J'espère que le début vous à plut :) Voilà le point de vue de Ron.


« Bonne chance à tous, cria Maugrey. On se retrouve au Terrier dans une heure environs. Attention, à trois. Un… Deux… TROIS. »

Pourquoi avait-il fallut qu'il se retrouve avec Tonks ? Pas qu'il ne l'aimait pas mais... Elle était super maladroite ! Alors bonjour l'angoisse...

Ron se tortilla sur le balai de façon à ne pas être trop proche de sa camarade de vol. En temps habituel, il aimait beaucoup Tonks. Elle était drôle, gentille, et pas beaucoup plus vieille que lui. Au début, il avait été très impressionné par le statut d'Auror de la jeune femme, mais sa jeunesse et sa maladresse l'avaient très vite mis à l'aise.

À présent, sa maladresse lui faisait plutôt peur.

Il jeta un coup d'œil inquiet autour de lui tandis que tous décollaient et croisa un bref instant celui d'Hermione. Il lui sourit gentiment et se concentra de nouveau sur le balai. Il n'avait pas à s'en faire pour la brune de son cœur. Elle était avec Kingsley. Elle ne risquait rien.

Il grogna un instant contre sa propre bêtise. De toute façon ils ne craignaient rien ! Pourquoi s'inquiéter comme ça ?!

« Qu'est-ce qu'il y a Ron ? S'inquiéta Tonks.

- Bof, rien de grave, t'inquiètes. »

À cet instant, un hurlement retentit et l'estomac de Ron se révulsa. Le jeune homme se retourna vivement sur son balai mais le noir alentour l'empêcha de voir quoi que ce soit.

Que se passait-il ? Pourquoi ce cri ?

« Tonks ! Qu'est-ce qu'il se passe ?

- Les mangemorts nous attendaient ! Regarde devant toi Ron ! Sort ta baguette !

- Les mangemorts ?! Mais comment ?!

- Aucune idée mais je... »

Un sortilège de mort lui coupa la parole et elle riposta violemment. La lumière verte fusa mais loupa sa cible.

« Hey ! Tu as utilisé un sortilège impardonnable !

- Je sais ! Figure toi que c'est mon métier !

- Mais...

- Ron, c'est des mangemorts ! On n'a pas le choix ! Utilise le stupefix si tu ne veux pas les tuer.

- Ça revient au même ! »

Le rouquin grinça des dents. Soudain, un hurlement déchira la nuit et Ron sentit son ventre se contracter brusquement. Il se retourna sur le balai mais ne vit rien. Il en était sûr pourtant... S'était la voix de son père !

« Ron ! Défends-toi !

- Mais papa...

- Défends-toi ! »

Le rouquin leva sa baguette et visa un mangemort. Mais le sortilège n'atteint pas sa cible et se perdit dans le noir ambiant. Au même instant, un rire aigu retentit. Bellatrix.

« Bonjour ma nièce ! Quel plaisir de te revoir !

- Ma tante ! Grinça Tonks. Le plaisir est réciproque ne t'en fais pas ! »

Ron regardait l'échange sans comprendre. Tante ? Nièce ? Comment ça ? La mangemort s'approcha du rouquin qui ne parvint pas à réagir. La mangemort ricana et s'adressa de nouveau à la jeune Auror.

« Tu croyais pouvoir me duper ma nièce ? Celui-ci n'est pas Harry Potter ! Ça ne doit être qu'un traître-à-son-sang quelconque ! Le véritable Harry Potter aurait réagi à mon approche ! Après tout c'est moi qui ai tué notre cher cousin n'est-ce pas ? »

Le rouquin sentit son sang bouillonner. Quand arrêterait-on de le sous-estimer ? Il leva sa baguette mais un nouveau sortilège de mort fusa près de lui. Tonks tendis un bras devant lui et Ron sentit la rage qui habitait la jeune femme.

« Justement ma tante ! Il est temps que je venge Sirius ! »

Bellatrix éclata de rire et disparut dans le noir. Une énième fois, un sortilège de mort frôla Ron et celui-ci réagit, exaspéré. Il ne se rendit compte de son geste qu'une fois que le stupéfix eut atteint sa cible à la tête. Le mangemort qui les visait depuis le début du combat bascula de son balai et chuta dans le vide. Ron le suivit des yeux, sans vraiment comprendre ce qu'il venait de faire. Bellatrix grogna de rage et visa le rouquin. Mais le sortilège de mort fut évité par Tonks qui s'adressa au jeune homme, tout sourire.

« Bravo Ron ! Très fort ! Tu ne veux pas faire Auror plus tard ?

- Lui ? Auror ? Allons ma nièce ne dit pas de bêtises ! Comment ce traître-à-son-sang pourrait-il nous attraper ? Il est terrifié regarde !

- Ne l'écoute pas Ron ! Tu es doué tu m'entends ?! »

Mais le rouquin ne réagit pas. Il fixait le sol obscur sans s'occuper de la conversation. Il venait de tuer quelqu'un. Il avait tué quelqu'un. De ses propres mains.

« Je l'ai tué...

- Tu vois ?! Ricana Bellatrix. Qu'est-ce que je te disais ! C'est un incapable ! Un sang impur ! Tout comme toi ! Mon seigneur doit être en train de tuer Harry Potter à petit feu et lui arrive à peine à tuer un ennemi avec... »

Un sortilège de mort lancé par Tonks lui coupa la parole et elle disparut dans le noir dans un rire nasillard. Un nouveau mangemort s'approcha de Ron pour lui lancer un sort mais le rouquin réagit et entrava son ennemi. Pas question de tuer de nouveau. Mais il ne donnerait pas non plus raison à Bellatrix. Aussitôt, Tonks visa le mangemort ralentit et on entendit un hurlement quand le sortilège toucha son bras.

« Rodolfus ! Hurla Bellatrix avec colère. Tu ne sers à rien ! Tu n'es qu'un incapable ! Te faire avoir par une vermine pareille ! Par un gamin incapable de lancer le moindre sortilège, un trouillard ! Tu es vraiment faible !

- Ron ! Ne l'écoute pas ! Hurla Tonks à l'adresse du rouquin. Ce n'est pas vrai ! Tu te débrouilles très bien !

- Je ne veux pas tuer ! Répliqua Ron tandis que sa camarade de vol évitait les sortilèges de mort que lançait Bellatrix. Je ne veux pas tuer. Je refuse de tuer et je suis fier de mon sang ! Je suis fier de ma famille et de nos convictions ! Ce n'est pas Bellatrix qui me fera douter ! »

L'Auror ne répondit pas mais Ron sentit qu'elle souriait. Le jeune homme reprit confiance en lui et nargua la mangemort qui lançait des sortilèges a tout va, visant en premier lieu sa nièce.

« De plus, je suis sûr qu'Harry se débrouille très bien ! Votre petit seigneur minable ne lui arrive pas à la cheville ! »

Dans la seconde qui suivit, Ron comprit qu'il était allé trop loin. On n'insulte pas impunément Voldemort devant Bellatrix sans en subir les conséquences. Le visage de son adversaire changea de couleur et le nombre de sortilège lancé à la seconde tripla à l'instant.

« Ne parle pas de mon seigneur à la légère espèce de sale petite vermine ! Hurla Bellatrix, folle de rage. Tu devrais trembler rien qu'en pensant à lui ! »

Ron jubila. L'adrénaline chassait tout à fait la peur de sa tête. Cependant la mangemort n'avait pas tout à fait tort. Il avait bien tremblé rien qu'en pensant à Voldemort. Mais cette époque était révolue. Elle s'était finie le jour où il avait rencontré Harry. Depuis que son meilleur ami était entré dans sa vie, le rouquin avait appris à ne plus avoir peur du mage noir. Il n'arrivait toujours pas à dire son nom, mais au moins, il ne tremblait plus de tous ses membres rien qu'en songeant à lui.

À présent, la mangemort avait changé de cible. Sa rage avait fait de Ron la personne à abattre. Elle ne leur laissait pas un moment de répit et Tonks avait beaucoup de mal à se concentrer sur le balai tout en répliquant. Sans s'être consultés, mais comprenant implicitement les besoins de l'autre, ils se répartirent les rôles. Tonks se concentra entièrement sur la direction du balai et Ron se chargea de les défendre.

Les sortilèges volaient dans tous les sens et sans aucun ordre quand le silence se fit brusquement. Ron frissonna tant le changement d'atmosphère fut déstabilisant.

« Où sont-ils tous ?! Qu'est-ce qu'il se passe ? Cria le jeune homme malgré lui.

- Nous sommes arrivés à la limite des cent mètres de chez ta tante Muriel, répondit Tonks en soupirant de soulagement. Les mangemorts ne peuvent pas la franchir. Tout va bien. »

Le rouquin resta un instant interdit avant de revenir brutalement à la réalité. Le transfert d'Harry ! Éviter et répliquer aux sortilèges de Bellatrix l'avait tellement occupé qu'il en avait totalement oublié pourquoi il se trouvait sur ce balai. Et à présent, tout lui revenait en bloc.

L'inquiétude l'écrasa d'un seul coup. Comment allaient les autres ? Harry ? Hermione ? Ses frères ? Hagrid ? Son père ? Il avait l'impression de ne pas avoir assez d'inquiétude pour tout le monde, et surtout l'impression qu'il allait exploser.
Malgré lui, sa main se crispa sur le manche du balai et l'Auror fut un peu déstabilisée.

« Ron, lâche un peu le manche s'il te plaît… merci. Je sais que tu t'inquiètes pour ta famille, mais il ne faut pas y penser. Si tu y penses maintenant, le reste de notre mission risque d'être compromise. Je t'accorde qu'on a plus grand chose à faire, mais tant que nous n'avons pas atteint notre objectif, il ne faut pas réfléchir. Crois-moi. Je sais ce que je dis. S'il s'est passé quoique ce soit, tu le sauras bien assez tôt. Inutile de t'inquiéter pour quelque chose que tu ne peux pas vérifier. »

Le jeune homme hocha la tête, comprenant qu'elle parlait d'expérience.

« Tonks… Tu as déjà perdus des collègues de travail ? Demanda-t-il, conscient de l'impolitesse de sa question.

- Oui, quatre depuis que je suis Auror officielle, répondit lentement la jeune femme. Je me souviens de chacun, de comment ils étaient et de comment ils sont morts. Des fois, c'est terrible. Surtout quand on les connaissait bien...

- Et ça ne te donne pas envie des fois de quitter le métier ?

- Pour quelques Aurors qui meurent, combien d'innocents ont la vie sauve ? »

Ron ne répondit pas et réfléchis à la question. Il n'était pas sûr de pouvoir faire Auror. Il était déjà en train de mourir d'angoisse pour sa famille, comment pourrait-il infliger cette souffrance à quelqu'un plus tard ? Même durant les combats, il s'inquiétait pour ses compagnons, et cela le déconcentrai au plus haut point, mettant sa vie et celle de ses camarades en danger.

Comme si elle avait lu dans ses pensées, Tonks repris la parole :

« Tu finis par t'habituer tu sais. À force, tu arrives à t'y faire. Voir des morts, connus, inconnus. C'est triste, mais c'est une habitude à prendre. .

- C'est peut-être à ça que je n'arriverais pas à me faire, répliqua le rouquin. Je ne veux pas voir de morts. Cette guerre, je la fais parce que c'est la mienne. La mienne comme c'est celle de tous les sorciers qui veulent vivre libre. Mais une fois qu'elle sera finit, quand Harry aura vaincu Tu-Sais-Qui, je ne voudrais plus – je ne pourrais plus – voir de morts. Je ne suis pas fait pour voir des morts. Je viens de tuer un mangemort, et j'ai envie de vomir. Je ne veux pas m'habituer à ça.

- Tu as peut-être raison. Mais il faut bien que quelqu'un le fasse non ?

- Il y a des gens que ça ne dérange pas. Regarde-toi, tu t'es habituée. Et puis mine de rien, tu aimes ton métier n'est-ce pas ? Moi je ne sais pas si j'aimerais ça. Je préfère voir vivre les gens. Je ne suis jamais aussi content que quand je suis avec ma famille et que je les entends rire."

La jeune Auror hocha la tête mais ne répondit pas. Sans un mot, ils atterrirent dans le jardin de la tante Muriel et se dirigèrent lentement vers la maison.

Poliment, Tonks toqua à la porte avant que Ron n'ai pu l'arrêter.

« Non attend !...

- Qu'est-ce qu'il y a ? Demanda l'Auror sans comprendre. Il faut bien que ta tante nous conduise au portauloin non ?

- Oui... Malheureusement... Mais on aurait peut-être pus... »

Avant que la jeune femme n'ait eu le temps de demander des explications et qu'il n'ait pu finir sa phrase, la porte de la grande maison s'ouvrit avec fracas sur la vieille tante aigrie. Elle était plutôt petite, très maigre et surtout, affreusement vieille. Mais ça ne l'empêchait absolument de faire peur.

« Il était temps ! Hurla-t-elle sans s'encombrer de salutations. Vous avez au moins vingt minutes de retards ! »

Tonks resta un instant interloquée par cette entrée en matière mais Ron lui, habitué à cette manière de faire, réagit au quart de tour.

« Vingt minutes ?! Mais... Le portauloin ?

- Loupé ! Il est parti sans vous ! Hurla la tante. Vous êtes des incapables ! Des irresponsables ! Des voyous !

- Mais... Tenta vainement de protester la jeune Auror. Nous avons été...

- Peu importe ! Quand on a des horaires, on les respecte ! C'est la moindre des choses ! J'ai déjà eu l'immense bonté d'accepter de vous prêter ma maison pour votre petit trafic bizarre avec Harry Potter ! Je ne sais pas ce que vous magouillez mais je refuse d'en faire partie plus que ça ! Si j'ai accepté, c'est uniquement parce que je suis la gentillesse incarnée ! »

Ron eu grandement envie de réfuter cette dernière affirmation, mais il savait d'expérience, qu'il ne fallait jamais contredire la tante Muriel.

« Nous sommes désolés tante Muriel, s'excusa-t-il en essayant de paraître le plus convainquant possible. Mais nous avons...

- Mais non on ne s'excuse pas ! Protesta Tonks avec véhémence. Nous n'avons aucune raison de nous excuser Ron ! On aurait très bien pu mourir ! Et elle, elle nous saute dessus cette vieille carne ! Vous auriez tout aussi bien pu ne jamais revoir voter neveu et ça ne vous fait rien ?! »

En entendant ainsi l'Auror remettre en question son avis, la vieille tante sembla perdre toute couleur. Pas pour longtemps puisque dans la seconde qui suivie, elle passa par toutes celles de l'arc-en-ciel avant de fixer son choix sur le rouge. Elle sembla se gonfler comme un ballon sur le point d'éclater et Tonks, faiblissant soudain, recula de deux pas tandis que Ron grimaçait affreusement. Enfin, le point de rupture fut atteint et la tante explosa :

« Je risque ma vie pour vous cacher vous et votre bande de... de... Vous tous ! Je risque ma vie pour protéger un adolescent en pleine crise qui raconte des inepties incroyables depuis plus de cinq ans ! Alors respectez moi un peu espèce de dévergondée ! Vous-Savez-Qui pourrait très bien venir me tuer ! Je vous accueille et vous protège pour quoi ? Pour des cacahuètes ! D'ailleurs, il n'y a pas de raisons pour que je le fasse plus longtemps si c'est pour m'entendre insulter comme ça ! Dehors ! Vous m'entendez ?! Dehors ! »

Le rouquin, de nouveau, réagit à la vitesse d'un éclaire de feu et attrapa l'Auror par la manche avant de la tirer en arrière pour qu'elle ne se prenne pas la porte dans le nez. Dans ces moments-là, il ne fallait jamais, au grand jamais, tenir tête à la tante Muriel. Ou sinon, s'était au péril de sa vie. Il le savait pour l'avoir déjà expérimenté avec Fred et George.

Tonks, encore sous le choc et blanche comme un linge, se laissa faire sans protester tandis que la vieille acariâtre claquait rageusement la porte derrière eux. Une fois dans le jardin, les deux sorciers se redirigèrent rapidement vers le balai et l'enfourchèrent sans un mot.

Le silence fut pesant pendant plusieurs minutes, le temps pour Tonks de se remettre un peu du choc. Ron lui, regardait le sol avec avidité, pressé d'arriver enfin chez lui.

« Voilà le Terrier ! S'écria-t-il soudain. Ils doivent être morts d'inquiétude ! »

Tout comme il l'était. Allaient-ils tous bien ? Harry ? Ses frères ? Hermione ? Surtout Hermione ! Petit à petit, leur balai se rapprocha du sol, laissant apparaître des ombres dans la cour de la maison. Au premier coup d'œil, Ron reconnus Hermione et Harry. Ils n'avaient rien. Quel soulagement !

Un cri retentit soudain, leur prouvant que les personne présentent les avaient vus. Tonks stoppa le balai après une longue glissade sur le sol et se jeta dans les bras de son mari, sans doute encore traumatisée par la tante Muriel. Ron, tremblant encore sur ses jambes, s'avança vers Harry et Hermione. Derrière eux, Ginny semblait sur le point de s'évanouir de soulagement.

« Tu n'as rien... » Marmonna-t-il autant à l'adresse d'Hermione qui venait de se jeter dans ses bras qu'à celle d'Harry qui le regardait, blanc comme un linge.

Dans ses bras, Hermione bredouillait des semblants de phrases sans queues ni têtes. Il ne parvenait qu'à comprendre deux mots de ce qu'elle disait.

« J'ai cru... J'ai cru...

- Vais très bien, tenta-t-il de la rassurer. Suis en pleine forme.

- Ron a été extraordinaire ! Déclara Tonks en lâchant son mari. Absolument merveilleux ! Il a été stupéfixié l'un des mangemorts en l'atteignant en pleine tête et quand on vise une cible mouvante depuis un balai volant...

- C'est vrai ? Demanda Hermione.

- Ça te surprend toujours, on dirait. » Grogna-t-il.

Qu'est ce qui l'agaçait le plus ? Qu'Hermione demande confirmation des dires de l'Auror, comme si elle ne croyait pas qu'il en fut capable ? Ou bien que Tonks ai rendus publique cette action dont il n'était absolument pas fier ? Même franchement honteux. Il lâcha Hermione et accueillit sa sœur dans ses bras, la serrant avec chaleur. Heureusement qu'elle n'était pas venue. Ça aurait été trop horrible.

« Nous sommes les derniers revenus ?

- Non, répondit-elle. On attend toujours Bill et Fleure, et Fol Œil avec Mondingus. Je vais aller dire à maman et à papa que tu es sain et sauf. »

Aussitôt, sans donner le temps à Ron de digérer l'information, elle tourna les talons et se précipita dans la maison. Il la regarda partir, se retenant à grand peine de lui courir après. Bill n'était pas encore rentré ? Était-ce normal ? Il tenta de gérer son inquiétude et serra Harry dans ses bras tandis que Lupin demandait des explications à sa camarade de vol. Il avait un air bizarre, presque furieux quand il lui demanda la raison de leur retard.

« Bellatrix, répliqua Tonks. Elle veut ma peau presque autant que celle d'Harry et elle s'est acharnée à essayer de me tuer. Dommage que je n'aie pas réussi à l'avoir moi-même, j'ai un compte à régler avec elle. En tout cas, nous avons blessé Rodolfus... Ensuite nous sommes allés chez Muriel, la tante de Ron, mais nous avons raté notre Portoloin et elle a fait toute une histoire... Et vous, Qu'est-ce qu'il vous est arrivé ? Demanda-t-elle aux autres devant le manque de réaction de son mari.

- Harry et Hagrid ont été poursuivi par Voldemort, commença Lupin, reprenant contrôle de lui-même. Il n'était pas là au début mais il est arrivé très vite quand Harry s'est démasqué. »

L'accusé grogna à l'adresse du loup-garou et Ron se promis de lui demander plus de détails plus tard.

« Nous aussi on a vus Tu-Sais-Qui, continua Hermione. Mais il est partit à mi-chemin et on n'a pas compris pourquoi jusqu'à ce qu'on arrive ici. »

Le cœur de Ron se serra d'angoisse. Hermione, son Hermione, s'était retrouvée face à face avec Voldemort ?! Quelle horreur ! Il tenta du mieux qu'il put de cacher son inquiétude, reportant son regard sur le ciel, ou il espérait toujours voir apparaître le sombral de son frère aîné. Et que faisait Fol Œil et Mondingus ? Il avait beau l'impressionner, Ron se sentait tout de même bien plus en sécurité quand l'Auror au visage mutilé était dans les parages.

« Il faut que je retourne à Downing Street. Je devrais être là-bas depuis une heure, dit soudain Kingsley. Prévenez-moi lorsqu'ils seront revenus. »

Ron hocha la tête même si l'homme ne s'adressait pas à lui. Il regarda l'Auror s'enfoncer dans les hautes herbes jusqu'à ce qu'il ait complètement disparus.

Un petit moment suivit, plongé dans le silence, avant que Ron n'aperçoive ses parents courir vers lui. Ce fut sa mère qui l'atteignit en premier et malgré son horreur des câlins, Ron consentit à se laisser serrer entre les bras maternels. Il la serra même fort en retour contre lui, trop heureux de la revoir. Il aurait tout aussi bien pu ne jamais revenir ! Il fit de même avec son père, mais de façon plus décontracté bien que toute aussi chaleureuse. Leurs rapports avait toujours été plus « cool » – pour emprunter l'expression d'Harry – que ceux qu'il entretenait avec sa mère. Non qu'il ne l'aimait pas, loin de là. Mais elle le maternait beaucoup trop à son goût.

« Merci, dit sa mère en se tournant vers Tonks. Pour nos fils.

- Ne dis pas de bêtises, Molly, répliqua celle-ci.

- Comment va George ? » Demanda Lupin.

Le cœur de Ron manqua un battement. Comment ça « comment va George ? » ? Qu'est-ce que c'était que cette histoire ? Qu'avait donc cet idiot ? Que lui était-il arrivé ? Il avait encore fait une connerie ! Il était blessé ? S'était grave ?!

« Qu'est-ce qu'il a ? S'écria le rouquin.

- Il a perdu une... »

La fin de la phrase de sa mère fut noyée dans une explosion de cris. Mais Ron n'en avait rien à faire. Il avait perdu une quoi ? Une quoi ! Une dent ? Une main ? Une jambe ? Une partie de son corps ! Que quelqu'un lui réponde ! Au nom du ciel ! Pourquoi personne ne voulait lui répondre ! Il consentit enfin à regarder ce qui troublait ainsi les gens et l'empêchait d'entendre ce qui était arrivé à son frère.

Ce n'était autre que l'arrivé de son autre frère. Le plus vieux. Bill aidait sa femme à descendre du dos du sombral, que Ron voyait pour la première fois. La créature était si bizarre qu'elle lui coupa le souffle. Étrangement, plus rien d'autre n'occupait maintenant son esprit. Ni le fait qu'Hermione s'était retrouvé face à Voldemort, ni le fait que George avait sans doute frôlé la mort, ni le visage étrangement grave de Bill. Juste cette créature étrange.

Il fallut quelque secondes à Ron pour reprendre ses esprits et revenir à la réalité. Bill se tenait face à leur père, le visage figé. Quand il ouvrit la bouche, ce fut pour annoncer de but-en-blanc une terrible nouvelle :

« Fol Œil est mort. »