Bonjour à vous !
Avant tout, je suis extrêmement contente que ce premier chapitre vous ait autant plu ! Et ce, même avec l'absence de notre Garçons des Pains, mais voilà, le mal est réparé puisqu'il fait son entrée dans ce chapitre-ci !
Merci à tous pour vos si gentilles et si nombreuses reviews, qui n'ont pas manqué de me faire le plus grand plaisir !
Cam 5445 : Effectivement, Gale est un connard mais ça, c'est pas nouveau lol ! Et nous adorons le détester et lui faire prendre cher mdr ! ^^ Pour trouver Finnick, c'était pas bien difficile en même temps, il est tellement charismatique ! :P Et oui, je le reconnais, tout s'enchaînent un peu trop facilement pour Katniss dans ce premier chapitre mais bon, c'est une fic hein ! Si c'était comme la vie réelle, ce serait moins marrant ! x)
LilyRose : Et oui, Gale est représenté tel que je le vois (et comme la plupart de vous le vois aussi je pense !). Moi aussi je pense que je lui aurais mis un pain, mais pour le moment, Katniss n'est pas la Katniss qui mets des beignes, mais pourquoi pas pour la suite lol ! Que certains passages t'aient touchés me touchent également ;) C'est toujours gratifiant de voir qu'on arrive à faire passer des choses dans nos fics ! Pour l'âge, je dirais qu'ils ont la vingtaine : entre vingt et vingt deux ans environ.
J'espère que cette suite vous plaira tout autant ! Merci encore à Mockngjay pour m'avoir filer un coup de main quand je bloquais sur certains passages (et pour m'avoir souffler certains dialogues que j'ai un peu repris à ma sauce !)
A bientôt !
Peetniss.
Quand j'arrive chez Johanna, je trouve un appartement joyeusement bordélique. J'ai eu un peu de mal à m'y retrouver dans cette grande ville et ai mis une heure à parvenir à le dénicher à force d'indications vaseuses de passants et de consultation de plans de bus.
Des fringues traînent un peu partout sur les meubles, des boîtes de pizzas, des emballages de fast-food sont disséminés çà et là sur les tables, et pourtant, bizarrement, je me sens parfaitement à l'aise. Il est décoré avec simplicité et chaleur, ce qui me change totalement de mon précédant appartement où tout n'était que froid et vide. De grandes fenêtres permettent à la lumière déclinante de rentrer dans les pièces et renforcent encore cette impression. Je garde ma besace contre ma poitrine et avance en détaillant chaque recoin de mon nouveau « chez-moi ».
Je tombe sur ma chambre après avoir d'abord trouvé celle de Johanna, la plus grande de l'appartement bien entendu. La mienne, un peu plus étroite, contient le minimum dont j'ai besoin : un lit, une armoire et une commode, je n'ai pas besoin de plus de toute manière, avec le peu d'affaires que je possède. Là encore, de grandes fenêtres inondent la pièce de lumière. Je me sens bien, j'ouvre les carreaux pour laisser entrer un peu de la fraîcheur de l'extérieur et me permettre de digérer un peu tous les évènements qui viennent de s'enchaîner. La vue donne sur la rue mais elle n'est pas très passante, je pourrais donc dormir sans problème les fenêtres ouvertes. J'inspire à pleins poumons l'air extérieur avant de les fermer à moitié. Je pose ma besace sur le sol pour ensuite m'allonger dans le lit. Il est moelleux comme il faut. Je fixe le plafond, un peu anxieuse de ce qui m'attend le soir même. Je soupire en fermant les yeux …
… Et les rouvre en sursautant deux heures plus tard. Je me suis endormie comme une masse, je regarde rapidement ma montre : dix-sept heure trente, vais-je réussir à retrouver le bar en moins d'une heure ? Je me lève d'un bond, heureusement que je me suis couchée toute habillée, je n'ai besoin que d'enfiler ma besace, non sans avoir laissé les quelques vêtements dont je n'ai pas besoin et que je rangerais par la suite, ainsi que mes quelques photos. Une fois dans la rue, je me laisse guider par mon sens de l'orientation qui ne m'a jamais trahie. J'arrive à retrouver le bar en quarante-cinq minutes : ça va, j'ai limité la casse, « que » quinze minutes de retard mon premier jour !
Je passe les portes désormais familière du « Puzzle » en inspirant profondément, il n'y a pas encore foule dans l'établissement. Ça va aller …
_ Tu es en retard !, m'interpelle-t-on directement.
Je sursaute et tourne la tête : Haymitch me dévisage durement en installant un panier de Bretzels à une table juste à côté de l'entrée.
Haymitch est cool hein ?
_ Je m'excuse, j'explique penaude, mais je ne suis pas encore à l'aise avec cette ville.
_ Dans ce cas, me rétorque-t-il en me frôlant sans plus un regard à mon encontre, on prévoit de partir plus tôt.
Super accueil, je suis réellement charmée ! Je me demande si c'est vraiment une si bonne idée que ça de prendre un travail ici. Il pose son plateau sur le comptoir et passe derrière le bar sans plus s'adresser à moi. Je reste planter là, comme une cruche à ne pas savoir quoi faire. Il m'explique à la vitesse de l'éclair où se situe chaque chose derrière le bar, je ne retiens quasi-rien. Puis, il se dirige vers une porte battante quand il jette un coup d'œil derrière lui et, se rendant compte que je ne le suis pas.
_ Tu te bouges chérie ou tu prends racine au milieu de la salle ?
Je sens que notre collaboration va se passer sous les meilleurs auspices ! Je presse le pas pour le rejoindre. Nous déambulons dans un étroit couloir et, d'un ton rapide, Haymitch me fait le tour du propriétaire.
_ A droite : la cuisine. Sur le menu, nous avons de la Junk food basique : frites, hot dog, pizzas etc ... Ça se fait rapidement, nous n'avons pas de cuistots, avant chaque service, chacun votre tour vous êtes priés de préparés les portions de façon à ce que vous n'ayez plus qu'à les réchauffer au micro-onde pendant le service –sauf les frites ça va s'en dire. C'est pour ça qu'il est préférable d'arriver en avance, tu me suis ?
Il me lance un regard lourd de sens, je pince les lèvres et hoche la tête en silence, comment je pouvais savoir que dix-huit heures ça voulait dire dix-sept heure trente ? Suffisait de dire dix-sept heure trente dans ce cas !
Haymitch embraye ensuite en continuant de longer le couloir.
_ A gauche là, c'est les vestiaires et accessoirement, votre salle de repos (même si c'est bien rare que vous ayez le temps de prendre une pause), elle donne sur la rue derrière le bar où après chaque service, nous sortons les ordures et où, tu le sauras pour la prochaine fois, c'est là où tu rentreras dorénavant si tu travailles, la porte principale c'est pour les clients trésor.
Il marque une pause comme pour ménager son effet.
_ Les vestiaires sont mixtes, sourit-il.
J'avale ma salive et sens malgré moi le rouge me monter aux joues. Il s'arrête ensuite devant les escaliers juste à côté des toilettes.
_ En haut mon bureau, moins je t'y vois trésor, et mieux ça vaudra pour toi.
_ Je ne m'appelle pas trésor, je m'appelle Katniss, je lui précise un peu agacée.
Il me dévisage des pieds à la tête amusé et s'appuie contre le mur en se grattant sa barbe de trois jours.
_ Comme elle est mignonne … Ta paie, c'est le minimum syndical, les pourboires c'est en plus, à toi de te montrer aimable avec les clients pour arriver à mettre du beurre dans les épinards !
J'avale ma salive en me prenant en pleine face ce reproche à peine déguisé. Je viens à peine d'arriver et déjà, il sous-entend que je ne suis pas assez sociable. Je lui adresse mon plus faux sourire.
_ Je suis le charme incarné !
Il s'esclaffe.
_ Je n'en doute pas !
Haymitch et moi entrons ensuite dans les vestiaires, il me montre un casier avec le nom de GLIMMER inscrit au marqueur rose pailleté. Il est entre celui de FINNICK et un autre avec écrit dessus PEETA.
_ Voici ton casier. Tu pourras effacer le nom de Glimmer et y mettre le tien plus tard.
J'en avais de toute manière bien l'attention. Il se tourne vers une table pleine de cartons et fouille dedans quelques minutes avant de ressortir un t-shirt noir, qu'il me lance.
_ Voici ton uniforme trésor.
Je le rattrape au vol, c'est un petit t-shirt noir assez moulant, et plutôt échancré sur la poitrine, de quoi me mettre super à l'aise.
_ Dans le casier tu trouveras sûrement le tablier de Glimmer, continue-t-il sans plus se préoccuper de mon émoi face à cette tenue. Dépêche-toi de te changer chérie, l'happy hour débute dans une demi-heure.
Et sans plus de détails, il sort du vestiaire en me laissant plantée là, le bout de tissus à la main. Quel étrange personnage. Je reste un peu perplexe quelques secondes puis me force à me secouer un peu. J'ouvre le casier : une bouffée de parfum vanille me pique le nez, l'ancienne propriétaire de ce vestiaire m'avait l'air des plus girly ! Il reste quelques froufrous lui appartenant : une brosse à cheveux (apparemment elle était blonde), un flacon de parfum à la vanille (comme c'est étonnant), des élastiques … Je crois que tout ça va atterrir à la benne. En fouillant bien, je finis par trouver le fameux tablier qui, bien entendu, pue la vanille. Tant pis, je m'y ferais. Je m'aperçois qu'en prenant le tablier, j'ai fait tomber une photo : c'est un cliché d'une fille blonde, d'un garçon blond et de Finnick en train de faire des grimaces. Y a pas à dire, elle était super jolie. Le garçon blond doit être le fameux Peeta, ils avaient l'air super proches, il avait son bras autour de ses épaules. Si je vois Finnick je lui donnerais la photo.
Je pose la photo dans mon casier avec ma besace puis enlève ma veste. Je retire ensuite mon pull et mon maillot quand une bouffée d'air froid me fait frissonner. J'ai à peine le temps de me retourner que je me retrouve nez à nez avec le garçon blond de la photo, qui me matte carrément des pieds à la tête, un sourire plaqué sur le visage. Je me sens rougir jusqu'à la racine des cheveux et mets quelques secondes à réagir que je suis en soutien-gorge et à mettre mes bras sur ma poitrine pour me cacher un tant soit peu.
_ Te gêne pas surtout !, je l'invective, la colère grondant dans ma voix.
Un sourire flotte tranquillement sur son visage, ses yeux d'un bleu incroyable pétille de malice et ne cherche pas à changer de direction, bien au contraire, ils continuent tranquillement leur examen.
_ Sympa l'accueil, j'adhère totalement !, se marre-t-il aucunement gêné contrairement à moi.
Je me cache derrière ma porte de vestiaire à bout de patience en fronçant les sourcils. J'ai envie de me fondre dedans et de disparaître. Et là, alors que je m'attends à ce qu'il sorte pour que je termine de me changer, il ouvre son vestiaire à côté du mien et retire à son tour ses vêtements pour se retrouver dans la même tenue que moi : torse nu, le plus naturellement du monde. J'ouvre la bouche mais aucun son n'en sort, je me retrouve la bouche en cœur à le mater sans le vouloir.
_ Mais qu'est-ce que tu fais ?!, je m'exclame, les joues en feu.
_ Quoi ? Pourquoi y a que toi qui te mettrais à l'aise ?, s'étonne-t-il.
Je lève les yeux au ciel et essaie d'attraper mon minuscule t-shirt en restant cacher derrière ma porte en grognant d'exaspération.
_ Je suis Peeta au fait, me sort-il en me prenant la main qui est sur le point d'agripper ledit vêtement et pour la serrer d'un mouvement vif.
_ Katniss, je marmonne en soufflant tandis qu'il me secoue la main.
Sa main est chaude et je frisonne inexplicablement. Il a dû mal refermer la porte cet abruti : je vais me chopper la crève avec ces conneries !
_ J'adore ta façon de te présenter soit-dit en passant, glisse-t-il un sourire en coin.
Je serre les dents et sens la colère monter inexorablement.
Il finit par prendre son t-shirt et à l'enfiler puis il claque la porte de son casier. Je suis toujours planquée derrière ma porte à essayer d'attraper ce foutu bout de tissu, Peeta me sourit d'une façon étrange et plonge sa main dans mon vestiaire pour me le tendre en me faisant de nouveau un clin d'œil. Je reste interdite à le fixer.
_ De rien, rigole-t-il tranquillement en sortant de la pièce en enfilant son tablier.
Je déteste ce type, c'est officiel. Il est tellement imbus de lui-même, et cette manie de se la péter comme ça ! J'enfile à mon tour à ma tenue, noue mon tablier et claque la porte de mon vestiaire en me maudissant sur mon comportement. Pourquoi je suis toujours aussi empotée quand je suis gênée ? Je me regarde dans le miroir au-dessus de l'évier : ce maillot à l'air d'être fait pour une gamine de seize ans, j'ai l'impression que ma poitrine va déborder, mais je suppose que c'est l'effet voulu ! J'essaie de placer ma tresse de façon à cacher un peu du spectacle.
Je finis par rejoindre la salle et sens sur moi le regard de Peeta qui est déjà en train de servir des clients de l'autre côté. Il lève juste les yeux vers moi avec une expression étrange avant de reporter toute son attention sur eux. Son visage est tellement avenant, on lui donnerait le Bon Dieu sans confessions. Ce sont des filles en plus, je les entends piailler d'ici, il n'y a donc que des filles qui viennent boire ici ? Haymitch se glisse soudain à mes côtés.
_ Plutôt que de mater Peeta chérie, si tu te mettais derrière le bar ?
Je sens la gêne marquer mes traits.
_ Je … Mais non …, je bafouille. Je ne … Je ne matais pas Peeta …
_ Je m'en bats l'œil, je ne te paie pas à rien faire.
_ Je … Finnick ne travaille pas ?, je change de sujet.
_ Tu veux tous de les taper ou quoi ?, s'étonne-t-il une petite lueur dans les yeux.
Je hausse les épaules et marmonne un vague « n'importe quoi ».
_ Finnick arrive plus tard. Ce soir, tu t'occupes du bar et Peeta de la salle. Finnick viendra te donner un coup de main. Tu sais faire des cocktails et te servir d'une pompe à bière ?
Je hausse la tête, même si je ne connais pas la plupart des cocktails et que je n'ai jamais utilisé de pompes à bières de ma vie. Je veux garder ce travail malgré tout, je ne veux pas me retrouver dans la merde comme ce matin, j'ai eu une chance incroyable, je veux pas la gâcher.
Haymitch me pousse vers la pompe à bière avant de s'éloigner. J'inspire un grand coup et me plante derrière le comptoir. Peeta s'approche de moi, nonchalant, son plateau rebondissant sur ses hanches. Il le pose sur le bar et me regarde avec son sempiternel air moqueur. Je fronce les sourcils tandis qu'il lit sa commande.
_ Un mojito et deux bières s'il te plaît, Katniss, roucoule-t-il.
_ C'est quoi ton problème ?, je lui demande d'un ton sec en cherchant des yeux la bouteille de rhum.
_ Moi ? J'ai pas de problèmes !, s'amuse-t-il en m'observant tranquillement. Derrière toi le rhum.
Je me mords les lèvres en me tournant, l'énervement montant de plus en plus. Je trouve la bouteille de rhum et cherche après les verres maintenant, les clients commencent à affluer : la fameuse Happy Hour, je suppose. Ils s'accumulent devant le bar, dans la salle. Haymitch me lance de plus en plus de regards insistants, on hèle Peeta pour ses commandes. Je sens mon rythme cardiaque augmenter, je reste la bouteille de rhum dans la main, comme une cruche, le sourire de Peeta s'efface et il prend un air soucieux.
_ Katniss, tu sais faire un mojito ?
_ Bien sûr, je lui rétorque. Où … Où est le … Truc qui va avec ?
Il secoue la tête et passe derrière le bar me rejoindre pour m'expliquer rapidement comment faire un mojito : ses gestes sont sûrs et rapides. Il prend de la glace dans le bac, fait virevolter les bouteilles, coupe les citrons et j'en passe : le tout en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. J'en reste bouche bée.
_ Prends les autres commandes, me glisse-t-il en me montrant les autres clients.
Je me tourne vers les clients agglutinés autour du comptoir et prends les commandes, heureusement pour moi, l'Happy Hour concerne uniquement la bière alors la plupart des commandes ne concerne que ça : j'enchaîne donc les verres, d'abord laborieusement : ce n'est que mousse et éclaboussure. Peeta vient de nouveau à mon secours entre deux tables à servir et se plante derrière moi pour me montrer. Il place son buste contre mon dos, prend mes mains dans les siennes et me montre doucement comment faire. Mon cœur cogne durement contre ma poitrine et je suis un peu troublée par ses gestes. Je le repousse rapidement d'un mouvement vif.
_ C'est bon, je vais me débrouiller, je lui lance. Vas donc t'occuper de la salle !
Il me prend pour une empotée ou quoi ? J'en ai marre qu'il m'assiste dans tous mes gestes, je suis pas une débile profonde !
Le service continue bon gré mal gré, je finis par me débrouiller tant bien que mal avec cette fameuse pompe, c'est juste avec les cocktails que j'ai plus de mal.
Une fois cette fameuse période passée, c'est plus calme et tranquille, je commence à prendre mes marques. Finnick est arrivé, je me sens plus à l'aise avec lui qu'avec Peeta, il est tellement moins … Arrogant ! Il me montre quelques trucs et astuces pour faire les bières plus vite et avec moins de mousse ou pour en faire plusieurs en même temps. C'est aussi le moment où les clients un peu plus lourdingues arrivent et, malheureusement, je ne peux pas les envoyer bouler comme je le souhaiterais parce que je dois me montrer avenante et charmante. Je ne sais pas si j'y arrive si bien que ça au vue du maigre pourboire qu'ils me laissent une fois servis.
Au bout d'un moment, une fois la foule disséminée, Finnick se place à côté de moi. Il s'accoude au bar.
_ Alors, ces premières heures ?
_ Ereintantes !, je souffle. J'ai mal aux reins et aux jambes à force de rester debout et de piétiner.
_ Tu n'as pas encore été en cuisine, attends avant de trop te plaindre, rigole-t-il.
Cette dernière annonce ne me rassure pas des masses.
_ Soit dit en passant, je ne peux être que d'accord avec Peeta, déclare-t-il en me lançant un de ses sourires charmeurs.
Cette dernière remarque retient mon attention, qu'est-ce que ce satané Peeta a encore dit comme énormités à mon égard ? Je sens mes pommettes s'échauffer un peu, je me mets à nettoyer le comptoir avec un torchon en haussant exagérément les épaules.
_ Qu'est-ce que mon cher ami Peeta a encore sorti comme débilités ?
Son sourire s'élargit et il porte son regard vers ce dernier qui discute avec une table de jeunes gens un peu plus loin avant de me regarder de nouveau, les yeux brillants et de loucher sans vergogne vers mes seins.
_ Cette tenue te sied à merveilles !
Je suis gênée à l'extrême, je baisse les yeux en remettant mes cheveux en place, ne sachant pas vraiment comment réagir.
_ Pff, je finis par sortir en levant les yeux au ciel. N'importe quoi ! Quel abruti celui-là !
_ Il t'énerve on dirait, remarque tranquillement Finnick.
Je hausse les épaules en pinçant les lèvres, les sourcils froncés. Je préfère ne rien dire et me tourne vers l'évier où je rince quelques verres pour évacuer ma frustration. J'entends Finnick pouffer derrière moi. Je me retourne vivement vers lui.
_ Quoi ?!, j'aboie malgré moi.
Il fait une moue moqueuse en arquant ses sourcils avant de s'éloigner servir une table de filles (encore) qui viennent de rentrer bruyamment. Je m'appuie sur l'évier en fermant les yeux et en soupirant. Je pense que ce travail ne sera pas aussi cool que quand il me l'a vendu tout à l'heure : j'ai mal partout, j'ai faim, je ne supporte pas la moitié de mes collègues …
_ Trésor …
Je trésaille, je n'avais pas entendu Haymitch se glisser à côté de moi. Je fronce le nez, l'odeur aurait dû m'alerter pourtant, il pue le whisky à quinze pas. Je retiens mon souffle et ouvre les yeux en me tournant vers lui.
_ Je te paie pas à bailler aux corneilles, y a des commandes à préparer et des clients au bar, m'aboie-t-il dessus.
_ Je ne m'accorde que deux secondes de répit, je lui rétorque en me redressant.
Il se serre un verre de scotch, s'ajoute une bonne dose de glaçon avant d'ajouter en trinquant à mon encontre.
_ Je vais travailler dans mon bureau, je vous laisse la boutique. Soyez sages.
Il prend une bouteille pour accompagner son verre et part vers la porte qui mène à son bureau.
Mon service touche bientôt à sa fin, il ne reste plus que quelques clients bourrés. Je range la salle tandis que Finnick fait sortir les derniers clients. Peeta passe le balai et se retrouve rapidement à côté de moi. Il arbore toujours ce même sourire agaçant.
_ Alors cette première journée ?, s'enquiert-il.
Je me renfrogne un peu.
_ Fatigante, je lâche laconique.
_ Je trouve que tu t'en es très bien sortie.
Je soupire en fronçant les sourcils. Dites-moi que je rêve !
_ Qu'est-ce que tu fais là, au juste ?, je lâche.
Peeta s'arrête de balayer et me jette un regard surpris, son sourire se fige.
_ Ben, je te demande comment s'est passée ta première journée, m'explique-t-il calmement.
_ Ouais ben qu'est-ce que ça peut te faire ?, je lui lance, sur la défensive.
Finnick se rapproche de nous après avoir verrouillé les portes du bar.
_ Oh la oh la, les enfants, on se calme là !, intervient-il.
Peeta se passe une main dans les cheveux tandis que moi, je fulmine sur place. Quel toupet ! Non mais pour qui se prend-t-il ?! Il passe sa soirée à se moquer ouvertement de moi et ensuite il vient tout sucre-tout miel me demander comment s'est passé ma première journée de taf. Ce mec est vraiment un crétin ! Ou alors il est complètement schizo !
Je retourne à mes tables et Peeta, le visage soudain fermé, retourne à son balai. L'ambiance est glaciale.
_ Et bien, si on travaille dans ce genre d'ambiance, on va se marrer !, remarque Finnick en nous observant tour à tour.
_ C'est quoi ton problème ?, me demande alors Peeta en s'arrêtant encore de balayer.
Je ferme les poings et expire de lassitude. Finnick lève les yeux au ciel et se dirige vers la caisse.
_ Mon problème ? Et bien je crois bien que c'est toi !, je lui assène en lui lançant un regard noir.
_ Moi ?!, s'offusque Peeta. Je crois plutôt que t'as un souci là-dedans ouais !
Il montre sa tête avec son doigt et le tourne autour de sa tempe en sifflant. Je serre les dents et suis sur le point de l'insulter quand Finnick intervient de nouveau depuis derrière le bar.
_ Hé oh les gamins ! On se calme là ! On va dire que c'est parce que vous êtes fatigués que vous vous comportez comme des enfants.
De concert, Peeta et moi protestons dans un même éclat de voix.
_ C'est lui là !
_ C'est elle là !
_ STOP !, nous intime Finnick. J'ai compté la caisse, je la ramène à Haymitch et nous rentrons tous chez nous. Katniss, je te ramène chez Jo' ?
J'entrouvre la bouche pour ajouter quelque chose avant de me contenter d'hocher la tête.
_ Les horaires sont sur le tableau je crois, ajoute Peeta en faisant semblant de rien.
Finnick sort donner la caisse à Haymitch. Peeta range son balai en gardant le silence tandis que je finis de ranger les tables. Je pars ensuite vers le vestiaire mais il arrive en même temps que moi devant la porte et nous touchons en même temps la poignée. Dans un même mouvement, nous retirons nos mains de cette dernière, gênés (je repousse dans un coin reculé de mon esprit cette décharge électrique que j'ai ressenti quand sa peau a touché la mienne - c'est uniquement la frustration et la colère que j'ai accumulé à son égard qui a voulu s'exprimer !). Je lui montre la porte d'un mouvement de tête en faisant un pas en arrière.
_ Je t'en prie, je lui dis d'une voix blanche, guindée.
_ Non, non, je t'en prie, m'invite Peeta d'un ton froid en ne bougeant pas d'un iota.
Je soupire lourdement en roulant des yeux et finis par prendre la clinche et par ouvrir la porte d'un mouvement sec et brusque. J'arrive devant le tableau dans le vestiaire et me rends compte avec effarement que demain midi je travaille toute seule avec Peeta.
_ Super, je grogne.
_ Ne crois pas que ça me plaise, marmonne Peeta par-dessus mon épaule.
Je me dirige vers mon vestiaire et l'ouvre pour prendre mes affaires. Je trouve la photo et décide de la remettre au fond de mon casier, il m'exaspère trop pour que je lui fasse plaisir ce soir. Je prends mon maillot et me retourne vers Peeta qui est de nouveau torse nu, je soupire en fronçant les sourcils. Il a aucune pudeur chez lui ou bien quoi ? Il se tourne vers moi.
_ Quoi ?, me lance-t-il las. On en est encore là ? Tu m'as déjà vu tout à l'heure et tu me reverras encore ! J'ai déjà vu une fille en soutif !
_ Glimmer par exemple ?, je ricane.
_ Glimmer ?!, s'étonne-t-il. Pourquoi Glimmer ?
Je farfouille dans mon casier et lui tends le cliché. Il hausse les sourcils et un petit sourire en coin se dessine sur son visage quand il l'examine. Il doit se remémorer leur partie de jambes en l'air je suppose !
_ Forcément Glimmer, explique-t-il naturellement. Son casier était le tien je te rappelle, et c'est un vestiaire mixte !
J'expire pour marquer mon dédain. Je finis par me changer en me mordant la joue pour tenter de masquer ma gêne, en quatrième vitesse de surcroît. Finnick arrive, il se change rapidement, je fais semblant de fouiller dans mon casier pour ne pas que ces deux-là voient la rougeur que j'ai aux joues et qu'ils se moquent de moi.
_ T'es prête Kat ?, me demande Finnick en claquant son casier.
Je hoche la tête et le suit dans la froideur de la nuit.
_ A demain Peet …, le salue-t-il.
_ A demain Fin, lui répond-t-il en fermant la porte de derrière.
Pas même un salut pour moi …
