De tous les lieux publics agréables de Springfield, le jardin public en était certainement le plus couru. Rendez-vous fidèle des petits et des grands, il faisait la fierté de ses habitants qui prenaient plaisir à conserver cet espace vert où chacun pouvait en apprécier la sérénité et les multiples activités de plein air. Dès les premiers jours du printemps, le parc voyait revenir sur ses pelouses les plus férus de ses admirateurs.

Ce soir là, la clémence particulière du temps avaient attirée une foule de personnalités et parmi elles, le milliardaire le plus connu de la ville, Monsieur Montgomery Burns. Depuis toujours, Monsieur Burns affectionnait ses longues balades au parc qui lui permettaient, l'espace de quelques heures, d'échapper aux stress et à l'agitation du cruel monde des affaires. Désireux de faire plaisir à son patron, son fidèle assistant Monsieur Waylon Smithers avait prit l'initiative d'y organiser un pique nique. La soirée avait plutôt bien commencée. L'idée de Monsieur Smithers avait remporté un franc succès et Monsieur Burns ne tarissait pas d'éloge à propos des petits plats concoctés par son assistant

Je dois bien Smithers que votre idée d'un pique-nique en plein air était tout bonnement délicieuse.

Merci Monsieur, répondit-il fièrement, J'ai pensé qu'avec tout le travail que vous accumuliez ces temps-ci, il serait bon que vous vous accordiez une petite pause.

Et vous avez eu parfaitement raison. Tâchez à l'avenir de multiplier ce genre d'initiatives qui mettent un peu de gaité dans ma journée.

J'y tâcherais Monsieur !

Oh et pendant que j'y pense, s'exclama-t-il en terminant un morceau de tarte, Songez aussi à refaire de cet exquis fondant à la noix de coco. Je ne sais pas où vous avez trouvez cette recette mais elle est tout simplement divine.

En réalité Monsieur, déclara-t-il modestement, c'est une de mes recettes personnelles. Il y a quelques semaines de cela, j'ai commencé à donner quelques cours de cuisine dans mon quartier.

C'est tout à fait noble de votre part Smithers de transmettre ces précieuses connaissances à la ménagère américaine moyenne. Mais gardez-en tout de même quelques unes de vos recettes pour mes diners personnels. Qui sait entre les mains de quelle femme cupide et sans scrupules vos découvertes pourraient tomber !

Bien. Je prendrais note de cet avertissement Monsieur, répondit-il en se raclant la gorge, Mais je suis certain que je peux avoir toute confiance en… elles.

Mon pauvre Smithers, rétorqua-t-il en soupirant, votre grande naïveté finira un jour par vous perdre. Finissons-là notre discussion sur vos talents culinaires. Le soleil va bientôt se coucher, il est grand temps de clore ce joyeux diner sur nos traditionnelles gaufres.

Oh Seigneur ! s'écria subitement Smithers en jetant un œil dans le panier de pique-nique.

Que se passe-t-il ?

Je vous demande milles fois pardon Monsieur. Dans ma précipitation pour préparer le panier, j'ai complètement oublié les gaufres.

Ne vous inquiétez donc pas pour cela Smithers, dédramatisa son patron, il y a beaucoup de marchands de friandises itinérants dans les environs ces temps-ci. Je suis sûr que vous parviendrez à nous dénicher quelques succulentes gaufres.

Très bien Monsieur, j'irais lorsque je vous ramènerais chez vous.

Non j'ai une meilleure idée, lança soudainement son patron, allez plutôt m'en chercher une maintenant. Je tiens à profiter encore un peu de l'ambiance si pittoresque de ce parc.

Etes-vous sûr Monsieur qu'il est bien prudent que je vous laisse seul ici à cette heure de la journée ?

Bon sang Smithers, je ne suis pas un enfant qui a besoin qu'on lui tienne la main sans arrêt. Je peux me passer de votre compagnie cinq minutes et si quelqu'un d'inquiétant s'approche, déclara-t-il en sortant une bombonne de poivre de sa poche, j'aurais toujours le moyen de riposter.

Dans ce cas, je vous promets de faire aussi vite que possible. A quel parfum désirez-vous votre gaufre ? Une sucrée comme d'habitude ?

Oui une sucrée serait absolument parfaite !

Sur ces mots, Monsieur Smithers se releva alors et entreprit d'exécuter la délicate mission qui lui avait été confiée. Tandis que son assistant remuait ciel et terre pour trouver sa précieuse pâtisserie, Monsieur Burns admira le soleil qui commençait à décliner sa course à l'horizon. Ce ne fut que lorsque l'astre lumineux fut sur le point de disparaître que Monsieur Burns consulta sa montre avec nervosité. Cela faisait déjà plus d'une heure que Monsieur Smithers était partit et n'avait plus donné de signes de vie. Fortement agacé par cette situation, Monsieur Burns dont la patience n'était pas la plus grande vertu, soupira et s'exclama

Sacré nom d'un chien. Où est-il allé me chercher ces gaufres ? En Belgique j'imagine… Bon allez ça suffit. Je ne vais pas rester indéfiniment sur cette couverture.

Sur ces mots, il se releva et prit tout d'abord le soin de se dépoussiérer. Il scruta ensuite les alentours, espérant trouver un lieu où quelques lumières artificielles pourraient veiller sur sa sécurité. C'est alors qu'il remarqua un quartier qu'il avait totalement ignoré auparavant, Il fut immédiatement attiré par les lumières des néons bigarrées qui bordaient chaque coin de l'allée principale. Attiré comme par magie par ce flot lumineux, il se risqua à l'approcher et resta admiratif devant tous les bâtiments qu'il découvrait. De partout s'étendaient des boutiques de mode, des salons de coiffure et des salles de sport : tous de derniers cri ! Les multiples restaurants et cafés aux couleurs chatoyantes rendait le quartier on ne peut plus accueillant. Tout en continuant son chemin, Monsieur Burns était surpris de ne pas croiser âme qui vive. Un quartier aussi fabuleux que celui-ci aurait mérité une vie tout aussi animée. Soudainement, il entendit une voix douce et feutrée l'interpeller de l'autre côté de la rue. Il se retourna alors et aperçut un homme d'une trentaine d'année se diriger vers lui. Tout en lui adressant un large sourire il s'exclama admirativement

C'est incroyable ! Vous ne pouvez être celui auquel je pense !

Tout dépend à qui vous êtes en train de penser. Je suis Montgomery Burns !

Oh mon dieu, quand je vais le raconter aux autres ils ne vont pas en revenir. C'est un honneur de vous rencontrer Monsieur Burns. Waylon m'a tellement parlé de vous ! Au fait je m'appelle Brian McIntosh.

Enchanté de faire votre connaissance Monsieur McIntosh. Vous… vous êtes un ami de Waylon Smithers ?

On peut dire ça comme ça, répondit-il en levant les yeux au ciel songeur.

Et il vous a parlé de moi ?, lui demanda-t-il interloqué

Oh ça oui ! Je peux vous certifier qu'il ne tarit pas d'éloge à votre sujet, s'exclama-t-il en le dévisageant du regard, et je crois comprendre pour quelle raison maintenant.

C'est très aimable de votre part, fit-il par politesse sans comprendre de quoi il voulait parler exactement. Vous habitez depuis longtemps ici ?

Depuis qu'ils sont instaurés ce quartier il y a dix ans. Au début nous n'étions qu'une petite communauté mais il s'est fortement développé depuis 2005. Aujourd'hui nous sommes plus de 2500 personnes.

C'est impressionnant, admit son interlocuteur, mais très compréhensible cependant. Ces boutiques et ces multiples animations nocturnes rendent ce quartier follement gai !

Vous ne croyez pas si bien dire, s'exclama Brian tout en éclatant de rire. Bon ce fut un plaisir pour moi de vous rencontrer Monsieur Burns. J'espère que nous aurons très bientôt l'occasion de revoir dans l'un de nos nombreux clubs privés. Nous aurons alors l'occasion de faire plus amplement connaissance.

Je l'espère moi aussi Brian ! A tout bientôt.

Monsieur Burns regarda alors s'éloigner le jeune homme, et tout sourire poursuivit la visite de ce quartier qui jusque là l'enchantait au plus haut point. Sans se douter un instant des terrifiantes rencontres qu'il allait y faire, il avançait confiant sur le chemin de la découverte. Mais les apparences sont parfois trompeuses et même la plus charmantes des ruelles peut, dès la nuit tombée, dévoiler son terribles lot de secrets. Il suffit parfois d'une étincelle pour mettre le feu aux poudres et les atroces révélations qui lui seraient faites pousseraient bientôt le milliardaire dans une lutte sans pitiéi contre les habitants du quartier gay de Springfield !

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