Merci, merci, merci pour les reviews, ça fait super plaisir!! Et vraiment désolée pour le retard, en plus j'ai ce chapitre prêt depuis des lustres mais mon concours approche et là franchement, c'est la folie... mon prochain chapitre n'est pas fini donc je ne sais pas quand j'aurai le temps de m'y atteler...bientôt j'espère! Bonne lecture!

Chapitre 2 : La vipère de Serpentard

Quand la fin du repas fut sonnée, Harry se leva avec précipitation pour rejoindre le dortoir. Il espérait encore que la nuit dissiperait ce cauchemar.

-Hey, Harry !

Harry sursauta et se retourna vivement, manquant heurter Bellatrix.

-C...comment tu m'as appelé ? Demanda-t-il d'une voix blanche.

Bellatrix le dévisagea avec surprise. Pendant un instant, le sourire ironique qui semblait perpétuellement collé sur ses lèvres disparut.

-Harry, répondit-elle d'une voix indéchiffrable. Je ne sais pas comment ça se passe chez toi, mais ici, Harry est un diminutif de Henry. Cela étant, si ça bouleverse trop tes certitudes astronomiques, je peux continuer de t'appeler Henry. Je ne voudrais pas te traumatiser pour le restant de tes jours...

Puis elle le contourna pour sortir de la grande salle, sans un mot de plus. Dans le brouhaha ambiant, la scène était passée inaperçue. Harry resta quelques secondes sur place, avant de se rappeler qu'il n'était pas censé connaître Poudlard et que quelqu'un devait lui montrer le chemin. Il ne comprenait pas que Bellatrix pût s'intéresser à lui sans connaître toute sa généalogie, sans l'avoir fréquenté depuis l'enfance par le biais de parents fanatisés qui auraient défendu ensemble le bien-fondé de la théorie selon laquelle les sangs-purs étaient supérieurs aux autres qu'il fallait exterminer. Bien sûr, jusqu'à présent, elle ne lui avait pas encore tenu ce discours. A peine une allusion à son nom qui, d'ailleurs, lui avait fourni l'excuse dont il avait besoin pour expliquer sa soudaine apparition dans le Poudlard Express. Le fait qu'il était censé venir des Etats-Unis devait pouvoir expliquer son intérêt : il représentait du sang neuf, en quelque sorte. Mais lui n'aurait pas dû continuer de lui parler. Naturellement, il était tombé sur elle dès le départ (ou le contraire). Et maintenant, il devait éviter d'attirer trop l'attention et elle était la seule qui lui avait parlé. Il la rattrapa dans les escaliers.

-Hey !

Silence.

Bien, se dit Harry. Après tout, ne pas lui parler me convient aussi. J'ai juste à la suivre pour savoir où est la salle commune et ensuite je monterai dans un dortoir...Enfin s'il y a une place de libre, j'aurais dû demander à Dumbledore. Ils arrivaient au niveau de la porte de pierre qui dissimulait l'entrée de la salle commune des Serpentards. Harry attendit que Bellatrix ou un autre des élèves prononçât le mot de passe mais rien ne vint. La porte s'ouvrait sans protection. Bon, déjà ça ferait ça de moins à retenir pour le temps qu'il serait dans cette époque. C'était assez surprenant de constater ce changement mais après tout, les mots de passe n'avaient peut-être été instaurés qu'à cause de la puissance de Voldemort et du danger de ses sbires. Il faudrait qu'il demande à Hermione de regarder dans...oh ! Et puis après tout, il pouvait lui-même aller voir dans l'Histoire de Poudlard si ce détail apparaissait, ce dont il ne doutait pas. La salle commune était bien sûr différente de celle qu'il connaissait, ce qui était plutôt normal compte tenu du fait qu'il visitait assez rarement la salle des Serpentards. Il s'assit dans un fauteuil pour se donner une contenance et pour réfléchir à sa situation. Les Serpentards l'ignoraient complètement. A son époque, on lui aurait déjà sauté dessus pour lui faire donner son avis sur Potter et ses amis et les sangs de bourbe en général. Sauf que Potter, c'était lui bien sûr et que Voldemort ne représentait pas la même menace. C'était une horreur : il n'avait absolument aucune idée des habitudes en vigueur en 1968, il ne savait même pas qui était ministre de la Magie ou quelles étaient les personnalités en vue du monde sorcier selon les familles de sang pur ou les sorciers amicaux comme les Weasley. Dumbledore était pour l'instant le seul élément plus ou moins familier de ce monde. Un élément qui le ramenait de toute façon au passé puisque Dumbledore était mort à son époque. Par conséquent, il n'y avait que Bellatrix qui n'était pas inconnue...Et cela même était sujet à caution étant donné son comportement envers elle depuis le début de ce cauchemar.

-Tu vas devenir lassant à force, tu sais.

Harry releva la tête d'un air sombre. Bellatrix.

-Et on peut savoir pourquoi ?

-On peut...mais a-t-on envie de te le dire ? Ce ne serait que justice de te laisser dans l'ignorance finalement. Je ne te connais pas depuis très longtemps -c'est le moins qu'on puisse dire- et je te trouve déjà autant intrigant qu'agaçant.

-Rien ne te force à supporter cela, en même temps. Tu n'as pas d'autres amis serpents pour harceler un nouveau venu comme tu le fais ?

Bellatrix soupira et prit place en face de lui.

-J'ai des gens à te présenter. Mais je me suis dit qu'il valait mieux que je vienne d'abord te demander comment tu voulais être présenté, jeune mystérieux.

-Pourquoi ça ? Tu connais mon nom alors je ne vois pas où est le problème.

-C'est toi le problème Prott, répondit-elle lentement. Tu débarques des Etats-Unis en début d'année et tu trouves le bureau du directeur sans problème. Tu hésites quand on te demande ton nom, ta nationalité te trouble et quand on t'appelle par un diminutif tout à fait logique, c'est comme si on t'avait lancé un sortilège de stupeur.

-Et alors ? Tu ne t'es pas dit que je pouvais être destabilisé par le fait de changer de pays, de fuseau horaire, d'école...

La jeune fille le regarda fixement pendant quelques secondes et Harry commençait à se sentir mal à l'aise. Il avait l'impression qu'elle allait lire ses...Mince ! Bien sûr qu'elle allait essayer de lire ses pensées. Il pratiquait l'occlumencie depuis suffisamment longtemps maintenant pour pouvoir être efficace. Il se calma presque instantanément et fit le vide dans son esprit. En face de lui, le visage de Bellatrix s'éclaira d'un sourire très lent qui lui fit froid dans le dos. Il était probable que peu de jeunes gens résistaient à son charme et qu'elle n'avait même pas besoin de légilimencie pour apprendre ce qu'elle voulait savoir.

-Bien...cela confirme ce que je pensais : tu as des choses à cacher Prott. Aucune importance, c'est sûrement le cas de chacun d'entre nous ici. Encore que beaucoup de secrets ne seront plus à cacher quand nous sortirons tous d'ici.

Harry ne répondit pas et attendit la suite : il apparaissait évident qu'elle mourait d'envie de continuer. Il n'aimait pas cela, sachant très bien ce qu'elle sous-entendait. Par ailleurs, en ce moment précis, il n'y avait plus aucun doute possible sur son identité : elle ressemblait bien à celle qu'il avait affrontée. Il se força à ne pas détourner le regard et ses yeux verts plongèrent directement dans le regard noir de sa voisine. Bellatrix ne continua pas. C'était peut-être en cela qu'elle différait de celle qu'il connaissait. Elle donnait l'impression d'être beaucoup plus modérée. Elle n'avait pas encore perdu toutes ces années à Azkaban, elle était encore jeune et...non pas insouciante. Ses sous-entendus étaient beaucoup trop clairs pour être insouciants. Elle n'avait aucun doute sur ce qu'elle voulait faire et, apparemment, il n'y avait même pas à cacher son soutien pour Voldemort dans une telle pièce. Ou alors, c'était elle qui était si sûre d'elle-même qu'elle n'hésitait pas à afficher son projet d'avenir et à le dévoiler au premier inconnu qu'elle croisait. Décidément, c'était une époque bien différente de la sienne. Ou plutôt, c'était une maison bien différente de la sienne. Mais elle était aussi une Bellatrix bien différente de celle qu'il avait côtoyée. Celle de son époque n'était que haine, sadisme, souffrance et vengeance. Elle était prévisible. On pouvait la combattre. Celle de 1968 était beaucoup plus insaisissable.

-Je suppose que tu es au courant de quoi je parle, ajouta-t-elle enfin en le regardant d'un air entendu.

-Je suis peut-être américain mais je sais où je suis arrivé. Oui je sais parfaitement de quoi tu parles.

Il avait adopté une voix totalement neutre à partir de laquelle elle ne pourrait certainement pas déterminer s'il soutenait Voldemort ou pas. Elle hocha lentement la tête et n'ajouta rien. Elle se leva et se dirigea vers un élève qu'elle ramena auprès d'Harry.

-Rodolphus, Henry Prott. Evite de l'appeler Harry, on ne sait jamais quelle pourrait être sa réaction. Prott, Rodolphus Lestrange.

Harry réprima un frisson et se leva. Il tenta de serrer la main de façon naturelle au futur mari de Bellatrix et eut un sourire peu convaincant.

-J'accepte qu'on m'appelle Harry. C'est juste que...enfin...c'était comme ça qu'on m'appelait à Salem et ça m'a fait bizarre de l'entendre ici. J'ai cru...j'ai eu l'impression d'être de nouveau là-bas pendant un instant.

Rodolphus ne semblait pas du tout s'intéresser à lui et il s'éloigna sans un mot, laissant un Harry soulagé : un seul ennemi à la fois, c'était suffisamment éprouvant. Il reporta son attention sur Bellatrix qui avait retrouvé son sourire moqueur. Elle s'approcha de lui et se mit sur la pointe des pieds pour murmurer à son oreille :

-Il va falloir que tu apprennes à mentir, Prott. Jusqu'à maintenant, tu t'es vraiment montré pitoyable à ce petit jeu. N'oublie surtout pas que tu traites avec les meilleurs éléments de cette école en la matière.

Harry se figea tout en essayant de cacher sa réaction. Bellatrix recula de quelques pas et le gratifia d'un sourire inquiétant.

-Je finirai bien par découvrir ton secret Prott, même si je dois y mettre le temps.

-Ne te donne pas cette peine, Black, je ne suis vraiment pas suffisamment intéressant pour que tu perdes ton temps. Tu trouveras certainement une activité beaucoup plus captivante.

-Je ne sais pas...tu sais on s'ennuie beaucoup ici : des cours inutiles, des professeurs assez peu captivants, un directeur excentrique. Alors du sang neuf, tu n'imagines pas à quel point c'est appréciable.

-Dumbledore ne m'a pas vraiment paru excentrique. Pour les cours, ça reste une école, ce n'est jamais très intéressant de toute façon.

-Tu vois, Prott, tu me donnes même des arguments pour m'intéresser à ton mystère, rétorqua-t-elle d'une voix basse.

-Ce n'est pas ce que je voulais dire, Black.

Il avait horreur de l'appeler ainsi, il avait l'impression d'entendre Rogue parler de Sirius. Mais il avait décidé de copier ses manières : si elle l'appelait par son nom de famille, il faisait de même. Si le prénom revenait...on verrait.

-Je sais, Prott. Mais comme tu as des problèmes d'élocution, je fais ce que je peux avec le décodeur qui m'est fourni pour l'instant. Qui sait, j'en obtiendrai peut-être un autre. A moins, bien sûr, mais cela m'étonnerait beaucoup, que tu apprennes à t'exprimer dans les quelques heures à venir. Je sais bien que l'anglais et l'américain diffèrent, mais à ce point-là c'est assez impressionnant. Encore que...tu étais peut-être incompris chez toi aussi.

-Quelque chose comme ça oui. Satisfaite ?

-Pas vraiment. Je ne me sens pas l'humeur de refaire ton éducation pour que tu puisses évoluer au milieu de tes semblables.

-Je n'en ai peut-être pas envie non plus. Toi-même, tu sembles assez peu tournée vers tes autres camarades reptiliens.

-Tu fais aussi partie des reptiles, Prott. La seule différence, c'est que tu es inconnu. Je sais exactement ce que chacun ici peut penser et est susceptible de faire à la sortie de cette école. Tu n'as pas encore donné ton avis là-dessus.

-Et tu utilises toujours la légilimencie pour savoir ce que les gens vont faire, Black ? Demanda Harry froidement.

Si Bellatrix éprouva de la surprise face à une question aussi franche, elle ne le montra pas. A vrai dire, Harry était presque certain qu'elle trouvait cela normal. Elle sourit.

-Je voulais vérifier quel type d'éducation tu avais reçu. Même les serpentards ne sont pas tous capables de résister à la légilimencie. D'autant que j'ai eu d'excellents professeurs dans ce domaine. Que tu pratiques l'occlumencie est plutôt de bon augure.

Harry se contenta de hocher la tête, comme elle l'avait fait quelques instants plus tôt. C'était une technique assez efficace finalement. Il ne s'impliquait pas totalement, mais il ne la contredisait pas non plus. Libre à elle de croire ce qu'elle voudrait.

-Maintenant, excuse-moi mais je crois bien que je vais aller me coucher.

-Mais bien sûr, petit. Toutes ces émotions t'ont sûrement épuisé. Oh, et le décalage horaire aussi évidemment.

Harry ne répondit pas. Elle n'était manifestement pas dupe mais il ne devait pas éveiller encore plus les soupçons. Il trouverait bien le temps de réfléchir pendant la nuit à la meilleure conduite à adopter. Dans un premier temps, il pouvait constater qu'il ne fallait surtout pas la sous-estimer : donner le change, ou tenter de la convaincre en tout cas, serait probablement ardu. Il monta au dortoir des septième années et regarda autour de lui pour trouver un lit libre. Il y en avait un au pied duquel il trouva des affaires. Il avait sa baguette naturellement mais ses vêtements moldus (heureusement impossibles à dater ! Et le cas contraire, il aurait pu faire valoir que c'était une nouvelle mode de l'autre côté de l'Atlantique) étaient la seule chose qu'il possédât. Il se déshabilla, se coucha et retira ses lunettes. Il ferma les yeux. Si quelqu'un entrait, il pouvait toujours donner l'impression de dormir. Il s'aperçut qu'il tremblait, la journée avait été extrêmement éprouvante. Il aurait donné n'importe quoi pour pouvoir se confier à Ron et à Hermione. Ou à Dumbledore s'il avait pu. C'étaient dans de tels moments que Sirius lui manquait le plus. S'il l'avait vu discuter ainsi tranquillement avec Bellatrix...Harry essayait bien de se rappeler à chaque instant à qui il avait affaire mais il n'y parvenait pas. Elle...bon sang, c'était impossible. Voldemort lui rendait la vie impossible par sa seule existence mais Bellatrix avait choisi d'être mauvaise dès son plus jeune âge, elle avait rejoint les mangemorts dès sa sortie de Poudlard, elle avait pris plaisir à torturer et tuer. Et pourtant...et pourtant il n'arrivait pas à voir autre chose qu'une jeune fille de 17 ans avec un regard magnifique (et s'il n'y avait que le regard !) et une répartie incroyable. Il aurait pu devenir ami avec la mère de Tonks mais c'était vers Bellatrix qu'il s'était tourné tout de suite, et pas uniquement parce qu'elle avait le même âge que lui. Elle avait été vraiment très belle avant d'être envoyée à Azkaban. Elle avait mérité tout cela, elle méritait la mort mais Harry ne pouvait s'empêcher de lui parler normalement. Il eut un sourire amer. L'oeuvre de Dumbledore, sans aucun doute. Dumbledore qui avait toujours parlé à Voldemort comme s'il avait toujours le jeune garçon de Poudlard en face de lui. Dumbledore qui voulait ignorer que Malfoy était un odieux mangemort parce qu'il pensait que n'importe qui pouvait être sauvé...Dumbledore's man through and through...Même dans sa manière de se comporter face à une future tueuse avérée. Tout en ruminant de telles pensées, il finit par sombrer dans le sommeil.