Chapitre II
Il s'apprêtait à poser la question à Dumbledore, mais ce qu'il vit le laissa sans voix...
Autour de lui, pas d'objets magiques, pas de phénix ni même de pensine, de bibliothèque ou encore de portraits d'anciens directeurs de Poudlard. Non, au premier coup d'oeil, Harry vit qu'il se trouvait sur un siège de banquette. Intrigué, il observa son entourage pour essayer d'en savoir plus sur ce mystérieux endroit.
Ce qu'il vit en premier lui fit faire un sursaut assez considérable. En effet, à sa gauche se trouvait Albus Dumbledore. Mais pas le Dumbledore de son époque. Non, ce Dumbledore là devait bien avoir 50 ans de moins - C'est cela, pensa rapidement Harry, car le professeur avait la même coloration pilaire chatain-roux qu'il avait vu dans le journal intime de Riddle, et assurément, son visage ne semblait pas aussi fatigué que celui de l'actuel directeur de Poudlard.
Harry se retourna encore, et d'après ce qu'il vit, ils étaient dans une des diligences qui amenaient les élèves à Poudlard lors de la rentrée scolaire. Harry avait reconnu des Sombrals qui les tiraient, et derrière eux, d'autres diligences. Mais ce qui l'effraya le plus, était qu'il n'y avait aucune trace du vieux Dumbledore. Résigné à trouver une explication logique à toute cette histoire, Harry se pencha encore plus par dessus les barrières de sécurité de la diligence, dans l'espoir de trouver Dumbledore.
- Attention Harry, tu risques de tomber, lança une voix amusée que Harry reconnut tout de suite.
Harry se retourna si brusquemment que la diligence oscilla dangereusement. Mais peu lui importait : Dumbledore était là, et il allait pouvoir lui expliquer ce qui se passait...
Pourtant, il n'y avait aucune trace du vieux sorcier dans la diligence - ni autre part d'ailleurs pensa Harry. Seulement le jeune Dumbledore qui semblait le regarder - ou plus exactement regarder ce qui se trouvait derrière lui.
- Quelque chose ne va pas Harry? demanda le jeune Dumbledore.
Harry dévisagea le Dumbledore qui se trouvait à côté de lui. Il venait clairement d'entendre ce dernier prononcer son nom... Et à moins qu'il ne se trompe lourdement, il était seul avec le jeune Dumbledore dans la diligence.
- Qu'est ce qui t'arrives Harry? répéta Dumbledore.
Mais le jeune garçon était trop préoccupé pour répondre à cette question... Que se passait il donc? Pourquoi Dumbledore n'était il pas là? Et pourquoi le jeune Dumbledore arrivait à déceler sa présence?
Harry n'en pouvait plus. Il devait faire un mauvais rêve, ou quelque chose de ce genre. C'était d'ailleurs peut être même un piège de Voldemort... Oui, il devait être prudent, et ne pas faire d'imbécilités...
- R...Rien, répondit fébrilement Harry. Tout va bien, poursuivit-il d'une voix mal assurée et tremblante.
- Je comprends... murmura Dumbledore. Il ne faut pas t'en faire Harry, tout ira très bien maintenant. Cette histoire est finie...
Harry tourna la tête, presque inconsciamment. Il commençait à être pris de nausées... Ce ne pouvait pas être le jeune Dumbledore qui se situait à côté de lui... Non, il avait du être victime d'un maléfice d'Illusion... D'ailleurs, Malefoy n'était pas loin du bureau lorsqu'ils avaient pénétré dans ce souvenir... Oui, ça devait encore être un sale coup de Malefoy, il n'y avait pas d'autre explication.
Puis, il put sentir la diligence ralentir, ce qui ne pouvait signifier qu'une chose : ils approchaient de Poudlard.
- Allons y Harry, lança Dumbledore en descendant lui même de la diligence, une fois que celle ci se fut immobilisée devant les portes du château.
Mais le jeune garçon ne bougea pas. Malgré l'accroissemment continuel de son mal de tête, il avait décidé de ne pas jouer le jeu de Malefoy... Non, il allait attendre ici, que le maléfice prenne fin, et que le vrai Dumbledore ne vienne le tirer de ce mauvais pas.
- Harry? interrogea Dumbledore tandis que les élèves passaient en masse derrière le professeur, tentant des regards à l'intérieur de la diligence pour voir ce qui retenait ce dernier.
Pour toute réponse, Harry continua de fixer le point dans le vide au dessus du château qu'il fixait depuis que la diligence s'était arrêtée, essayant tant bien que mal de ne pas prêter attention aux chuchotements qui s'élevaient et aux appels de Dumbledore.
- Harry... commença Dumbledore en posant sa main sur l'épaule du jeune homme, alors que les derniers élèves pénétraient dans le château.
Lorsque la main du professeur se posa sur son épaule, Harry contracta presque inconsciamment un mouvement de répulsion. Une fois dégagé, il se blottit dans le côté opposé de la diligence, alors que ses nausées se faisaient de plus en plus fortes.
- Ecoutes, dit Dumbledore. Je sais que tu as traversé une épreuve particulièrement éprouvante. Il est normal que tu m'en veuilles Harry, je le comprends parfaitement, et...
Mais Harry ne l'écoutait pas. Il pensait à ce qui venait de se produire quelques secondes auparavant... Il avait senti la chaleur de la main de Dumbledore sur son épaule... Ce qui ne pouvait signifier qu'une chose : que cette main, et donc son propriétaire, était bien réelle. Car, et ça Harry en était absolument certain, même le plus puissant des sortilèges d'Illusion n'avait pas ces effets là... Un sortilège d'Illusion ne donnait pas de chaleur aux corps, ce n'étaient que des images que l'on pouvait traverser. Or, ce n'était vraissemblablement pas le cas ici...
- ... Fais moi confiance, conclut Dumbledore, en ouvrant la porte de la diligence, et en affichant un grand sourire accueilllant.
Harry réfléchissait... Il ne savait pas ou il était, ce qui se passait, et pourquoi tout ceci arrivait... En ce moment, il avait plus que jamais besoin de Dumbledore - du vrai Dumbledore. Mais celui ci n'était pas là...
Puis, son regard se tourna vers le jeune Dumbledore, toujours debout devant la porte de la diligence avec son éternel sourire. Ses dernières paroles, que Harry n'avait fait qu'entendre résonnèrent dans sa tête, pour que son cerveau les comprenne... "Fais moi confiance...". Après tout, il avait besoin de Dumbledore plus que jamais, et Dumbledore restait Dumbledore, quelque soit son âge. Et puis, il était sûr que même le Dumbledore devant lui saurait lui expliquer ce qui se passe...
Alors, le jeune Potter se dirigea lentement vers la porte de la diligence, n'ayant d'autres solutions envisageables que d'écouter ce Dumbledore d'il y a 50 ans.
- Content de voir que tu te sois enfin décidé, dit Dumbledore d'un ton jovial à Harry. Allons y maintenant, nous ne devons pas être en avance.
Harry, toujours incapable de prononcer un mot, suivit Dumbledore, qui franchit les portes du château. Bientôt, sans que Harry ne s'en aperçoive, ils se trouvaient devant de grandes portes qu'il reconnaissait bien... Les portes de la Grande Salle...
- Nous y voici Harry, dit Dumbledore, d'un ton un peu malicieux. A l'extrémité de cette salle se trouve un vieux chapeau, posé sans doute sur un tabouret à l'heure qu'il est. Saisis le, et mets le sur ta tête. Le reste suivra naturellement.
Les derniers mots de Dumbledore se répercutèrent en echo dans sa tête... Il n'allait pas être...réparti quand même? Cela n'avait aucun sens...
- Vite Harry, la Répartition est bientôt terminée, continua Dumbledore en écartant les portes de quelques centimètres afin d'y jeter un coup d'oeil.
- Professeur je...
- Pas maintenant Harry.
D'après le ton résigné de Dumbledore, il n'y avait pas matière à discuter. Le fait est qu'en réalité, en plus de ne pas vouloir se faire répartir une deuxième fois, ressentit cette fois une violente envie de vomir.
Mais Dumbledore ne semblait pas l'avoir aperçu, car il était maintenant entré dans la Grande Salle, suivi du mieux qu'il le pouvait par Harry. Autour de lui, les élèves se levèrent, pour mieux l'observer, lui, qui semblait avoir retenu Dumbledore tout à l'heure prêt des diligences.
Plus ils avançaient, et plus Harry sentait, non seulement ses maux de tête augmenter, mais aussi depuis quelques temps, son mal de ventre.
Lorsque enfin ils furent parvenus à hauteur du petit tabouret, Harry, dont les jambes refusaient de se dérouber sous la douleur qu'il éprouvait, s'assis sans demander sur le tabouret, et ferma les yeux. Dans cette obscurité totalle, il pouvait mieux combattre la douleur. Mais aussi, il entendait d'avantage les chuchotements, qui venaient de s'amplifier, des élèves, intrigués par cette entrée soudaine.
- Voici Harry Potter, lança Dumbledore, alors que Harry gardait toujours les yeux fermés. Il nous vient de Durmstrang, et j'attends de la part de chacun de vous qu'il l'accueille de la meilleure des façons possibles.
Le professeur, sembla marquer une pause, puis, d'une voix moins forte, Harry put l'entendre prononcer :
- Maintenant... Bonne chance Harry.
Le jeune homme sentit un grand chapeau se poser sur sa tête, puis descendre jusqu'à ses yeux, ce qui devait signifier que Dumbledore s'était aperçu de son état de santé, et qu'il avait lui même mit le chapeau sur la tête de Harry. La seule différence avec la Répartition de sa première année que nota inconsciamment le jeune homme, c'est que cette fois ci, Harry avait déja les yeux fermés lorsque le chapeau lui tomba sur les yeux, et qu'il contractait ce qui lui sembla être un des plus grand maux de tête qu'il n'aie jamais eu, et un mal de ventre considérable.
Hum... fit la voix du chapeau. Je vois beaucoup de connaissances... De la hardiesse...
La voix du chapeau renforçait le mal de tête de Harry, et Harry dut se concentrer d'avantage pour essayer de maitriser sa douleur.
De la ruse... poursuivit le chapeau. Un énorme potentiel... Oui, sans aucun doutes, tu es fait pour aller à ...
- Serpentard, cria le chapeau à travers la fente qui l'ornait.
Harry sentit qu'on lui retirait le chapeau, puis se forca malgré lui à ouvrir les paupières. Dès que le chapeau avait achevé de prononcé le nom de la maison, de nombreux applaudissements s'étaient élevés de la table des Serpentards.
- Vas y, lui murmura Dumbledore avec un sourire.
Rassemblant ses dernières forces, et essayant tant bien que mal de ne pas afficher sa douleur, Harry se leva du tabouret. Il risqua un regard vers la table des Serpentard, peinant à enregistrer cette affirmation : il était à Serpentard...
Puis, conscient qu'il devait paraitre bien stupide à ne pas bouger ainsi, il se résolut à marcher jusqu'à la table d'ou s'élevaient les ovations. Tout ceci ne devait être qu'un cauchemar... Ce ne pouvait pas être vrai... Il ne pouvait pas être à Serpentard...
Mais à peine avait il fait un pas que son regard croisa celui d'un autre garçon, assis à cette même table... Harry eut à peine le temps de reconnaitre le visage de Tom Riddle qu'il s'évanouit.
