritable champ de bataille.

Marlène, qui essayait d'éviter un sortilège, entendit au-dessus d'elle Black hurler :

« Alors Montague, t'es aussi mauvais pour balancer des sortilèges que pour marquer des buts on dirait !

- Espèce de sale traître à ton sang... »

Le jeune homme ivre de rage, lança un sortilège que Marlène ne connaissait pas. Black l'évita souplement, sauf que ce dernier continua sa course au milieu des gradins, et un cri horrible, déchirant, transperça l'air.

« Alice ! Merde, c'est quoi ce truc ! »

Tout le monde sembla se figer, et Marlène sut ce qu'il lui restait à faire. Elle empoigna son balais, l'enfourcha, et cria à Benjy :

« Fonce chercher Pomfresh ! »

Sans se retourner, elle fonça vers les gradins, atterrit brutalement et sauta aux côtés de la blessée.

« Laissez-moi faire, bougez-vous, allez ! »

Elle sortit sa baguette et commença à lancer quelques sortilèges de détection sur le corps. Visiblement, quelques Gryffondors tentèrent de l'en empêcher, mais Lily les en empêcha d'une voix ferme :

« C'est bon, elle sait ce qu'elle fait. »

Oui, ça, on pouvait légitimement le dire. Depuis l'enfance, Marlène rêvait de devenir docteur, aussi quand elle avait appris l'existence de Sainte Mangouste, elle avait su immédiatement son futur métier : guérisseuse. Depuis, elle faisait tout pour réaliser son rêve, et Mme Pomfresh avait même accepté, devant son insistance et sa motivation, de lui donner quelques cours particuliers. Evidemment, tous ses amis le savaient, et Lily s'était montré assez intéressée par cette carrière d'ailleurs après en avoir un peu discuté. Son auscultation faite, Marlène leva la tête et entreprit de rassurer les autres élèves.

« C'est juste un Stupéfix, un peu trafiqué je pense. Mme Pomfresh devrait pouvoir arranger ça. Tout va bien se passer. » termina Marlène en s'adressant particulièrement à Franck Londubat, qui avait l'air absolument mort d'inquiétude, ce qui, lorsque on vient de voir sa petite amie recevoir un sortilège en pleine poitrine, est plutôt compréhensible. Celui-ci, un peu hagard, la remercia, puis se retourna et sortit sa baguette.

« Montague, viens aussi, espèce de sombre crétin, pauvre abruti ! Mais lâchez-moi vous autres !

- Navré mon pote, mais si on fait ça, il risque de rien en rester, et même si en soit, ce serait pas une grande perte... Je ne suis pas sûr que ce sera bien comme mention sur ton dossier d'auror.

- Je m'en fous Sirius ! Je vais le démolir ce... »

Il n'acheva pas, un éclair violet l'atteignit dans le dos, le pétrifiant. Tous se retournèrent vers l'endroit d'où provenait le sort, et virent Emmeline Vance ranger tranquillement sa baguette. Cette dernière finit par s'exclamer :

« Quoi ? Au moins comme ça, on ne risque pas un autre accident. Franchement, la sécurité générale valait bien un petit Petrificus Totalus. »

Sirius Black lui jeta un regard mi-admiratif, mi-dégoûté et fit :

« Même si tu n'as pas tort, il y avait quand même d'autres solutions que lui jeter un sort, Vance. »

« Y a toujours des solutions Black, j'ai juste choisi la meilleure. »

Cette sortie de la Serdaigle cloua le bec du Gryffondor, et si la situation n'était pas aussi grave, Marlène aurait presque pu trouver amusant de voir le grand Sirius Black se faire moucher par une fille. Même si Emmeline Vance était notoirement connu à Poudlard pour sa langue acérée... et ses multiples conquêtes, mais cela relevait d'un tout autre domaine.

Sur ces entrefaites, Mme Pomfresh arriva, et Marlène s'empressa de lui faire son compte-rendu :

« Elle a reçu un sortilège perdu, une sorte de Stupéfix amélioré. Je crois que l'impact a provoqué une décharge douloureuse, mais apparemment, pas de dégâts collatéraux.

- Bien, merci Marlène. »

L'infirmière fit tournoya sa baguette, et un brancard apparu. Ses amis hissèrent la jeune fille inconsciente dessus, et il se dirigea de lui-même vers le château. Il croisa Minerva McGonagall, sans doute prévenue par sa collègue.

« Montague, suivez-moi immédiatement. » La phrase claqua comme un fouet, et le Serpentard s'exécuta, sachant qu'il serait inutile de discuter plus longtemps. Ce dernier éloigné, Emmeline Vance pointa sa baguette sur Franck, et un instant plus tard, le jeune homme revenait à lui.

« Mais qu'est-ce qu'il c'est passé ? demanda-t-il, encore un peu étourdi.

- Vance a cru bon de te jeter un Petrificus Totalus pour te calmer, répondit Potter en aidant son ami à se relever. Ce dernier le questionna immédiatement :

- Et Alice ? Elle va bien ? Où est-elle ?

- A l'infirmerie. Mme Pomfresh va s'occuper d'elle, le rassura Marlène, sensible à la détresse du garçon.

- Ah. D'accord. Je... J'irais la voir dès que possible. McKinnon, merci beaucoup. Sans toi...

- Je n'ai pas fait grand chose tu sais, répondit-elle modestement.

- Si je t'assure. Merci pour tout. »

Là-dessus, il quitta le terrain, suivi par l'ensemble des Gryffondors, puis des Serdaigles, des Serpentards, et enfin des Pouffsoufle. Tout en marchant, Marlène vit Benjy arriver à sa hauteur, son ami étant revenu en même temps que Mme Pomfresh.

« Eh bah, ça a été mouvementé comme matinée... »

La jeune fille lui répondit d'une voix morne :

« Ouais, on peut dire ça... N'empêche, continua-t-elle d'une manière beaucoup plus enflammée, tu te rends compte que toutes ces tensions à l'extérieur sont en train de ronger Poudlard de l'intérieur. Avant, un simple problème administratif sur des emplois du temps de sélection de Quidditch n'auraient jamais dégénéré à ce point ! Tout le monde a beau se répéter que rien ne change ici, je te dis que ce sont des balivernes ! On change tous, et le problème, c'est que pour certains, ce n'est pas forcément en bien. »

Benjy inspira profondément, et finit par dire, alors qu'ils atteignaient les portes du château :

« Tu as peut-être raison. Et pour Alice Follers ? Ça va aller ?

- Je l'espère, Benjy. En fait, j'espère que ça ira pour nous tous. »


Le sport, c'est le mal XD! (non je plaisante bien sûr ^^)

Qu'avez-vous pensé de Marlène? Sa partie est un peu moins joyeuse que celle de James, mais cela correspond au fait qu'il est moins sensible qu'elle aux problèmes extérieurs pour le moment.

Si vous avez un commentaire, bon ou mauvais, suggestions ou réclamations, n'hésitez pas, laissez une petite review :)