Bon Bon Bon, on m'a fait remarquer dans une review que j'avais effectivement fait une petite gaffe qui pourrait m'attirer le courroux certain de futurs lecteurs, et avec le recul je vois que effectivement poster une fic sans un premier chapitre, c'est pas correct! Merci à toi Cathy pour ceci. Vu que je poste ce chapitre maintenant, je ne sais pas si j'en posterai un samedi (j'essaierai), mais dans tous les cas vous en aurez un samedi prochain!
Au plaisir d'avoir de vos nouvelles, soyez indulgents pour ce chapitre-ci : Je me remets à l'écriture, il sera donc court, confus (les évènements se mettent en place lentement) et tout le tralala. Les critiques constructives sont bien sur acceptées.
Chapitre Un: Mais il possède un pouvoir que le seigneur des ténèbres ignore...
Il faisait sombre dans le petit coin de pays qu'occupait privet drive en ce 31 juillet. En effet, si l'été précédent avait vu sévir une des pires canicules de la décennie, celui-ci voyait tomber des trombes d'eau en continu depuis plus de deux semaines. Plus personne ne s'aventurait à l'extérieur durant les minuscules accalmies. Personne, sauf un jeune homme aux yeux verts émeraude et aux cheveux noirs en bataille.
Le fait que lesdits cheveux restent en bataille alors qu'ils étaient trempés de la pluie lourde et oppressante relevait du miracle, ou de la malédiction, selon leur propriétaire, car ils refusaient alors de cacher la cicatrice en forme d'éclair qui ornait son front. Le sujet des pensées du jeune Potter était cependant assez éloigné de ceux futiles comme les mèches rebelles, ou même plus sérieux comme sa cicatrice : Ils étaient tournés vers son parrain décédé quelques semaines auparavant.
Sirius lui manquait affreusement, beaucoup plus qu'il n'aurait pu jamais le dire ou le décrire. Suite aux révélations dans le bureau de Dumbledore, à propos de la prophétie et de Voldemort, Harry n'avait pas beaucoup dormi, ou mangé, ou bougé… il n'avait rien fait depuis des semaines à vrai dire. Le désarroi l'avait écrasé de sa grande main et ne l'avait pas lâché depuis qu'il était rentré chez sa famille, si on pouvait appeler les Dursley ainsi.
Les Dursley aussi ne l'avaient pas lâché… Bien que moins virulents dans leurs actes – Maugrey leur avait fichu une belle trouille à la station- leurs paroles étaient toujours aussi blessantes, et ils se réjouissaient de voir le jeune homme aussi las et déprimé, surtout Dudley qui ne cessait de lui envoyer des piques. Harry n'y avait pas répondu de prime abord, mais la situation dans la maison devenait de plus en plus tendue et désagréable.
C'est pourquoi Harry, jeune homme qui vivait aujourd'hui son seizième anniversaire de naissance, avait tenté d'échapper à l'ambiance menaçante lors d'une accalmie de la température et était allé marcher dehors, n' importe où, pourvu que ce soit loin d'eux. La pluie l'avait surpris une fois de plus et il avait du se réfugier dans un module pour enfants dans le parc. Plus exigu encore que son vieux placard sous l'escalier, et avec un trou d'où coulait l'eau au plafond, l'abri de fortune faisait pâle figure. Harry devait se contorsionner pour entrer sous l'abri tout en évitant le filet d'eau qui s'accumulait en une petite flaque à coté de lui.
Oui, c'était une bien triste journée pour fêter ses 16 ans : Il était abattu, déprimé, il avait peur, froid, était mouillé, et était en colère. En colère contre lui-même, pour sa bêtise qui avait couté la vie à son parrain, en colère contre son directeur qui continuait à lui cacher des informations qui empêcheraient ce genre d'erreurs, contre son oncle, sa tante et son cousin pour ne pas lui donner un instant de répit…
Ce qui lui manquait le plus, en dehors de Sirius bien sur, c'était ses amis : Ron Weasley et Hermione Granger. Et de faire de la magie. La bataille au ministère n'avait pas apporté que du mauvais, et souvent, quand il se réveillait de ses rêves de combats, de sortilèges et de cris, il se trouvait parfaitement alerte et bouillait de passer à l'action.
C'est pendant une de ces longues nuits blanches qu'Harry avait enfin pris une décision : Il débarrasserait Voldemort du monde. Pas pour ce monde qui le parjurait et l'adorait tour à tour dans les journaux, pas pour Dumbledore et son bien commun, pas même pour ses amis qui méritaient un monde sans noirceur, ou pour Sirius, qui n'aurais pas du finir comme ça, ou passer 13 ans de sa vie a azkaban. Il détruirait Voldemort, et pour personne d'autre que pour lui-même.
Oui, il avait assez longtemps joué le rôle de la victime, et avait assez longtemps souffert. Il n'avait pas la moindre petite idée sur comment entreprendre cette quête d'incroyable ampleur, ou même si il y arriverait, mais se dire qu'il ferait quelque chose faisait pour l'instant fuir les incertitudes qui lui pesaient. Malheureusement, un problème se posait : Pas d'action sans information! Il avait déjà fait l'expérience et elle avait mal tourné, à lui de ne pas répéter ses erreurs.
Et avec le directeur qui le gardait encore et toujours dans l'ombre, pas de doute possible, il ne pourrait jamais rien faire… Il sentit la colère, sa compagne des dernières semaines, monter en lui. D'abord diffuse, elle se précisa dans le désir de vouloir savoir ce qui arrivait à ceux qui lui étaient chers. Une sensation étrange irradia de ce qui lui semblait sa poche droite, ou il gardait sa baguette. Or, pas question d'utiliser celle-ci, il serait découvert immédiatement.
Pris d'une inspiration soudaine, il se concentra sur cette sensation étrange- celle qu'il avait eue en tenant sa baguette pour la première fois- et concentra sa colère et son désir de savoir dans ces mots, tout en fixant la flaque à coté de lui :
« Montre- moi Ronald Weasley »
L'eau sembla se troubler, et devant son regard ébahi apparut l'image de Ron dans un grand jardin. Il semblait être en train de jeter des gnomes de jardin par-dessus la clôture du terrier, mais l'image ne resta qu'une seconde ou deux, et redevint flaque limpide quand il perdit sa concentration, trop surpris pour la conserver.
Alors ça! Que venait-il de se passer? Un hibou du ministère pour usage abusif de la magie lui parviendrait-il dans les plus brefs délais? Harry s'obligea à calmer sa respiration et les battements affolés de son cœur, et à attendre. Dumbledore ne laisserait rien lui arriver de toute manière. Il ne pouvait se le permettre…
Les minutes passèrent, et la pluie aussi, montrant le ciel gris pâle, mais toujours gris. Aucun hibou ne vint. Harry retenta l'expérience. Au début infructueux, il essaya de recoller les parties du puzzle ensemble. Colère, désir d'information, et la magie, qu'il ne ressentait plus que faiblement.
La colère, s'était encore facile, elle ne l'avait pas vraiment quitté dans les semaines qui avaient précédé, compagne silencieuse mais fidèle au poste. Il l'avait entretenue tout en s'en voulant de le faire, et avait voulu s'en débarrasser, mais c'était là encore une chose au dessus de ses forces en ce moment.
Le désir d'obtenir des informations aussi était fort, depuis le temps-les années!- qu'on le privait des informations qui, il estimait, lui revenaient! Il ferma les yeux, imagina encore cette sensation de chaleur réconfortante qu'il ne pouvait qualifier que de magie. Elle vint à lui, tranquillement d'abord, et ensuite de plus en plus forte, de plus en plus tangible.
Il regroupa les composantes et refit sa demande, face à l'eau stagnante :
« Montre-moi Ronald Weasley »
L'eau se troubla à nouveau et Ron apparut. Il était manifestement rentré du jardin et aidait à dresser la table. L'ambiance familiale était au rendez-vous chez les Weasley, encore une chose que lui n'avait plus, et n'aurait probablement jamais…
Une idée folle germa dans l'esprit de l'adolescent tourmenté, et il formula une autre demande, encore plus empreinte de désir de savoir. Il devait être certain, il devait savoir si…
« Montre-moi Sirius Black »
L'eau resta claire.
Probablement n'était-il pas assez concentré. La colère avait effectivement baissé en intensité, remplacée par l'espoir fou de revoir son parrain. Il la raviva, la sentant plus efficace, et rassembla plus de magie, ou ce qui lui sembla comme étant plus de puissance. Il reformula son souhait :
« Montre-moi Sirius Orion Black »
Toujours rien.
La colère contre le monde entier, contre lui-même, contre toute cette magie mystérieuse et inutile l'envahit comme un torrent. La magie se fit brûlante en lui plutôt que réconfortante, et le désir de savoir toujours plus fort.
« MONTRE-MOI SIRIUS BLACK » tonna-t-il. Et si quelqu'un eut été autour pour l'entendre, on l'eut surement pris pour encore plus fous qu'on ne le croyait dans le quartier.
Toujours rien. Rien que l'eau claire troublée par les larmes qui tombent comme la pluie dans la marre…
Harry marchait dans les rues qui commençaient à se faire sombres. Il allait sans doute rentrer trop tard au goût de son oncle et de sa tante, et allait se faire passer un savon. Il allait encore être privé de souper et allait s'enfermer dans sa chambre jusqu'au lendemain matin. Il n'avait pas faim, de toute manière…
Il frappa à la porte, et son cousin lui répondit, un air bien trop heureux sur le visage pour que cela présage quoi que ce soit de bon… Harry le dépassa et se dirigea vers les escaliers, qu'il commença à monter. Son intuition avait été bonne cependant :
« Hé, Potter! » fit Dudley.
Répondre signifierait se faire humilier encore un peu par son cousin sous le regard approbatif de ses parents, alors que ne pas répondre lui apporterait une correction sur la façon de se tenir en société, et blesserait son honneur de gryffondor. Il perdait dans les deux cas, autant essayer de préserver l'illusion qu'il avait le contrôle sur les relations qu'il entretenait.
« Oui? » répondit-il finalement.
« T'essaiera de dormir en faisant un peu moins de bruit cette nuit, y'en a qui veulent pas vraiment savoir lequel de tes petits amis te larguent. Tu sais, l'an passé Cédric, cette année un certain Sirius… »
La provocation était totalement délibérée, et avait pour but de lui faire mal. Il ne savait pas vraiment si Dudley avait fait le lien entre Sirius et le dangereux parrain criminel qui viendrait faire du mal à sa famille s'ils en faisaient à Harry, mais il dut s'avouer que le coup bas avait fonctionné. Mais il s'était promis quelque chose : Il ne se laisserait plus faire, ne se laisserait plus piler sur les pieds par personne, et surtout pas le garçon aussi gras qu'un porc qui lui servait de cousin!
Sa colère explosa. Il pouvait supporter plusieurs choses et paroles offensantes, mais parler de Sirius était encore un interdit autour de lui, surtout en des termes qui visaient spécifiquement à le blesser. La blessure était encore trop ressente pour y toucher avec aussi peu de tact.
« Tu ne sais absolument pas de quoi du parles, Dudley » Cria-t-il. « Tu ne peux même pas comprendre. Cédric est MORT, et Sirius aussi! Je ne laisserai pas un incapable dont le seul but dans la vie est de ressembler à un bébé baleine souiller leur mémoire! Tu te souviens des détraqueurs l'an passé? C'est MOI qui t'ai sorti de leurs griffes, alors que c'est MOI qui a les pires souvenirs ici, en partie à cause de toi… » Finit-il sur un ton plus bas et menaçant que le cri qui avait initialement franchi ses lèvres.
Il avait dévalé les marches à la course sans s'en rendre compte et se tenait à deux pas de son cousin qui rougissait de colère. Probablement allait-il se prendre un coup douloureux en réponse à ses insultes et à la réminiscence de l'épisode de l'été passé, mais il s'en fichait. Sa colère l'immunisait à la peur, et le faisait se sentir puissant.
Tiens, pourquoi Dudley avait-il blanchi comme ça, tout à coup? Il suivit le regard de ce dernier vers ses propres poings fermés de rage et vit une chose qui le stupéfia.
Ses mains étaient entourées d'une fumée qui passait par toutes les teintes de vert : Vert Serpentard, sombre et fier, vers émeraude aussi riche que les yeux de sa mère, vert toxique, comme on en voyait souvent dans les bandes dessinées moldues… Le temps de faire son constat, la fumée qui montait en spirale le long de ses avant-bras avait disparu, et son cousin s'était sauvé du vestibule en courant le plus vite que sa masse pouvait le porter.
Profondément troublé par les événements des dernières heures, Harry monta dans sa chambre et s'y enferma. Que se passait-il avec sa magie? Harry savait qu'en temps normal, la magie sans baguette n'était pas une mince affaire, et qu'il aurait du être rassuré par le fait de montrer des aptitudes dans le domaine, mais cette couleur verte qui l'avait entouré quelques minutes auparavant n'avait rien pour le rassurer…
Curieux comme il était, il dut bien évidemment faire fi de la prudence et s'assit en tailleur sur son lit, le dos accoté contre le mur. Pourquoi en tailleur? Il n'en savait rien lui-même, mais se sentait plutôt inspiré à ce moment là. Cette fois-ci, dans le vestibule, la magie n'était pas venue de sa baguette, il n'avait pas ressenti cette onde chaude et bienfaisante, probablement car il était en colère. Néanmoins, il était presque assuré que la magie n'était pas venue du bout de bois qui était à présent déposé sur sa table de chevet.
Il tenta de rappeler la magie à lui. Tenter étant le verbe juste, parce que rien ne lui vint, pas la moindre parcelle de pouvoir, de cette chaleur réconfortante. Il tenta de rejouer le coup des émotions, de se mettre en colère, mais se rendit bien vite compte qu'il était trop fatigué, trop drainé émotionnellement pour se mettre en colère. Et surtout, il ne voulait pas penser à ce qui aurait pu le mettre en colère. Il soupira et se mit au lit, s'endormant d'un sommeil moins tourmenté que d'ordinaire, après cette journée ô combien fatiguante…
