Note : oui, je sais, j'ai mis le temps ;; j'étais en vacances sans ordinateur, ce qui n'a pas arrangé mes tendances à la lenteur. Il y aura un dernier chapitre dans un futur pas trop lointain, normalement.
Disclaimer : évidemment, Harry et compagnie ne sont pas à moi. Je voudrais également préciser qu'un des "décors" a été emprunté au film Garden State, dont la musique a rythmé l'écriture de ce chapitre.
Dans les épisodes précédents : Harry, qui a une relation bizarre et clandestine avec Draco, le traîne chez les Weasley sous un prétexte bidon, sans leur expliquer la situation. Draco y récupère un étrange objet (un coffret suintant la magie noire) que Bill lui donne pour l'examiner. Ginny, qui soupçonne quelque chose, se pointe le soir même chez Harry. Elle tombe sur Draco, qui refuse de la laisser entrer et lui menace de révéler des choses compromettantes à son sujet si elle tente de le séparer d'Harry. Ginny n'a pourtant pas dit son dernier mot.
Bonne lecture mes agneauxDeuxième volet :
Parfois, Harry regrettait l'époque qui avait suivi la guerre.
Tout semblait incertain, et pourtant la vie ne lui avait jamais paru aussi évidente. Il allait devenir Auror pour lutter contre le mal, et avoir une vie douce et paisible avec Ginny, et aussi Ron et Hermione, et peut-être que plus tard il aurait des enfants à qui il aurait pu donner le nom de ses parents, juste en souvenir, et il aurait enfin eu une famille. La mort aurait pu être prise légèrement. Peut-être.
(Bien sûr, Draco ne jouait aucun rôle dans ce conte de fée. Draco n'avait rien d'une fée, de toutes façons (sauf peut-être la couleur de cheveu). Le jeune Malfoy n'était qu'un ancien ennemi devenu un allié dénué d'enthousiasme, et le seul genre de communication qu'ils auraient pu avoir se résumait à un signe de tête sur un quai de gare. Rien de plus.)
Au début, cela avait semblé marcher. La peau de Ginny était douce sous ses mains, Ron et Hermione n'étaient jamais aussi délicieusement insupportables que lorsqu'ils étaient amoureux, et sa formation d'Auror se révélait une plaisanterie à côté de la guerre contre Voldemort.
Mais quand ils étaient passés à la pratique, Harry avait fini par se sentir mal à l'aise. L'une de leurs principales tâches était la saisie des biens des familles mangemortes. A première vue, rien de plus facile. L'absence de risque avait même, au début, légèrement irrité Harry. Mais ils avaient vu des familles contraintes de quitter l'endroit où elles avaient toujours vécu.
Il y avait eu des cris et des pleurs ; la pensée de Percy, Hagrid, Sirius et de tous les autres morts avait convaincu Harry de la justice de son travail. Il ne s'était pas rendu compte qu'il devenait absent, irritable et que Ginny avait de plus en plus de mal à le supporter.
Son conte de fée avait pris fin brutalement ; Ginny se révélait être plus une petite sœur que le grand-amour-de-sa-vie grâce auquel il aurait pu inonder le monde sorcier d'enfants roux aux yeux verts ; Ron et Hermione n'avaient rien trouvé de mieux à faire que de s'en aller, chacun de leur côté, à des milliers de kilomètres, après s'être jeté des flopées de maléfices ; son travail le faisait osciller entre culpabilité et ennui, deux sentiments que Harry n'avait jamais pu supporter longtemps.
Mais il s'était rendu compte qu'il était tout à fait possible de vivre ainsi. En fait, il avait été plus choqué par sa facilité à se faire à cette vie étriquée et morne que par la fin effective de cette éphémère période de bonheur (période qui n'avait peut-être eu d'existence que dans sa tête).
Un seul soubresaut, peut-être : quand il était venu avec ses collègues Auror pour la destruction du Manoir Malfoy et que, de loin, il avait aperçu Draco, il n'avait pas pu lui adresser la parole. Il était resté à l'écart, sans se faire reconnaître, et s'était contenté d'observer la froideur et l'assurance de son rival pendant qu'il regardait l'endroit où il avait passé toute son enfance s'effondrer en une profusion d'étincelles blanches et bleues. Draco n'avait manifesté aucune espèce d'émotion.
Puis il y avait eu cette mission, cet enchaînement de circonstances étranges qui l'avait conduit à se jeter (en râlant au passage, bien entendu) dans les bras de Draco… enfin, en schématisant.
Assis près de la fenêtre d'où il regardait la pluie tomber, Harry s'offrait le luxe d'une petite séance de souvenirs agrémentés de soupirs béats et mijotés dans un peu de nostalgie. Après tout, tout semblait rentré dans l'ordre. D'une manière assez tordue et ironique, il fallait bien l'avouer. A présent, il avait droit au récit hebdomadaire et (parfois un peu trop) détaillé de la tumultueuse vie sentimentale de Ginny (Harry se demandait souvent comment elle faisait pour être aussi… énergique). Ron et Hermione, revenus de leurs périples respectifs, avaient décidé d'expérimenter la version « on n'est qu'amis même si on couche ensemble » (Harry était assez perplexe, mais comme toujours avec Ron et Hermione, il préférait éviter d'intervenir. Ils ne s'étaient pas disputés depuis leur retour, ce qui semblait indiquer un léger espoir). Même Luna était en Angleterre et venait le voir assez souvent pour lui parler des potentialités des cornes de Ronflaks dans la fabrication des baguettes magiques. Et lui, Harry, pendant qu'il rêvassait devant sa fenêtre, sentait la chaleur d'un Draco endormi sur son épaule, tout contre lui. Il poussa un soupir d'aise.
« Toujours aussi peu de dignité, grommela Malfoy d'une voix endormie. Tu es vraiment obligé de faire ce genre de bruits ?
- Tu ne parlerais pas comme ça si tu pouvais voir l'état de tes cheveux. » répliqua Harry avec un sourire malicieux.
Draco, semblant soudainement s'extraire de son comatage et du fauteuil qu'ils partageaient, bondit précipitamment vers le miroir le plus proche avant de lâcher une flopée de jurons fort peu aristocratiques.
« Potter, mes cheveux sont aussi parfaits que d'habitude.
- Oh. Vraiment ?
- Ne fais pas l'innocent. Tu sais ce qu'il en coûte de me contrarier ?
- J'attends de voir. »
Draco se rapprocha d'Harry, l'air menaçant. Harry répondit par un sourire, qui s'évanouit quand son vis-à-vis lui subtilisa ses lunettes. Il grogna. Le monde était soudainement réduit à un assemblage de taches de couleurs.
« Je t'ai déjà dit d'arrêter les grognements, Potter. On dirait que tu sors d'une caverne.
- Je me vois très mal m'exprimer en langage articulé alors que je m'adresse à une tache blonde et floue. »
Le visage de Draco se rapprocha et ses contours se précisèrent. Avant de pouvoir en distinguer nettement les traits, Harry sentit sur sa bouche le contact des lèvres de Draco.
Pour quelques instants, la pièce redevint silencieuse.
« C'est tout ce que tu as trouvé pour me faire taire ? murmura Harry contre la joue de Malfoy
- Harry, tu sais à quel point j'aime avoir le dernier mot. »
Harry ne répondit rien et laissa les doigts de Malfoy parcourir son visage presque nonchalamment.
« Va falloir que tu dégages, Malfoy.
- Comment ça ? Tu penses pouvoir te débarrasser de moi ?
- Je suis attendu à Powder Gate dans une heure. »
C'était à la Powder Gate qu'on accédait au chemin de traverse par Réseau de Cheminette. Récemment, les Aurors chargés d'assurer la surveillance de ce lieu très fréquenté avaient décelé des indices d'un trafic de Poudre frelatée qui brouillait les destinations en formant des amas de suie vert émeraude qui bouchaient les cheminées. Les Ramoneurs du Département des Transports magiques étaient débordés.
« Très bien, je m'en vais, monsieur Je-suis-un-Auror-surbooké. »
Il attrapa sa cape et se retourna vers Harry avec un sourire indéchiffrable.
« Mais ne pense pas t'en tirer aussi facilement, Potter. »
Au moment même où Draco disparaissait dans un plop, une chouette brune toquait à la vitre, un pli mauve entre les pattes. Mauve, la couleur utilisée par les Aurors en cas d'urgence. Quand Harry lut la dépêche, il y eut une bordée de jurons et un bruit d'explosion, mais c'était déjà trop tard.
OoOoOoO
Avec un mélange d'inquiétude et de culpabilité, Draco réapparut dans l'allée qui menait à la petite maison où il vivait depuis la mort de ses parents. Harry avait eu l'air sincère en parlant de cette mission au Powder Gate ; il n'avait probablement aucun soupçon, Draco n'avait rien laissé paraître, Harry ne se doutait de rien, voyons. Plongé dans ses pensées, il poussa la porte d'entrée sans remarquer qu'elle était déverrouillée, retira sa cape et la jeta négligemment sur le canapé
« Ouch ! »
Draco sursauta. Quelqu'un avait réussi à contourner ses barrières de protection ? Doux Salazar (enfin, façon de parler), ne le laissera-t-on donc jamais en paix ?
« Tu pourrais faire attention où tu jettes tes affaires, Malfoy ! »
Une tête rousse surgit du divan, suivie d'une autre, et un long bras d'une délicate nuance de blanc et d'orangé retira prestement la (superbe et coûteuse, évidemment) cape de Draco pour la jeter sur le sol.
Les Weasley avaient manifestement décidé que Draco devaient être puni pour ses crimes et par conséquent avaient pris la décision de le harceler à vie. C'était la seule explication possible à la présence des jumeaux chez lui. Ça, ou alors Mini-Weasley avait décidé de déchaîner la fureur de ses frères contre lui.
« Tiens, on dirait que tu n'es pas content de nous voir ! Pourtant…
- … tu aurais dû te douter que fricoter avec Harry t'amènerait à des contacts fréquents avec notre famille…
- Enfin, pas le genre de contact auquel tu pense, petit pervers. »
Draco resta immobile quelques secondes, le temps de réfléchir à ce qu'il était censé faire lorsqu'une paire de rouquins cinglés se trouvaient sur son canapé, en le regardant avec de grands sourires. Un regard vers la table basse lui apprit que les deux Weasley avaient jugé bon de se faire du thé et d'amener une multitude de petits gâteaux.
« Mais sers-toi, Malfoy !
- Fais comme chez toi ! »
Très drôle, se dit Draco, grimaçant.
« Comme si j'allais accepter quoique ce soit venant de vous deux, marmonna-t-il en levant les yeux au ciel.
- Quelle méfiance !
- Nous ne sommes plus à Poudlard…
- … et nous n'avons rien qui pourrait te changer en fouine…
- … ce qui serrait quand même beaucoup plus amusant. »
Draco leur adressa un regard éloquent. On n'a définitivement pas le même humour.
« Bon, d'accord, tu as peut-être raison de te méfier de nos préparations…
- Dommage que tu n'ais pas été aussi vigilant au sujet de tes barrières magiques.
- Tu nous avais habitués à mieux…
-… c'était ridiculement facile. »
Draco, sentant un mal de tête carabiné pointer le bout de son nez pointu, s'écroula fort peu gracieusement dans un fauteuil, provoquant un ricanement des jumeaux.
« Qu'est-ce que vous voulez ?
- C'est pas très Malfoy, chez toi…
- … décevant ! Nous qui nous attendions à des têtes de moldus sur des piques…
- … à des escaliers majestueux partout…
- … à une débauche de grimoires maléfiques…
- … à un salon de la taille d'un terrain de Quidditch…
- … bref, tout cela est décevant ! Quel manque de majestuosité, mon cher !
- Au cas où vous n'étiez pas au courant, le manoir familial a été détruit après la guerre.
- Bien sûr, bien sûr ! Mais on aurait pu penser qu'en bon fils…
- … tu aurais reconstruit un équivalent !
- Mais te voilà dans une maison minuscule perdue au milieu de la cambrousse !
- Comment fais-tu pour écraser tout le monde par ta grandeur et ton statut social si tu n'as pas la grande maison clinquante qui va avec ?
- Ce n'est pas comme s'il restait grand monde à impressionner. »
Draco bénit les quelques secondes de silence qui suivirent.
« Mais nous ne sommes pas ici pour le plaisir de ta compagnie !
- Bien que ce soit très drôle de te faire sortir de tes gonds.
- Non, ce que nous voulons savoir…
- C'est si tu sais ce qu'il est advenu de notre petite sœur. »
Il restait muet d'étonnement pendant quelques secondes.
« Car, vois-tu, petite fouine…
- … elle n'est pas venue chez nous aujourd'hui comme elle l'avait prévu.
- Et qu'est-ce qui vous fait croire que je pourrais être au courant ?
- Tu avais juste l'air de vouloir lui arracher la tête, avant-hier.
- Il y a un certain nombre de personne à qui j'aurais envie de faire subir ce sort. Je ne vois pas pourquoi j'aurais choisi quelqu'un de cette insignifiance pour commencer. J'aurais choisi Potter en priorité.
- Tu as préféré coucher avec lui, donc le problème est réglé. »
Draco avait vu juste. Ils avaient deviné. Que Salazar maudisse les fouineurs !
« Certes. Mais je ne sais pas où votre sœur est passée. Légalement, c'est une grande fille. Je ne m'avancerais pas pour son âge mental, mais…
- Ce serait bête si le nom des Malfoy était une fois de plus taché, non ?
- Cela ne veut plus dire grand-chose, à présent, et le savez très bien. »
Les jumeaux se regardèrent un moment, l'air vaguement coupable. C'était la première fois que Draco les voyait avec cette expression, et cela l'inquiéta bien plus que toutes les pseudo- menaces qu'ils avaient entendues jusque là. Les deux Weasley échangèrent une série d'expressions codées qui ne firent qu'accroître la perplexité de Draco, allant du grattement de l'œil au froncement d'oreille en passant par le gonflement de narines.
« Malfoy, le truc de Bill, tu l'as mis où ?
- Dans mon coffre, bien sûr, je ne vais pas le laisser à la portée d'êtres machiavéliques et manipulateurs tels que vous !
- Hé ! C'est l'Infirmerie qui se fout de Sainte Mangouste, ça !
- Oui, et alors ? Je suis peut-être plus manipulateur que vous, mais je suis moins machiavélique !
- Et tu penses vraiment nous faire croire ça ?
- On peut toujours essayer.
- Gred, nous devons nous concentrer sur notre objectif !
- Bien reçu, Forge.
- Bon, ce que tu fricotes avec Harry, c'est pas notre problème…
- Après tout, il s'est déjà retrouvé avec des trucs biens plus laids que toi…
- Par contre, on aimerait bien savoir ce qui se passe avec Ginny…
- Si vous vous posez des questions sur notre merveilleux ménage à trois, j'ai le regret de vous annoncer qu'il est mort-né.
- Oh ! Quel dommage !
- Enfin, Malfoy, et notre pauvre petite sœur, que va-t-elle devenir ?
- Notre petite sœur, qui, d'ailleurs, ne te veut pas du bien.
- Il y a quelques minutes, vous m'accusiez presque de l'avoir séquestrée.
- En fait…
- C'est-à-dire… »
Les jumeaux échangèrent un regard un brin… étrange.
« Tu crois que… ?
- Non, c'est impossible !
- Si elle pense que c'est pour le bien d'Harry, elle serait capable…
- C'est vrai.
- DRACO MALFOY ! »
La voix fit sursauter les trois personnes présentes dans la pièce. L'un des jumeaux vira au blanc, l'autre au rouge.
« CECI EST UN MESSAGE DES AUTORITES MAGIQUES ! VOUS ETES SOMMES D'OUVRIR LA PORTE AUX AURORS QUI SE PRESENTENT CHEZ VOUS !
- Je pensais pas que ça irait jusque-là »murmura l'un des deux clones.
Au moins, il y avait eu une sommation, songea Draco. C'était donc que l'affaire n'était pas trop grave ; il arrivait régulièrement aux Aurors de venir faire un tour chez lui pour effectuer un « suivi ». Sa condition de Langue-de-Plomb ne le mettait pas à l'abri des contrôles anti-mangemorts. Ces visites pouvaient même se révéler distrayantes : Draco avait été très content de lui quand l'Auror Williamson s'était retrouvé le pied coincé sous un chaudron qui criait « Intrus ! Intrus ! ». Mais quand Draco ouvrit la porte et se rendit compte qu'ils étaient plusieurs, il commença à penser que quelque chose n'allait pas. Et quand, pendant qu'ils perquisitionnaient, les jumeaux le tirèrent à l'écart, il était carrément paniqué. Il avait des choses à cacher, effectivement, mais d'ordinaire, elles étaient suffisamment bien dissimulées pour que les Aurors ne puissent pas les trouver… enfin, s'ils se contentaient d'une inspection de routine.
« Ecoute, Malfoy… ne pose pas de questions, mais…
- On va t'aider à sortir de là, et te dire où aller.
- Tant qu'on ne sait pas ce qui se passe exactement…
- Il vaut mieux qu'on t'envoie… oh, je sais !»
Le jumeau qui venait de parler murmura quelque chose à l'oreille de son frère, qui eut un large sourire.
« Le résultat pourrait être intéressant.
- Allez, Malfoy, on t'emmène. »
Pour la première fois de sa vie, Draco Lucius Malfoy bénit les Gryffondors et leur tendance à l'héroïsme.
OoOoOoO
Les messages s'étaient multipliés, chaque ligne ajoutant une nouvelle accusation, chaque nouvelle lacérant un peu plus les certitudes d'Harry. D'abord, ce n'était qu'un simple soupçon porté sur la détention d'objets maléfiques par l'ex-mangemort Draco Lucius Malfoy. De nouvelles dépêches de la Messagerie Aurorale s'étaient succédé : 14h32 : l'objet détenu par M. est dangereux et nécessite des précautions accrues – 14h45 : M. déclare la présence d'un objet prêté par un briseur de sort dans le coffre de son domicile- 14h47 : l'objet a disparu, tout porte à croire que M. l'a dissimulé dans un endroit connu de lui seul – 14h49 : M., après avoir refusé de se soumettre aux autorités, a pris la fuite – 15h03 : Ginevra Weasley s'est plainte d'une tentative d'envoûtement – 15h37 : une fouille attentive de son domicile a révélé la présence de livres de magie noire, de poisons et d'artefacts hautement dangereux – 15h54 : Une équipe a été spécialement désignée pour sa capture ; annulation de la mission au Powder Gate.
Harry comprit qu'il avait été trahi. Tout était de sa faute : s'il n'avait pas aussi stupidement fait confiance à Malfoy, ce dernier n'aurait jamais été en possession du coffret trouvé par Bill, et il n'aurait jamais tenté d'envoûté Ginny.
Pour la septième fois en deux heures, un verre explosa. Il n'avait pas perdu le contrôle de sa magie depuis des années. Et, encore une fois, c'était cette ordure de Sang Pur qui en était la cause. Il aurait voulu se charger de l'affaire, mais Kingsley lui avait expressément ordonné de ne pas s'en mêler. Mais Harry ne pouvait pas concevoir de rester enfermé chez lui pendant que son ennemi/ex-allié/amant/objet de sa présente fureur gambadait joyeusement dans la campagne en cueillant des champignons vénéneux, trinquait avec ses semblables en l'honneur du bon vieux temps où ils torturaient les moldus ou feuilletait des grimoires obscurs avec un rire démoniaque, enfin, ce que fait un mage noir. Un autre verre explosa (parmi toutes les pensées haineuses qui lui venaient à l'esprit, Harry se dit qu'il aurait probablement à faire un tour à Ikea dans les prochain jours ; il maudit Malfoy pour être la cause indirecte d'un massacre de vaisselle). Mais il pouvait encore se déplacer, et il savait chez qui aller. Tout plutôt que de rester là.
OoOoOoO
Harry avait décidé de venir en train. Il aurait pu transplaner, bien sûr. Mais il avait fini par comprendre que le voyage pouvait être aussi important que la destination (il suffisait de voir le Poudlard Express). Regarder le paysage défiler alors qu'il quittait la banlieue londonnienne pour le Devon lui permettrait de réfléchir un peu, et peut-être de digérer la nouvelle. De ne pas arriver furieux, exalté et désemparé… quoique, désemparé, il le serait probablement encore en arrivant. Il passa trois heures dans un vieux compartiment où ils n'étaient que trois. En face de lui, une adolescente, les écouteurs dans les oreilles, semblait dans le même état que lui ; elle se mordillait nerveusement l'auriculaire gauche et il était clair qu'elle avait pleuré. A sa droite, une vieille dame somnolait derrière un journal. En se penchant un peu, Harry put voir qu'il s'agissait des nouvelles d'un canton perdu dans la lande. Soudain, l'adolescente le regarda avec stupeur ; plus exactement, elle observait ses chaussettes. Harry baissa les yeux et se rendit compte que, dans la précipitation, il avait mis des chaussettes de chez gaichiffon, ornées de petits vifs d'or qui voletaient. Ce n'était certes pas le genre de chose à porter quand on prenait un train moldu. L'adolescente enleva ses écouteurs et Harry prépara sa baguette, espérant ne pas rater son sortilège d'amnésie.
« Vous en êtes un ? chuchota-t-elle
- Quoi ? » fit Harry, un peu trop fort.
La vieille dame laissa échapper un grognement. Harry se tourna vivement vers elle, mais elle semblait toujours endormie.
« Vous êtes un sorcier, n'est-ce pas ? » demanda la jeune fille
Harry cligna des yeux, ne sachant que répondre. Avec son jean, son baladeur et son sac à dos, elle avait l'air d'une adolescente moldue normale. Tout y était, même l'acné.
« Je… oui. »
Elle le regarda d'un air inquisiteur, comme si elle cherchait à se forger, à travers lui, une idée du concept de « sorcier ».
« Ma sœur est une sorcière » chuchota-t-elle avec une certaine solennité.
Harry ouvrit des yeux ronds. Combien de chances y avait-il pour que prenant un train tout à fait normal, il tombe sur quelqu'un qui avait une vague connaissance de la magie ? Lui qui voulait, pour une fois, se vider la tête de… tout ça.
« Vous n'êtes pas très bavard, constata-t-elle
- Euh…
- C'est bizarre, j'aurais cru que vous, les sorciers, vous auriez d'autres moyens de vous déplacer. Du genre plus rapide, ajouta-t-elle avec une grimace et un regard vers le paysage qui défilait avec une lenteur exaspérante.
- Euh… je n'avais pas très envie de les utiliser aujourd'hui, expliqua Harry, en se demandant si elle allait continuer à lui faire la conversation pendant toute l'heure de trajet qui restait.
- ça doit quand même être plus simple, d'être un sorcier, soupira-t-elle. Je veux dire, vous avez des sorts, et puis des philtres d'amour, ce genre de trucs. »
Harry leva les yeux au ciel. Pour un peu, il se serait cru de retour à Poudlard. Il eut une brève pensée pour Romilda Vane. Pourquoi les gamines de quinze ans faisaient-elles une obsession sur ce genre de stupidités ?
« En fait, la magie a plutôt tendance à compliquer les choses. »dit-il un peu sèchement.
La gamine rougit, l'air confus. Harry se rendait compte qu'il avait peut-être été blessant. La compagnie de Malfoy n'était certainement pas ce qu'on pouvait trouver de mieux pour se comporter de manière aimable.
Malfoy.
En pensant à lui, Harry eut comme une douleur dans la poitrine.
« Oh, je suis désolée, j'ai encore trop parlé ! Je raconte n'importe quoi. Vraiment, je ferais mieux de me taire. Vu votre tête, vous avez dû vous faire larguer récemment, et moi je raconte n'importe quoi… »
A cette mention, Harry eut un violent hoquet. Le visage de son interlocutrice sembla se décomposer, et elle plaqua une main sur sa bouche. Harry se sentit vaguement coupable.
« Ce… ce n'est rien » balbutia-t-il
Il se demanda s'il était aussi maladroit à quinze ans. A la pensée de sa cinquième année, il se rendit compte qu'il était pire. Que lui avait dit Remus, déjà ? La plupart des gens sont des idiots à quinze ans. Et celle-ci semblait un peu moins idiote que la moyenne. Au moins, elle était inoffensive, songea-t-il alors qu'elle se confondait une fois de plus en excuses.
« Mais c'est vrai que… j'étais content d'apprendre que j'étais un sorcier, ajouta-t-il avec une faible tentative de sourire
- C'est vrai que entre le moment où ma sœur a reçu sa lettre et mes onze ans, j'ai espéré en être une moi aussi, dit-elle, l'air songeur. Enfin, je me suis fait une raison. Et puis, dans un lycée normal, on apprend des trucs aussi intéressants. Ma sœur est incapable de parler la moindre langue étrangère. Je sais que c'est bizarre, mais j'aime bien l'école. Enfin, les cours. Mais c'est rempli d'abrutis.
- Pour ça, des abrutis, il y en avait aussi à Poudlard. Et je me suis même retrouvé à avoir une relation bizarre avec l'un d'entre eux… enfin.
- Une relation ? répéta-t-elle, curieuse.
- Enfin… marmonna Harry, se sentant rougir. C'est compliqué. Et c'est un abruti. Et moi aussi j'en suis un.
- Bah, alors, tout devrait bien se passer. Ça vous fait au moins un point commun, remarqua-t-elle avec un sourire malicieux.
- On peut voir la situation comme ça. »
Elle avait réussi à lui arracher son premier vrai sourire depuis qu'il avait reçu la Lettre. Il lui devait au moins un peu d'amabilité.
« Vos parents… ce ne sont pas des sorciers, alors ? vous aviez l'air de dire que vous ne connaissiez pas la magie, avant.
- Oh. Ça aussi, c'est compliqué. En fait mes parents sont morts. J'ai été élevé par mon oncle et ma tante, qui ne voulaient pas entendre parler de magie.
- Est-ce qu'il y a quelque chose de normal, dans votre vie ? demanda-t-elle, les yeux écarquillés.
- Hum. Je ne crois pas. Mais ce n'est pas forcément négatif. En fait, je n'en sais rien.
- Et votre copain, il vous a largué ? »
Harry cligna des yeux. Passer ainsi du griffon au dragon était probablement un stratagème pour lui tirer les vers du nez.
« Euh… c'est compliqué.
- ça n'a pas l'air de vous rendre très joyeux, en tout cas. »
Il y eut un silence.
« J'ai encore fait ma fouineuse, hein ?
- Je crois bien.
- J'ai tendance à faire ça, quand je veux penser à autre chose. Ça m'évite de ressasser mes petits malheurs de loseuse sous hormones. Je pourrais aussi écouter de la musique déprimante vêtue de noir et en répandant des traces de mascara sur mes joues, mais au bout d'un moment c'est un peu lassant. »
Ils échangèrent un sourire.
Peut-être avait-il pris cette histoire un peu trop au tragique. De plus, il restait l'éventualité que tout cela ne soit qu'une vaste erreur.
Ou peut-être pas.
OoOoOoO
Avec un au revoir en direction de la jeune fille, Harry sortit du train en même temps que la vieille dame, qui chuchota à l'amie venue la chercher sur cette petite gare aux abords du Dartmoor qu'elle avait fait un rêve bizarre sur des magiciens invertis. Il retint un sourire et se dirigea vers la lande déserte. Quand il fut assuré qu'il n'y avait aucun moldu à l'horizon, il jeta un sortilège des Quatre Points et se mit en marche, sa cape enroulée autour de ses épaules pour se protéger du vent, toujours vers le nord ouest. Il faisait assez froid, mais au moins le temps était-il à peu près sec ; autour de lui s'étendaient des collines à perte de vue, où surgissaient de temps à autre quelques moutons. Il n'y avait personne ; les moldus venaient rarement dans le Dartmoor en cette saison. Seuls quelques minuscules sentiers indiquaient leur présence occasionnelle dans les landes.
Au bout d'une heure passée à longer une rivière, il atteignit un petit muret. Quand il l'enjamba, il sentit qu'il était arrivé dans la partie magique du parc naturel. Des gnomes bondissaient joyeusement entre les bruyères et il était sûr d'avoir vu des lutins, bien meilleurs pour la dissimulation. Il envoya une série d'étincelles pour signaler sa présence et pénétra un peu plus loin dans la lande. Une sorte de brume violette s'élevait au loin. Harry eut un sourire de soulagement : il était presque arrivé. Il s'enfonça dans la brume ; elle était épaisse comme de la barbe à papa et avait un goût indéfinissable, presque acide. Alors qu'elle se dissipait et qu'Harry tentait d'enlever de sa cape en laine quelques lambeaux mauves et poisseux qui s'étaient déposés sur ses épaules, un paysage se découpa dans le lointain. Déchirant la lande, longeant un ruisseau qui dévalait une colline, une faille rocheuse s'étendait sur des centaines de mètres. Ses parois abruptes semblaient s'enfoncer au plus profond des entrailles de la terre. Sur un de ses bords était perché un vieux bateau moldu monté sur deux énormes pattes de poulet, qui rappelaient les huttes de sorcière des contes russes. Les pattes se déplièrent et le bateau se dandina vers Harry, suivant le bord de la faille, parfois de si près qu'il semblait sur le point de chanceler et de tomber dans le vide. Il s'arrêta sur une pierre plate à quelques mètres du jeune Potter. Les pattes se replièrent, stabilisant l'habitation C'était un bateau à voile sans âge, recouvert d'une peinture violette écaillée ; le mât, autour duquel s'enroulait une plante grimpante, était cassé en deux, et le pont était recouvert d'un petit jardin et d'un potager, à en juger par les grosses courges oranges à pois bleus qui en dépassaient; une porte se dessina sur la coque rebondie et s'entrebâilla, laissant s'échapper trois marches en bois. Harry pénétra dans le bateau avec une certaine appréhension. Il fut accueilli par une paire d'immondes yeux globuleux.
« IIIIIK ! s'écria-t-il
- Oh, désolée, j'avais oublié ! »
Luna retira des espèces de lunettes d'aviateur dorées qui lui faisaient des yeux de mouche géante.
« J'étais en train de réparer mon matériel. »
Elle indiqua d'un mouvement du menton un établi sur lequel était posé une sorte de harnais d'escalade d'un blanc nacré. Il était entouré de toutes sortes d'outils étranges : loupes, pinces, ciseaux, dé à coudre, aiguilles à tricoter, pot rempli d'une substance gluante non identifiée. Harry promena son regard dans l'habitation. Luna n'avait même pas jeté de sort sur le bateau pour rendre l'intérieur plus grand : la coque, large et bombée, lui procurait l'espace nécessaire pour y loger confortablement. La pièce dans laquelle ils se trouvaient était petite mais agréable. Un feu ronronnait dans une petite cheminée, des coussins multicolores traînaient un peu partout. Des étagères couvertes de livres couraient sur un pan de mur. En plus de l'établi, il y avait une table lumineuse couverte de croquis. Des objets étranges et des bouquets d'herbes bizarres pendaient du plafond, accrochés par des cordes d'un blanc brillant.
« Bienvenue dans l'Arche, Harry. » dit Luna de sa voix éthérée.
Elle avait relevé ses cheveux à l'aide de sa baguette et portait une espèce de tablier de travail usé, par-dessus des vêtements aussi peu assortis que possibles. Harry eut une bouffée d'affection pour son amie et, sans trop réfléchir, il la prit dans ses bras. Luna, qui ne s'étonnait jamais de rien, eut presque l'air surpris.
« Je crois que tu as besoin d'une infusion, Harry. »
Il grimaça. La cuisine de Luna allait en général du « assez particulier » au « atrocement infâme ». Elle saisit sa baguette (provoquant au passage un déchaînement capillaire) et, deux sorts plus tard Harry, assis sur des coussins, tenait dans ses mains un mug fumant. Le liquide était d'un rose tirant sur le violet. Inquiétant. Mais quand Harry en prit une gorgée, il se sentit tout de suite beaucoup mieux.
« Graines de Sarnatelle ! »
Il lui sourit. Elle avait toujours cette étrange capacité à l'apaiser, quelles que soient les circonstances.
« J'aime bien ta… euh… maison. »
Le visage de Luna s'illumina d'un large sourire.
« J'avais besoin de quelque chose qui se déplace, pour mes recherches. Papa m'a trouvé le vieux bateau et on l'a réaménagé. En rentrant en Angleterre, je me suis mise au bord de la faille pour pouvoir l'explorer. Tu sais, je crois qu'on peut trouver des germes d'ambroisie dans les profondeurs. Je suis sûre que ça pourrait être très utile en potion. »
Harry n'avait pas la moindre idée de ce que pouvaient être des germes d'ambroisie, mais il était à peu près sûr que Luna allait continuer à explorer la faille jusqu'à ce qu'elle en trouve ou qu'il ne lui reste plus rien à explorer. Et, probablement, découvrir une faune et une flore jusque là inconnues. Luna avait une nette tendance à toujours trouver ce qu'elle ne cherchait pas.
« Ils disent que la faille est un phénomène géomagique… N'importe quoi. Je suis sûre qu'il y a des histoires de collisions de mondes parallèles derrière tout ça. Si ça se trouve, on peut trouver des animaux qui n'existent pas dans notre dimension !
- Sans aucun doute.
- Et toi, Harry ? »
Il ne savait plus très bien pourquoi il était venu ici. Raconter ses problèmes sentimentaux à Luna paraissait assez absurde. Il se demanda soudainement si Luna avait une vie amoureuse ou quelque chose qui puisse s'en rapprocher. Cela paraissait à peu près aussi invraisemblable que MacGonagall faisant la danse du ventre.
« Tu crois qu'on doit faire confiance au gens ? »
Quelqu'un d'autre lui aurait peut-être ri au nez. Luna plongea ses immenses yeux délavés dans son bol de tisane indigo, comme si elle pouvait y lire la réponse.
« J'ai appris récemment que quelqu'un à qui je tiens… beaucoup a fait quelque chose de vil et perfide et amoral. »
Heu. Bon, Draco avait peut-être raison quand il disait qu'Harry avait des aïeux chez les Bisounours (« En tout cas, Potter, c'est sûrement du côté de ta famille auquel je ne suis pas apparenté »). Luna trempa sa baguette dans son bol et remua sa tisane, l'air pensif.
« C'est Draco Malfoy ?
- Hein ? »
A sa connaissance, le nombre de personnes au courant de sa liaison avec Draco se limitait à Ron et Hermione. Hermione avait trop de tact et Ron trop de perplexité pour aller divulguer ce genre d'information. Est-ce que quelqu'un d'autre avait deviné et en avait parlé à Luna ? (les chances pour que Draco soit allé parler à Luna de leur vie privée était quand même assez faibles). Une rumeur de Sorcière Hebdo ? Non, Luna ne croyait que les articles publiés dans Le Chicaneur.
« Tu parles de quelqu'un de vil, perfide et amoral, et tes amis sont tellement loyal que le choix se réduit assez vite.
- C'est vrai. Mais je disais que je tenais à cette personne. Tu te rappelles, je n'arrêtais pas de me disputer avec lui quand on était à Grimmauld Place !
- L'un n'empêche pas l'autre. Draco Malfoy, c'est celui qui disait tout le temps des choses qu'il ne pensait pas ? Comme lorsqu'il racontait que la cuisine de Molly était mauvaise pour ensuite vider le frigo des restes pendant la nuit ?
- Il faisait ça ?
- Oh, tu sais, à force de m'ignorer, les gens ne font plus attention à moi, et ils se croient seuls même quand je suis là. C'est très utile, déclara-t-elle comme si tout cela était parfaitement naturel. D'ailleurs, son pyjama à canards était très joli.
- Son… quoi ? Enfin. L'essentiel, c'est qu'on ne peut pas faire confiance à ce vil Serpentard et que…
- Tu sais, tu ne donnes pas l'impression de faire confiance à beaucoup de monde. »
Harry se redressa et regarda Luna avec beaucoup d'étonnement. En effet, ces gens là se comptaient sur les doigts de la main gauche. Ron, Hermione, Hagrid, Neville… (Pas Ginny, en tout cas, beaucoup trop imprévisible). Et peut-être Luna.
« Oui, mais lui, il est particulièrement… euh… »
La seule expression qui lui venait à l'instant était 'bon au lit', mais tout à fait objectivement, ce critère n'entrait pas en considération.
« Tu sais, tu peux me dire que tu couches avec lui, ça ne me choquera pas.
- Quoi ? Comment tu sais ?
- Je ne le savais pas, c'était juste une hypothèse qui me passait par la tête et j'ai dit ça pour la vérifier. »
Harry, bien que sous le choc, se demanda ce qu'Hermione aurait pensé de la vision que Luna avait de la méthode scientifique. Après tout, Luna était un genre de savant. Enfin, plutôt un savant fou. Peut-être que, dans quelques années, elle ressemblerait à Dumbledore ? L'espace d'un instant, il imagina Luna avec une barbe blanche, mangeant des esquimaux au citron. Par Circé ! Sa vie était déjà suffisamment éprouvante comme ça, il n'avait pas besoin de s'infliger des traumatismes supplémentaires.
« Ta situation me paraît problématique, déclara-t-elle
- Je crois, oui.
- Tu sais, personne ne me croyait quand je parlais des Ronflaks Cornus à Poudlard.
- Euh… oui.
- Et j'ai fini par en trouver. Je pense que c'est parce que j'avais de bonnes raisons de croire à leur existence.
- Sûrement, approuva Harry sans oser avouer qu'Hermione avait déclaré que c'était un pur hasard si pour une fois les légendes de Fulbert le Tremblant se révélaient vraies.
- Mais personne ne m'écoutait, parce qu'ils me trouvaient bizarre. C'est comme pour les Thestrals.
- Je suppose.
- Moi, je pense que la vraie raison, c'est qu'ils n'aimaient pas les choses qu'ils ne comprenaient pas. Comme les Ronflaks»
Luna eut un petit sourire et plongea son regard dans sa tisane indigo, qu'elle n'avait toujours pas bue.
Harry eut soudainement l'impression d'avoir raté un épisode.
Il fronça les sourcils : des ombres semblaient se mouvoir dans le bol de Luna. Elle y replongea sa baguette, et sourit une fois de plus. Un carillonnement. Un nouveau mouvement de baguette dans le bol indigo.
La porte s'ouvrit, laissant apparaître une silhouette élancée. Une silhouette familière.
« Bonjour, Potter. »
à suivre...
Niakniakniak. Hum. Désolée, c'était le meilleur endroit pour couper. Mais il y aura un troisème chapitre. Un jour :D
