Note de l'auteur: En bas de page.


CHAPITRE 1


Un violent coup sur la porte de la chambre le tira de son sommeil. Une voix lointaine lui disait de se réveiller, qu'il allait être en retard. Lui ? En retard ? Ça serait bien la première fois que ça arriverait. Il était toujours à l'heure. La ponctualité est une des valeurs indispensables de la politesse et ayant reçu une éducation stricte il se devait d'être poli en toutes circonstances, pour ne pas faire honte à ses chers parents.

Il y eu encore un coup contre la porte. Il Il ouvrit donc lentement les yeux, et toujours dans un demi-sommeil, se redressa sur le lit et posa ses pieds à terre. Il s'étonna légèrement que son réveil n'ai pas sonné, puis il se dit que sa mère avait dû le réveiller en avance. Elle faisait souvent ça. Elle était à cheval sur la ponctualité que ça en devenait agaçant. Il soupira, aujourd'hui encore il allait devoir attendre une demi-heure que son lycée ouvre ses portes.

A contre-coeur, il se leva et se dirigea machinalement vers la salle de bain. Tous les jours il remerciait le ciel d'avoir une salle de bain dans sa chambre. Bien sûr, peu de personnes avaient ce luxe, mais il avait la chance d'être le fils d'un des plus grands PDG de tout le Japon. Alors évidemment sa maison reflétait la fortune familiale: un grande maison, légèrement excentrée, avec assez de chambres pour héberger toute une équipe de volley. Chaque chambre avait sa propre salle de bain. Et même si en temps normal, cette fortune et cette famille lui pesaient, tous les matins il bénissait cette salle de bain. Sa salle de bain.

Il tendit donc la main dans l'espoir de saisir la poignée, mais tout ce qu'il attrapa ne fut que de l'air. Il tenta à nouveau, mais sans succès, sa main retomba mollement dans le vide qui se trouvait devant lui. Bizarre. Il se frotta les yeux, pour être sûr d'être bien réveillé. Mais ces derniers s'agrandirent en remarquant qu'il ne se trouvait pas en face de la porte. Tiens serait-il fatigué au point d'oublié la localisation de sa très chère salle de bain ?

Il se frotta à nouveau les yeux, mais face à lui il ne trouva qu'un simple mur. Bon, ce n'était pas qu'un simple mur, parce que dessus il y avait quand même un énorme poster d'une équipe de volley. D'ailleurs il lui semblait connaître cette équipe. Il réfléchit quelques instant et se remémora où il avait pu la voir. Mais oui ! Evidemment ! C'est l'équipe du Japon ! D'ailleurs il était allé les voir lors des derniers Jeux Olympiques à Rio. Ses parents lui avaient offert une place pour son anniversaire. C'était d'ailleurs un des plus beau jours de sa vie, il avait même réussi à obtenir un autographe d'eux. Il était un grand fan de volley. D'ailleurs il y jouait depuis tout petit et avait réussi à obtenir un poste de titulaire dès sa première année. En même temps un passeur avec ses capacités, ça ne courait pas les rues.

Il se perdit quelques instants dans ses souvenirs quand soudain il réalisa. Il n'avait jamais vu cette affiche auparavant, c'est bien la première fois qu'il la voyait. Alors que faisait-elle là, dans sa chambre, à la place de la porte de sa salle de bain ?

Alors en ouvrant grand les yeux, son regard fit le tour de la chambre. Et il remarqua que ce poster n'était pas le problème. Ce poster était juste un symptôme. Le véritable problème c'est qu'il n'était pas dans sa chambre. En fait il n'avait même jamais vu la chambre où il se trouvait. Il n'était pas chez lui. Que faisait-il là ? Il était pourtant certain de s'être endormi dans son lit la nuit dernière. De toute façon il n'a jamais dormi autre part que dans les résidences familiales, ses parents n'ont jamais voulu qu'il aille dormir chez des amis. Enfin pour cela il fallait déjà qu'il ait des amis. Bon bien sûr, au lycée il traînait avec son équipe de volley, mais l'ambiance du lycée faisait que l'atmosphère de compétition empêchait de tisser des liens solides et de confiance. Il avait des connaissances. Mais d'amis. Et il ne s'en était jamais plains, ça lui allait comme ça. Mais bon penser à son lycée n'allait pas l'aider à comprendre ce qu'il faisait là. Fallait vraiment qu'il arrête de se perdre dans ses pensées.

Revenant sur Terre, il réfléchit à toutes les possibilités qui pouvaient expliquer cette situation. Il pourrait s'agir d'un kidnapping, après tout il était un riche héritier. Mais c'était peu probable. Il est impossible de s'introduire sans permission dans la résidence principale, et Dieu seul sait que de nombreux malfrats ont essayé. Alors il ignora cette idée et se concentra à examiner les lieux pour éclaircir la situation. Il trouvera surement une réponse.

Le lit était contre une grande baie vitrée qui faisait toute la longueur de la chambre. Des rideaux bleu filtraient les premiers rayons de soleil. Au pied du lit, face à la fenêtre, il y avait un bureau ensevelit sous des montagnes de feuilles et cahiers. Et l'état du sol était un peu près semblable: des feuilles partout. La personne vivant ici semble de nature assez désordonnée. Oui parce que pour lui, il était chez quelqu'un d'autre. C'était clair que ce désordre ne pouvait pas lui appartenir. D'ailleurs il semblerait que cette pièce appartienne à un fan de volley à en croire les quatre ballons éparpillés dans la chambre et les nombreuses affiches d'équipes de tout le Japon. Un petit sourire vint étirer ses lèvres. Il aimerait se dire que si il aime le volley, c'est forcément une bonne personne. Mais son expérience personnelle prouverait le contraire. Tellement de fois il s'était fait humilier parce qu'il était plus fort que ses aînés. Il ressenti un petit pincement au coeur et soupira. N'empêche il aimerait bien rencontrer la personne vivant ici. Il sentait au fond de lui qu'il pourrait bien apprécier cette personne. Et peut être même s'en faire un ami. Un véritable ami.

Il continua son inspection des lieux en posant ses yeux sur une peluche hibou se trouvant sur le lit. Il remarqua également que le motif des draps était un énorme hibou, debout sur une branche et collée à lui il y avait une petite chouette. Le hibou avait de grands yeux dorés, magnifiques tandis que la chouette avait de jolis yeux gris. Ces draps étaient mignons et enfantins. Cette chambre appartiendrait-elle donc à un enfant ? .

Sa respiration s'accéléra soudainement lorsqu'il vit le miroir. Non il n'était pas du genre à avoir peur de son reflet. Enfin ici, c'était peut être le cas. L'image qui se reflétait dans le miroir, il ne la connaissait pas. Le reflet n'était pas le sien. Il avait beau bouger dans tous les sens, le reflet le suivait avec harmonie. Il s'approcha du miroir et l'effleura du bout des doigts, comme si ce geste pouvait faire disparaître l'image en face de lui. Mais elle ne disparut pas. Bizarre. Il prit le temps de respirer. Il réfléchit durant plusieurs minutes, fixant le miroir. Et une seule explication lui traversa l'esprit. Ça ne pouvait être que ça.

-Je dois être dans un rêve, murmura-t-il doucement.

Akaashi détailla l'image qui se trouvait en face de lui. Ces grands yeux dorés n'étaient pas les siens. D'ailleurs ils lui rappelèrent ceux du hibou de la couverture aperçue plus tôt. Ces cheveux à moitié décolorés, tirant vers l'argenté, lui tombant sur le front, n'étaient pas à lui. Akaashi,lui, avait habituellement des cheveux courts, légèrement bouclés et noir. Et ses yeux étaient d'un gris bleu profond. Le visage d'Akaashi avait aussi la particularité d'être impassible. Les émotions s'y lisait difficilement. Le visage du miroir était tout le contraire. Keiji n'avait jamais vu un visage aussi expressif. Quel rêve étrange... Rêver d'être quelqu'un d'autre, d'être un inconnu, n'est ce pas étrange ?

Akaashi se pinça. Mais ça ne marcha pas. Impossible de se réveiller. Il y a vraiment que dans films que ça marche. Il soupira et tenta de garder son sang froid habituel. Après tout ce n'était qu'un rêve, il allait bientôt se réveiller, donc il y avait pas de raison de paniquer. Alors qu'il continuait à se regarder dans le miroir, il sourit en voyant qu'il portait un pyjama avec pleins de petits hibou. Ce garçon devait vraiment beaucoup les aimer. Mais n'était-il pas un peu vieux pour cela ? Après tout, il semblait avoir le même âge que lui. Au moins dans son rêve il était toujours un adolescent. C'était...rassurant.

Soudainement la porte s'ouvrit violemment. Il se tourna brusquement et son regard tomba sur une petite fille. Elle devait avoir moins d'une dizaines d'années, huit ans probablement. Elle avait également des yeux dorés, similaire à ceux du reflet et ses longs cheveux noirs tombaient sur ses épaules. La fillette le fixait et Akaashi eu l'impression que ses yeux jetaient des éclairs, lui reprochant quelque chose. Il ne comprenait pas.

- Niichan ! Dépêche toi ! Maman est déjà partie, elle était pressée et elle t'a laissé un mot. Tu dois m'emmener à l'école ! Vite ! Je veux pas être en retard.

Elle s'approcha tendit un bout de papier que Akaashi saisit puis referma la porte en la claquant. Akaashi toujours aussi perplexe face à la situation fixa la porte qui venait de se fermer puis il décida de lire le mot que sa mère avait laissé:

J'ai eu une urgence à l'hôpital, j'ai dû partir précipitamment. Il faut que tu emmènes Minami à l'école. Je vous ai préparé des bentôs, ils sont dans le frigo. Ce soir je suis de garde, alors je te laisserais t'occuper de ta sœur. A demain. Bisous.

Akaashi leva un sourcil suite à la lecture du mot. Minami ? Cela devait être la petite fille. Alors comme ça il avait une soeur dans son rêve ? Il sourit. Depuis tout petit il rêvait d'avoir une soeur ou un frère. Mais il était fils unique malheureusement.

Tout cela était bien étrange, il devait l'avouer. Il trouvait ce rêve un peu trop "réel". Rien à voir avec ceux qu'il avait déjà fait. Bizarre. Après quelques secondes perdu dans ses pensées, un bruit le fit revenir à la réalité -enfin façon de parler bien sûr, Akaashi est dans un rêve après tout-. Un portable était entrain de sonner. Il supposa qu'il était sur le bureau, alors il s'approcha et poussa d'un revers de la main l'amas de feuille qui recouvrait le pauvre appareil. Et il ne pu retenir un petit sourire lorsqu'il vit le nom qui s'affichait sur l'écran. Apparemment « Mon Chaton » essayait de le joindre. Hésitant, il s'en saisit et décrocha. Il n'eut même pas le temps de prononcer un mot, que déjà la voix de son interlocuteur retentit dans le combiné.

- Bordel, mec tu fous quoi ? Ça fait 10 minutes que je t'attends en bas de chez toi ! Grouille toi ! J'ai pas encore envie d'être en retard par ta faute.

Akaashi surpris, ne su quoi répondre. Un long silence s'installa.

- Oi bro tu es toujours là ?

- Oui… J'arrive.

Akaashi raccrocha. Il soupira à nouveau. Malgré le fait que ça soit un rêve, il était intrigué par ce mystérieux chaton. Il semblait qu'il allait vivre une journée d'une personne lambda. Ca allait lui changer de son quotidien d'élève modèle, irréprochable et parfait. Il allait profiter de ce rêve pour se détendre.

Il enfila en vitesse l'uniforme de lycée qu'il avait vu posé sur la chaise dans le coin de la chambre puis il prit le sac qui se trouvait à côté et sorti de sa chambre. Il fit un arrêt rapide dans la salle de bain, histoire de se rendre présentable. Lorsqu'il vit les trois pots de gel, il se demanda qui pouvait bien utiliser de tels produits. Ensuite il rejoignit la cuisine. L'appartement était petit et il trouva les pièces assez facilement. Il ouvrit le frigo et ne vit qu'un seul bentô avec écrit dessus « Kotaro ». C'était surement pour lui vu que la petite fille se nommait Minami. Comme ça, dans ce rêve son nom était Kotaro. Intéressant. Il prit le bentô et le mit dans son sac, quand la voix de le fillette le fit sursauter.

-Niichan ! J'ai déjà le mien. Dépêche to … Tu as fais quoi à tes cheveux ? Tu es sûr que ça va ?

Akaashi fixa Minami, de la surprise dans le regard. Sa coupe était tout à fait convenable et banale, non ?

- Oui tout va bien. On peut y aller.

Sans plus traîner, ils quittèrent tous les deux l'appartement. La petite fille courait dans les escaliers, suivit de près par Akaashi. En arrivant en bas, il vit sa sœur prendre dans ses bras un jeune homme, qui d'après Akaashi, semblait peu fréquentable. Grand, les cheveux noir et coiffé de façon étrange, sans oublier cet air malicieux sur son visage. On aurait un chat. L'aura qu'il dégageait n'inspirait pas la confiance mais il avait tout de même ce côté mystérieux qui attirait les gens. Akaashi l'observa et se surprit à penser qu'il aimerait connaître cet homme. Puis il remarqua que le noiraud portait le même uniforme que lui. Serait-il le fameux chaton qui l'avait appelé un peu plus tôt ? Il se dirigea vers eux et soudainement l'homme posa son regard sur Akaashi et éclata d'un rire qui fit légèrement frissonner Akaashi. C'était le première fois qu'il entendait un rire qui semblait si réel, si spontané.

- Bro, tu as vu ta tête ? Tu avais plus de gel ? Tu vas pas nous faire une dépression j'espère ?

Akaashi le fixa, ne comprenant pas ce qu'il racontait. Si quelqu'un avait un problème de coupe c'était certainement l'homme en face de lui.

- Heho la chouette ! Je te parle ! Si tu reviens pas parmi nous, ta sœur aussi sera en retard. Pour nous c'est déjà mort mais essayons de faire en sorte que Minami soit à l'heure.

Le visage de Minami fut alors éclairé d'un sourire resplendissant et elle saisit la main de l'homme. La fillette semblait beaucoup l'apprécier. Ils marchaient tous les deux devant, laissant Akaashi leur emboîter le pas, juste derrière.

- Euh mon chaton ?

Akaashi tenta d'interpeller le jeune homme qui s'amusait avec Minami. Si il passait sa journée -enfin son rêve plutôt- avec cet inconnu, il aimerait connaître son nom. Parce que l'appeler ''mon chaton'' toute la journée le mettait mal à l'aise. Ce dernier se retourna vers lui, un large sourire ornant son visage.

- Oui mon hibou adoré ?

Akaashi senti ses joues rosirent. Merde. Il s'y attendait pas. Comment peut-il être si à l'aise ? Ces mots sont sortis si naturellement, comme si il avait l'habitude de l'appeler comme ça. Comme s'ils se connaissaient depuis toujours. Mais ce n'était qu'un rêve ? Alors pourquoi Akaashi avait l'impression d'être arrivé en plein milieu d'un film ? Comme si il lui manquait une partie essentielle.

Les réflexions et la gêne d'Akaashi n'échappèrent pas au regard de la plus jeune.

- Regarde Kuroo-chan ! Tu as réussi à embarrasser Niichan, il a changé de couleur !

Cela fit beaucoup rire Kuroo. C'était la première qu'il voyait son ami mal à l'aise suite à ce surnom, et il ressenti une légère satisfaction face à cette réaction. Il allait pouvoir l'embêter longtemps avec ça. Akaashi, lui, n'osait plus parler. Il se sentait ridicule et en plus il avait l'impression de ne plus pouvoir cacher ses émotions derrière son visage impassible. Foutu rêve !

Le trajet menant à l'école de Minami ne dura pas longtemps, seulement une dizaines de minutes. Arrivée devant le portail, la petite embrassa Kuroo sur la joue puis elle lâcha sa main pour se diriger vers Akaashi. La petite le serra dans ses bras. Ne savant pas trop quoi faire, Akaashi n'ayant pas l'habitude des contacts physiques, se contenta de tapoter sur la tête de la petite.

Kuroo regarda la scène en arquant un sourcil, son ami était bien bizarre aujourd'hui. D'habitude il pleurait parce qu'il ne voulait pas lâcher sa sœur et c'était Kuroo qui devait les séparer. Aujourd'hui Kotaro semblait être une autre personne. C'était peut être une des nouvelles facettes des sauts d'humeur du hibou ? Ça ne l'étonnerait pas.
Minami adressa un dernier signe de main aux deux jeunes hommes en criant :

- A toute à l'heure Niichan ! Tu oublies pas de venir me chercher après l'entrainement hein ?

Elle rit et disparu du champs de vision de Akaashi. Soudain une main sur son épaule lui fit détourner le regard en direction du prénommé Kuroo.

- Mec, tu es sûr que tu te sens bien ? Tu ne déprimes pas, n'est ce pas ? C'est la première fois que je te vois lâcher ta soeur aussi facilement.

- Oui ça va. Je crois que aujourd'hui je suis un peu en dehors de la réalité.

- Je vois ça. Bon dépêchons nous ! On a déjà raté la première heure, ça serait bête de rater la deuxième ! On sait tous les deux que les maths sont ta matière préférée !

Kuroo afficha à nouveau ce petit sourire malicieux et Akaashi acquiesça en suivant Kuroo à travers la ville. Au fait ? Dans quelle ville il était ? Il scruta les environs et fût rassuré de voir que c'était toujours Tokyo. Au moins son subconscient ne l'emmenait pas vivre dans une ville étrangère. Mais il restait assez loin de chez lui. Peut être trente minutes en métro ? Il ne savait pas. Il n'avait jamais pris le métro.

Ils marchèrent durant une quinzaine de minutes et tout du long Kuroo avait essayé de faire la conversation. Akaashi se contentait de hocher la tête ou de répondre platement. Akaashi n'aimait pas vraiment parler. Et surtout il ne savait pas comment se comporter avec Kuroo. C'est la première fois qu'il voyait quelqu'un agir de façon si naturelle. Akaashi savait que dans son entourage tout le monde portait un masque. Mais il pensait que c'était partout pareil. Il s'était trompé. C'est à partir de ce moment que Akaashi oublia qu'il était dans un rêve.

Kuroo s'inquiétait un peu pour son ami, il avait peur qu'il rentre dans une de ses phases de dépression. Alors il faisait ce qu'il pouvait pour lui remonter le moral. Bien que ça n'avait pas l'air de marcher. Depuis quand Kotaro se contentait de hocher la tête ?

- Kuroo-san ?

Kuroo failli s'étouffer. Puis il plissa les yeux pour mieux voir le visage de son ami, il posa sa main sur le front d'Akaashi et soupira. Pas de fièvre. Peut être se moquait-il de lui ? Non ça avait pas l'air.

- Qui es-tu ? Et qu'a-tu fais à mon cher et tendre meilleur ami, Bokuto Kotaro ?

- Il y a un problème ?

- Bro, depuis quand tu m'appelles Kuroo-san ?

- Je pensais que c'était plus approprié que "mon chaton" , tenta Akaashi ce qui fit rire légèrement Kuroo.

- Désolé mon hibou adoré, mais je préfère largement quand tu m'appelles chaton, dit-il avec un petit clin d'oeil.

Akaashi tenta maladroitement un sourire afin de ne pas montrer son malaise, mais cela fut un échec. Il le vit bien dans les yeux du jeune homme à côté de lui. Oui les yeux de Kuroo semblaient rire et se moquer de lui. Akaashi ne savait pas comment réagir alors il se contenta d'ignorer le chat.

Ils marchèrent côte à côte quand le plus jeune remarqua qu'ils étaient arrivés. Le trajet lui avait semblé rapide. cela était peut être dû à la compagnie de Kuroo. Il devait l'avouer, sa première impression sur Kuroo était fausse. Ce garçon était bien plus vrai que n'importe qui dans son lycée. D'ailleurs l'établissement qui lui faisait face n'avait rien à voir avec celui qu'il fréquentait. Cela contrastait totalement avec ce qu'il connaissait. Mais l'atmosphère qui s'en dégageait l'attirait. Il avait envie d'y aller.

Kuroo pressa le pas, suivit d'Akaashi. Ils arpentèrent les couloirs jusqu'à s'arrêter devant une salle de troisième année. Kuroo rentra sans hésitations et alla s'asseoir à sa place, en plein milieu de la salle. Machinalement Akaashi s'assit à sa place habituelle, devant contre la fenêtre. Kuroo leva un sourcil puis laissa son sac sur la chaise pour venir vers lui.

- Dis, tu essayes d'énerver Daichi aujourd'hui ? Tu es suicidaire ? Tu sais bien qu'il supporte pas qu'on lui vole sa place.

Akaashi leva les yeux vers Kuroo, et essaya de cacher toute son incompréhension. Daichi ? Sa place ? Mais que racontait-il ? Et avant même qu'il ait pu poser une question un élève, dégageant une aura assez sombre sur le moment, apparu derrière Kuroo. L'élève posa sa main sur l'épaule de Kuroo, qui sembla se tendre à vu d'oeil.

- Kotaro, Tetsuro j'espère que vous avez une bonne raison pour être à ma place.

- Oh c'est ta place ? On le savait pas Daichi, dit Kuroo avec un petit rictus. Puis il se saisit du bras d'Akaashi, qui se crispa suite au contact avec le noiraud, et l'emmena avec lui. Ils se dirigèrent vers la table de Kuroo, celui-ci s'assit puis soupira en voyant son ami immobile.

- Reste pas planté là comme un hibou congelé ! Ta place est juste derrière, tu te souviens ?

- Ah oui merci, fit doucement Akaashi.

- Bro, tu es vraiment bizarre aujourd'hui. Encore plus que d'habitude, souffla Kuroo.

La cloche retentit et le professeur arriva dans la salle, le silence se fit et le cours de maths commença.

Kuroo était perdu dans ses pensées. Le comportement de son meilleur ami l'intriguait. Que se passait-il aujourd'hui pour que Bokuto se comporte de la sorte ? Il avait peut être été remplacé par un clone. Oui c'était surement ça. Cette idée le fit rire silencieusement. Néanmoins il espérait qu'il n'y avait rien de grave. Peut être Kenma saurait ce qui cloche. Après tout son ami d'enfance avait un pouvoir surnaturel. Oui Kuroo était persuadé que Kenma pouvait lire dans l'âme des gens. Mais Kenma niait. Un jour Kuroo le prouverait !

Akaashi quant à lui écoutait attentivement le cours. Même en étant en seconde année, il réussi à suivre ce cours. Il était très probable, que dans son lycée privé, ils prennent de l'avance sur le programme. Ça ne l'étonnerait même pas. Akaashi aimait être là. Tout avait l'air tellement normal et vrai. L'ambiance était à mille lieues de celle de son lycée. Il aimerait être inscrit ici, c'était agréable. Puis il se rappela que c'était un rêve et ce fut un coup dur pour lui. Il pensa que jamais il ne voudrait se réveiller. Ce rêve était tellement mieux que la vie réelle, sa vie. Il soupira.

La matinée se déroula normalement malgré les regards insistants de ses camarades, qui fixaient un peu trop sa coupe de cheveux. Il se demanda bien à quoi ressemblait la coupe de Bokuto habituellement. Il devrait demander à Kuroo. Puis la pause de midi venait d'être annoncée par le son de la cloche. Kuroo se retourna immédiatemment.

- Ah j'ai oublié de te dire, Kenma m'a envoyé un SMS. Aujourd'hui on mange avec lui dans sa salle de classe.

Akaashi sourit et hocha la tête, en se demandant qui était Kenma tout en étant impatient de le rencontrer. Après avoir traverser un couloir, descendu d'un escalier, salué des gens et marcher pendant quelques minutes, Kuroo et Akaashi finirent par s'arrêter devant une salle de seconde année. La salle était vide. Enfin presque. Dans le fond de salle, un garçon était assis et pianotait sur son téléphone. Il leva même pas les yeux quand Kuroo et lui entrèrent dans la salle. Kuroo se dirigea vers lui, passa un bras autour des épaules du plus petit et sourit de toutes ses dents.

- Alors mon petit Kenma, tu joues à quoi aujourd'hui ? Pokémon ? Encore ! Eh beh c'est la première fois que je te vois jouer aussi longtemps au même jeu.

- C'est la nouvelle version, murmura Kenma en essayant de se dégager de l'étreinte du plus grand.

Akaashi posa son regard sur Kenma et le détailla. Lui aussi, comme Kuroo, avait un air de chat. C'était drôle, il avait l'impression de se trouver face à deux frères. "Tiens Kenma aussi a des cheveux étranges" pensa Akaashi. En effet les cheveux blond décolorés du jeune garçon semblaient reprendre leur teinte noire habituelle. Puis sentant un regard sur lui, Kenma leva les yeux et fixa Akaashi. Une lueur de surprise traversa ses yeux.

- Bokuto… tes cheveux ?

- Mais qu'est ce que vous avez tous avec mes cheveux ?

- Bro c'est inhabituel de te voir sans gel.

Ah. Cela expliquait les trois pots de gel que Akaashi avait vu dans la salle de bain ce matin. Ces sous les regards interrogateurs que Akaashi sorti le bentô. Il l'ouvrit et sourit. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas eu l'occasion de manger de la cuisine maison.
Une bonne partie se passa dans le silence. Akaashi mangeait avec plaisir, Kenma n'avait pas lâché son portable et Kuroo s'amusait à embêter le plus petit en ébouriffant ses cheveux.

Le calme fut troublé par une tornade rousse et noire. Un garçon, qui semblait être au collège selon Akaashi, arriva subitement dans la salle.

- Kenma ! Kageyama il est méchant ! Il veut pas me faire des passes, tu peux m'en faire, dis ? dit-il en sautant sur Kenma qui ne réagit pas.

- Imbécile d'Hinata je t'ai dit que je t'en ferais après avoir mangé, brailla le Kageyama.

- Shoyo, je t'en ferais ce soir à l'entrainement, répondit calmement Kenma avec un léger sourire.

- C'est vrai ? Génial !

Et la tornade rousse et noire s'en alla comme elle était venue.
Régulièrement Kenma fixait Akaashi. "Cette personne ressemble à Bokuto, mais ce n'est pas Bokuto. Qui est-il ?" pensa le jeune chat.

La pause de midi se termina et ils furent obligés de retourner en cours.

Le début d'après-midi se passa plutôt bien. Puis vint le moment des activités de club. Généralement Akaashi y allait en traînant des pieds. Ses équipiers étaient sympa mais l'ambiance instaurée par le coach lui donnait envie de vomir. Tout pour gagner. Pas de plaisir. Il soupira en se rappelant les ballons de volley qu'il avait vu plus tôt dans la chambre. Alors il sourit légèrement et murmura pour lui même "J'ai envie de jouer au volley". Sauf que son murmure a dû être plus fort que ce qu'il espérait étant donné que Kuroo se retourna vers lui.

- Oi le hibou écervelé ! Tu crois que l'on va où ? C'est l'heure de l'entrainement! Au moins tu as toujours l'air d'aimer le volley, c'est bon signe !

Kuroo rit, et Akaashi lui adressa un sourire. Il appréciait de plus en plus ce chat.

Ils se dirigèrent vers le gymnase et Akaashi eu l'occasion de recroiser Daichi, Kageyama, Hinata et Kenma. Il fit également la connaissance de Lev, Tanaka et Nishinoya. Il lui sembla être face à une équipe bien survoltée. Il plaint intérieurement Kenma qui semblait apprécier le calme. D'ailleurs pendant qu'il essayait de retenir les noms des personnes face à lui, Hinata lui sauta dessus.

- Il faut que tu m'apprenne à faire tes attaques qui font vloum ! Parce que c'est vraiment trop cool !

- Hey ! Un peu de respect envers tes sempaï ! gronda Daichi.

Hinata s'excusa puis partit embêter Kageyama à propos de ses passes trop plof. Akaashi ne put s'empêcher de sourire. Puis il capta que dans cette équipe, il n'était pas passeur mais attaquant. A ce qu'il avait compris il était même l'As de l'équipe. Cela allait poser problème, Akaashi avait de grosses lacunes en attaque. Vu que c'était un rêve peut être qu'il révélerait un talent phénoménal ? Il en doutait fortement.

Ils étaient neufs joueurs en tout. Alors ils firent trois équipes de trois pour faire des matchs.
Le premier match opposait Kenma, Kuroo et Akaashi face à Hinata, Kageyama et Daichi. Comme il s'y attendait, Akaashi rata pratiquement toutes ses attaques. Il était pas habitué au corps que son rêve lui avait attribué. Mais assez rapidement Kenma se synchronisa avec ses mouvements et Akaashi réussit quelques attaques. Lorsque Hinata et Kageyama attaquèrent pour la première fois, il en resta abasourdis. Cette attaque. Elle était incroyable. Ce petit avait une agilité sans pareille et ce Kageyama, c'est un passeur de génie. A ce moment Akaashi réalisa à quel point son niveau de passeur était médiocre face à Kageyama. Kenma et Kageyama, il devait leur demander conseil pour améliorer ses passes et peut être même s'entraîner avec eux. "Mais ce n'est qu'un rêve" soupira-t-il déçu.
Le bloc de Kuroo et les talents de libéro de Noya lui coupèrent aussi le souffle. Ces joueurs n'avaient rien à voir avec son équipe. Ils semblaient si heureux de jouer. Il les enviait et se surprit à se laisser entraîner dans la bonne humeur collective.

Il rit. Surement pour la première fois depuis longtemps il rit. Sans aucunes raisons. Il riait juste. Et pour la première fois il avait l'impression d'avoir des amis. Il était heureux d'avoir fait ce rêve, même si le retour à la réalité allait être dur.

Kuroo vit son ami au loin rire, alors il s'approcha.

- Rater tes attaques te fais rire maintenant ? Tu es flippant bro. Je préférais quand tu déprimais parce que tu es pas assez bon, dit-il avec un sourire provocateur.

- C'est juste que je m'amuse. Ca fait du bien, murmura Akaashi, la tête baissée.

Kuroo le fixa en affichant un air indéchiffrable sur le visage. Puis il posa sa main sur l'épaule de son ami, qui tressaillit à ce contact. Etrange.

- L'entrainement est fini, viens saleté de hibou ! Ta soeur nous attend.

Akaashi avait totalement oublié Minami. Heureusement que Kuroo était là.

Après avoir récupéré Minami, Kuroo était rester manger chez les Bokuto, sous la demande incessante de la fillette. Puis au moment de partir, Akaashi raccompagna Kuroo jusqu'en bas de l'immeuble. Dans les escaliers Akaash s'arrêta. Le chat intrigué se retourna vers lui et le questionna du regard.

- Tu as déjà fais un rêve si réel que tu te demandais si ce n'était pas actuellement la réalité ?

- Pourquoi ?

- Parce que j'ai pas envie de me réveiller de ce rêve.

Kuroo s'approcha de son ami et lui pinça le joue.

- Hé ! Pourquoi tu as fait ça ?

- Te prouver que tu ne rêves pas, sourit-il.

Akaashi ne bougea pas, et Kuroo lui fit un signe tout en disparaissant de son champ de vision. Puis il regagna l'appartement et alla s'allonger sur le lit. "Je rêve c'est obligé. Sinon tout cela serait impossible. Alors pourquoi j'ai l'impression que Kuroo a raison ? Pourquoi je veux qu'il ait raison ?"

Akaashi s'endormit toujours convaincu qu'il rêvait. Après tout, qui pourrait croire que cette histoire est réelle ?


Et voilà la fin du chapitre. Je l'ai pas mal modifié par rapport à sa première version !
Bref j'espère que ça vous plait ^^

Le prochain chapitre sortira dans la semaine, je ne sais pas exactement quand ^^
A la prochaine :D