Journal de Scott McCall – Partie 2

Stiles est intelligent. Pas seulement parce qu'il a des bonnes notes en cours, non, il est réellement intelligent. Plus intelligent que moi et il n'hésite pas à le démontrer tous les jours que Dieu fait. Je ne pense pas qu'il le fait exprès, mais c'est vraiment facile de passer pour un idiot à côté de lui...

Surtout que nous sommes très différent, alors que lui parle tout en réfléchissant, donc quelquefois il dit quelque chose qu'il ne voulait pas dire mais qui lui passait à l'esprit. Alors que moi, je réfléchis avant de parler, préférant éviter justement de dire une bêtise. Et au final, bien souvent, je ne dis rien. Je n'ai besoin de rien dire puisque Stiles a déjà pris la parole et je me contente d'être en accord avec lui. De toute manière, on s'en fiche de ce que je peux bien penser, non ?

Tant de fois où j'avais essayé d'en placer une dans des conversations à plusieurs... c'était déjà difficile avec seulement Stiles. C'était déjà comme ça du temps Theo/Jackson/Stiles, j'avais l'impression d'être invisible de temps à autre, et puis on se souvenait que j'existais. Même si je m'éloignais de lui, Stiles ne voulait pas se séparer de moi, j'ignorais la raison mais c'était ainsi.

J'avais essayé, bien sûr, de récupérer Jackson, j'allais vers lui et je ne comprenais pas son refus de me parler. J'avais l'impression qu'il me détestait encore plus que Stiles, comme si je l'avais déçu... Je n'ai pourtant jamais voulu ça. Jackson était mon ami... mais Stiles était mon meilleur ami.

C'est vrai que le temps avait passé, nous amenant au collège, où j'ai pu aisément subir les brimades d'adolescents... Stiles n'y avait pas droit, personne n'osait, après tout c'était tout de même le fils du shérif, le seul et l'unique et personne n'ignorait quel papa poule il était. Contrairement à moi. Moi qui n'était rien. Si Stiles était l'intello, j'étais le sportif... qui faisait de l'asthme. Loser jusqu'au bout, vraiment. Et si Stiles se faisait détesté des autres, c'est moi qui en subissait les conséquence, parce que j'étais ami avec lui. Il n'en a jamais rien su, je lui cachais du mieux que je pouvais tout en souriant pour qu'il ne se doute de rien. Il n'a jamais réussi à voir au-delà de mes sourires. Ou peut-être ne voulait-il simplement pas le voir.

Les choses ont continué à empirer avec les années, mais je devais être fort. Pour ma mère qui était déjà attristé par le départ de mon père. Pour Stiles qui avait déjà perdu sa mère. Personne ne devait s'inquiéter pour moi, c'était mieux ainsi. Bien que quelquefois, oui, peut-être que j'aimerais que Stiles, ou quelqu'un d'autre, puisse voir que je souffre intérieurement. à quel point, même entouré, je me sens seul. Quand, par exemple, on se retrouve à discuter à plusieurs et que toute l'attention est à Stiles et que j'ai l'impression de faire partis du décor... Oui, c'est vrai, je me suis demandé pourquoi Stiles s'encombrait de moi alors qu'il pourrait avoir tout un tas d'autres amis. Pourquoi spécialement moi ? Est-ce parce que malgré toutes les bêtises qu'il peut sortir, je me contente de le regarder et sourire ? Que malgré ses babillages sans aucun sens et ses plaintes, je continue de lui sourire en disant que ça va aller ?

Je n'ai vraiment pas la moindre idée de pourquoi il s'est autant attaché à moi... ça m'échappe.