Bonjour !

Je reviens - déjà - avec la suite de cette petite fiction ! Merci à tous tous tous pour vos belles belles belles reviews ! A Aima Cygne, Regina lily swan, Jujudemars, gege du 76, The Lady Scare Let O'Hara, let it Snow, Isacos, Justinejannedu0760, ApprenticeAuthor et aux deux Guest sans nom.

Evil Queen Momo : je ne sais pas trop, mais je ne dépasserai jamais une semaine sans publication. Puis ça va aller vite, normalement il ne devrait pas y avoir plus de 5 chapitres.

Sabivaran : Finalement, on connait bien notre Regina ahah. Toujours du mal à se libérer tout de suite !

Je vous laisse avec la suite, et j'ai hâte de connaître vos avis :)

A très vite !


Boston. Le bruit des voitures qui klaxonnent s'opposait grandement au silence fracassant qui régnait encore dans le cœur d'Emma. Comment tout avait pu basculer en une seule et unique nuit ? Elle se tenait là, en position fœtale sur ce lit qui avait été sien des années durant, avant que son fils Henry ne bouscule sa vie. Elle pleurait. C'était ridicule.

Ça faisait des mois qu'elle était avec Killian, ils avaient choisi d'habiter ensemble, vivre une véritable vie de famille… Pourtant aucune de ses pensées n'étaient tournées vers lui et leur récente rupture. En était-ce réellement une par ailleurs ? Pour elle, les choses étaient claires le concernant, mais lui, avait-il la moindre idée de la tempête qui faisait rage dans le cerveau de la blonde ?

Pourquoi diable ne faisait-elle que penser à Regina ?

Blanche s'était débrouillée pour lui organiser une soirée entre fille, prétextant la nécessité de décompresser après les bien trop nombreuses épreuves qu'elles avaient toutes traversées. Ruby, Belle et Regina étaient également de la partie. Mais deux verres avaient suffi pour rendre la mère d'Emma complétement soule. Et quand Ruby, sur les coups de vingt-trois heures, avait annoncé qu'elle prenait son service tôt le lendemain matin et qu'elle devait rentrer, Belle avait naturellement suivi et proposé par la même occasion de ramener Blanche dont l'appartement se trouvait sur son chemin.

Emma et Regina s'étaient donc retrouvées seules.

Puis...

« Je ne veux pas que tu te maries avec lui Emma. »

Elle lui avait juste dit ça, sans détour, sans prévenir, à la seconde ou la porte s'était refermée sur leurs amies. Peut-être aidée par les deux petits verres d'alcool qu'elle avait bu. Immédiatement apeurée que ses pensées aient franchi ses lèvres de manière si directe. Emma s'était figée, focalisée inlassablement et bizarrement sur son verre vide qu'elle tenait entre ses mains sur le comptoir du bar.

« Pourquoi ? »

C'était presque une question murmurée, comme si son inconscient lui criait déjà la réponse silencieuse de la mairesse. Mais elle avait besoin de savoir, de comprendre, de l'entendre de vive voix. Au fond, elle savait déjà qu'une seule réponse à cette question lui suffirait pour tout abandonner, pour s'abandonner à cette nouvelle étape.

Mais le silence.

Emma avait fini par relever la tête, par plonger son regard dans celui de Regina pour y voir avec surprises des yeux brillants de larmes qu'elle semblait retenir contre tout. Devait-elle y croire ? Réellement ? Combien de temps était-elle restée ainsi à se sonder ? Sans même sans rendre compte, sa main quitta son verre pour s'approcher d'elle et se poser sur…

Regina se leva si vite de son tabouret que la blonde en eut le souffle coupé. Une seconde plus tard, la mairesse avait disparu derrière les portes du bar. Jetant rapidement un billet pour régler leurs dernières consommations, Emma quitta également l'établissement cherchant du regard la brune qui avait disparue. Sa course après elle n'avait aucun sens, son cœur qui battait à tout rompre n'était pas normal. Et pourtant…

« Regina attend ! »

Elle avait fini par la rattraper, le souffle court. Lorsque sa main avait touché son bras pour la faire se retourner, elle eut l'impression de se bruler tant le geste de Regina pour se dégager fut brutal.

« Tu ne peux pas partir après m'avoir dit ça sans me donner d'explications ! »

« Il n'y a rien à dire »

« Pourquoi tu ne veux pas que je me mari avec lui ? »

« Oublie ce que je t'ai dit, ça vaut mieux »

« Non »

« Emma… » réprimanda en soufflant tristement la brune qui se retenait toujours de pleurer et qui sentait ses barrières prête à s'effondrer.

« S'il te plait Regina… Une phrase, un mot, n'importe quoi et je te suis »

Elle hésita un instant. Qu'est-ce qu'Emma venait de lui dire à demi-mot ?

« Ça ne comptera pas » essaya-t-elle une dernière fois, espérant que ses mots suffisent à tout arrêter.

« Laisse-moi te prouver le contraire… »

Il y avait comme un défi, comme une demande silencieuse de lui prouver le contraire. Et c'est dans un geste purement instinctif qu'elles avaient fondu l'une sur l'autre. L'explosion qu'elle avait ressentie à l'instant où ses lèvres avaient touché les siennes était… indescriptible.

Putain de bordel de merde…

Emma s'était réveillée en sursaut, le souffle court de se souvenir de ce moment intense. Elle détestait cette faiblesse. Et pour la centième fois depuis son départ précipité de Storybrooke, la jeune blonde se demandait ce qu'elle faisait ici. Pourquoi avait-elle pris la décision de partir aussi vite ? Sans réfléchir ? Cette habitude néfaste de fuir dès le moindre souci, dès le moindre silence…

Boston était bruyante. Il y faisait nuit depuis quelques minutes déjà et tout n'était que bruit. Et déjà sa petite ville lui manquait terriblement. Son fils, sa sérénité, son poste de shérif et elle. Elle. Ses longues courbes, sa peau ambrée, ses boucles brunes… Ses caresses, ses soupirs, ses gémissements. Elle y avait goûté une fois, une seule et unique fois. Elle lui avait demandé des explications, un mot, juste pour être certaine de ne pas être la seule à se lancer dans l'aventure. Dans leur aventure…

Son téléphone sonna soudainement, l'extirpant de ses énièmes songes.

« Allo ? » décrocha-t-elle machinalement sans faire attention à son interlocuteur.

« Salut 'man ! Tu es bien arrivée ? »

« Oui gamin, il y a quelques heures déjà. »

« Tout va bien ? »

Elle ne put s'empêcher d'esquisser un léger sourire, son cœur empli d'amour pour son fils. Ce n'était pas grand chose, juste un coup de fil, et pourtant… Elle se sentait aimée. Chose qu'elle avait oublié durant toute sa jeunesse.

« Oui, ne t'inquiète pas. Et toi ça va ? »

« Ça va… Maman est malade et n'a même pas pu aller à la mairie aujourd'hui »

« Oh… »

Elle retint son souffle. Regina ? Malade ? Elle était persuadée qu'un petit sort pouvait régler toute arrivée de microbes. Était-ce égoïste de croire qu'elle était la raison de cette soudaine maladie ?

« Elle ne m'a pas parlé de la soirée, je m'inquiète pour elle, je ne sais pas vraiment quoi faire. »

« Reste toi-même mon fils, tes petites attentions suffiront. »

« Maman ? » demanda-t-il après quelques secondes de silence.

« Oui Henry ? »

« Killian et toi, c'est terminé ? »

« Oui Henry, je suis désolée. »

Elle n'avait même pas réfléchi. La réponse lui était sortie naturellement, peut-être même trop. Comment une seule nuit auprès de la mairesse avait pu, à ce point, remettre tout en question ?

« Ne soit pas désolée maman… Au fond, je restais persuadé qu'il n'était pas fait pour toi. Au moins, je reste le seul homme de ta vie » dit-il en riant gentiment.

« Ça c'est certain gamin. »

« Je dois te laisser, Maman me fait signe depuis deux minutes que je dois aller au lit. »

Stop. Quoi ? Regina écoutait la conversation de son fils depuis deux minutes ?

« Maman ? »

« Oui… pardon. Bonne nuit Henry, je t'aime. Souhaite une bonne nuit à Regina également. Je te rappelle bientôt. »

« Emma te dit bonne nuit » l'entendit-elle dire à la brune qui devait se trouver non loin. « Bonne nuit maman »

Et le bip douloureux de fin de conversation agressa avec force son tympan.

Regina savait, elle avait tout entendu…

D'un geste brutal, elle jeta son téléphone au bout de son lit et souffla lourdement. Elle ne pouvait pas rester dans cet état de folie pure et intense. Il fallait qu'elle se reprenne. A partir de maintenant, elle ferait en sorte de ne plus penser à Regina, à son silence et à son attitude déplorable après la nuit qu'elles avaient passé. Elle oublierai le fait qu'aujourd'hui elle était malade. Elle effacerai de sa mémoire les moments passés entre ses draps, entre ses bras. Oui. C'était la chose la plus simple à faire. Il fallait qu'elle avance et qu'elle oublie. C'était décidé.

Jusqu'à ce que son téléphone sonne la seconde suivante.

Jusqu'à ce qu'elle y découvre un message de Regina.

« Bonne nuit à toi aussi. »

Merde. Merde. Merde. Putain !

Elle y repensait déjà.

Et le chaos dans ses pensées.

Que pouvait-elle bien répondre à ce putain de message ? Il y avait clairement un but précis à l'attitude de la mairesse.

Comment devait-elle prendre ce putain de message ? Elle était en train de lui montrer qu'elle avait effectivement entendue la conversation d'Henry et qu'elle était au courant de sa situation avec Killian.

Comment devait-elle interpréter ce putain de message ? J'ai le dernier mot, je ne me laisse pas faire, je fais comme si de rien était, ne reviens jamais, je clôture la conversation, je ne veux plus de toi. Ou bien je m'excuse, je change, je ne reste pas dans le silence, je parle, je suis là, je t'entends, je t'attends, reviens, je ne veux plus que toi.

Sa décision était prise : elle ne répondrait pas. Au diable l'attitude sans maturité. Après tout, elle n'était pas la seule à choisir de se taire. Il fallait qu'elle comprenne la douleur du silence. Chacune son tour. Balle au centre. Regina allait la rendre folle.

Rectification… C'était déjà le cas.

Regina tenait fermement son téléphone, ses phalanges blanchissaient à force de le serrer. Elle avait craqué. Elle se battait contre elle-même depuis l'instant où sa phrase était sortie inopinément de sa bouche. Atterrissant dans les tympans d'Emma aussi fortement qu'une déflagration. Rendant sourd quiconque aurait compris les sentiments qui se cachaient derrière ces mots.

Elle lui avait dit, sans vraiment le vouloir, ce qu'elle avait sur le cœur depuis des mois. Et tout s'était enchaîné si vite qu'elle n'avait pas eu le temps de reprendre son éternelle distance, de remettre son masque, de se cacher du monde entier. De se cacher d'elle. De ses yeux, de son regard… De ses mains qui lui retiraient délicatement sa robe de soirée. De son souffle qui s'était coupé en la voyant en sous-vêtements. De ses cheveux blonds qui glissaient sur son ventre quand ses lèvres embrassaient ses seins. De toutes les fois où Emma avait murmuré son nom avec adoration, proche de l'extase.

Elle y repensait sans cesse depuis le moment ou la shérif avait quitté les lieux le matin même. Elle se souvenait de tout avec une précision déconcertante, de chaque frisson qu'elle avait pu ressentir, de chaque frisson qu'elle avait pu rendre. Ce moment furtif, cette seule et unique nuit qui avait remis en question ces dernières années. Ce qu'elle avait ressenti entre ses bras ne s'expliquait pas. Même avec Daniel, même avec Robin qui était sensé être son âme-sœur… Elle ne s'était jamais abandonnée à ce point. Était-ce l'interdit qui lui avait procuré ces tremblements ? Ou était-ce les mains ô combien douce d'Emma et son regard ô combien perçant qui avait accéléré les palpitations de son cœur, qui avait dilaté ses pupilles, qui avait coupé son souffle ?

Emma ne répondait pas.

Foutue Swan !

Elle n'avait même pas attendu que son fils finisse de monter les escaliers pour se saisir de son téléphone. Sans réfléchir une demi-seconde, sans prendre le temps d'hésiter, le message était déjà parti. Le SMS était parti, oui, mais le message ? Elle s'était mise à souffler lourdement, presque prête à hurler si Henry n'était pas dans le manoir. Elle était certaine qu'Emma allait chercher à interpréter ses mots.

Mais après tout… Qu'est-ce que ça signifiait réellement ?

Une minute interminable s'écoula sans que rien ne se passe. Elle fixait l'écran noir de son téléphone qui refusait de s'allumer. Regina Mills n'était pas comme ça. Pas à attendre après quelqu'un. Elle appuya sur le bouton pour s'assurer qu'il n'y avait pas un bug.

Mais non. Emma ne répondait pas.

Elle avait rouvert leur conversation, presque pour vérifier le message qu'elle avait réellement envoyé. Ses doigts passèrent sur le dernier message de la blonde qui datait d'hier après-midi.

« J'espère que tu seras là ce soir… »

Elle n'y avait même pas fait attention. A ce message mignon. A cette inquiétude. A ces trois petits points… Elle avait craqué la première et s'était renfermée aussitôt, persuadée de croire qu'Emma ne partageait pas ce qu'elle ressentait. Elle avait été égoïste l'espace d'une toute petite seconde. Elle avait eu besoin de le dire à voix haute. Même s'il n'y avait rien par la suite. Juste une seconde. Une seule. Une unique seconde. Pas plus.

Emma avait espéré qu'elle soit là hier soir. Emma lui avait demandé des explications. Emma lui avait dit qu'elle était prête à la suivre.

Et Emma avait tout fait pour que ce moment compte…