Chapitre 1 – Le message de Gascogne

Paris, 15 mai 1631

« … Et vous vous dites des soldats d'élite ! Vociférait le capitaine de Tréville à la troupe des mousquetaires dont une partie fixait leurs pieds, honteux, et l'autre, non moins honteuse, espérait certainement qu'il arrête de crier tant leur cuite faisait souffrir leur pauvres têtes.

Bien pensa Tréville. Ils pouvaient avoir honte. Ils devraient avoir honte. Et ils allaient regretter un bon moment leur folle nuit d'ivresse. Il allait leur faire oublier leur petit confort à la fine fleur de l'armée française ! Il allait les -

- Capitaine, commença Athos, interrompant le monologue interne du capitaine des Mousquetaires.

Tréville ne le laissa pas finir sa phrase et frappa du poing sur la table commune (faisant sursauter les honteux et cligner des yeux les soiffards).

- Je. Ne. Veux. Pas. Un. Mot, grinça t-il. Hier soir, des individus se sont introduits dans la garnison. La garnison des mousquetaires du roi. Ils n'ont rencontré aucune résistance et n'ont même pas eu à tiré un seul coup de feu … PARCE QUE VOUS ETIEZ TOUS TROP OCCUPES A VOUS SAOULER !

Il donna un violent coup de pied à l'une des bouteilles de vin vide qui traînait par terre. Le sol en était jonché.

Tréville avait accompagné le Roi et Rochefort à Compiègne pour l'inauguration du nouvel hôtel de ville et de son horloge. Il n'avait rien bu mais sa pauvre tête le faisait lui aussi souffrir : le jacquemart avait tant amusé le roi que le prévôt, pour lui faire plaisir, avait demandé à ce qu'il sonne toutes les quinze minutes (10) et non toutes les heures. S'il était resté ne serait-ce qu'une heure de plus, Tréville n'est pas certain qu'il aurait pu réprimer l'envie de tiré sur l'automate. Il avait été soulagé de pouvoir enfin rentrer … et avait découvert un autre type de chaos.

La moitié de ses hommes, ivres mort, la seconde ronflant et son bureau mis à sac.

Toutes les archives du régiment. Huit années de campagnes et d'actions au nom du Roi. Disparues. Dérobées. Par qui ? Pourquoi ? L'action n'avait pas beaucoup de sens. Tréville ne gardait à la garnison que les documents « officiels ». Les comptes-rendus de leurs missions les plus délicates étaient sous clef au Louvre. Un acte de vandalisme certainement. Probablement mais … mais Tréville naviguait depuis trop longtemps dans les sphères du pouvoir et quelque chose lui disait que cet acte avait un autre motif. Quelque chose de plus sinistre. C'était comme un pressentiment. Il le sentait dans ses tripes, quelque chose de -

- Capitaine.

- QUOI ! Aboya Tréville en se tournant vers Athos.

Athos examinait une choppe vide. Il plongea la main dans la choppe, examinant le fond de bière. Tréville fronça les sourcils.

Sur le gant noir du mousquetaire, se trouvait un résidu blanchâtre.

- Drogué … »

Tréville ferma les yeux. Un soldat devrait toujours croire en son instinct.

Et son instinct lui disait que ceux qui avaient volé ces documents cherchaient quelque chose de spécifique.

Quelque chose concernant le régiment.

Concernant ses hommes.


3 mois plus tard …

Aramis sifflotait en nettoyant son pistolet.

Pour la quatrième fois.

D'Artagnan n'en revenait pas. Il observait son ami depuis ce matin. Ils étaient tous les quatre Athos, Porthos, Aramis et d'Artagnan installés comme à l'accoutumée autour de la table commune, à la garnison. Quatre fois. Ca tournait vraiment à l'obsession !

« Je suis parfaitement sain d'esprit, merci, chantonna Aramis, sans lever le nez de sa tâche.

Un obsédé lisant dans les esprits, apparemment.

- Je te l'ai déjà dit d'Artagnan, reprit Aramis, un bon mousquetaire, prend soin de ses armes, comme l'ouvrier prend soin de ses outils. Et, voilà ! Il est … parfait ! Tout simplement parfait. Le secret, c'est de correctement huilé le tout : serpentine impeccable et bassinet lisse comme les fesses d'un nouveau-né.

Aramis se leva et ajusta le pistolet à sa ceinture puis il passa les bras autour des épaules du jeune gascon.

- Comment crois-tu que je garde mon titre de meilleur tireur de tout le royaume ?

- Tu charmes les balles ? Répondit D'Artagnan du tac au tac.

Aramis fit une petite moue approbatrice.

- Hum, fit-il hochant la tête, visiblement pas outré le moins du monde par cette idée, bien au contraire. Il y a aussi un peu de ça elles savent reconnaître qui est leur maître.

- Ben voyons, marmonna Porthos tout en déchiquetant un quignon de pain, qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre. Charmeur de balles, pfeuh.

- D'Artagnan, renchérit froidement Athos, merci de ne pas encourager Aramis. Sa vanité lui donne déjà bien suffisamment de problème avec les miroirs …

D'Artagnan fronça les sourcils.

- Des problèmes avec les miroirs ? Quels problèmes ?

Athos vida son verre de vin d'une traite et lui répondit, sans sourciller.

- … il les ternit rien qu'en passant devant.

Porthos éclata de rire et Aramis porta la main à son cœur, arborant une moue faussement blessée.

- Trahi, murmura t-il en souriant, trahi par mes propres -

- D'Artagnan ! D'Artagnan !

Les quatre amis tournèrent immédiatement la tête vers la personne qui venait d'entrer dans la garnison. Un immense sourire apparut sur le visage de d'Artagnan.

- Constance !

Aramis, sourire toujours fermement accroché aux lèvres, se pencha vers Porthos et lui murmura :

- Ah, voilà une autre vue à laquelle aucun miroir ne pourrait résister.

- Quoi ? Madame Bonacieux ?

Aramis, soupira et leva les yeux au ciel.

- L'amour, mon ami, l'amour. L'amour contrarié. Rien de plus beau.

Constance leur adressa un petit salut de la tête avant de se tourner vers d'Artagnan, main tendue vers lui.

- Un messager est venu ce matin à la boutique mais mon époux … Elle ferma les yeux avant d'ajouter, mon époux n'étant plus là, le messager est passé au palais. La personne qui vous envoie ce pli ne doit pas savoir que vous résidez à la garnison.

Elle était essoufflée, joues rouges, comme si elle avait couru pour faire le trajet du palais du Louvre à la garnison. Des mèches rebelles s'échappaient de son chignon et des tâches de boue ornaient les pans de sa robe de deuil. Et bien entendu d'Artagnan la fixait comme si elle était la septième merveille du monde.

Aramis leva les yeux au ciel et récupéra délicatement le pli que Constance tendait à d'Artagnan qui continuait à la dévorer des yeux sans bouger. Il porta la lettre à son nez.

- Jasmin (11). Un parfum de goût. Celui d'une femme. Humm, le mystère gascon s'épaissit …

- Donne-moi ça, grogna d'Artagnan qui s'était enfin soustrait à son admiration de la jeune et jolie veuve Bonnacieux.

Il décacheta le pli, le lut rapidement puis fronça les sourcils.

- Un problème ? demanda Athos.

D'Artagnan secoua la tête.

- Non, non plutôt … une surprise. Ma cousine, Guillemette. Elle m'écrit pour me donner des nouvelles de la ferme de mes parents. Je lui ai cédé les droits de ce qui restait après que Labarge (12) ait tout détruit l'année dernière. Elle m'invite à venir passer un peu de temps là-bas.

Aramis fut le seul à voir Constance se détendre en apprenant que cette « mystérieuse "femme" était une parente.

- C'est plutôt calme en ce moment, dit-il, et l'été s'annonce particulièrement chaud. Paris va vite devenir insupportable. Un petit tour en Gascogne me semble une charmante idée : la nature, l'air frais, les -

- Ouais, et au bout de deux jours, tu vas te mettre à tirer sur la pauvre faune sans défense, l'interrompit Porthos (13).

- Ttttt, nous pourrions donner un coup de main. D'Artagnan, qu'en penses-tu ? Des pairs de bras supplémentaires pour les vendanges ?

- Nous pourrions rester pour la fête des vendanges. Elle est prévue le dernier dimanche d'août. Dans une dizaine de jours, répondit d'Artagnan

- AHA ! Une fête campagnarde, parfait. Athos, tu es des nôtres ?

Athos soupira, yeux fixés sur son verre désormais vide.

- Pourquoi pas …

Aramis claqua ses mains.

- Donc, c'est entendu ! Gascogne, nous voilà !

- Ouais dit Porthos, pour une fois, ça nous changera de ne pas avoir à nous battre pour autre chose qu'une danse avec la plus belle fille du coin. »


« Joli, dit Aramis en découvrant la vallée.

Ils se trouvaient tous les quatre au sommet d'une petite colline verdoyante. Sur les coteaux, les vignes ployaient sous le poids du raisin, prêt à être vendangé.

- Lupiac est à quelques lieux au sud leur annonça d'Artagnan.

Aramis échangea un regard avec Porthos, lequel lui répondit d'un signe de la tête. Leur jeune compagnon s'était progressivement assombri depuis leur départ de Paris. Ils savaient que ce retour aux sources ravivait chez lui la douleur de la mort de son père.

- Quelques lieues, en ce cas ... Que diriez-vous d'une petite course ? Le premier à Lupiac, paye son coup aux autres ! YIAAAA ! Cria Aramis en lançant sa monture.

D'Artagnan cligna des yeux, sorti de sa rêverie mélancolique par le galop du cheval d'Aramis.

- L'idiot, s'il continue à ce rythme, son cheval n'ira pas loin. Je lui ai pourtant déjà expliqué je ne sais combien de fois …

- Ben du coup ! S'exclama Porthos, un large sourire aux lèvres, nous ne devrions pas avoir de difficulté pour gagner.

D'Artagnan sourit.

- Nous produisons un excellent vin (14).

- Et bien, Aramis va pouvoir nous en offrir une bonne bouteille, répondit Athos. »


Ils étaient tous trois, d'Artagnan, Athos et Porthos attablés devant l'auberge de Lupiac – et avaient déjà largement entamé la dite bouteille – lorsqu'Aramis arriva, marchant aux côtés de son cheval. Il avait abandonné son manteau et, manches de chemise relevées, il sifflotait tout en mâchonnant une feuille de sauge (15).

« Ah, elle est belle la solidarité des mousquetaires ! Lança-t-il à ses camarades, un petit sourire aux lèvres. Abandonner lâchement l'un des vôtres en milieu … hostile. Tous ses oiseaux et ses abeilles, ses papillons et ses bestioles (il frémit tragiquement en égrenant la liste de ces terribles « ennemis »).

D'Artagnan éclata de rire. Il se leva et donna une petite tape fraternelle à son ami.

- Allez, donne-moi ton cheval, je vais t'épargner d'avoir à subir d'autres agressions animales.

Aramis posa son chapeau sur la table et se servit un verre de vin. Il échangea un petit signe de la tête avec Porthos. Mission accomplie, son petit stratagème (comme s'il ignorait qu'on ne pouvait faire galoper un cheval sur plusieurs lieues, peuh !) avait réussi et leur ami avait retrouvé le sourire.

- Et donc, reprit Aramis, nous voici en Gascogne et … Il but quelques gorgées de vin et sourit en connaisseur. Hummmm, et c'est une excellente idée ma foi ! Ce vin est excellent.

- Vendanges tardives monseigneur, les meilleures du coin, répondit l'aubergiste qui venait de déposer leur repas sur la table. Vous êtes en mission ? Pardonnez ma curiosité, mais, quand on a appris pour le loupiot (16), qu'il était devenu mousquetaire et tout, on a été -

- Le loupiot ? Questionna Athos.

- Ben, oui, c'est comme ça qu'on l'appelait le fils d'Artagnan. Il épuisait les nourrices les unes après les autres ! Il les mettait à sec. Insatiable. Comme un loup quoi. C'est les autres momillons qu'ont crié famine moi, je vous l'dit.

L'aubergiste parti, les trois mousquetaires échangèrent un regard entendu et éclatèrent de rire, même Athos, ce qui confirma ce qu'Aramis savait déjà : ce séjour en Gascogne serait bénéfique à chacun d'eux. L'année avait été particulièrement rude…

- Hey, Bernardin ? Lança d'Artagnan qui venait de sortir de l'écurie. Tu nous as fait ton célèbre ragout j'espère !

L'aubergiste lui sourit.

- T'inquiète loupiot, j'en ai fait … en double ration !

D'Artagnan fit la grimace en entendant son vieux surnom resurgir. Il se laissa tomber lourdement sur un tabouret et posa le front sur la table, puis il marmonna.

- Il n'y a aucune chance pour que oubliez que vous avez entendu ça je suppose ?

- Aaah, mais ce serait complètement contraire au code des mousquetaires, répondit Aramis, tu sais, tous pour un et une petite histoire humiliante pour tous. Une devise se doit d'être respectée».

D'Artagnan grogna dans sa manche. Maudit, il était maudit ! Il pensait avoir laissé derrière lui ce sobriquet stupide et maintenant que ces deux là (il savait qu'Athos n'était pas du genre à jouer à ce genre de petit jeu puéril) savaient, ils allaient prendre un malin plaisir à lui rappeler tous-les-jours-jusqu'à-la-fin-de-sa-vie.


Porthos émit un long sifflement en découvrant le château de Castelmore. Il se tourna vers Athos, un grand sourire aux lèvres.

« Encore un plus grand que le tien.

Athos lui rendit son sourire. Il n'était plus le Comte de la Fère mais depuis que Porthos savait qu'il était lui, l'héritier du domaine du marquis de Belgard (17), il n'avait jamais autant entendu parler de son manoir à Pinon (18). Et curieusement, cela ne le faisait plus souffrir. Il était enfin libéré de son histoire. De son passé. Du fantôme de Thomas … d'Anne. Non. Il ne devait pas se mentir à lui-même, pas d'Anne. Il ne serait jamais libéré d'elle.

Pas tant que la vue d'un champ de myosotis lui donnerait la nausée.

- Tu es né ici ? Demanda Aramis qui lui aussi admirait l'imposante gentilhommière gasconne.

- Oui (19), mais c'est tout. Ma mère aidait à la restauration d'une tapisserie … elle faisait des choses étonnantes. Mon grand-père était tisseur.

Il leva les yeux vers les vignes qui se trouvaient derrière le château.

- Nous ne sommes plus très loin de la ferme maintenant ».


« D'Artagnan ! D'Artagnan ! S'exclama une petite bonne femme en les voyant arriver.

D'Artagnan éperonna immédiatement son cheval.

- GUILLEMETTE ! Guillemette !

Il sauta de sa monture alors que celle-ci avait à peine stoppé sa course et les deux cousins tombèrent dans les bras l'un de l'autre.

- Oh, comme c'est bon de te revoir d'Artagnan ! Et voici les amis dont tu m'as tant parlé.

Guillemette d'Artagnan était une petite femme ronde et avenante. Elle partageait de nombreux traits physiques avec son cousin : teint foncé, chevelure brune et yeux de braise.

- Venez, venez, nous vous attendions. Vos lits sont faits de frais et le four devrait bientôt nous livrer pains et brioches bien dorés. Venez ! »


Aramis quitta le corps de ferme, laissant la porte se refermer derrière lui sur les rires et les éclats de voix. Il sortit sa petite pipe en terre cuite et entreprit de la bourrer d'un peu de feuille de tabac (20). Une denrée rare et de grand prix. Un cadeau de ses amis, non, de ses frères pour son anniversaire.

C'était une belle soirée. Le bleu profond de la journée, comme dévoré par les langues de feu du soleil couchant, laissait derrière lui de longues trainées roses. Aramis se sentait apaisé.

La soirée à la ferme de Batz était un succès (ce que d'Artagnan contesterait peut-être, ayant été l'objet d'un grand nombre d'historiettes d'enfance dont il aurait certainement préféré qu'elles demeurent à jamais secrètes). L'âme Gascogne était décidément bien à la hauteur de sa réputation : hospitalière et joyeuse.

Une fois encore, Aramis se félicita d'avoir convaincu tout son « petit monde » à venir se ressourcer quelques jours dans ce petit paradis. Il savait que la paix intérieure qu'il ressentait ce soir ne durerait pas. Son sang bouillonnerait bientôt du besoin d'action. Mais ce soir … ce soir, il écoutait juste le rire de ses amis (celui de Porthos, franc, retentissant comme un coup de tonnerre, tellement à son image ; celui d'Athos, libéré enfin du poids de cette identité qui l'oppressait ; celui de d'Artagnan, sans retenue, redevenu ce « Loupiot » dont le père pourrait être fier) et se réjouissait de l'instant présent.

Parce que ce soir, ceux qu'il aimait étaient en sécurité et heureux.

A suivre …

(10) Un jacquemart est un automate qui indique les heures en frappant une cloche d'un marteau. Celui de l'hôtel de ville de Compiègne a été inauguré en 1530, soit un petit siècle avant les aventures de nos mousquetaires, y'à pas que la BBC qui peut s'amuser un peu avec l'histoire, na !

(11) C'est Marie de Médicis, la mère de Louis XIII, qui a introduit à la cour de France la mode du parfum (notamment du jasmin). C'est sous sa régence que la ville de Grasse devint capitale du parfum. Oh, et elle avait aussi introduit le port de la culotte ! Mais ce dernier tomba en désuétude très vite après sa régence. Yep, Constance et la reine Anne ne portaient pas de culotte sous leurs jupons …

(12) Episode 8, Duel pour l'honneur, saison 1.

(13) Episode 9, Complot contre la reine, saison 1.

(14) C'est vrai, c'est du Saint Amont et il n'est pas mauvais du tout.

(15) La feuille de sauge est connue depuis l'Antiquité. Elle a longtemps été appelée le « thé d'Europe ». C'est aussi une herbe médicinale reconnue pour ses capacités cicatrisantes et de « pansement » (notamment gastrique ou dentaire).

(16) Diminutif affectueux de loup.

(17) Episode 8, Le père prodigue, saison 2.

(18) Episode 3, Le Convoyeur, saison 1 et épisode 5, Notre seigneur et maître, saison 2.

(19) Pour une fois, je respecte l'histoire : Charles de Batz de Castelmore dit d'Artagnan qui inspira Alexandre est né dans ce château.

(20) On raconte qu'un des compagnons de Colomb, revenant de ses aventures, fut surpris fumant dans les rues de Barcelone. Mauvaise idée ! Il fut prit pour un diable (la fumée lui sortait après tout de la bouche et du nez). L'Inquisition étant ce qu'elle était, il écopa de 10 ans de prison. Cent ans plus tard, retournement de situation : Catherine de Médicis (la charmante maman de notre ami Louis XIII) qui souffrait de fortes migraines que rien ne parvenait à apaiser fut soulagée après avoir prisé du tabac. On donna ainsi au tabac les noms d'herbe à la Reine ou d'herba Catharina. Les médecins en recommandaient chaleureusement l'usage : et oui, c'était sensé soigner à peu près tout (même la peste !).