Bonjour !
Je fais de mon mieux pour traduire le plus vite possible. Mais les chapitres sont assez longs (même si quand on les lit, ils semblent courts). Et avec les cours et mes oraux qui arrivent, je posterai finalement tous les 5 jours. Donc le prochain chapitre arrive le 15 juin.
Au fait, j'ai remarqué qu'une des lignes de Ron n'était pas passée « Alors qu'est-ce qu'i propos du lit de Malfoy ? » j'ai essayé plusieurs fois de le changer, mais ça n'a pas marché. Désolée. Même là j'ai remarqué que ça sort pas non plus.
Merci aux personnes qui ont mis cette fanfic en favori, la suivent et l'ont commentée (Nunaat, Ordalya, Marie la Petite, Amista, EtincelleBleue, Elsa, caence) !
Et merci à Ordalya pour m'avoir prévenue que le site avait été censuré. L'histoire originale se trouve sur ce site, vous pouvez trouver le lien sur mon profil.
Dernière chose : dans ce chapitre se trouvent quelques jeux de mots de l'auteur. J'ai mis des notes à la fin, je n'ai pas toujours réussi à trouver des jeux de mots qui correspond en français.
Bonne lecture !
2. Feux d'artifice
Susan Bones ne leva même pas la tête de son bureau pour lui parler :
- Si vous n'obtenez pas de mandat par les voies habituelles, vous n'allez certainement pas en obtenir un de moi, Auror Potter.
La plupart du temps, ses secs rejets étaient, eh bien, justifiés[i]. Si elle s'était donné la peine de lever la tête, elle aurait remarqué qu'il avait sorti sa chemise de son pantalon et qu'il avait enlevé son badge.
- Je ne suis pas là pour un mandat. Je me demandais si vous pouviez pister certains courriers pour moi.
Susan le regarda d'un air réprobateur qu'elle avait sans nul doute hérité de sa tante.
- Cela exigerait un mandat.
- Il s'agit de mon propre courrier, dit Harry, sortant la lettre.
- Un autre harceleur ? demanda-t-elle, sa plume s'immobilisant.
- Non.
- Votre vie est menacée ?
- Non. Mais c'est… étrange.
Elle souleva un sourcil, comme pour dire : Étrange comment ? Il passa la lettre dans son autre main, ne voulant pas la mettre totalement au courant de l'histoire concernant cette lettre voyageant dans le temps qu'il avait reçue de son ennemi juré. Même s'il avait besoin d'elle pour trouver le fin mot de cette histoire, il n'était pas assez fou pour lui faire totalement confiance. Il n'avait pas oublié les chuchotements parmi les Poufsouffles, lors de sa deuxième année à Poudlard.
- C'est sûrement une farce. Mais ça a traversé mes barrières, et je voudrais savoir d'où ça vient.
Elle l'étudia un moment avant de tendre sa main.
- Je ne vais pas demander à la lire.
- Vous n'allez pas ?
- Cela ne signifie pas que je ne vais pas la lire sans demander.
Il ouvrit la bouche pour protester seulement pour la voir lui faire un large sourire.
- Désolée. Je suis mariée à un Serpentard après tout. Ou plutôt c'est parce que je suis mariée à un avocat, reconsidéra-t-elle.
Entre les deux, Harry aurait choisi le Serpentard. Mais pas n'importe lequel, disons, un agent d'entretien sarcastique. Ce n'était qu'hypothétique.
Après avoir jeté quelques sorts sur l'enveloppe, Susan consulta ses archives. Elle fronça les sourcils alors qu'elle examinait les résultats.
- Vous avez reçu cette lettre récemment ?
- Il y a un peu plus d'une semaine.
- C'est certain que ça n'a pas été écrit il y a une semaine. C'est bien trop vieux pour la pister. Mais il y a, évidemment une adresse de retour.
Son air pointu demandait plus d'informations. Pour sa défense, elle ne formula pas cette demande à voix haute.
- Pouvez-vous affirmer que la lettre vient vraiment de cette adresse? demanda-t-il.
- Sans l'interroger sous Veritaserum, non. Une lettre de ce genre pourrait difficilement requérir un tel interrogatoire. J'espère que vous n'avez pas l'intention de vous en servir comme d'un tremplin pour une autre enquête.
Harry secoua la tête. Malfoy avait pensé la même chose, hier. Peut-être poussait-il le bouchon un peu trop loin. Ça ne serait certainement pas la première fois.
- Désolé de vous avoir dérangée.
- Aucun problème. La dernière fois que vous avez reçu des lettres de menace, nous avions dû vous citer à comparaître pour que vous acceptiez de coopérer. C'est un pas dans la bonne direction.
Une pensée le traversa alors qu'il tendait la main vers la poignée de porte sans visage heureusement.
- Qu'est-il arrivé aux courriers que mes admirateurs m'ont envoyés lorsque j'étais enfant ? Ont-t-ils été jetés ?
- Le Ministère a fait don de tous les cadeaux, après avoir passé au crible les sortilèges de Magie Noire, bien sûr. Les lettres ont été placées sur le monument près de la vieille maison de vos parents.
Alors qu'elle parlait, les rides sous ses yeux semblaient se creuser, rappelant à Harry que Susan avait elle aussi perdu sa famille dans la guerre.
- J'ai entendu qu'une statue de votre tante sera placée à l'atrium, dit-il gentiment. Je pense que c'est une idée brillante.
Les rides disparurent, remplacés par de légères fossettes.
- Viendriez-vous à l'inauguration ? Cela signifierait beaucoup pour elle – pour nous deux.
Harry lui sourit. Les mots « Département de la justice magique » pouvaient être gravés au fond de Susan, mais au fond de son cœur, il y avait la gentillesse d'une Poufsouffle.
- Ça s'est cloné !
Harry se frotta les yeux alors que Ron fit un geste furieux en direction de la poignée de porte, ou plutôt, en direction des deux poignées qu'arborait maintenant leur porte de bureau.
- Pourquoi est-ce qu'il y en a deux ?
- Calme-toi, bailla Harry. Je vais juste parler à Malfoy, et…
- MALFOY ? explosa Ron. Malfoy est derrière tout ça ?
- Lèche, Weasley, dit la première poignée de porte d'une voix traînante, dans une remarquable imitation de Malfoy.
- Tu sais que tu veux le faire, ajouta le deuxième, en lançant un clin d'œil de façon sexy.
Harry posa la paume de sa main contre son front.
- Lequel tu veux, celui de gauche ou celui de droite ?
- Qu'est-ce que tu veux dire, lequel je veux ? dit Ron, attirant l'attention d'Harry. Oh non, je ne vais pas embrasser une de ces choses !
- C'est si dommage, soupira la première poignée. Tu n'auras jamais plus de telles opportunités.
C'était vraiment quelque chose à voir, la combinaison du teint de Ron et de ses cheveux.
- Hé ! J'ai une femme !
De l'inspiration envahit son visage, comme lorsqu'il avait finalement réalisé qu'Hermione était une fille, en 4e année.
- J'ai une femme ! lança-t-il de nouveau, soulagé et envoya à Harry un regard compatissant. Désolé, mec, tu sais que je ferai la même chose pour toi, si tu étais à ma place.
- Il ment, dit la première poignée.
Harry acquiesça silencieusement mais n'en voulait pas à son ami, surtout après qu'il ait repéré leur interne près de la machine à café.
- Brian !
Le jeune diplômé sautilla vers eux, tenant en équilibre trois tasses de café. Il avait surtout obtenu le poste parce qu'il avait rappelé à Harry, Colin Creevey – c'est pourquoi ça faisait de la peine à Harry de l'exploiter ainsi.
- Et voilà, Auror Potter ! s'exclama-t-il en tendant à Harry une tasse, puis en tendant une autre à Ron. Auror Weasley.
- Merci, Brian, dit Harry avec son plus beau sourire. Pourrais-tu nous aider avec un baiser aujourd'hui ?
Brian rougit présumant entendre un lapsus :
- Vous voulez dire une affaire ?
- Eh non, rétorqua Harry montrant la porte de sa tête.
Les épaules de Brian s'affaissèrent. Deux rapides bises plus tard, des Aurors arrivèrent à grande enjambée dans leur bureau, laissant Brian se rincer la bouche. Harry arracha une page de son calepin et griffonna une note rapide à Malfoy.
Scorpius a pondu un jumeau. De l'aide ?
Harry
Il rajouta une ligne après que les poignées aient essayé de le caser avec chaque employé qui passait devant leur bureau.
P.S. S'il-te-plaît dépêche-toi.
L'ironie ne lui avait pas échappé.
Étonnamment, Malfoy répondit dans l'heure qui vint.
Potter,
Est-ce que c'est moi qui dois faire tout le boulot ? Tu choisis un nom pour la nouvelle. Et si tu choisis un truc stupide comme James, je lui apprendrai sûrement à te régaler de chansons d'amour comparant tes yeux à un crapaud frais du matin.
Sincèrement,
Draco Malfoy
P.S. Je te facture des heures supplémentaires.
Harry poussa un grognement.
- Quoi ? demanda Ron
- Rapport de maintenance, mentit-il, en quelque sorte.
Il lissa le bout de parchemin avant d'écrire sa réponse.
Malfoy,
Albus Severus va très bien, merci beaucoup. Que dirais-tu que je t'emmène dîner pour te remercier de tes oh-si-précieux conseils ? Ou plutôt dîner pour moi et petit-déjeuner pour toi ?
Harry
Il l'envoya rapidement pour que le blond puisse la lire avant de s'endormir – et avant qu'il puisse changer d'avis. Et lorsqu'il l'envoya, quelque chose capta son regard.
La signature étant identique à l'autre lettre, formulation et tout le reste. Bien sûr, Sincèrement n'était pas la même chose que Meilleurs Vœux ou Dieu m'en préserve, Ton Ami, mais Harry ne pouvait s'empêcher de faire autrement que de se réjouir d'un simple fait. La lettre était probablement réelle. (Il choisit d'ignorer le fait que quelqu'un aurait facilement pu imiter l'écriture.) Malfoy ne l'a pas toujours détesté.
Peut-être pourrait-il faire en sorte qu'il ressente de nouveau ces sentiments.
À sa surprise, Malfoy accepta et l'attendait devant le Ministère à la fin de la journée.
- Je ne suis toujours pas rayé de la liste des suspects, Potter ?
Harry secoua la tête, sachant qu'il était inutile de discuter.
- Al a essayé de me caser avec Terry Boot, durant toute la journée. Scorpius n'est pas d'accord.
- Il a raison. Ne sors jamais avec quelqu'un, dont le nom de famille est un genre de chaussures. Surtout si ton prénom est Harry.
- Scorpius pense qu'on devrait sortir ensemble, lança Harry comme s'il s'agissait d'une idée inutile d'une quelconque poignée de porte du Ministère.
S'il transpirait un peu, eh bien, c'était parce qu'il faisait inhabituellement chaud en ce printemps.
Et la rougeur qu'il sentait monter à ses joues alors que Malfoy commença à rire, c'était seulement un coup de soleil.
- Merlin. Qu'est-ce que Weasley avait à dire à ce propos ?
- Il devrait pouvoir sortir de St. Mungos d'ici la fin de la semaine, répondit Harry alors que le restaurant rentrait dans leur champ de vision.
Puisque Malfoy devait aller travailler l'heure suivante, ils ne perdirent aucun temps pour passer leur commande. Harry petit-déjeuna pour son dîner afin de faire plaisir à Malfoy, même s'il mit de côté le café.
- Pourquoi as-tu décidé de travailler dans la Maintenance ? demanda-t-il, mastiquant un bout de bacon.
Malfoy lui lança un regard dédaigneux, bien qu'Harry ignorait si Malfoy se sentait offensé par la question ou alors par le fait qu'Harry ose s'adresser à lui la bouche pleine.
- J'ai entendu que c'était un tremplin pour devenir Ministre. Vraiment, Potter, est-ce qu'ils ont abordé le sujet des interrogations pendant l'entraînement pour devenir Auror ?
- Bien, répondit Harry en posant sa fourchette. Une question contre une question. A moins que tu n'aies peur de ce que je vais demander.
- Es-tu sûr de ne pas être un Serpentard dans l'âme ? demanda Malfoy en soulevant un sourcil.
- Le Choixpeau a sérieusement considéré de me placer à Serpentard, mais je lui ai demandé de ne pas le faire. Et oui, ça comptait pour une question.
- Eh bien, cette réponse le prouve, grogna Malfoy. Question suivante : pourquoi lui as-tu demandé de ne pas te placer à Serpentard ?
- Toi.
- Moi ? s'étrangla Malfoy avec son eau. Sérieusement, Potter ? Tu dis que si je n'avais pas attiré l'attention sur le nombre de taches de rousseur de Weasley ou dit je ne sais quoi, le Seigneur des Ténèbres gouvernerait en ce moment même la Grande Bretagne ?
- Évidemment, Malfoy. Je suis surpris que personne ne t'ait jamais recommandé pour l'Ordre de Merlin.
- J'aurais dû savoir que c'était toi qui étais derrière tout ça.
- Derrière quoi ?
- Quelqu'un ne cesse de me nominer pour l'Ordre de Merlin.
Le dégoût avec lequel Malfoy cracha ces mots, fit exploser Harry de rire. Malfoy ne prit même pas la peine de paraître offensé, essuyant une tache de ketchup de sa robe.
- Même si ce n'était pas toi, c'est ton témoignage qui en est la cause.
- Hé, si j'avais su que mon témoignage t'aurait permis de te faire recommander, je ne l'aurais jamais fait, répondit Harry, levant sa main.
Il disait ça pour plaisanter. Un éclair de panique passa sur le visage de Malfoy avant qu'il ne retrouve son air renfrogné.
- Oui, Potter. J'adore recevoir une lettre de refus chaque mois, me disant combien le Ministère était désolé que je ne sois pas à la hauteur ou bien pas assez courageux, selon eux. Tu me rends service. Je n'aurais sûrement pas eu de courrier autrement.
Le morceau d'œuf qu'Harry avait avalé semblait former une bosse dans sa gorge. Il avait besoin de détourner la conversation des lettres.
- Je peux m'en occuper, si tu veux.
- Les Mangemorts ne sont-ils pas habituellement à l'autre bout de tes investigations ?
- Tu n'es pas un Mangemort, dit Harry, haussant les épaules.
Il ne s'attendait pas à se retrouver nez à nez avec la Marque des Ténèbres de Malfoy.
- Repose ça ! Les gens nous fixent.
Malfoy obéit, mais ne rabaissa pas sa manche. Dans l'intérêt d'une fillette de 5 ans, assise à la table en face d'eux, Harry le fit pour lui.
- Cachée derrière une couche de vêtement, ça te fait te sentir mieux ? siffla Malfoy. Je suis un Mangemort. J'ai bien tué des gens.
Harry fut stupéfié par sa réponse. Malfoy ne se prenait tout de même pas encore pour un Mangemort ?
- Ok, voilà ma question. Qui as-tu tué ?
Malfoy sembla regretter d'avoir amené le sujet.
- Vraiment ? Tu ne pouvais pas commencer par quelque chose de simple, comme ma couleur préférée ou si je suis allergique aux chats ?
- Les Griffondors sont des chats, donc j'imagine que oui.
- Faux. Crevettes. Je suis allergique aux crevettes.
Si Malfoy n'avait pas été en train d'essayer de son mieux de changer de sujet, Harry en aurait peut-être ri et demandé comment il avait pu trouver ce fait particulier. Comme c'était le cas, Harry garda une expression neutre.
- Je ne te demande pas ce qui pourrait te tuer. Je veux savoir qui tu as tué. Je sais que tu n'as pas tué Dumbledore. J'étais là. Caché derrière une couche de vêtement, ajouta-t-il pour insister.
- Évidemment que tu étais là, grogna Malfoy.
Harry grimaça. Et pourquoi cela ? Hermione avait toujours essayé d'interpréter les choses trop loin, mais la vérité était, qu'il avait seulement essayé de découvrir ce que Malfoy fabriquait. Elle aurait dû laisser passer lorsqu'il eût prouvé avoir raison. A la place, elle insista qu'il était allé trop loin. Mais de son point de vue, ça n'avait pas été suffisant, puisqu'il n'avait pas été capable d'empêcher que cela arrive.
- Pour ma défense, Dumbledore m'avait lancé le Maléfice du Saucisson, dit Harry.
Remarquant la façon qu'avait Malfoy de tressaillir à la mention du nom du directeur, Harry ajouta :
- Je ne t'en veux pas pour cette nuit. C'était ce que Dumbledore voulait.
- Mais qu'en est-il des autres nuits ? dit Malfoy fixant au loin, le regard vide. Tu m'as vu échouer cette nuit. Mais qu'en est-il des nuits où j'ai réussi ?
- Je n'aurais pas appelé ça réussir, mais peu importe comment tu souhaites l'appeler, tu n'as jamais pu t'en rapprocher.
Malfoy haussa les épaules, mais ses yeux restèrent vigilants.
- Demande-moi quelle est ma couleur préférée.
Parfois, ce n'était simplement pas possible de raisonner avec Malfoy.
- Pourquoi est-ce que vert est ta couleur préférée ?
- Ça ne l'est pas, répondu Malfoy. C'est plus…
Il s'arrêta, regardant directement dans les yeux d'Harry.
- Émeraude.
Si Malfoy lui avait demandé à ce moment-là quelle était sa couleur préférée, Harry aurait répondu le gris d'une toile d'araignée, même s'il avait détesté cette couleur depuis que Tante Pétunia avait teint les vêtements de Dudley avant de les lui faire porter. A la place, Malfoy demanda :
- Quel boulot tu aurais aimé faire si tu n'avais pas pu être un Auror ?
- Attrapeur pour le Club de Flaquemare.
Harry vit une ouverture et répéta la question que Malfoy avait esquivée plus tôt.
- Pourquoi as-tu décidé de travailler dans la Maintenance ?
Malfoy ne bougea pas, mais fit une pause plus longue que d'habitude. Ça rendit Harry encore plus curieux de savoir sa réponse.
- Pendant ma sixième année, j'ai réalisé que j'étais bon pour réparer des choses. Tu sais quand. Après un moment, je ne pouvais plus supporter de regarder toutes ces choses brisées. Donc j'ai commencé à les réparer.
Le visage de Malfoy s'assombrit.
- Pas que ça changeait quelque chose, puisqu'elles se faisaient toutes détruire quand…
Sa voix s'estompa. Harry voulait dire quelque chose, mais il ne savait pas du tout quoi lui dire. Le silence, finalement, était plus réconfortant que n'importe quels mots.
Malfoy se redressa.
- Et je n'allais pas être le premier Malfoy en 5 générations à ne pas travailler au Ministère. Voilà, tu as ta réponse. Maintenant, si ça ne te dérange pas, je voudrais garder ce boulot.
Le remerciant pour le repas, Malfoy se hâta d'aller travailler. Harry le regarda partir, notant combien le coucher du soleil reflétait sur ses cheveux blonds alors qu'il marchait. Il se demanda ce que Malfoy penserait du fait d'être temporairement roux. Ça ne lui allait pas. Tout de même, quelque chose se serra dans la poitrine d'Harry, lui rappelant le temps où il pensait être attiré par Ginny. Peut-être y avait-il un signe.
Bien qu'il voulait transplaner jusqu'à chez lui, Harry se retrouva à regarder fixement la maison qu'il avait l'habitude d'appeler son chez-soi, enfin ce qu'il en restait. Pendant la journée, le Ministère faisait des visites guidées autour des ruines, une activité qu'Harry avait approuvée sous la condition que l'argent qui en était générée, était donné à la Fondation des Orphelins de Guerre. Il n'avait jamais mis le pied dans le musée. Il ne voulait pas voir les plaques commémoratives, marquant les endroits où ses parents étaient tombés.
A la place, il se tourna vers le monument, recouvert de fleurs fanées et de post-it sponsorisés par le Ministère pour remplacer les graffitis. Envahi par des slogans tels qu'Harry est notre héros ! et par des adresses de cheminée de plusieurs sorcières et sorciers sans gêne, aucune note n'attirait l'attention d'Harry. Aucune d'elles ne disaient « Potter pue » ou « Fais gaffe à toi, Balafré, espèce de stupide Sang-mêlé. »
Si Draco lui avait réécrit, la lettre avait dû être déchirée par le vent depuis bien longtemps, répandue dans tout le pays, et mise en poussière. Il ne s'était pas attendu à trouver les restes momifiés de lettres du même genre. Même s'il y avait une Archive du Courrier des Admirateurs d'Harry Potter approuvé par le Ministère, Harry doutait qu'il trouverait quelque chose.
Il posa la lettre sur le sol près du monument et attrapa un des bouquets, réarrangeant les fleurs en une couronne pour servir de support à la lettre.
Tremblant, il essaya de ne pas se rappeler combien de tombes il avait décorées avec des arrangements similaires. S'il louchait, il pouvait faire disparaître la lettre dans la marée des honneurs. Excepté pour sa déviation de 15 ans, elle n'était en aucune manière différente des autres.
Elle était toujours là lorsqu'il transplana de nouveau pour la récupérer.
Après des semaines d'expériences, Harry avait finalement atteint son but.
Il avait appris comment retirer des empreintes des objets, comme les Moldus pouvaient le faire. Il avait ensuite amélioré la technique avec la magie, ce qui avait ensuite résulté en plusieurs explosions et l'incendie d'une petite maison. (Il n'avait jamais aimé ces murs en plâtre. Il se sentait coupable d'avoir brûlé les habits en taie d'oreiller de Kreattur, lorsque l'Elfe avait tenté d'intervenir – bien qu'il ignorait si c'était parce qu'il était préoccupé par le bien-être de Kreattur ou bien parce qu'il avait été exposé à ce qui se trouvait sous ses habits.)
Hermione aurait été fière de lui. Elle aurait probablement inventé un meilleur sort en la moitié du temps qu'il lui avait fallu, mais quand même. Son invention pouvait mettre en évidence les empreintes digitales, même celles estompées par le temps, de n'importe quelles surfaces.
Si seulement il était aussi motivé par le vrai boulot qu'il ne l'était par les lettres. Il parlera probablement à Robards de son invention lorsqu'il aura fini. Elle ne servirait sûrement pas à éliminer des gens de la liste des suspects, la potion de Polynectar étant une excuse bien commode, mais il pourrait obtenir quelques points pour sa créativité.
Le cœur battant, Harry sortit la lettre et leva sa baguette. Il en avait fait quelques copies au cas où il y ait un problème, mais ces copies n'auraient pas eu les empreintes sur elles. De plus, il aimait vraiment bien l'idée d'avoir l'original à portée de main. Il pouvait jurer qu'elle sentait comme Malfoy par moments.
Il ne savait pas ce qui était le plus horrifiant, qu'il avait ces pensées ou bien qu'il sache ce que sentait Malfoy.
Une empreinte partielle commença à scintiller sur la page alors qu'il formula le sort. Alors qu'il recueillit une deuxième empreinte, le papier commença à fumer de manière incontrôlable. Jurant, il arrêta le sort alors que la lettre s'embrasa. Un rapide Aguamenti, suivi d'un sort de séchage, sauva le principal de la lettre. Les bords étaient brûlés et de l'encre avait commencé à couler, mais c'était intact.
Hors de question qu'il essaye de nouveau.
Il regarda les preuves qu'il avait récoltées. Deux empreintes. Deux empreintes de deux mains différentes. Utilisant la serviette de Malfoy qu'il avait prise au restaurant, Harry correspondit l'empreinte partielle à celle de Malfoy. Ça confirmait tout. L'écriture aurait pu avoir été imitée, mais l'empreinte était indéniablement réelle.
La deuxième empreinte était un mystère. Ce n'était pas la sienne (cela aurait été une énorme perte de temps). Mais ce n'était pas non plus celle de Malfoy.
Au moins, il savait que celui qui l'avait envoyée avait un petit doigt. Ce qui éliminait le fantôme de Peter Pettigrew.
Quel Auror il faisait.
- Il y a un poste de libre à la Maintenance dans la journée, dit Harry à Malfoy un jour.
Leurs petit-déjeuners-dîners étaient devenus une habitude hebdomadaire. Malfoy avait été trop fier pour de nouveau inviter Harry, et Harry avait été trop inquiet que Malfoy se demande pourquoi le Survivant avait voulu dîner avec lui. D'une certaine manière, c'est arrivé quand même, et assez de fois pour qu'ils y réservent un créneau dans leur emploi du temps.
- Tu devrais postuler.
Malfoy rit simplement.
- Quoi ? Tu es plus que qualifié. Tu t'es débarrassé de ces fichues poignées de porte. Tu ne m'as jamais dit comment, d'ailleurs.
- Ni pourquoi, ajouta Malfoy gentiment.
Harry patienta, mais le blond refusait de développer sa réponse.
- Eh bien, quoi qu'il en soit, tu devrais postuler.
- Pourquoi est-ce que toi, tu ne postulerais pas, Potter ? suggéra-t-il sarcastiquement.
- Tu n'es pas obligé de rester travailler dans la Maintenance si tu ne veux pas, dit Harry. Il y a quelques postes dans les Jeux et Sports Magiques, et j'ai entendu une rumeur selon laquelle la Coopération Magique Internationale chercherait à embaucher des…
- Anciens Mangemorts dont la spécialité est de parler aux poignées de porte ? interrompit Malfoy.
Prenant le silence d'Harry comme un non, il se rassit dans sa chaise.
- Je m'en doutais.
- Et que penses-tu du secteur privé ? insista Harry. Tu étais toujours très bon en potions à Poudlard. Tu ne m'avais pas raconté, la semaine dernière, que tu avais presque réussi à concocter une potion de Goutte Désopilante ?
- Est-ce que tu sais au moins ce que c'est ?
- Ça provoque l'hystérie.
- Je suis impressionné que tu t'en souviennes, répondit Malfoy, prenant une grande gorgée de sa boisson.
Pour être honnête, Harry se surprenait lui-même. Les potions avaient toujours eu tendance à lui rentrer dans une oreille et en ressortir aussitôt par l'autre. Il y avait quelque chose dans la voix de Malfoy qui lui donnait envie de se souvenir de chaque mot.
- Mais tu penses vraiment qu'il y a une grande demande pour ça ? continua Malfoy. Je semble causer cet effet sans avoir à vendre une potion.
- Je ne te comprends pas. Tu te vantes toujours de ton pull en cachemire à cent gallions…
- Fabriqué au Luxembourg, interrompit Malfoy.
- Parfait exemple – devant tout le monde, mais la façon que tu as de parler de toi-même… hésita Harry, ne voulant pas offenser le blond. Tout le monde ne pense pas la même chose que toi.
L'expression de Malfoy semblait dire « C'est évident, n'est-ce pas ? » lui rappelant celle d'Hermione.
- Pourquoi penses-tu que j'achète toutes ces choses pour moi en premier lieu ? Tu peux aller travailler avec tes cheveux tels qu'on dirait que quelque chose y a fait son nid puis est mort dedans et les gens te respecteraient toujours. Évidemment, je ne comprends pas en quoi c'est si difficile de passer une brosse dedans une fois tous les cent ans, mais ce n'est pas comme si quelqu'un s'attend à quelque chose d'autre de ta part. Tandis que moi, je dois avoir certains standards ou je n'ai rien.
- C'est n'importe quoi. Tu as toi. Tu vaux autant que n'importe qui, dit Harry, fronçant les sourcils.
- Tu oublies, que je ne crois pas en l'égalité, ria Malfoy sèchement. Peu importe à quelle extrême je me situe, la guerre n'a pas changé ça. Certaines personnes sont mieux que d'autres. Les sorciers sont mieux que les Moldus. Les Sang-Pur sont mieux que les San – Nés-Moldus[ii].
Harry ferma ses yeux. Il n'avait pas manqué le léger bégaiement sur le dernier mot.
- Donc, tu es en train de dire que les gens me respectent plus que toi, mais que tu restes mieux que moi puisque les Sang-Pur sont mieux que les Sang-Mêlés ?
- Non, je voulais dire que les Sang-Pur sont mieux que les Sang-Mêlés en théorie, corrigea Malfoy. N'importe quel Sang-Mêlé peut être mieux que n'importe quel Sang-Pur. Mais, outre ces facteurs, c'est quand même mieux de naître Sang-Pur. Tu as plus de chance d'être riche et d'avoir des contacts, et tu débutes avec onze ans d'expérience de magie.
C'était inutile de se disputer avec Malfoy sur ce sujet, alors Harry choisit de se concentrer sur un point particulier de son argumentation.
- En gros, tu dis tout simplement que je suis mieux que toi.
- Je dois admettre que tu possèdes quelques qualités qui compensent tes défauts, céda Malfoy.
- Par exemple ? La subtilité pure.
- Tes yeux.[iii]
Harry dût tousser pour cacher le sourire qui avait apparu sur son visage.
- Quoi ?
- J'ai dit, t'es judicieux[iv], se rattrapa Malfoy s'éclaircissant la gorge. Je veux dire, tu es un idiot complet, mais le fait que tu sois toujours vivant suggère le contraire. Et ta présence à mes côtés mettent en valeur mes cheveux.
Harry leva les yeux au ciel en entendant la dernière partie. Comme si tu avais besoin de moi pour mettre en valeur tes cheveux.
- Mais si tu veux des compliments, tout ce que tu as à faire est ouvrir un journal.
Malfoy se pavana, rejetant une mèche de cheveu.
- Je veux entendre des choses positives à mon propos.
Harry eut un petit rire, mais surtout pour se donner le temps de réfléchir. Il pouvait dire à Malfoy un million de choses positives à son propos, mais il doutait sincèrement que Malfoy voulait entendre la plupart d'entre elles.
- Eh bien, commença-t-il avec éloquence, tu as toujours un sens impeccable de la mode.
- Venant de toi, c'est pratiquement une insulte, dit Malfoy, les sourcils froncés et feintant l'offense.
- Et puis il y a ta charmante personnalité, déclara Harry. Tes insultes sont pleines d'imagination. Et…
Ses yeux papillotèrent vers sa main, la cherchant sur toute la table et la trouvant imbriquée en celle de Malfoy comme une pièce de puzzle. Elle avait dû graviter vers elle à un certain moment pendant leur conversation.
- Tu as la peau douce.
Malfoy remarqua leur position aussi.
- Toi aussi, retourna-t-il doucement.
Harry se rapprocha.
Un feu d'artifice explosa dans tout le restaurant. Tous deux sursautèrent, cognant accidentellement leurs deux fronts l'un contre l'autre. Frottant sa cicatrice, Harry remarqua George Weasley tendant des prospectus, à l'autre bout du restaurant, un halo de lumière tournoyant autour de sa tête.
- Je devrais y aller, dit Malfoy brusquement.
Il avait pratiquement déjà passé la porte avant qu'Harry ne réponde :
- Moi aussi.
Le timing était parfait, puisque George venait juste de le repérer et bondissait vers lui une poignée de main vibrante en main.
- S'lut Harry !
- George. Quoi de neuf ?
Harry espérait ne pas laisser transparaître le peu d'enthousiasme qu'il ressentait. Il ne pouvait toujours pas avoir une conversation décente avec Malfoy sans que des feux d'artifice explosent d'une façon ou d'une autre. Avant de se laisser distraire, il aurait juré que Malfoy se penchait pour l'embrasser. Par la barbe de Merlin, le blond l'avait pratiquement supplié de flirter avec lui.
Ou bien se serait-il trompé ? Peut-être que ce n'était qu'une douce illusion. Exactement comme lorsqu'il avait cru que les convictions de Malfoy avait miraculeusement changé en une nuit. Mais non, Malfoy avait toujours la Marque des Ténèbres gravée dans son bras. Il était toujours convaincu que les Sang-Pur étaient le pilier de la société. Et Harry, pour une raison inconcevable, ne pouvait s'empêcher d'être fasciné par lui.
Ou, du moins, c'était le mot qu'il avait choisi d'utiliser.
Harry fut tiré de sa rêverie alors que George éleva la voix.
- Avec qui étais-tu en train de manger ?
Une lueur taquine dans les yeux du farceur suggérait qu'il avait déjà fini l'explication de son dernier produit depuis longtemps et prenait plaisir à regarder Harry plongé dans ses pensées.
- Personne, soupira Harry.
Il y avait une autre lettre l'attendant sur son perron lorsqu'il rentra chez lui.
[i] Jeu de mot de l'auteur : warrant = mandat et warranted = justifié, garanti
[ii] En anglais, la petite hésitation de Draco passait un peu plus inaperçue : Muggleborn=Né-Moldu et Mudblood=Sang-de-Bourbe. C'est pour ça qu'Harry parle de bégaiement.
[iii] [iv] En anglais : your eyes et you're wise, jeu de mot difficile à retranscrire en français.
Voilà, c'est tout pour aujourd'hui.
L'auteur donne quelques précisions sur le chapitre à venir: Harry aura quelques surprises, Draco fera quelques actes héroïques et on aura l'occasion de rencontrer le mystérieux mari avocat Serpentard de Susan.
