Titre : Nowhere Kids
Auteur : XNegAttentionX
Traduction : lovePEOPLEandCOWBOY
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Chapitre 2
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Bailey sortit de l'entrepôt abandonné pour se diriger vers une veille voiture qui lui était familière. Elle se pencha à la fenêtre du côté passager, avec un sourire séduisant qu'elle avait perfectionné durant ses deux années de vie dans la rue. Elle lança un regard au chauffeur, le même jeune homme qui avait des cheveux noirs gominés et un visage marqué par de profondes rides d'expression malgré son jeune âge.
« Prêt pour un rencard ? » Demanda-t-elle en riant. C'était toujours le même jeu, elle essayait de lui faire mal.
« Je déteste quand tu fais ça, » murmura-t-il, en baissant les yeux sur son tableau de bord.
« Faire quoi ? » Demanda-t-elle. « Mon job ? »
« Monte dans la voiture, je dois te parler. »
« Parler ? » Elle mordit sa lèvre supérieure en penchant la tête sur le côté. « Je ne suis pas payée pour discuter, Mercer. Alors, je ne pense pas que ça va marcher. »
« Je te paierai. »
Pour la première fois depuis que Bailey s'était avancée vers la voiture, Bobby la regarda. Il la regardait en désapprouvant comme un père le ferait, ce qui était la dernière chose dont elle avait besoin, et ça marchait. Elle ouvrit la porte passager et monta dans la voiture sans un autre mot. Bobby pressa la pédale des gaz puis se dirigea sur la route principale.
Bailey posa son front contre la vitre glacée qui lui procurant un frisson. Elle soupira en regardant son souffle s'échapper et créant de la buée sur la fenêtre. Le voyage en voiture était pénible car aucun des deux ne parlaient. Si il avait été un client, Bailey aurait usé de tout son charme, avec d'innocent battement de cils, un sourire ici et là, et un petit rire occasionnel. Cependant, Bobby Mercer n'était pas un client.
« Putin, tu fouts quoi dans ce quartier, Bail ? » Demanda Bobby, entrant dans le parking d'un restaurant habituel.
« Putin, t'es encore sorti de prison, Bob ? » Se moqua Bailey. Elle lui lança un regard en râlant, reposant ensuite sa tête contre la vitre. « Je vis dans la rue, alors j'ai le droit de faire payer pour une chose dans laquelle je suis talentueuse. » Elle éloigna sa tête de la fenêtre et l'observa à nouveau. « Demande à chacun de mes clients, je baise comme personne d'autre. »
« Si tu essaie de me faire du mal, ça fonctionne, » répondit-il. Il se gara et coupa le moteur. « Prends la veste sur le siège arrière et mets là, tu ressembles à une sale pute. »
« Mais je suis une pute. »
Bobby ouvrit la portière et sortit, tandis que Bailey enlevait sa ceinture. Elle ouvrit la porte et sortit, se couvrant moins qu'une fille sage. Sans regarder si elle la suivait, Bobby entra dans le restaurant sachant qu'elle serait derrière lui. Il tint la porte derrière lui, laissant passer Bailey devant lui pour la suivre dans leur coin habituel.
« Tu es à peine descente, » remarqua Bobby en s'asseyant sur le siège.
« Je prends ça pour un compliment, » rétorqua-t-elle. Elle s'avachit sur le siège de telle manière qu'elle était à peine visible derrière la table. Bobby lui fit un petit coup de pied et elle se redressa. « Peux tu être moins délicat ? »
« Dis l'ado de 15 ans qui porte au moins deux tonnes de maquillage sur le visage, » maugréa-t-il. « Tu sais, tu n'as pas besoin de toute ces conneries. Tu as toujours… »
Bobby baissa le ton parceque la serveuse arrivait. C'était une veille femme, elle détailla Bailey du regard qui ne s'empêchait plus de rire. La serveuse la dévisagea un instant avant de déposer les menus sur la table. Alors qu'elle s'éloignait de la table, Bobby dévisagea Bailey en désapprouvant.
« Elle va sûrement cracher dans ton assiette, » murmura-t-il.
Bobby rit malgré lui, puis il ouvrit son menu. Bailey recula dans son siège pour poser ses pieds sur le bord du siège, ramenant ses genoux contre sa poitrine. Elle commença à se balancer, son visage tourner vers la fenêtre afin de pouvoir regarder les voitures qui circulaient sur la route.
« Pourquoi agis-tu toujours comme si tu étais prise au piège dés que tu es à l'intérieur ? » Demanda Bobby.
« Quand il y a trop de monde, je suis claustro, » répondit-elle. « Je pense à toutes ces personnes dont je ne me souviens plus. »
Bailey commença à fredonner tout bas, se balançant toujours. Elle avait la tête sur les genoux et les yeux fermés, essayant de se projeter à l'extérieur d'ici. Bobby la regardait, détaillant la jeune fille. Ses longs cheveux noirs étaient sales et plein de nœuds, son visage pâle était recouvert par trop de maquillage pour quelqu'un de son âge. Assise comme elle l'était, avec les yeux fermés, elle donnait l'impression d'être plus jeune que ses 15 ans.
« Je peux sentir que tu me dévisages, trou du cul, » dit-elle, les yeux encre fermés.
« Je pensais que tu étais jeune et innocente, mais tu me rappelles au combien tu es diabolique quand tu dis des trucs comme ça, » bredouilla-t-il, en secouant la tête.
« J'ai appris avec les meilleurs, » répondit-elle. Elle ouvrit les yeux et remarqua que la serveuse revenait vers eux. « La reine du café est de retour. »
La serveuse prit note de leurs commandes. Bailey résista à l'envie de rire cette fois-ci, et elle se comporta correctement tant qu'elle était là. Cependant, dés qu'elle s'éloigna, elle laissa s'échapper un rire puis recommença à se balancer. Son fredonnement reprit et Bobby sourit à cet air familier.
« Maman nous la chantait tous les soirs, même quand on ne voulait plus car on se trouvait trop vieux pour entendre des berceuses, » dit Bobby. Il sourit et il observa sa petite sœur. « Je l'entends encore parfois pendant la nuit. »
« Moi aussi. »
« Tu lui ressembles. »
« Vraiment ? »
« Tu as ses yeux, et les même cheveux qu'elle. Tu lui ressemblerais encore plus si tu n'avais pas toute cette peinture sur le visage, » remarqua-t-il.
« Elle te manque ? Moi oui, je pense à elle tout le temps. » Bailey retira ses pieds du siège pour s'asseoir normalement. « Je pense qu'elle aurait honte de moi et de ce que je suis devenue. Ce n'est pas l'avenir qu'elle avait imaginé pour moi. »
« Ce n'est pas l'avenir qu'elle nous avait imaginé. D'ailleurs, j'ai de quoi être plus honteux que toi. »
« Tu ne sais rien de la moitié des conneries que j'ai pu faire, Bobby, comment peux tu en être si certain ? »
« Parce que c'est de ma faute si tu es dans la rue. Si je n'avais pas volé cette voiture, jamais je n'aurais été en maison de correction…et jamais tu n'aurais été vivre avec ces gens…jamais tu n'aurais fini dans la rue à 13 ans… »
« Ce n'est pas de ta faute. Et puis on s'est retrouvé, les choses auraient pu être bien pire. » Elle rit et tira sur ses manches trop longue. « Je peux surmonter ces mauvaises années aussi longtemps que je sais que les choses iront mieux. Je veux dire, merde, les choses s'améliorent toujours. Regarde, il n'a fallut que quelques années pour nous retrouver. »
« Ouais, seulement 7 ans, » murmura-t-il. Il la regarda, l'air sérieux. « Tu sais, ça pourrait aller mieux plus vite que tu ne le penses. »
« Comment ? » Demanda Bailey en l'observant.
« Souviens toi, je t'ai parlé de cette femme la semaine dernière. La seule qui a bien voulu de moi que je suis sorti de la maison de correction. Je t'ai parlé d'elle. Elle aimerait que tu viennes et… »
« Non. »
« Bail, tu ne m'as même pas laissé finir. »
« Je ne veux plus être le fardeau de personne. Plus jamais. »
« Tu ne seras pas un fardeau. Non de dieu, elle m'a adopté, tu ne crois pas qu'il n'y a pas pire que moi ? » Questionna-t-il. Il se pencha, les sourcils relevés. « Elle est formidable, Bail, tu peux simplement la rencontrer. »
« Non. Je refuse de faire du mal à des personnes. Je suis comme le feu, Bobby, les qui se rapproche trop près de moi finisse par se blesser. »
Bailey plaça une main sur le côté de son visage, exaspérée par les tentatives perpétuelles de son frère pour l'aider. Elle allait se débrouiller toute seule, et puis personne n'avait besoin d'elle de toute façon. Dans ses yeux, son sort était scellé, et si elle devait allé en enfer avant de renaître, qu'il en soit ainsi.
Bobby voyait tellement de leur mère dans son comportement. Leur mère avait été têtue et tenace comme ça. Cependant, Bobby savait que malgré tout l'amour que Bailey portait à leur mère, elle était trop jeune pour se souvenir de comment elle était morte. Il essayait de l'empêcher d'aller sur la même voie, et il devait se montrer rusé avec elle. Si il lui mettait trop la pression, il risquait de la perdre pour de bon. Il venait juste de retrouver sa petite sœur, il n'était pas prêt à la perdre à nouveau.
« Je déteste l'idée que des pervers te paie, » admit Bobby. « Je ne veux pas qu'ils te fassent du mal. »
« Je vais bien. » Elle souriait en repoussant une mèche de ses cheveux derrière son oreille. Elle se pencha pour être plus près de son frère. « Je ne me suis plus droguée depuis que tu m'as sevré. Je t'ai détesté cette semaine là, mais je me sens beaucoup mieux. » Bailey releva ses manches pour exposer ses bras à Bobby. « Tu vois ? Il n'y a plus de marques de piqûres. »
« Je suis fier de toi, Bail. »
Bobby ferma les yeux, détestant se souvenir que sa sœur avait touché le fond quand il l'avait retrouvé. Elle avait vu et fait bien plus de choses qu'un ado de 15 ans n'aurait fait quand leurs chemins se sont croisés, alors elle s'évadait à sa façon. L'image de sa petite sœur, celle où il l'avait tenu dans ses bras alors qu'elle venait de naître, puis celle où elle venait de s'enfoncer une aiguille dans le bras, hantait son esprit. Il frotta ses yeux fermement, comme si ça pouvait chasser les images de sa tête. Ca faisait maintenant trois mois qu'elle était clean. Depuis qu'il avait loué une chambre d'hôtel et qu'il l'y avait emmené, essayant de son mieux de la sevrer. C'était une semaine où Bailey a hurler de douleur, le temps que le poison s'en aille de son corps. L'héroïne n'était pas un jeu, Bobby l'avait appris en veillant sur sa sœur, effrayé à l'idée qu'elle puisse mourir, ou pire qu'elle recommence à se droguer.
« Bobby ? »
Entendre la voix de Bailey le ramena à la réalité. Elle souriait en agitant une frite grasse en face de son visage, l'odeur flottant devant son nez. Au cours de sa rêverie, leur repas était arrivé et son assiette était devant lui.
« Tu vas bien ? » Demanda Bailey, en croquant un cornichon.
« Oui, » répondit-il, en secouant la tête d'un air méprisant.
« J'étais en train de te dire que ce gamin s'était fait jeter cette nuit, » dit-elle. Elle regarda son assiette pour tremper une frite dans le ketchup. « Il est aussi vieux que je l'étais quand je suis arrivée ici. »
« Il y a quelqu'un pour l'aider ? »
« Non. Il s'est enfui de sa maison. Quelque chose me dit qu'il vient de loin. Il porte tellement de coup et d'entailles sur lui. Quand j'ai commencé à l'aider, il a agit comme si jamais personne ne lui avait montrer le moindre intérêt. Ce gamin m'a brisé le cœur. »
« Ce gamin ? Il a quoi, deux ans de moins que toi ? » Bobby prit une grosse bouchée de son hamburger et mâcha, crachant des morceaux car il parlait. « Tu es toujours une gamine. »
« Non de dieu, mange la bouche fermée, » dit Bailey en riant et en lui jetant une serviette. Elle baissa le regard et haussa les épaules. « Ce garçon, Jack, il n'y a qu'à voir son air à propos de lui Bobby, je te le dis, il s'en est pris plein la gueule. »
« Tu penses qu'il va finir comme toi ? »
« Il est bien parti. Mais merde, je ne le laisserais pas faire. Tant qu'il m'écoutera, il ne vendra pas son corps. Je ne veux pas que quelqu'un de son âge fasse comme moi. La culpabilité suffit. »
« Alors, pourquoi tu ne le renvoies pas chez lui ? »
« Je ne peux pas le faire. Si il s'est enfuit, c'est qu'il y a une raison. Je te le dis, au vue des blessures, sa maison est le dernier endroit où il doit être, » répondit-elle en relevant les yeux sur son frère. « Je vais le garder à l'œil pour l'instant. »
« Tu as un trop grand cœur, Bail. »
« Toi aussi, il y a juste un énorme verrou dessus. »
« Sûrement. »
Bailey acquiesça et recommença à manger. Bobby regardait sa sœur, heureux de l'avoir vu. Il enfonça ses mains dans ses poches et sentit ses doigts toucher quelque chose qu'il avait pris plus tôt.
« Oh merde, j'ai failli oublier, » dit-il, tirant une écharpe de sa poche. « Evelyn l'a tricoté pour toi. Il m'a dit qu'elle te ferait un chandail pour la semaine prochaine. »
«Remercie la, » lui dit Bailey, en attrapant la longue écharpe noire qu'elle mit autour de son cou.
« Elle est vraiment gentille, Bail… »
« Et je n'ai pas besoin de son aide, Bob. Merci quand même. »
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A suivre
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