Déclaration : Les personnages ne m'appartiennent pas, ce sont ceux du film The eagle. Je ne fais que les emprunter, merci à Rosemarie Sutcliff de les avoir crées.


Prompt from The_Eagle_Kink on LJ : Esca as a slave was pretty dark and intimidating at first, emotionally detached. I'd love to read a story about him finding a baby animal in a storm (it may be a pup!Cub or some other cute creature) and hiding it in the stables not telling any of his masters. I want Marcus finding out and being shocked seeing scary Esca's softer side, being all careful and gentle, risking punishment to help the animal.
Esca/Marcus, movie!verse.

Esca, vu comme un esclave assez sombre et intimidant au premier abord, émotionnellement détaché. J'aimerais lire une histoire où il trouve un animal bébé dans une tempête et où il le cache dans les écuries sans le dire à aucun de ses maîtres. Je veux que Marcus découvre tout et qu'il soit choqué en découvrant le côté doux, prévenant et tendre d'Esca alors qu'il risque une punition pour avoir aidé l'animal.

Je n'ai pas résisté... j'espère que le résultat vous plaira.


Partie 2

Suggestion d'écoute : la magnifique BO du film écrite par Atli Örvarsson… et/ou Nick Cave & The Bad Seeds – Jubilee Street
« She used to say :
All those good people down on Jubilee Street
They ought to practice what they preach
Here they are to practice what they preach
Those good people on Jubilee Street »

Il ne lui avait rien demandé et pourtant, malgré ses pas feutrés, il entendait chaque soir Esca se coucher derrière la porte de sa chambre. La première fois, cela avait franchement surpris Marcus. Surpris qu'il agisse comme n'importe quel autre esclave, car il l'avait habitué à toute autre chose. L'ilote restait avant tout un guerrier Brigantes. Oh ça il ne pouvait l'oublier : Esca y veillait soigneusement, et cela depuis le premier jour. Cela était déstabilisant, encore aujourd'hui, mais il avait décidé que cela lui convenait. Il en avait même un besoin viscéral pour éviter de s'apitoyer sur son sort, de ressasser le passé, en quelques mots de pourrir sur place. Rien n'aurait été pire qu'un esclave à ses petits soins. Esca était un défi permanent, suffisamment dans son rôle pour éviter les coups, et pourtant il arrivait à être effronté et rebelle. Et toujours si froid, si distant… bien souvent ses paroles, coupantes comme une lame, ou ses regards de glace, le figeaient sur place. Il ne savait pas y répondre.

Dans ses yeux se reflétait une telle fierté, une telle force de caractère que cela lui laissait un goût amer : il avait honte de ne pas pouvoir lui prouver qui il était. Alors tous les jours il luttait, tous les jours il se surpassait, quels que soient les sacrifices et les douleurs qu'il s'infligeait pour y parvenir. Il endurait comme il l'avait toujours fait, mais heureusement ses efforts portaient leurs fruits : il progressait vite. Bientôt, il pourrait lui démontrer toute sa puissance et sa supériorité.

En attendant, Esca était le gardien de ses nuits… cette initiative protectrice le laissait perplexe. Stephanos lui avait peut-être ordonné, mais cela ne lui faisait pas vraiment peur d'agir à sa manière et non comme on lui avait demandé. Peut-être pensait-il que c'était son devoir, peut-être voulait-il s'éloigner du quartier des esclaves, peut-être était-ce une coutume dans sa tribu ?! Marcus avait imaginé toutes sortes d'explications, sans parvenir à se convaincre que l'une d'entre elles était la vérité. Quelque chose dans ce geste le troublait, il n'y avait rien à faire… cela ne cadrait pas avec son esclave, avec l'idée qu'il s'en faisait. Chaque soir, par tous les dieux, chaque soir ! Il se disait la même chose. Quelque chose lui échappait, quelque chose d'important, il en avait l'intuition. Après une journée ennuyeuse, souvent faite de frustrations et de douleurs, il aurait aimé s'abandonner aux bras de Morphée, plutôt que de se poser ces questions stériles qui l'agaçaient terriblement. Et pourtant, jamais il ne s'abaisserait à le questionner. Par fierté, mais aussi par peur de la réponse qu'il pourrait obtenir. Il pouvait compter sur Esca pour appuyer là où cela faisait mal… inutile de s'infliger de nouvelles douleurs, il en avait bien assez avec sa jambe mutilée.

Plus intriguant encore, depuis quelques jours, il l'entendait se relever. Après un certain temps, certainement quand il l'imaginait endormi, il quittait sa couche. Il en était certain, il s'était même relevé pour aller vérifier. Où allait-il ? Que faisait-il ?

Il lui fallait agir, ce soir. Il avait attendu, étendu dans son lit avec pour seul spectacle les ombres projetées par sa lampe à huile bercée par un courant d'air. Il en gardait toujours une allumée la nuit. Une vieille superstition… et surtout pour ses cauchemars. Ils étaient tenaces et si réels, qu'il s'aidait de cette faible lumière pour en sortir au plus vite. Il s'en saisit, se rhabilla rapidement et quitta sa chambre, bien décidé à traquer son esclave et découvrir ce qu'il faisait au lieu de… eh bien, de veiller sur lui.

La maison semblait figée dans un silence glacé que seul le bruit du vent venait troubler… et maintenant lui, traînant ses sandales, tout comme son esclave l'avait fait avant lui. Mais la comparaison s'arrêtait là, Esca avait la jeunesse et la santé pour lui. Un courant d'air vint caresser sa nuque, Marcus se demanda, une fois de plus, ce qui pouvait le pousser à se relever la nuit venue. Il faisait déjà si froid… il n'avait pas encore connu d'hiver ici en Britania, mais il craignait le pire.

Il fallait se rendre à l'évidence, il avait arpenté toutes les pièces : Esca avait quitté la maison. Il ne lui restait guère qu'à vérifier les écuries. S'il n'y était pas…

Il maudit son esclave dès ses premiers pas dans le jardin où un vent froid le réveilla définitivement et fort brutalement. Sa curiosité se transforma en colère. Il hâta le pas en s'aidant de sa canne tout en scrutant nerveusement l'obscurité. Et si Esca était là, caché, en train de l'observer et de se moquer ? S'il avait fait tout cela pour voir son maître se ridiculiser ?! Marcus secoua la tête, cela ne lui ressemblait pas. Même si son corps était mis à rude épreuve, son esprit n'avait pas changé et sa volonté réussissait toujours à dompter ce corps endommagé. Il bomba alors le torse, affrontant avec fierté le froid et l'inconnu. Il entra dans les écuries et l'odeur le saisit immédiatement figeant littéralement ses pas. Il déglutit difficilement tandis que son cœur se serrait douloureusement dans sa poitrine. Ses épaules s'affaissèrent, il redevint le Marcus qui avait tout perdu. Cette odeur… il l'avait presque oubliée, alité depuis si longtemps, trop longtemps. Son esprit se remplit d'images, de succès, d'aventures, de batailles, d'échecs… les chevaux l'avaient accompagné toute sa vie. Comment avait-il fait pour vivre tous ces jours sans eux ?! C'était douloureux, presque cruel et en même temps si bon…

Il devait aller de l'avant, se choisir une nouvelle voie, les dieux en avaient décidé ainsi. Il l'avait accepté et il priait tous les jours, leur rappelant l'homme bon qu'il était, citant tout ce qu'il avait accompli par devoir, demandant sans relâche aux Dieux d'éclairer ses choix. Il espérait toujours trouver un moyen de regagner l'honneur de sa famille.

Un bruit le tira de ses pensées. Il déposa sa lampe à huile, passa devant les chevaux pour avancer précautionneusement dans les écuries. Il savait qu'Aquila avait confié leur entretien à Esca et il était satisfait de ce qu'il voyait. Il continua son chemin, sans bruit, pour tenter de surprendre son esclave dans son activité nocturne.

Le surprendre… c'était surtout lui-même qui fut surpris quand il le trouva enfin. Tapi dans l'obscurité, le spectacle le laissa interdit : Esca à genoux devant une louve blessée et un louveteau qui lui tournait autour. Par Mithras, ce n'était vraiment pas habituel... Ses hommes l'avaient habitué à beaucoup de choses, mais jamais encore on ne lui avait ramené un loup vivant ! Par le passé, il avait constaté que la nuit était propice à toutes sortes de bêtises. Certains fuyaient, surtout les veilles de combats, d'autres se goinfraient après avoir forcé les serrures du garde-manger, d'autres buvaient plus que de raison, il en avait croisé en train de se masturber, surprit des hommes entre eux, et encore bien pire, mais cela n'avait rien à voir avec ce que faisait Esca et définitivement, il n'aurait jamais pu devenir ceci malgré ses précédentes expériences.

Il était captivé, comme hypnotisé par les gestes du jeune homme et sa langue si inhabituelle. Il s'occupait de la louve presque tendrement... Une louve sauvage tous crocs dehors ! Cet idiot pouvait se faire mordre à tout moment et Marcus dut réprimer avec force à plusieurs reprises l'envie de se dévoiler. Mais il devait reconnaître qu'Esca avait des gestes lents et précis et que la louve était attachée. Il agissait avec une douceur inhabituelle qui semblait avoir momentanément charmé la bête… et lui-même. Jamais il ne l'avait vu si attentionné, il avait même du mal à croire qu'il avait la même personne devant les yeux tant son visage était métamorphosé. Il avait déjà parlé à cette louve en quelques minutes plus qu'à lui en quelques semaines ! Il était même bavard, alors qu'habituellement, il n'ouvrait quasiment jamais la bouche. En lieu et place de cette mâchoire serrée, de ce regard dur et intransigeant, il y avait un visage ouvert, expressif, détendu, amusé par le louveteau qui ne cessait d'essayer d'attirer son attention en mordillant sa manche. Juste incroyable…

Quand Esca eut fini de la soigner, il s'assit en tailleur à même le sol et se mit à parler au louveteau qui lui tournait autour. Il sortit alors de sous sa tunique un morceau de pain. C'était donc cela qui attirait le jeune loup et qui l'excitait ! Il le tint en l'air et, avec grâce, le louveteau finit par l'attraper, ce qui lui valut de chaleureuses félicitations, enfin c'était ce que Marcus interpréta des paroles en celte d'Esca. C'était une langue qui restait bien mystérieuse pour lui. Le jeune loup se cala alors entre les cuisses d'Esca et attaqua aussitôt le pain. Un sourire, comme il n'en avait jamais vu, illumina alors le visage juvénile de son ilote. Marcus réalisa qu'il ne l'avait vu sourire avant ce soir. Esca se mit à le caresser avec cette même douceur qui lui était inconnue, lentement, en chantonnant doucement. Le louveteau se laissait faire… Il faisait froid, une petite buée s'échappait de ses lèvres. Et pourtant, c'était comme si cela ne l'atteignait pas. Le temps semblait suspendu et Marcus était subjugué par ce spectacle surnaturel. Il ne savait ce qui était le plus étrange, ces loups dans les écuries ou l'attitude de son esclave.

C'était intime et touchant de voir Esca prendre ainsi soin de cet animal blessé. En l'épiant, il le voyait tel qu'il était, sans rôle à tenir, mis à nu. Comme dans l'arène finalement. Il comprit alors ce qui lui échappait jusque-là, pourquoi malgré son attitude hostile, il se couchait près de lui le soir venu. Parce qu'un homme d'honneur ne fuit pas ses responsabilités, parce que le sauvage n'était finalement pas fait de marbre, qu'il était capable de douceur, de compassion et qu'il avait besoin d'amour comme tous les hommes…

Une familiarité s'était créée entre eux deux, mais par obligation. Leurs corps se touchaient quand il l'aidait dans ses gestes quotidiens, et pourtant cela n'avait rien à voir avec l'intimité qu'il avait sous les yeux. Marcus soupira, pourquoi cela le décevait-il ? Pourquoi sentait-il l'aiguillon de la jalousie jouer avec son cœur ? Il ne saurait le dire. Mais il avait mal à sa jambe et il était glacé, alors il fit un pas en avant pour se découvrir.

Esca leva brusquement ses yeux qui s'agrandirent sous l'effet de la surprise, sa bouche s'ouvrit légèrement laissant entrevoir son étonnement. La surprise était totale et un révélateur puissant. Leurs regards se soudèrent et Marcus fut à son tour vraiment surpris de voir la peur voiler son visage. Ses joues se colorèrent légèrement, sa poitrine se souleva un peu plus vite et puis son visage redevint inexpressif. Comme une fleur qui se fane, il perdit tout cet éclat entrevu quelques instants auparavant. Cela lui fit l'effet d'une gifle. Une déception immense l'envahit le glaçant plus sûrement que n'importe quel froid Britannique.

Esca se releva lentement, le louveteau sauta gracieusement sur le sol. Marcus le suivit du regard tandis qu'il allait se lover contre sa mère, son morceau de pain entamé bien calé dans sa gueule. Marcus découvrit que celle-ci avait retroussé ses babines et dardait son regard sur lui. Soudain, il se sentit jugé.
- Tu peux m'expliquer ? Demanda-t-il en reportant son attention sur son ilote qui avait pris un air contrit de circonstance, les mains croisées dans son dos, son regard braqué sur le sol. Encore heureux, pensa Marcus un brin soulagé. Son esclave avait une once de respect pour lui.
Celui-ci déglutit sans répondre à la question. Il se murait dans ce silence dont Marcus avait tant l'habitude.
- Esca, le pressa-t-il, pourquoi as-tu ramené cette louve à la villa ? Se répéta-t-il.
Mais il n'eut pas plus de succès.
- Tu ne me réponds pas ? Dit-il finalement en haussant le ton.
Ils savaient tous deux ce que cela signifiait et Esca releva brusquement le menton piqué au vif, drapant sa froideur de fierté et courage. Quelle que soit la punition, il l'affronterait, Marcus en était certain. Elle ne changerait pas ce qu'il était et ce qui l'avait motivé aujourd'hui resterait toujours un mystère pour Marcus. Le punir ne servirait à rien, il le savait d'expérience. Ce n'était ni de l'incompétence, il avait discipliné des hommes par le passé, ni de la faiblesse, simplement une évidence.

Il soupira en passant sa main dans ses cheveux. Sa jambe lui faisait mal, le froid ne lui réussissait pas, il sentait ses muscles se contracter involontairement et douloureusement, la fatigue de la journée s'abattit soudainement sur ses épaules. Il chercha du regard un endroit où s'asseoir, mais il ne trouva rien. La nuit promettait d'être longue et fort pénible.
- Ils allaient la tuer, murmura finalement le jeune homme.
- Qui ? Demanda immédiatement Marcus en braquant son regard sur lui et en fronçant les sourcils.
Il était étonné et en même temps soulagé qu'Esca parle enfin. Son expression s'était adoucie... son regard était toujours baissé, mais moins qu'avant. Marcus savoura cette petite victoire en prenant une grande inspiration.
- Je ne sais pas, des chasseurs.
- Quand ?
- Le soir où je suis allé ramasser les champignons.
- Hum. Donc, trois jours en arrière, pensa Marcus. Tu aurais dû m'en parler, pourquoi ne pas l'avoir fait ?
La question directe l'embarrassa, ce qui était le but.
- Je n'aurais pas été autorisé à les ramener, avoua-t-il finalement avec une pointe de provocation dans la voix.
- C'était à moi à en décider ! Tu ne dois pas agir sans mon accord !
Le ton était volontairement mordant, cela devait être dit. Les yeux de son ilote se levèrent et Marcus affronta sans ciller ce regard pénétrant dont l'intensité ne cessait de l'étonner, encore aujourd'hui. La fierté s'y reflétait comme le ciel sur une mer d'huile. Esca acquiesça sans baisser son regard ancré au sien. Marcus n'y vit plus cette fierté qu'il appréciait, non, il n'y vit que résignation.

- Tu as bien fait de les ramener, elle est très belle, offrit-il comme une main tendue vers son ilote.
Mais pour la seconde fois, Esca écarquilla les yeux, pris au dépourvu face à son changement d'attitude. Cela agaça profondément Marcus. Quoi que d'autres lui aient fait pour mésestimer les Romains de la sorte, il ne voulait pas en payer les conséquences. Parce qu'il était Romain, ne le croyait-il pas capable de reconnaître la force, la beauté, mais aussi la bêtise des autres ? Il était tellement plus civilisé que la plupart des sauvages qu'il avait croisés en Britania ou ailleurs ! Il était déçu qu'Esca ne le voie pas comme l'homme d'honneur qu'il était. Jamais il n'avait commandé par la peur, il préférait largement inspirer le respect. Il avait encore cette bataille à gagner avec son esclave.

- Elle grogne, constat-t-il finalement regardant la louve.
- Elle se méfie…
- Je ne lui ferais pas de mal, avoua-t-il avec sincérité.
- D'autres voulaient la tuer, fit remarquer vivement le jeune ilote.
- Je comprends, répondit-il lentement, en choisissant ses mots. Mais les autres ce n'est pas moi.
- Elle est blessée, vulnérable, à notre merci, renchérit Esca avec un ton calme et fataliste.
- Quand bien même, je n'en profiterais pas, déclara-t-il en calquant, sans le vouloir, son ton sur celui grave du jeune homme. Ce n'est pas parce que d'autres la chassent que je ferais la même chose. Mais cela est dans l'ordre des choses : elle est sous mon toit, elle doit obéir à mes règles, même si elle est sauvage.
À nouveau Marcus sentit que ses paroles déstabilisaient le jeune homme qui n'avait pas réussi à cacher sa surprise. Il avait de grands yeux ce soir et ils fouillaient son âme sans relâche. Jamais il n'avait rencontré une personne qui lui fasse cet effet. Il le dépassait d'une tête et parfois un regard ou une parole le faisaient se sentir si petit, c'était ridicule... Un silence s'installa entre eux et comme toujours, cela ne sembla pas déranger Esca. En revanche, lui sentait son malaise grandir. Le louveteau le sauva, il avait fini son pain et il vint faire connaissance avec lui. Marcus eut immédiatement envie de le caresser, il semblait si doux… mais le loup se retourna et le mordit. Marcus interrogea immédiatement Esca du regard.
- Il se laissera facilement apprivoiser, fit-il en se baissant au-dessus du louveteau venu se réfugier entre ses jambes. Il sera un ami fidèle et puissant.
Marcus serra sa main douloureuse, quelques gouttes de sang perlaient déjà.
- Il semble t'avoir adopté.
Esca le considéra longuement avant de répondre.
- Je ne lui ai pas encore donné de viande. La main qui lui en donnera sera celle de son maître.
Cette nouvelle réjouit Marcus qui manquait de distraction et de compagnie.
- Et elle ?
- Encore un ou deux jours et elle pourra retrouver sa liberté.
- Bien. De quoi as-tu besoin ?

Il ne répondit pas immédiatement, Marcus inspira profondément pour éviter de le presser.
- De viande, pour les nourrir, expliqua-t-il finalement, en s'approchant de la louve qui montrait toujours ses crocs.
- Inutile d'en parler à Sassticca. Cela restera notre secret.
Esca hocha simplement la tête.
- Tu iras chasser demain, continua Marcus qui constata immédiatement que cela réjouissait son ilote. Il semblait aimer cela tout autant que lui. C'était une faveur qu'il lui faisait, d'autant plus que lui-même ne pouvait l'accompagner.
- Et s'il te plaît, fit-il avec un agacement feint, parle-lui en celte.
Esca l'interrogea du regard en fronçant les sourcils.
- J'en ai marre de la voir grogner !
Cela fit sourire l'ilote qui s'exécuta sans tarder. Cette langue si différente de la sienne l'intriguait, quant à ce que réussissait à faire Esca, cela le fascinait au point de vouloir le voir encore une fois.

Dans quelques jours la louve partirait, mais il lui resterait toujours deux loups sous son toit. Bien que… un loup pouvait s'apprivoiser. Il ne voyait déjà plus Esca aussi sauvage qu'auparavant.

Cela lui redonna un peu de courage. Il sourit au louveteau revenu le voir, il était chaud et si doux... La vie était pleine de surprises et de mystères, à l'image de son compagnon d'infortune. Son avenir n'était peut-être pas aussi noir qu'il le pensait. Tout en caressant le louveteau, il se sentit serein, heureux d'être parvenu à montrer l'homme juste et bon qu'il pensait être, certain de ne pouvoir être mieux accompagné pour affronter l'avenir que les Dieux lui réservaient.


J'espère que cela vous a plu... espérer c'est bien, savoir c'est mieux !
Quelque soit votre avis, j'espère que vous me donnerez. Merci !