Confessions. Par Draco Malfoy.

Disclaimer : L'univers d'Harry Potter appartient à J.K. Rowling.

Genre : Slash.

Couple : Harry-Draco

Merci : Merci à Dalou et Leelo, mes fidèles béta lectrices.

Chapitre 1.

Tout a commencé par une sortie à Pré-au-lard tout ce qu'il y a de plus habituel.

Sauf pour moi.

À quelques pas de moi se dressait un homme masqué. Dans le renfoncement d'une maison, un deuxième Mangemort se tenait dans l'ombre, surveillant les environs.

Le premier s'est approché, un sourire pervers aux lèvres. J'avoue que je n'étais pas fier. De toute manière, je n'ai jamais été très courageux ; ce n'est pas ce jour là que j'allais commencer alors que j'étais seul face à deux hommes légèrement antipathiques.

Je n'ai pas reconnu la voix du premier homme. Elle était légèrement aiguë, crispante, avec un léger nasonnement très désagréable.

« Draco. Tu ne nous aurais pas oubliés ? Il me semble que tu devais faire ton rapport il y a deux mois déjà. J'ai dû me tromper en entendant Hermione Granger à Honeydukes... »

Bon, si j'avais espéré dans un moment de folie qu'ils venaient juste pour une visite de courtoisie, là, je ne pouvais plus trop y croire. L'homme me fixait de ses yeux vert pâle, une lueur d'amusement brillant dans ses iris translucides.

Cet enfoiré prenait plaisir à voir ma peur.

J'ai jeté un coup d'oeil dans la rue déserte, cherchant une hypothétique sortie de secours. Ça l'a fait rire, d'un rire maladif qu'aurait pu lui envier Notre Maître.

« Mon petit Draco, tu ne crois tout de même pas qu'on n'a pas pris toutes les précautions possibles pour pouvoir discuter tranquillement avec toi ? »

Bon résumons la situation : j'étais seul dans une rue déserte, sûrement protégée par la magie, en présence de deux Mangemorts envoyés par Le Maître pour me donner un avertissement.

Vous êtes d'accord qu'il y a des situations plus agréables.

« Je pense que ça ne sert à rien que je t'explique pourquoi nous sommes là ! On va donc pouvoir tout de suite passer aux choses sérieuses. Pourquoi n'as-tu pas encore fini ta mission ?

- Euh, je n'en ai pas encore trouvé l'occasion ? »

Un grand éclat de rire m'a répondu. Même l'autre gars dans l'ombre avait le sourire aux lèvres. Il faut dire que je n'ai pas été très inspiré sur ce coup. C'était une mission très simple et j'avais tout le matériel nécessaire fourni.

Isoler la cible était enfantin : la Sang-de-Bourbe passait son temps à la bibliothèque.

Ensuite s'approcher d'elle doucement, c'était encore à portée de ma glorieuse personne.

Un petit Confuta pour éviter qu'elle ne crie, une petite potion à lui faire avaler, le tout en évitant de me faire prendre par Mme Pince. Puis un petit sortilège pour activer l'effet de la potion devant Potter.

Même une première année pourrait le faire.

Le rire du Mangemort s'est arrêté. Il m'a fixé froidement, avec haine.

« Tu fais honte à ton père et aux Mangemorts. Tu as de la chance. Le Maître t'accorde une dernière chance. Tu as une semaine, pas un jour de plus. En attendant, je vais t'offrir un petit souvenir pour te faire passer l'envie de Lui désobéir. »

En le voyant sortir sa baguette, j'ai aussitôt su. Il ne faut pas être devin pour savoir le sort réservé aux bons à rien. Et c'était ce que j'étais : un Mangemort raté, incapable de tuer.

Vraiment risible.

J'étais une pitoyable petite gonzesse qui tremblait à l'idée de faire couler du sang. J'étais indigne de ma condition, de mon rang, de mon nom.

Mais même si je savais la sentence méritée, je la voyais arriver avec terreur. Qui n'a jamais eu peur de la souffrance ?

Il a commencé par un léger sortilège Doloris qu'il a augmenté petit à petit.

Celui qui n'a jamais subi de Doloris ne peut même pas imaginer le supplice que l'on ressent. Des brûlures, des torsions, des déchirures. Toutes les sortes de douleurs s'entremêlent et se concurrencent. On a envie de mourir sans trouver la force de le faire. On est prisonnier de cette souffrance.

Une fois qu'on a « goûté » au Doloris, on n'oublie jamais et on ferait n'importe quoi pour ne plus avoir à le subir à nouveau.

Lorsqu'il a arrêté son sort, je suis tombé au sol comme une loque, tremblant. Il m'a demandé d'une voix doucereuse si maintenant, j'allais pouvoir assumer ma mission. Je ne pouvais pas répondre, j'arrivais déjà à peine à respirer.

Alors, il a envahi mon esprit pour trouver cette réponse. Je suis assez doué en Occlumancie, mais après une petite séance de Doloris, j'avoue que je l'ai laissé entrer comme dans un pigeonnier. Je ne sais même pas ce qu'il a lu en moi, je ne parvenais plus à réfléchir, mais ça n'a pas eu l'air de lui plaire.

Il m'a regardé avec un air dégoûté et a murmuré : « Je pense que dans ces conditions, Le Maître ne m'en voudra pas de t'aider grâce à un petit Imperium. »

Malgré mon cerveau embrumé, ses mots me sont parvenus aussi clairement que de l'eau de source. Un long frisson m'a traversé. J'ai levé la tête vers lui et je l'ai vu lentement pointer sa baguette vers moi. Un rictus un peu fou a tordu son visage. Il a ouvert la bouche et j'ai fermé les yeux.

« Expelliarmus ! Stupefix ! »

La voix était légèrement grave, très différente de celle du Mangemort. Cette voix tant haïe. La voix d'Harry Potter.

Ses yeux inquiets se sont posés sur moi et il m'a demandé comment j'allais.

Moi, je n'avais qu'une question en tête : « Pourquoi m'a-t-il sauvé ? »

On s'est fixé un moment jusqu'à ce que, quelque part dans mon cerveau, un signal d'alarme retentisse : il y avait un deuxième homme. Au départ un peu floue, l'information a fini par prendre la place sur tout autre pensée.

J'ai tourné la tête vers l'angle sombre dans lequel il se tenait, mais rien. Je commençais à espérer qu'il soit parti quand un sorcier s'est approché de nous. Il avait enlevé son masque et sa cape de Mangemort pour endormir la méfiance de Potter, mais j'ai reconnu ses yeux noirs.

Il a fixé Potter avec haine. Le Survivant lui a rendu un regard étonné. Il était à mille lieues de comprendre la situation.

Pourquoi n'ai-je rien dit ? Parce que j'étais heureux de voir Potter en danger ? Parce que j'avais peur ?

Même avec le recul, je ne peux pas dire exactement ce qui m'a empêché ce jour-là d'avertir le Gryffondor. Il avait beau être mon ennemi, j'avais peur pour lui.

Il était en danger pour avoir voulu m'aider.

Nous étions ensemble dans une même galère.

Le Survivant n'a rien vu venir. Il n'a pas pu parer l'éclair vert qui l'a frappé en plein coeur.

Il n'est pas tombé d'un coup, les yeux grands ouverts, comme j'ai vu finir tous ceux qui ont subi le sortilège de la mort.

Il a reculé de trois pas sous le choc, ses émeraudes brillant de douleur. Dans un dernier sursaut d'énergie, il a levé sa baguette et a stupefixé le Mangemort qui jubilait, insouciant.

Sa voix était rauque et un filet de sang s'est mis à couler de la commissure de ses lèvres.

Il a lâché la fine tige de bois et a agrippé sa chemise qui se teintait de rouge.

Il m'a lancé un regard perdu avant de fermer les yeux et de s'effondrer au sol, comme au ralenti.

Je l'ai fixé un instant, ne pouvant détacher mes yeux de son corps qui gisait comme une poupée désarticulée. Puis j'ai ressenti comme un étau dans la poitrine, une violente douleur qui me brûlait, alors qu'un sentiment d'horreur envahissait mon cerveau.

Petit à petit, tous mes sens m'ont quitté. Il ne restait plus que la sensation vertigineuse de mon coeur oppressé et un vide effrayant qui remplissait ma tête.

Je crois que mon corps a fini par lâcher prise. Quand je me suis réveillé, j'étais seul à l'infirmerie, avec pour seuls rappels des événements passés une douleur diffuse et un sentiment de perte incompréhensible.