Surpris par la tournure des évènements, Kiba tenta de retrouver ses esprits. Il ne comprenait toujours pas comment cet individu avait pu pénétrer aussi facilement dans sa propriété.
"La porte d'entrée...j'ai oublié de la fermer tout à l'heure..." pensa-t-il complètement abasourdi. "Comment j'ai pu négliger un truc pareil?!"
Conscient d'un danger potentiel, l'adolescent administra un violent coup de coude dans le ventre de son agresseur et se dépêcha de se retourner, prêt à subir un second assaut.
"Argh..Mais...mais t'es aliéné ou quoi?!"
Reconnaissant cette voix étrangement familière, Kiba plissa les yeux pour mieux examiner son assaillant. A ses pieds, se trouvait un homme d'une vingtaine d'années, roulé en boule sous l'effet de la douleur, tentant difficilement de se relever.
"Ah..c'était toi..Ma foi, j'aurais dû m'en douter."
-Tu pourrais au moins m'aider à me relever au lieu de me toiser. Bordel, c'est pas comme ça qu'on traite un pote, c'est moi qui te le dit."
Face à lui, debout cette fois, se tenait le jeune homme en question, légèrement plus grand que son interlocuteur. Les traits du visage légèrement crispés, il fusillait le jeune garçon du mieux qu'il pouvait avec son ultime regard sombre, rempli d'une certaine objurgation envers ce jeunet qui avait réussi à déjoué ses plans.
- T'aurais pu au moins viser ailleurs! déclara Kankuro sur un ton plein de reproche,
- T'as raison, j'aurais dû viser plus bas.
- T'es pas très sympa. Je souffre, certes en silence pour rester digne, mais je souffre. Tu pourrais avoir la décence de t'excuser.
- J'y crois pas. C'est pas toi qui t'es fait agresser physiquement alors que tu te baladais tranquillement dans ton couloir.
-Et parlons-en de ton couloir. Tu connais des cinglés qui se promènent dans leur couloir juste pour le fun et qui laissent la porte grande ouverte.
-Et tu connais sûrement des gens encore plus timbrés qui se jettent sur leurs amis, modifient leur voix, leur susurrent des paroles pas très rassurantes et pénètrent illégalement dans la propriété de ces derniers..
- Qui était grande ouverte.
-Grande ouverte, certes.
Face à un manque flagrant de réaction de la part de son cadet, Kankuro tenta de détendre l'atmosphère et enchaîna en utilisant un ton théâtral.
-Et si, par le plus grand des hasards, j'avais été une charmante demoiselle, à la rue, en quête d'un endroit où s'abriter et que j'étais entré par inadvertance dans ta demeure. J'aurais alors succombé à l'irrésistible charme de M. Kiba Inuzuka et aurait tenté de m'attirer tes charmes par une technique peu conventionnelle mais qui aurait fixé un premier contact. Comment pourrais-tu, en qualité de gentleman...
-Ne t'approche plus jamais de moi, dit-il en reculant. T'es plus louche que je ne le pensais..= - =
-Nan, sérieux. Qu'est-ce-que tu aurais fait?
-J'aurais réagi de la même façon qu'avec toi. Pourquoi?
-T'es pas humain, toi, soupira son ami.
-Non, juste équitable.
A ces mots, Kankuro ne put s'empêcher de laisser échapper un énorme fou rire.
"Franchement Kiba, lança-t-il, j'ai bien fait de passer chez toi, t'es vraiment un comique.
Sur le coup, Kiba soupira et sourit à son tour.
"Il faut admettre que moi aussi ça me fait plaisir de te voir. Cette baraque me déprimait déjà suffisamment mais une fois vide, c'est encore pire qu'un cimetière. Et ne me parle pas de cette foutue pluie qui m'empêche de sortir. En plus, ma mère tarde à me renouveler mon revenu mensuel, résultat c'est pâtes tous les soirs depuis cinq jours.
-Bah, tu n'as qu'à avoir des colocataires, dans ce cas."
Interloqué par cette proposition à laquelle il n'avait jamais pensé, Kiba resta silencieux.
"Ne me regarde pas comme ça. Cette maison est immense, tu pourrais accueillir d'autres gens. Déjà, ça réglerait tes problèmes financiers et en plus ça t'apporterait de l'animation."
Et c'est sur cette phrase que l'histoire commence...
