Bonjour !
Ci-dessous se trouve le premier des nombreux points de vue que Patrick Redfield aura au long de cette histoire.
Vous remarquerez que le style de narration est assez proche de celui de Piers. Et pour cause. Comme on dit ' les chiens ne font pas des chats'. Donc vous ne serez pas dépaysés x)
Le prochain chapitre est déjà bien commencé, il ne tardera pas non plus ^^
Bonne lecture ! :)
Sous chapitre 1 : Legacy, 2ème partie (décembre 2032) (Patrick)
Enfin, le jour fatidique était arrivé. Aujourd'hui, j'allais passer mon entretien pour entrer dans le BSAA. Vu les parents que j'ai, ça n'aurait pas dû me travailler plus que ça, mais, comme tout être humain normalement constitué, j'éprouvais du stress face à une épreuve que je savais décisive.
A sept heures et demie, j'étais levé. En sortant de ma chambre, je ne trouvai personne, évidemment. Quand je passais devant la chambre des tourtereaux, j'entendis, à travers la porte, les ronflements de Chris. Une partie de moi se demandait commet faisait Piers pour dormir à côté d'une telle moissonneuse-batteuse, mais je compris tout seul que c'était sans doute une question d'habitude. Ou d'amour inconditionnel, qui fait qu'on apprend à aimer les défauts des autres et qu'on s'en accommode. Moi, les rares fois que j'avais dormi avec Chris, j'avais été incapable de fermer l'œil. Heureusement que les murs sont bien insonorisés.
J'arrivai dans la salle de bains, pour mon processus de préparation matinal, bercé par les ronflements de mon voisin. Paye ta musique d'ambiance. Le processus, comprenant douche, shampoing, deuxième shampoing, coiffure, habillage minutieux et deuxième coiffure, me prit un peu plus d'une demi-heure. Et, alors que je me coiffais pour la troisième fois, les ronflements dans la salle adjacente s'arrêtèrent. En peaufinant ma mise en pli, j'essayais de m'expliquer le phénomène. Soit j'avais pensé extrêmement fort, et Chris m'avait entendu inconsciemment dans son sommeil, le faisant s'arrêter de ronfler, soit il était réveillé. Je ne savais pas laquelle des deux possibilités était la plus absurde, sur le moment. Depuis sa mise à pied partielle, Chris était devenu un adepte, pour ne pas dire un fanatique, de la grasse matinée. Au grand déplaisir de Piers, qui le réveillait plus ou moins de force vers onze heures. Finalement, j'eus ma réponse quand je sortis, fraîchement préparé, à sept heures quarante cinq, en le voyant assis sur le canapé.
-Bonjour, me dit-il d'une voix encore bien endormie
-Salut, lui répondis-je
Sans autre commentaire, j'allai m'asseoir près de lui sur le canapé. Après avoir fait disparaître les épis qui parsemaient sa chevelure grisonnante, je me collai distraitement à lui, et il passa son bras autour de mes épaules. Comme à chaque fois que nous nous retrouvions dans cette position, je retombai en enfance, blotti dans les bras de mon gros nounours de père, bercé par les battements tranquilles de son cœur.
-J'espère que tu es conscient que je n'ai pas beaucoup de temps à t'accorder, aujourd'hui, lui dis-je
-J'en suis conscient. A vrai dire, un peu me suffira. Je voulais juste te voir avant que tu ne partes. Comment te sens-tu ?
-Je n'en suis pas sûr, admis-je. Te souviens-tu comment tu te sentais, toi ?
-Ce n'est pas pareil. A l'époque, c'est dans la police de Raccoon City que je suis entré. Je n'ai donc pour ainsi dire pas fait d'entretien pour le BSAA. C'est plutôt à Piers que tu devrais demander ça.
-Jamais là quand on a besoin de lui, celui-là, dis-je avec un rire de mauvaise grâce
-Tu n'auras qu'à lui demander ce soir, dit Chris en riant aussi
-La question ne servira plus à rien, ce soir. Laisse, je me débrouillerai.
-Tu pourras lui demander quand même. Tu sais à quel point il aime te rendre service.
-Oui, je le sais.
Chris me sourit, et je lui rendis son sourire en essayant de me défaire de sa prise délicatement. Mais il m'en empêcha. Crotte.
-Je dois y aller, tentai-je
-Je sais, répliqua-t-il d'un ton qui disait le contraire. Je voulais juste te dire que je t'aime.
-Je le sais, dis-je simplement. Je t'aime aussi papa.
Je l'embrassai sur la joue, et il finit par me relâcher, me permettant d'aller préparer mon repas. Enfin, préparer est un grand mot. En réalité, il me suffisait d'aller piocher dans la réserve virtuellement inépuisable de sandwichs de Chris. Le véritable processus de préparation était l'organisation de mes repas dans mon sac, pour ne pas qu'ils s'emmêlent dans mes affaires. Quand je revins dans le salon, mon vieux paternel comatait déjà de nouveau dans le canapé, il ne tarderait sans doute pas à ronfler de nouveau, et, dans ma poche, mon téléphone vibra. Quel timing.
-Allô ? dis-je en décrochant, sachant très bien qui c'était
-Bonjour frangin ! me dit la supposée intruse. Tu es prêt ?
-Je viens de conclure. Et toi, où en es-tu ?
-Je suis devant chez toi ! Je t'attends ! me dit-elle avec une caricature de rire maléfique
-Suis-je censé avoir peur ?
-Peut-être. A bientôt.
Et elle raccrocha sans que j'aie le temps d'ajouter quoi que ce soit. Si je ne la connaissais pas, je pense que je pourrais être effrayé. Ou pas, en fait, en y réfléchissant bien. Je me dirigeai donc vers la porte d'entrée presque à reculons, parce que je savais que quelque chose m'attendait, et je poussai un petit soupir en ouvrant la porte. C'est là que je me suis fait attaquer par une pieuvre bondissante à la chevelure rousse désordonnée, qui me sauta au cou, en enroulant ses bras autour de ma nuque et ses jambes autour de ma taille en riant. Je ne pus m'empêcher de rire aussi, à cause de sa bonne humeur contagieuse, tout en étant incapable de bouger.
-Je te tiens ! déclara-t-elle d'un ton victorieux, comme si j'avais été capable de me défendre. Rends-toi, Pat Hibulaire, ou je te chatouille jusqu'à ce que mort s'ensuive !
-Bonjour Emily, dis-je naturellement, encore un peu amusé. Tu n'es plus un vampire ?
-Non. C'est trop ringard. Saut si tu préfères que je te morde ? ajouta-t-elle en souriant de toutes ses dents
-J'aimerais surtout que tu me lâches pour qu'on puisse y aller, admis-je. Descends de là.
-Oui chef !
Emily m'embrassa sur la joue en retombant sur ses pieds, et, une fois que je réussis à la recoiffer avec le peigne qui était toujours dans ma poche, nous pûmes partir pour notre rendez-vous.
Nous mîmes une petite demi-heure pour aller au BSAA, et devant la porte du QG nous attendait déjà une figure plus ou moins familière. C'était Emmett Spencer, un ancien soldat de Piers qui était pas mal monté en grade depuis quelques années. Enfin, il aurait dû monter en grade, mais il en est resté à celui de lieutenant-commandant, pour garder sa place de second auprès du capitaine Joel Miller, également un ancien soldat et ami de Piers, mais aussi et surtout le fiancé d'Emmett. Ce dernier tourna d'ailleurs la tête vers nous lorsque nous fûmes presque à sa hauteur.
-Salut les jeunes, nous lança-t-il de son ton souriant habituel. Comment vous allez ?
-Bonjour Emmett, répondit Emily en même temps que moi. Ça va et vous ?
-Ouais, bien. Je vais vous conduire à votre entretien.
Emily acquiesça, et s'appropria de nouveau mon bras pour qu'on puisse se lancer dans les couloirs du QG. Rien n'avait changé depuis les premières épreuves préliminaires, évidemment, mais j'aimais quand même regarder autour de moi comme un touriste. J'avais été élevé par deux militaires, alors les lieux officiels comme celui-ci m'inspiraient confiance et sécurité. Je me doutais bien du lieu où on allait, aussi. Le fait que la prise d'Emily sur mon bras m'indiquait que nous étions bientôt arrivés, et j'en eus la confirmation quand je vis son expression.
-Hé. Détends-toi, d'accord ? lui dis-je avec un sourire et un ton que je voulais rassurant
-Je n'y arrive pas, Patrick, admit-elle d'un ton abattu. Je ne sais pas comment tu fais.
-Je suis stressé aussi, lui dis-je. Mais j'essaie de relativiser. Respire consciencieusement, et essaie de t'imaginer dans une situation familière et relaxante.
-Comme quoi ?
-Ça, je ne peux pas le savoir à ta place.
Je lui pris la main, et lui fis un bisou sur le front. Je me disais que c'était une bien pauvre tentative, mais cela sembla marcher, car elle me fit un beau sourire de remerciement. Je ne pus m'empêcher de penser que ce joli sourire, qu'elle tenait de Sherry, était sans doute une des qualités qui avait séduit Jake il y a vingt ans.
Quelques minutes plus tard, nous fûmes devant la salle d'attente pour le recrutement. Nous n'étions pas les premiers arrivés, en plus. Il y avait déjà un garçon et une fille. Le garçon avait des cheveux noirs de jais, un œil bleu et un œil vert, et était habillé tout de jean noir, alors que la fille avait les cheveux auburn, les yeux bleu-vert et était habillée d'un pull à capuche rose à rayures blanches et d'un jean. Ce fut cette dernière qui nous vit arriver en premier, d'ailleurs, et son camarade nous regarda aussi lorsqu'Emily et moi nous assîmes, côte à côte, en face d'eux.
-Salut, leur lança Emily
-Salut, répondit la fille. Je m'appelle Ellie et lui c'est Noah.
-Emily, répondit ma cousine. Et voici Patrick, ajouta-t-elle en me montrant
Je fis un vague coucou, que les deux autres me rendirent.
-Nous ne sommes que quatre ? demanda Emily
-Nous serons cinq, mais la cinquième recrue a prévenu qu'elle arriverait peut-être en retard, répondit Ellie
-Ah d'accord.
Ensuite s'enchaînèrent les échanges d'informations diverses et variés, car il était évident qu'Emily voudrait connaître ceux avec qui nous voudrions faire équipe. Moi aussi, mais je n'étais pas aussi extraverti et avenant qu'elle, alors je la laissai parler. D'ailleurs, c'était pareil en face. C'était Ellie qui alimentait le plus gros de la discussion, mais Noah était déjà plus bavard que moi. Il a eu le temps de répondre lorsqu'Emily lui a demandé des détails sur sa vie. Alors que moi, j'ai eu droit au super-résumé de ma sœur de cœur, qui connaissait ma vie aussi bien que moi.
Ellie était orpheline, comme moi, et elle avait été adoptée par le capitaine Miller il y a six ans. Il aurait été la chercher dans une sorte d'école militaire précoce, et je voyais, aux expressions d'Ellie, que c'était aussi craignos que je le croyais. Noah, lui, avait grandi avec sa mère jusqu'à ses seize ans, et elle est portée disparue depuis deux ans. Il entre au BSAA parce qu'il a eu quelques indices comme quoi sa disparition aurait un lien avec Umbrella. J'avais envie de lui dire que ça faisait bien plus longtemps que ça qu'Umbrella n'existait plus, mais je n'avais pas envie de détruire ses espoirs. Parce que, au fond, même si je n'en disais rien, et que j'aimais ma famille d'adoption de tout mon cœur, moi aussi j'aimerais bien savoir ce qui était arrivé à mes vrais parents. Donc je comprenais les sentiments de Noah, d'une certaine manière.
Ce fut derrière ces belles paroles que la dernière arriva, essoufflée comme si elle avait couru un marathon. Quoique, étant donné qu'elle était en retard, c'était sans doute le cas. Elle avait des cheveux rouges pétant et des yeux verts. Inhabituel. Elle portait un pull noir à manches longues, qui descendait jusqu'à mi-cuisse, ainsi que des cuissardes, qui allaient rattraper son pull. Elle avait aussi des mitaines, et je croyais voir, d'où j'étais, des circuits imprimés dessus. Mais c'était sans doute des dessins.
-Bonjour tout le monde, déclara-t-elle en posant son sac lourdement sur le sol. Désolée du retard.
-Tu n'es pas en retard, dit Ellie en haussant les épaules. Les entretiens n'ont pas commencé.
-Tant mieux. Selon mes infos, c'est par ordre alphabétique, et je suis la première. Je m'appelle Lauren Crimson, donc. Ravie de vous rencontrer.
-Salut, dirent Ellie et Emily en même temps
Quant à Noah et moi, nous nous contentâmes de lui faire un signe. Il était aussi silencieux que moi, celui-là, apparemment. Lauren prit place près de moi, en traînant son sac, et, encore le timing oblige, Emmett surgit du bureau dès qu'elle fut assise.
-Alors, les jeunes, dit-il de son ton fanfaron habituel. Qui va au casse-pipe en premier ?
-C'est moi, dit Lauren en se relevant. J'arrive.
Emmett lui tint la porte, et ils entrèrent tous les deux. Après qu'Emily ait ricané un truc du genre 'elle est partie comme elle est venue', et après une espèce d'hystérie générale, le silence se réinstalla. Personne ne savait comment cet entretien se passerait, et je pensais sincèrement que ça tourmentait tout le monde. Ellie passerait en dernière, moi juste avant elle, alors on avait le temps. Mais c'était surtout Emily qui s'était remise à flipper. Noah, lui, n'était pas impressionné.
A peine cinq minutes plus tard, la porte se rouvrit, et Lauren sortit de la pièce pour venir se rasseoir, alors que Noah se levait, après avoir tapé dans la main d'Ellie, pour aller à son tour à l'entretien. Mais les deux filles ne s'empêchèrent évidemment pas de poser des questions à celle qui venait d'être interrogée.
-Alors ? demanda Ellie. Ça s'est passé comment ?
-Bien, répondit Lauren. Le capitaine a l'air sympa.
-Il t'a demandé quoi ?
-Mon parcours professionnel, et pourquoi je voulais faire ce métier.
-Et que lui as-tu répondu ? demanda Emily d'un ton curieux
-Je suis dans les Services Secrets, comme c'est une sorte de tradition pour les femmes de ma famille. Ma mère, qui est aussi ma supérieure hiérarchique, m'a envoyée pour répondre à l'appel des troupes lancé par le capitaine Redfield. Alors moi voilà. Je vous avoue que j'espère bien pouvoir me défouler, j'ai peur de rouiller, ajouta-t-elle après une pause méditative
-Wah, laissa échapper Emily
-Genre tu tabassais les gens et ça te manque ? demanda Ellie
-En gros, oui, dit Lauren avec un rire enfantin
Noah sortit de la salle où nous attendait le capitaine Miller, et Emily me décoiffa avant de partir pour prendre la place de Noah. Celui-ci se rassit à sa place, et, alors que je me peignais, Ellie m'invita à aller le voir, lui aussi, pour savoir comment s'était passé son entretien. Je n'écoutais pas tellement, regardant malgré moi la salle, me demandant comment Emily s'en sortait. J'entendis quelqu'un dire mon prénom, alors je me tournais par réflexe vers l'endroit d'où venait l'appel. C'était Ellie qui m'avait interpellé. Derrière elle, Noah et Lauren se présentaient l'un l'autre.
-Oui ? dis-je
-A quoi tu penses ? me demanda-t-elle
-Je serai le prochain. Je me demande comment ça va se passer. Et aussi comment Emily s'en sort.
-Vous êtes proches, hein ? dit-elle, d'un ton qui disait que ce n'était pas une question
-Oui. Nous avons quasiment grandi ensemble, je la considère comme ma sœur.
-Je vois.
En parlant de ma sœur, Emily sortit de la salle, et, alors que je me levais pour y entrer à mon tour, elle m'arrêta pour me faire un câlin. Je fus un peu surpris, mais je crus entendre Ellie ricaner.
-Ça ne s'est pas bien passé ? demandai-je d'un ton curieux
-Si. Je te souhaite juste bonne chance.
-Ne sois pas ridicule. Mon parrain ne va pas me manger. Mais je te remercie quand même.
Emily me fit un beau sourire, et elle m'embrassa sur la joue avant de me relâcher. J'eus une sorte de rire nerveux avant de me diriger vers la porte du bureau du capitaine, tenue par le lieutenant Spencer, qui me faisait un petit sourire d'encouragement. Je poussai un soupir et finis par me jeter à l'eau. La porte qui se ferma derrière moi me fit presque sursauter.
-Bonjour Patrick, dit Joel. Assieds-toi je t'en prie.
-Bonjour Joel. Bien sûr que je vais m'asseoir.
Je fis donc, et, une fois que le capitaine Miller finit de ranger ses papiers devant lui, il posa ses coudes sur la table pour me fixer avec insistance.
-Alors, Patrick Redfield, dites-moi, commença-t-il. Qu'est-ce que vous faites ici ?
Oh, c'est là que je dois parler. J'essayai de me détendre, et ça marcha bizarrement vite et bien. Mon parrain ne va pas me manger, avais-je dit. Mais rien ne l'empêchait de me recaler. Alors je me concentrai bien avant de répondre.
