- Il est important de comprendre qu'Athéna, la déesse de la Sagesse et de la Guerre, a souvent fait appel au genre de potions que nous pratiquerons aujourd'hui. Ramassez lentement et avec beaucoup de soin l'outil à votre gauche. Vous voyez, c'est une drôle d'adaptation d'un simple épluche légume moldu, que j'ai trouvé fort amusant…
Je posai mon index sur le bout. C'était drôlement pointu comme outil ! Et dire qu'il nous donnait ça comme ça, sans nous prévenir qu'on pourrait se…couper. Je commençais à sautiller.
- Iiiiii. Mina, ça saigne! Ça saigne, ça saigne, ça saiiiiiigne!
- J'ignorais que tu avais si peur du sang, Gubler ?
- Non, ce n'est pas ça. Je ne sais tout simplement pas comment l'arrêter! Qu'est-ce qui va se passer si je m'assèche? Rho ! J'ai tout plein de taches sur mon uniforme maintenant !
- Arrête de t'agiter et ça va stopper tout seul !
- Mrs. Gubler ? Y-a-il quelque chose que vous aimeriez partager avec le groupe ?
J'arrêtai soudainement de sautiller et me mis à rosir. Je soulevai timidement mon index en direction de Slughorn.
- Ça saigne et je me suis tachée partout, Monsieur…
La classe éclata de rire. Je n'osais pas tournée les yeux vers sa table.
-Vous pouvez aller chercher un pansement et vous rincer, Miss.
Je hochai la tête et sortis aussi rapidement que possible. Je me dépêchai d'entrer au dortoir, prenant ma petite trousse de premier soins dans mon coffre, en même temps qu'une chemise propre. Après avoir pansé et désinfecté mon doigt (c'est très important !) et avoir changé de chemise, je repris ma cape et m'élançai dans les escaliers. Je fus très surprise en revenant dans le corridor. Lily Evans semblait m'y attendre. Elle sourit.
- Bonjour !
- Euh… Salut.
- Ça te dit de marcher avec moi ?
- D'accord…
Je trouvais ça extrêmement louche. J'étais même plutôt inquiète.
-Tu ne portes pas ta cravate?
Je baissai les yeux. Merde ! Je devais l'avoir oubliée sur mon lit ! Je me retournai, commençant à marcher vers la grande statue.
- Non, non. Tu n'en as pas besoin, c'est le dernier cours et je doute fort que nous aurons le temps de retourner en potions.
- Oh…
- Bref. Remus et moi avons remarqué un petit quelque chose… Sirius et Toi, vous mourez d'amour l'un pour l'autre.
J'émis un petit rire jaune.
- Bien sûr. Tu as complètement raison, on planifie un mariage pour le mois de juillet.
- Je sais que je semble idiote. Mais nous vous voyons. Tous les jours, tu t'efforces à ne pas lui accorder d'attention, tu ne le regarde pas, quand il parle en classe, tu fais tout pour être ailleurs… Et lui, au contraire, il fait tout pour se mettre sur ton chemin. Il ne sait simplement pas comment s'y prendre. Mais crois-moi… Il ne pense qu'à toi.
- C'est quoi, une blague? Une idée de ton petit copain pour abaisser la petite Poufsouffle naïve qui fond au passage de son meilleur pote ? Tu te trouves drôle de te moquer de moi comme ça, c'est ça ? Tu devrais peut-être y penser deux fois avant de te mêler des sentiments des autres !
Je partis en courant, des larmes coulaient sur mes joues. Une fois les rideaux de mon baldaquin refermés, je plongeai ma tête dans mon oreiller. Il ne pense qu'à toi. Quelle bêtise. Quand on désire quelqu'un, on ne le repousse pas. On l'enlace. On l'embrasse. On lui offre des cadeaux, de jolies lettres… Et surtout, on le console quand il a de la peine.
Je l'avais déjà vu déprimé. C'était vraiment étrange. Il était seul, dans un coin de la bibliothèque. Il semblait tenter de se distraire avec ses travaux, mais c'était sans résultat. Et, avec tout le temps que je mis à me décider à m'approcher et voir s'il y avait quelque chose que je pouvais faire pour le consoler, une autre c'était déjà approchée. J'eus de la peine. De savoir qu'il en avait aussi, et qu'elle ne pourrait probablement pas le consoler correctement. J'avais tant à lui donner. Mais il y avait surement quelque chose qui n'allait pas chez moi, à voir avec quelle vitesse j'avais réussi à tout détruire… L'espace d'un baiser. Un baiser tout minuscule.
Si seulement j'avais pu savoir que ce baiser serait si court. Je m'y serais accrochée. J'aurais passé mes mains dans ses cheveux, j'aurais goûté à la peau de son cou, j'aurais caressé son torse… J'aurais tout donné, honnêtement.
Je décidai de me ressaisir, je devrais aller aux cachots chercher mes livres.
-
- Eh… Pat'… Je suis vraiment désolé… Je ne voulais pas t'offenser ou rien, hier soir, tu sais.
-T'en fais pas James.
On rigola pour quelque secondes. Lily revint s'asseoir devant nous, elle avait l'air très en colère. James posa sa main sur l'épaule de sa douce.
-Qu'est-ce qui va pas?
-Pas envie d'en parler maintenant. Je vous raconterai plus tard.
Il hocha la tête et leva les épaules. Son attention revint vers moi.
-Mais en tout cas. Je ne sais toujours pas qui c'est.
-Isabelle Gubler.
-… Gubler… Celle qui vient de partir ?
-Oui. Je me demande si elle va bien, d'ailleurs.
-Oui, oui… Ce nom me dit quelque chose… Vous avez eu une espèce d'histoire ensemble, pas vrai ? Il me semble que tu m'en as parlé…
Je hochai la tête. Ce souvenir était trop réaliste. Il me rendait malheureux, en toute honnêteté.
- Si j'étais toi je me tiendrais loin d'elle, Black.
Bradley Timmons occupait la table derrière nous. Il était son meilleur ami, ou un truc du genre. Si c'était plus, je n'en avais jamais entendu parler…
- Pourquoi ? T'es son petit ami ?
- Non. Je suis son meilleur ami.
- Ah, donc tu crois qu'elle t'appartient ?
- Non. Je crois tout simplement que t'as déjà assez fait de dommages, tu devrais garder tes sales pattes pour toi.
-Tu veux que je te fiche mon poing dans la figure, Timmons? Je ferai ce que je veux, et quand je veux.
-Sauf quand ça en vient à Isabelle Gubler. Là, tu te tiendras loin d'elle, car crois-moi, c'est mon poing que tu auras dans la figure.
Je me retournai et croisai les bras. Après la classe, il verra bien qu'on ne refuse rien à Sirius Black. J'arrive toujours à mes fins.
-*-
-Eh, Timmons! Je pensais que t'allais m'apprendre une leçon ?
Il me jeta un regard noir et donna ses livres au garçon à ses côtés. Je retroussai mes manches, laissant ma cape derrière moi. Lily et Remus avaient décidé de partir, ils préféraient ne pas se mêler de tout ça. James par contre, restait debout, prêt à intervenir à n'importe quel moment. Je m'approchai de lui. Il fit un pas, il n'était qu'à quelques centimètres de mon visage.
- Pas de coup bas, Black. Je sais que tu en serais capable.
Je soulevai les bras et lui poussai les épaules.
- Ta gueule, Timmons. Avec des répliques comme ça, c'est plutôt toi qui devrais t'assurer de ne pas faire trop de coup bas.
Il poussa mes épaules à son tour. Inconsciemment, nous faisions présentement des cercles. Quand il se retrouva dos à la grande statue de pierre qui se retrouvait dans le corridor, je me jetai sur lui, m'assurant qu'il tombe très fort. Je lui donnai un coup au visage. Puis un autre. Encore un. Je ne savais pas d'où provenait toute cette rage, mais elle était bien présente. Sa lèvre se mit à saigner. Un petit groupe de gens s'était formé autour de nous. Plusieurs incitaient Timmons à se défendre, à faire quelque chose. Il essayait, il m'avait eu au ventre quelques fois et j'avais eu une drôle de sensation dans l'épaule, mais je n'arrêterai simplement pas. Un cri d'horreur se fit entendre.
- Bradley! Bradley!
Elle perça la foule et courut près de nous. James s'approcha aussi, m'aidant à me relever. Elle l'aida à s'asseoir, essuya sa lèvre et lui demanda où étaient ses affaires. Il leva le menton en direction du garçon le plus près. Il se releva, et elle prit ses affaires.
- Allez, viens… Nous devons soigner ta lèvre… Mais avant, passons par le bureau de McGonagall, si tu n'y vois pas d'inconvénients.
Elle me regarda avec dégoût, puis ils quittèrent le couloir, s'avançant vers les grands escaliers de pierre qui menait à l'étage du haut.
- Tu y as peut-être été un peu fort, Sirius.
Un petit rictus se forma sur ma bouche.
- Peut-être. Mais il a compris que j'étais sérieux. On ne me refuse rien.
- T'as besoin de passer par l'infirmerie?
- Nan. Allons manger, cela fera l'affaire.
-
Avant d'entrer dans le bureau, je giflai Bradley.
- Non mais, qu'est-ce qui vous a pris ?
- Il l'a cherché.
- Comment ?
- Il… Euh… Il s'est moqué, quand tu es sortie. Et je l'ai remis à sa place. Puis il a dit qu'il me foutrait son poing à la figure si je ne me taisais pas.
- Oh…
Je cognai à la porte, puis la poussai. Elle était installée à son pupitre et semblait lire quelque chose de très long.
- Mrs. Gubler, Mr. Timmons, qu'est-ce que Mrs Chourave ne veut pas vous accordez ?
- Euh… Non, Mrs, ce n'est pas cela… En fait, un de vos élèves à décider qu'il avait le droit de tabasser Bradley.
Elle leva les yeux, et constata l'état piteux de mon camarade.
- Seigneur. Qui donc ? Des conséquences seront portées, ne vous en faites pas.
Je baissais les yeux. Je n'aimais pas prononcer son nom. Il me faisait frémir.
- Si… Sirius Black, Mrs.
La dame hocha la tête.
- Très bien. Cependant, je me dois d'enlever 20 points à Poufsouffle. Je suis certaine que Mr. Timmons n'as pas hésité à se défendre.
Elle nous adressa un clin d'œil et Bradley émit un petit rire.
- Merci Mrs. Bon, maintenant viens, je ne peux simplement pas aller dîner avec toi dans cet état.
Je lui souris, et nous quittâmes la pièce.
-
Lily allait nous raconter ce qui l'avait frustré, en potion, quand une grande chouette vint se poser devant moi. Remus éclata de rire.
- 5 gallions que c'est McGonagall.
- Bah, connaissant notre cher Patmol ce pourrait être n'importe qui.
- Peter, tu en dis quoi ?
- J'aimerais bien qu'ils servent autre chose que du jus de citrouille.
Soupir commun. Je défis la boucle du parchemin, levai les yeux au ciel et plongeai ma main dans ma poche, lui donnant les 5 gallions.
- Je ferais mieux d'y aller, si je veux mieux m'en sortir.
Je leur adressai un signe de la main en me dirigeant vers la porte. Je me rendis au bureau de la directrice adjointe en sifflotant. Après avoir cogné et m'être fait inviter à l'intérieur, je poussai la porte.
- Mr Black. Asseyez-vous. J'en ai long à vous expliquer.
Je pris place devant elle.
- Vu que je manque d'idée de retenue, je me suis décidée sur un autre genre de punition. Vous allez devenir tuteur. Des élèves viendront vous voir tous les soirs, pour aussi longtemps que nécessaire, et vous allez les aider, peu importe la matière. Et ce, pendant tout un mois. Vous commencerez la semaine prochaine. Vous utiliserez ma classe. Surtout, vous serez poli et courtois, quelles que soient l'année ou la maison.
Mes yeux devinrent grands.
- Mais… Je ne pourrais pas… Polir les trophées ? Laver tous les chaudrons ? Effacer les gribouillis de tous les manuels de métamorphose?
- Désolée pour vous, Mr Black, mais vous l'avez fait si souvent que vous semblez apprécier ces tâches, désormais. Et puis, je retire 50 points à Gryffondor. J'espère ne plus entendre parler de telles bagarres.
-Très bien. Je serais ici la semaine prochaine après avoir dîner.
- Oh que non. Votre repas sera ici. C'est un châtiment, Mr. Black, vous ne pouvez pas simplement vous en sortir en dînant plus longtemps.
Je serrai les dents.
- D'accord.
- A la semaine prochaine, alors.
