Avant que le monde soit celui que nous foulons depuis notre naissance, un silence assourdissant habitait un univers partagé entre cendres et verdures, entre forêt enchanteresse et volcans en fusion ainsi qu'entre terres arides des suppliciés et Champs Elysées. Seul le chant des eaux se déversant au travers de cette patrie où la désolation côtoyait la félicité, se faisait entendre. Elles suivaient inexorablement leur cours passant d'une couleur noire au cristal des plus clairs en traversant le paysage non loin d'un majestueux palais aux colonnes imposantes. A l'intérieur, aucun souffle n'était perceptible. Seul le crépitement des torches enflammées égayaient une atmosphère oppressante. Soudain des voix se firent entendre, se propageant dans les couloirs et les corridors. Elles provenaient d'une pièce sombre où un tribunal improvisé semblait juger une femme mise à terre devant elle.

Un homme à la haute stature, aux cheveux blancs et à l'aura extraordinaire, ne faisant aucunement douter de sa position de maître dans les cieux, était entouré par une assemblée où les êtres les plus puissants de l'Univers se dressaient à ses côtés. Un gigantesque chien à trois têtes tenait dans une de ses gueules une femme aux cheveux grisonnants se débattant de toutes ses forces pour se dégager, mais en vain. La mâchoire de son geôlier était puissante et impitoyable. Furieuse, tout le monde l'entendait prononcer des paroles mortifiantes.

"-... Je te maudis..."

Une gerbe de sang mit fin à sa menace, souillant le sol et tous ceux qui avaient eu le malheur de se trouver à proximité de leur victime. Un nouveau-né se mit à pleurer dans les bras de sa mère aux cheveux d'ambre et aux yeux verts, tremblante et horrifiée par cette malédiction. Cette dernière regarda alors la silhouette qui s'était interposée entre la suppliciée et eux. Devant le corps inerte, un homme imposant par sa musculature forgée par de multiples combats et batailles, habillé d'un plastron d'or et d'argent et d'une cape rouge, se dressait, son glaive sanguinolent à la main. Il avait le regard sombre où régnait la fureur d'un père voulant protéger son enfant. Il venait de trancher la gorge de l'accusée pour la faire taire. Un silence suivit son intervention alors qu'on emmenait le corps de la morte loin de leur regard. Tous et toutes se regardèrent avant que le juge ne mette fin à leur réunion d'une voix forte. Le couple des nouveaux parents furent les premiers à sortir de la pièce. Il fut suivi par leurs camarades qui gardèrent le silence jusqu'au jardin du palais. Quittant la salle le dernier, le maître des lieux ordonna à un serviteur de nettoyer le témoignage de ce bain sanglant. La lourde porte se ferma après lui sur le spectacle du désigné accomplissant sa tâche.

Des siècles passèrent. La vie avait suivi son cours entre paix et guerre, querelles et réconciliations au sein des différents peuples mortels. En Italie, une blanche colombe, oiseau préféré de la déesse Kushina, tenant en son bec un rameau d'olivier, virevoltait gaiement afin de retrouver son nid où sa compagne couvait le témoignage de leur ébat. Elle zigzaguait entre les branches de l'arbre symbole de la ville d'Athènes, cité ennemie grecque, où des jeunes adolescents cueillaient les olives. Pendant ce temps, leurs aînés, entourés de jeunes filles chantant et dansant, pressaient de leurs pieds les grappes de raisins afin de récolter le breuvage divin. Tous respiraient la joie de vivre en ce beau jour d'été et priaient le Dieu du vin, Choji, et la déesse des cultures, Fu, de bénir leur récolte et leurs danses.

Dans leur enthousiasme, deux jeunes filles, vêtues de blanc dans leur tunique fine, firent peur à la douce colombe qui lâchant sa brindille, s'enfuit et se dirigea dans la panique vers la ville toute proche. Le volatile dut se frayer un chemin entre les chariots de voyageurs et de commerçants qui avançaient dans la poussière. Il passa au dessus du théâtre romain où un philosophe contait des pamphlets. Arrivée dans les rues de la ville, la colombe frôlant le majestueux Colisée put reprendre de la hauteur. Elle put voir les habitants vaqués à leur occupation dans les cris des marchants qui quémandaient et louaient leurs marchandises malgré la chaleur. Les mères devaient faire attention que leurs enfants ne se retrouvent pas bousculer sous les pieds des chevaux tirant ou portant les palanquins des nobles citoyens romains. Les soldats faisaient leur ronde et les esclaves suivaient leurs maîtres à l'écoute de toutes revendications ou ordres. La colombe fit une pose sur une des chaises à porteur qui a eu le malheur de se retrouver dans un ralentissement. Après un repos bien mérité, l'oiseau reprit son envol et virevolta entre les colonnes des grandes villas blanches aux portants finement sculptés. Plus il avançait et plus les maisons étaient impressionnantes montrant la richesse de leurs occupants. La colombe vit au loin une fumée s'élevée dans le ciel. Intriguée, elle s'y dirigea, surtout que c'était là que se trouvait son nid. Elle arriva en quelques coups d'aile au sommet d'une colline et se retrouva devant des bâtiments majestueux ornés des plus belles statues et des plus somptueuses fresques surement inspirées par le dieu des Arts Kakashi. L'oiseau immaculé était arrivé aux temples dédiés aux Dieux, le Panthéon. Il se faufila à travers une fenêtre et entra dans une salle au plafond démesurément haut et aux décorations montrant le faste des lieux. Au bout de cette pièce trônait une statue toute en ivoire et vêtue d'or représentant le dieu des Dieux, Jiraya, dans toute sa splendeur avec la foudre dans sa main et l'aigle à ses pieds. C'est de là que partait la fumée. Un prêtre récitant une prière tenait dans ses mains une coupelle contenant des cendres et à côté de lui des offrandes offertes au dieu. Sortant de là, la colombe rejoignit sa compagne au sein de son nid. Après s'être posé sur la branche de son logis, les yeux de l'oiseau suivit la fumée qui sortait par le toit ouvert au dessus de la tête de la statue jusqu'à qu'il ne puisse plus la voir disparaître derrière les nuages.

Si la colombe avait pu continuer à apercevoir la colonne, elle aurait pu voir apparaître un mont verdoyant, parsemé d'arbres à feuilles d'or et au tronc en argent où des Phoenix y construisaient leur nid. Des bâtiments aux murs de marbre des plus recherchés et soutenus par des statues monumentales, ornés des plus beaux atours s'élançaient vers le ciel. Des fleurs au parfum des plus subtils embaumaient l'air. Elles se faisaient cueillir par les nymphes du printemps alors que certaines de leurs comparses écoutaient Gaï, dieu aux jambes et aux cornes de bouc, raconté une histoire accompagné de son instrument. Les Muses accompagnées de licornes et de chérubins dansaient auprès d'une rivière si pure qu'elle en était transparente et chantait gaiement à travers les roches. L'Olympe, le domaine des Dieux où aucunes pluies ne déchiraient le ciel, s'étalaient tout autour d'eux. Malheureusement, tout cela prit fin quand un cri des plus perçants brisa cette atmosphère de joie et d'oisiveté. Tout le monde se figea alors que les Phoenix s'envolèrent, même le court de l'eau fut interrompu jusqu'à que les Naïades, nymphes de l'eau, l'obligèrent à reprendre son mouvement.

- Mais que se passe-t-il donc au palais de Jiraya ? demanda Gaï qui se leva et se dirigea vers l'édifice suivi par toutes les nymphes et les Muses.

Grace à la rapidité de ses jambes et à sa souplesse, Gaï arriva sans attendre devant le palais de Jiraya, suivi de tous ses compagnons de fête. Tous purent admirés les hauts murs de marbres, les colonnes de jade, les statues en or montrant la magnificence du maître des lieux. Cependant, Gaï n'en fit pas grand cas tellement habitué des lieux qu'il n'y fait plus attention. Et pourtant, peu de mortels résisteraient longtemps à la tentation de dérober toutes les richesses du palais, quitte à déclencher une guerre. Tous voudraient pouvoir s'asseoir dans les fauteuils d'albâtre et de bois richement sculptés, se prélasser sur les canapés au milieu des coussins en soie, pouvoir dormir dans des étoffes de tissus les plus fins et les plus doux au monde, et festoyer autour des tables de marbre blanc. Mais tout ça laissait indifférent les Dieux habitués à tant de richesses. Gaï, poussé par son énergie légendaire, en a oublié de ralentir au moment de rentrer dans la salle où trônait le siège en or et argent du dieu des Dieux. Il se retrouva glissant et battant des bras la tête la première dans le mur qui faisait face à la porte de bois massif. Sous les rires des Dieux déjà présents, Gaï réussit à se dégager laissant la marque de son corps y être inscrit. Il fut aidé par Lee, fidèle ami qui aimait se divertir à ses côtés quand les Dieux lui en laissaient le loisir. Si les yeux de certains mortels s'étaient faufilés dans la salle, ils auraient pu voir les murs reprendre d'eux même leur apparence initiale, faisant disparaître la trace de l'entrée fracassante de Gaï.

"- Ah ! Ah ! ria Suigetsu. Et bien, Jiraya devrait remercier Kankuro d'avoir enchanté les murs car sinon...AIE!... Pourquoi tu me frappes Karin ?

- Crétin ! Ce n'est pas le moment de rire comme un idiot, alors que Kushina souffre ! Réprimanda son épouse.

- Pfff,... Si on peut plus rigoler maintenant... Au tant que je rentre, j'en ai marre d'attendre, moi ! Se lamenta le dieu des Océans en se dirigeant vers la porte.

- Non, tu restes ici ! Je te rappelle que tu dois m'amener voir ma famille après. Je ne l'ai pas vue depuis que ton dauphin à la noix m'a convaincue de t'épouser lorsque je m'étais réfugiée au mont Atlas pour te fuir ! répliqua la nymphe, en prenant son divin mari par le col.

- Que je sache, tu ne t'en plains pas d'être devenue la souveraine des Mers et des Océans!"Cria son mari en frappant le sol de son trident. Ce geste fut ressenti jusqu'en mer Egée provocant un ras de marée.

Et la dispute continua devant une assemblée divine qui ne savaient plus vraiment où se mettre, quand tout le monde entendu un coup de tonnerre provenant du trône.

- SILENCE ! Vous me donnez mal la tête. Si vous ne voulez pas que je vous foudroie sur place, TAISEZ-VOUS ! Oh ma tête... se plaigna un homme de haute stature, vêtu de riches habits faits d'or et de soie. Il avait les cheveux blancs et pourtant une certaine puissance émanée de cet homme. Il était assis sur le trône de l'Olympe et se tenait la tête entre ses mains se frottant les tempes.

- Pitié ! Tsunade, faites quelque chose, je n'en peux plus... s'adressa Jiraya, car c'était lui, à une femme blonde assise à côté de lui. Cette dernière était comme son divin époux richement habillé et malgré le fait qu'elle était une des premières déesses apparues sur l'Olympe, présentait un corps des plus rajeunie.

- Mon cher époux, je n'en ferais rien. Cela vous apprendra à courir voir les mortelles et aller boire avec elle ou à faire la coure à une certaine Danaé. Je ne suis pas née de la dernière pluie. Ironisa la dite Tsunade.

- Mais mon petit paon... commença timidement Jiraya. Je m'ennuie à l'Olympe et les mortelles ont tellement de qualité...

-Ah non ! je vous interdit de m'appeler par mon petit nom ! Quand je pense que vous demandez à Naruto de se servir de ses flèches pour que vous puissiez séduire des jeunes filles ! Et vous vous dites le dieu des Dieux ! Cria furieuse la reine des Dieux augmentant la migraine du pauvre Jiraya.

- Hé ! Ne me mêlez pas à vos histoires de couple ! J'y suis pour rien, moi. Je fais juste mon job. Se lamenta le dit chérubin aux ailes immaculées, le doigt tendu vers le couple. Déjà que je sors fatiguer de la saison des amours. J'ai du faire en sorte que toutes les créatures que compte cette terre puissent trouver un partenaire et c'est du boulot. Dis leur, papa !

- Mais oui, mais oui..." répondit le dit père qui malheureusement, ne semblait pas vraiment écouter les conversations qui l'entouraient. Cet homme de grande taille, aux cheveux aussi jaunes que les blés et aux yeux aussi bleus que le ciel, déambulait, sa cape rouge fouettant l'air et le casque d'or sous le bras. Son épée richement décorée de pierres précieuses pendait à son côté, refusant de s'en défaire sauf lorsqu'il se trouvait dans les bras de son amante.

Voyant le peu de réponse de son paternel, Naruto souffla, débité en faisant la moue. Tenten s'approcha de lui et mit sa main sur son épaule en le regardant avec un regard compatissant. Se voyant si peu écouter par les autres, Naruto décida qu'il était plus judicieux de rester dans son coin et de réfléchir aux prochaines farces qu'il pourrait imaginer pour s'amuser et à qui. Au moins, cela lui permet de ne plus penser aux cris qu'il entendait venir de l'autre côté d'une petite porte. L'attente se faisait de plus en plus longue et mettait sa patience à rude épreuve. Témari qui le regardait depuis l'échange entre les deux couples, pouvait un peu comprendre son angoisse car c'est en parti pour lui que la personne qui poussait ses gémissements souffrait à l'heure actuelle. La déesse de la Justice porta ensuite son regard sur le grand blond qui plongé dans ses pensées, ne cessait de fixer cette dite porte.

Lui aussi angoissait. Le grand Minato, Dieu de la Guerre qui a vu d'innombrables batailles, avait peur de perdre celle qu'il aimait. Certes, aucuns Dieux ou aucunes Déesses ne pouvaient mourir. Ils étaient tous immortels. Cependant, des blessures graves pouvaient les plonger dans un sommeil éternel. Minato se demandait si tout cela en valait la peine et reporta son regard sur son fils. Ce dernier était sa copie conforme. Il hérita de sa mère les traits de visage et le caractère. Il avait trois marques sur chaque joue formant comme des moustaches. Personne ne savait d'où venaient ses moustaches mais cela donnait un petit air guerrier à son fils rappelant au monde qu'il était issu de l'union entre le dieu de la Guerre et la déesse de la Beauté et des Plaisirs. Malheureusement, quand Naruto atteint l'âge de cinq ans, son corps refusa de grandir. Cela lui a valu des moqueries de la part des Nymphes, des tritons et autres créatures qui peuplaient l'Olympe. Est-ce dû à une malédiction porté sur son fils par le mari jaloux ? Car oui, Minato n'était pas marié à son amante et Naruto était né d'une passion hors mariage. Cette passion était toujours présente dans le couple mais en tant que déesse de la Beauté et des Plaisirs, elle était volage. Il tourna son regard alors sur Kankuro, dieu des Forges, le dit mari à qui son épouse s'est toujours refusée. Ce dernier lui rendit son regard. Un nouveau cri rompit le duel silencieux entre les deux dieux le replongeant dans l'angoisse.

"- Alors c'est terminé ? Retentit une voix qui venait de rentrer, rompant les pensées de chaque personne présente dans la salle.

- Tu es en retard, Kakashi ! hurla Sakura, faisant peur à sa chouette qui se reposait sur son épaule. Comment en ce jour, tu as pu te permettre d'être en retard !

- Quoi ! Kakashi, tu as été prévenu d'un événement et pas moi... Comment est-ce possible ? clama Gaï.

- Tu as dis quelque chose Gaï. Répondit le dit Kakashi, laissant pantois son comparse. Pour répondre à ta question ma chère déesse aux cheveux roses, un de mes chevaux solaires était entrain de manger un de mes ouvrages préférés. Je me devais de le récupérer."

La dite déesse fulminait de rage. Elle se supportait pas le mensonge et surtout ceux de Kakashi et qu'on lui rappelle la couleur de ses cheveux. Déesse de la Sagesse, elle prônait l'intelligence comme elle l'avait prouvé en soutenant Ulysse durant la guerre de Troie et durant son odyssée. Cependant, elle était prompt à la colère et rappelait à qui voulait l'entendre qu'elle était aussi la déesse des Batailles et de la Victoire. Ino, belle blonde au corps et aux formes gracieuses, se détacha de son époux Saï et s'approcha de son amie. Elle l'aida à se calmer en lui faisant admettre que ce n'était ni le moment, ni le lieu pour faire éclater sa colère.

"- Ca devient bien long, maintenant. Fit remarquer Fu qui assise près de Choji, l'empêchait de finir le buffet à lui tout seul.

- C'est vrai. Intervint Shikamaru, étendu sur un divan, les bras sur ses yeux, L'entendre m'empêche de dormir. J'aimerai retourner sous mon arbre faire une sieste tranquille, moi.

- Toujours aussi fainéant, à ce que je vois. Ce sont des choses qu'on ne peut pas précipiter et tu le sais. déclara Saï avec calme et sans émotion apparente.

- Et toi toujours aussi taciturne. Tu n'as pas emmené Kiba avec vous ? Cela lui ferait du bien de sortir un peu. J'en sais quelque chose. Répondit Gaara qui juste là préférait observer ses comparses.

- Non, en tant que gardien de la Porte des Enfers, il ne peut pas se permettre de quitter son poste. Tu vois la panique sur Terre si je laissais la porte sans surveillance et que les âmes des défunts en profitaient pour se faire la malle. Non, merci. J'ai assez de travail comme ça entre le jugement des défunts, les supplices et les Furies. Je n'ai pas vraiment envie de faire la chasse aux âmes perdues. déclara Saï en haussant les épaules.

- Je te reconnais bien là, cher dieu des Enfers. Mais je suis d'accord avec Fu, cela commence à faire long. Cela n'est pas vraiment normal, affirma le dieu des Dieux toujours assis sur son trône. Ne pouvez-vous pas faire un sot dans cette pièce, Tsunade pour savoir si Shizune n'a pas besoin de votre recours ?

- Très bien, soupira Tsunade. Je vais aller voir ce qui se passe."

La déesse se leva et se dirigea vers la porte que Minato ne cessait de fixer depuis des heures. Tous les dieux et déesses la suivirent du regard et la virent s'engouffrer dans l'ouverture. Ils étaient maintenant dans l'attente de nouvelles.