Pour le disclaimer = Allez en Prologue.
Ce chapitre est en POV Maria.
J'ai été transformée il y a bien longtemps en Amérique Latine. Je faisais partie d'un groupe de Nouveaux-Nés devant se battre contre un clan. Mais mon chef de clan avait trouvé en moi une future compagne. Aussi, j'eus un régime de faveur, étant la compagne du chef. Nous avons vécu de beaux jours à deux, avec Matteo. Mais un jour, nous avons été battus par un autre clan. J'ai pu m'enfuir sans mourir, et ai dû survivre en créant mon propre clan. J'avais choisis deux autres femelles pour m'accompagner et former ainsi un groupe de trois dirigeantes pour transformer et contrôler les nouveaux-nés. J'étais celle qui avait le plus d'expérience, Nettie et Lucy étant plus jeunes. Elles étaient les deux seules survivantes d'un clan qui s'était entretué avant même d'aller combattre leurs ennemis. Je me méfiais de cex deux-là car elles étaient bien capables, une fois au sommet, de tenter de me tuer. Aussi, j'ai toujours voulu garder un contrôle sur les nouveaux-nés qui me permettait de garder leur fidelité au cas où Lucy et Nettie me trahissaient. C'est ce qui se passa d'ailleurs. Elles m'attaquèrent alors que notre armée était très puissante. Mais j'avais gardé la fidelité du meilleur et du plus beau de nos lieutenants. Jasper. Ce vampire m'obsède encore. Je crois que je l'ai toujours aimé. Lorsqu'on l'avait rencontré, avec Nettie et Lucy, il n'était qu'un jeune gradé de l'armée qui voulait nous évacuer. Je l'ai mordu. J'ai bu son sang, et ce fut sûrement le meilleur que je n'ai jamais bu. J'ai tout de même réussit à lui laisser du sang. J'avais, depuis longtemps, beaucoup de contrôle sur ma soif, les créations de Nouveaux-Nés le nécessitant. Jasper nous avait enchanté ensuite, au moment où notre clan avait été bien battu. Il avait été un lieutenant formidable: stratège, très bon en duel, et surtout avec un esprit chevaleresque qui me plaisait bien. J'étais sa muse, sa princesse. Il m'obéissait, buvait mes paroles comme on boit du sang. Et donc il me défendit quand Lucy et Nettie me trahirent. Il les battu si aisément. Elles n'étaient pas des guerrières, moi non plus, c'était Jasper le guerrier, celui qui trouvait la bonne stratégie pour battre chaque clan. Et puis un jour, j'ai fait une erreur. Je lui ai ordonné, comme régulièrement, de tuer tous les Nouveaux-Nés car ils se faisaient vieux. J'aurais dû remarquer qu'il n'était plus heureux depuis quelques temps. Je mettais ça sur son don. En effet, il était, enfin... est toujours, empathe. C'est à dire qu'il ressent les émotions des autres et peut les manipuler. Suite à ce don, pour moi, il ne pouvait que ressentir les émotions des autres. Il me l'avait d'ailleurs avoué, que plus son don se développait, moins il pouvait avoir de vraies et de sincères émotions qui lui étaient propres. Il fallait pour cela qu'il soit totalemenrt seul, éloigné de toute âme. Seulement, cette absence d'émotion faisait qu'il n'était plus jamais heueux, mais toujours déprimé. Et puis, le soir où il devait tuer tous les nouveaux-nés, il s'était enfuit. Avec deux jeunes vampires qui, je le savais, étaient amoureux et ne voulaient pas mourir, tout simplement. Il avait dû être touché par leurs émotions respectives. Il était sensible, bien sûr. Il s'était enfui. J'étais seule, très seule après son départ. J'avais d'abord tenté de le retrouver, pensant pouvoir le raisonner. Seulement, quand je l'ai aperçu, il n'était plus seul. Il pleuvait, j'avais réussi à retrouver sa trace. Et je l'avais vu ensuite rencontrer cette petite vampire, aussi petite que moi, ses cheveux plus courts, mais son âme bien plus innocente. Il l'avait aimée. Et puis, elle m'avait vue. Elle avait eu un étrange regard vers moi. Jasper n'avait rien vu. Elle savait que j'étais là, m'avait regardée, et avait eu un regard mélant pitié, haine et remerciements de s'être occupé de Jasper et de ne pas l'avoir tué comme tout Nouveau-Né.
J'ai appris plus tard qu'elle avait des visions. Je suis maligne, et sais comment pêcher des informations. J'avais rencontré Eleazar lorsqu'il faisait partie des Volturi, et je ne l'avais pas laissé indifférent. Aussi, après qu'il eut rejoint les Denali, je pus lui parler, discuter, et obtenir toutes les informations que je voulais sur le clan qu'avait rejoint Jasper. Il devait être surement heureux dans ce clan qui l'acceptait, bien qu'il fut un ancien général de guerre, ayant plus de sang dans les mains et dans la gorge que la totalité des autres vampires ajoutés et multipliés par 20. J'ai ensuite décidé de retrouver des lieutenants. J'ai mis longtemps à cicatriser de Jasper, et ce ne fut qu'à partir des années 1990 que je commençais à chercher de possibles lieutenants. J'ai cherché au Mexique, en amérique du sud, et finalement aux Etats-Unis, mais toujours au sud, ne voulant plus jamais rencontrer Jasper.
C'était en 2003. J'avais trouvé des potentiels subordonnés. Ils étaient quatre et, comme c'était la mode à l'époque, avaient créé un groupe de "Rock'n'Roll". J'attendis un an avant d'attaquer, récupérant le plus d'informations sur eux. Je les mordis lorsqu'ils étaient seuls, pendant une de leurs répétitions dans leur grange. J'entrais sans faire de bruit, puis les mordais un à un. J'étais professionnelle et leur prenais plus de sang que la normale. En effet, ces quatre-là devaient ne rester que le plus court temps possible à l'état de Nouveau-Né. Or, un Nouveau-Né reste fort et un peu stupide le temps que son sang lui suffise, c'est à dire qu'il entre dans ses muscles pour le rendre plus fort. Mais moins de sang il a dans son corps durant sa transformation, moins longtemps son état de Nouveau-Né durera. J'avais appris cela il y a longtemps. Sauf qu'à l'inverse, d'habitude je ne prenais que très peu de sang car j'utilisais une armée de Nouveaux-Nés qui devaient rester manipulables et extrêmements forts le plus longtemps possible. Les quatre musiciens souffraient dans leur grange. Je les pris deux par deux. Je les emmenais dans la grotte que j'avais trouvée et qui était prévue à cet effet. Les déposant sur le sol froid, je ne pouvais qu'imaginer leurs futurs traits, leur futur beauté, leur futur force. J'attendais impatiemment déjà le jour où ils deviendraient de vrais vampires, non plus des Nouveaux-Nés, mais des égaux, des lieutenants et non de vulgaires soldats. J'étais impatiente, impatiente de pouvoir les former, les voir se battre pour moi, les voir mourir pour moi. Egocentrique ? Comme tout le monde, je le suis. Personne ne peut ne pas être égocentrique.
Nous sommes le jeudi 9 septembre 2004. Il est à peu près 21H si j'en juge à la place du soleil dans le ciel, qui s'éteint bientôt sur la côte occidentale du Mexique. Les musiciens, comme je les appelle, sont tous allongés contre une paroie de la grotte, à quelques mètres de distance chacun. Je ne voudrais pas qu'ils s'étripent dans leurs souffrances et leurs cauchemards. Je crois qu'il faudra 5 jours à mes nouveaux lieutenants pour que mon venin ait fini d'agir et qu'ils soient définitivement transformés en vampires. Ma gorge ne me brûle pas. Je crois que j'irai chasser dans deux jours. Ca me permettra d'être en forme et clairvoyante quand ils se réveilleront. L'un d'eux a l'air bien mal-en-point. C'est le blond. Il semble moins robuste que les autres, comme s'il avait une nature fragile étant humain. J'espère qu'il arrivera à terme à sa transformation. Surtout que c'est celui que j'ai croqué en dernier. Je lui ai pris plus de sang qu'aux autres... Par contre, lui ne crie pas. Il reste assez calme, n'a même pas un spasme de douleur. Il est resté figé sur une expression faciale de douleur. Comme s'il attendait que cela passe dans la même position, craignant qu'un simple mouvement lui fasse encore plus mal. Je me retourne. Celui allongé à l'opposé, nommé Mickey d'après son "ID card", poussait encore un autre cri, déchirant un silence présent depuis à peine quelques secondes. Je viens vers lui en deux enjambées, pour venir près de son oreille, et lui murmurer une chanson douce apprise lorsque j'étais humaine. Je ne me souviens d'aucune des paroles. L'air est toujours présent dans ma tête, aussi, je chantonne, n'utilisant que des "lalala" chantés doucement aux oreilles qui blanchissent et s'affinent pour devenir parfaites. La bouche de Mickey reste ouverte, mais son cri est devenu aphone. Je finis l'air au centre de la grotte, faisant partager cette chansonette au reste des musiciens. J'ai une voix idyllique, j'aurai très bien pu être leur cantatrice dans leur petit groupe. Enfin... Il faut que j'arrête de me perdre dans mes songes, que je garde à l'esprit que ce sont mes lieutenants , mes jouets personnels. Qu'il va falloir les former déjà à m'obéir, puis à devenir stratège, à se battre surtout, mais aussi leur apprendre à faire apprendre à des Nouveaux-Nés comment se battre. Il faudrait qu'ils puissent, seuls, exécuter mes ordres. Je ne dois pas les aider, sauf dans la stratégie globale définie par moi-même. Mais il faut aussi qu'ils soient totalement dépendants de moi pour éviter une rébellion.
C'est difficile de former une armée. Il faut insuffler fidelité, puissance et enthousiasme. Mais j'y arriverai; mes erreurs m'ont apprise à fidéliser un vampire. Quatre, ce sera certes plus compliqué, mais il n'y a aucune raison pour que je n'y arrive pas. Eux ne me quitteront pas, eux ne m'abandonneront pas, seule, délaissée, sans personne. Ils seront là pour combattre jusqu'à la mort pour moi. Je n'ai pas le pouvoir effectif et psychique de faire ça, mais j'ai le pouvoir mental, la cervelle, les cellules grises. Et j'ai un certain charme. La nuit se prolonge. Je quitte un des souffrants pour m'agenouiller devant un autre. Mes nuits et journées suivantes se passent ainsi jusqu'à ce que ma soif me dicte d'aller me nourrir. Je chasse rapidement, ne voulant pas me faire "voler" mes lieutenants par un autre vampire. Des stratèges sans morale pourraient très bien en être capables. Il ne semblait pas y en avoir dans la région, mais mieux vaut rester sur ses gardes. Un, puis deux humains périssent de mes crocs. Ce n'est rien comparé à ce que les quatre futurs Nouveaux-Nés tueront... la première année. Il faudra bouger beaucoup, pour n'éveiller aucun soupçon des Volturi. Ou alors ruser, faire croire à des batailles entre gangs de narco-trafiquants, comme au Mexique où les familles qui s'entre-tuent encore et encore, devant nourir leurs Nouveaux-Nés respectifs en masse, font passer les massacres orgiaques pour des guerillas urbaines. Les Volturi ne sont bien sûr pas dupes, mais le contexte fait qu'ils ne sévicent pas, les humains, trop stupide et trop aveugles, pensant avec force et sincérité que ce sont des vendeurs de drogues qui s'entre-tuent au lieu de s'allier. Pour l'histoire, je me souviens avoir déjà intercepté une conversation avec deux hommes en costumes-cravate, propre sur eux, et qui appartenaient en fait à une de ces organisations et entreprises vivant grâce à la drogue. Ils débattaient sur l'utilité ou non pour un gang de se faire un ennemi parmi ses confrères. Ils en arrivaient à la conclusion qu'aucun chef de gang assez sensé pourrait autoriser des guerres intestines dans la branche si populaire et florissante de la production et la vente de drogues. En fait, ayant assez d'indépendance, les gangs se suspectent les uns des autres d'être les instigateurs de ces guerres. Chacun rejette la faute sur l'autre, si bien qu'eux-mêmes ne se doutent de rien, pensant juste avec dédain être plus intelligents et meilleurs en affaire que leurs confrères.
Quand je rentre dans la grotte, je sens que personne n'est venu. Tant mieux. Il faut que mes ennemis ne suspectent rien. Ils ne doivent pas me voir arriver. Ils croient peut-être, d'ailleurs, que je suis morte. C'est aussi bien ainsi. Leur haine envers moi qui les aie battus autrefois s'est éteinte avec le revers que j'avais essuyé peu après. Ils me cherchent moins, se contentant d'étendre au plus possible, sans affront direct, leur territoire. Profitant, soit du détournement vers d'autres intérêts des clans alentours, soit de leur faiblesse passagère pour n'envoyer que leurs Nouveaux-Nés et un ou deux combattants. Dans la grotte, je commence à rire. Une pensée vient d'entrer dans mon esprit: Mes ennemis, ces clans générationnels si puissants et si nombreux s'EM-BOUR-GEOISENT !!! Mon rire fait de l'échos dans la grotte. Les quatre vampires se calment, bercés par ce rire si harmonieux et musical. Il sera d'autant plus facile pour moi d'anéantir ces clans embourgeoisés, peu fréquemment en guerre ouverte, et peu fréquemment attaqués. Je donnerai l'assault sur eux, et leurs défences, certes élaborées s'effaceront devant moi et mes lieutenants. J'ai décidé de ma stratégie. Chaque lieutenant dirigera une armée comme j'en avais auparavant. Mais pour ne pas qu'ils s'entre-tuent entre eux, ils seront logés à différents endroits. Et puis, l'attaque viendra, d'abord d'un, de deux, de trois puis de quatre côtés différents. Des côtés les plus inattendus, d'abord, pour les prendre par surprise et leur faire perdre leurs positions, puis, des côtés plus habituels que leurs défences auront quittés. Je suis géniale.
J'attends encore quelques heures. Ils n'en sont qu'à leur 4ème jour. Encore un peu, et ils pourront se réveiller et émerger doucement. Il faut que je me prépare. Il faut rassembler leurs papiers. Leur expliquer qu'ils sont amis de longue date, qu'ils n'ont aucune raison de s'en vouloir entre eux, leur rappeler un peu qui ils sont. Puis leur annoncer qu'ils ont rejoint le monde des immortels, que leur vue, leur odorat se sont, entre autres choses, perfectionnées, qu'ils voient tout d'un nouveau point de vue. Que ce n'est pas un choix que d'être vampire. On le subit. C'est Dieu ou le Destin qui les ont choisis pour représenter le plus grand prédateur vivant sur Terre. Je remarque tout de suite, aux battements de coeurs qui décélèrent pour s'éteindre petit à petit, qu'ils vont bientôt me rejoindre. Ils sont devenus beaux, parfaits. Chacun a ses particularités propres. Tous ont des muscles à en faire baver des athlètes de haut-niveau, ou même les vampires les plus comblées. Leur peau parfaite est encore un peu bizarre, cela du à leur récente transformation. Je tourne sur moi-même pour les observer, les comparer. Quand ils se mettront à vivre enfin, la dissemblance avec leur apparence humaine sera énorme. C'est le chanteur qui émerge en premier. Son coeur s'arrête. Je me rappelle encore de cette première vraie sensation de vampire, après les heures de souffrances. Cette fraicheur qui regagne chaque parcelle de son corps, pour ensuite atteindre le coeur mais ne jamais, au grand jamais, atteindre la gorge jusqu'au premier repas. Il émerge. Il prend une première inspiration, ouvre la bouche pour humer l'air, ouvre les yeux et se redresse en quelques micro-secondes. Je suis en face de lui, dans une position qui se veut défensive et appaisante. Je suis bien sûr sur mes gardes, écoutant les autres battements de coeur. Je commence à chantonner encore la petite comptine que je lui avais murmurée aux oreilles, pour l'apaiser. Cela fonctionne. Les ai-je ensorcelés ? Il semble en effet que ma voix les enchante, car lorsque le deuxième se réveille, il n'a aucun geste méfiant envers les autres, et ne fait qu'écouter, en position défensive néanmoins, ma chanson. Les paroles reviennent un peu, et j'arrive à reproduire deux couplets et un refrain, tandis que les deux derniers se reveillent. Je finis sur un refrain, les regardant tour à tour. Ma chanson va se terminer, tandis que quatre visages immortels et parfaits, me regardent, m'examinent, et commencent à m'aimer. C'est parfait.
Ils sont parfaits, mes lieutenants. Les quatre sont beaux, musclés, puissants. Ils ont certes soifs, sont méfiants les uns envers les autres, mais j'ai préparé mon laïus, et je vais les rassurer. Ils ne sont que des enfants, mes enfants, qui ont besoin d'éducation, besoin d'affection, et besoin de buts précis. Ils auront les trois bien que leur physique m'encourage surtout à leur donner de l'affection... Je suis très bien entourée...
