Bonjour. Que dire... voilà la suite ?

Enjoy. (merci pour les reviews =B )


J'étais dans l'infirmerie, debout, il faisait plein jour et la lumière éclairait le professeur Rogue, assis sur son lit.

« -Vous en avez mis du temps, Granger. J'ai failli mourir...

-Que voulez vous dire ?

-Que c'est moi qui vous ai poussé à venir, j'ai utilisé le peu de forces qu'il me restait, alors que j'agonisais, pour pénétrer votre petit esprit, à l'instant où j'ai su que Voldemort était hors d'état de nuire et qu'il ne pouvait pas ressentir ma présence. Mais j'étais quand même trop faible pour vous apparaître moi même, alors je vous ai fait ressentir des émotions, un instinct, pour que vous entriez dans mon bureau. La potion a fait le reste...

-La potion ?

-Je savais que Voldemort me tuerait, enfin voudrait me tuer, alors j'ai du créer un antidote, une porte de sortie, j'y ai travaillé plus d'un an, pour arriver finalement à cette « jolie potion parme ». J'en ai bu avant de partir le rejoindre. Elle a eu pour effet de me maintenir en vie le temps que quelqu'un d'autre ne vienne se connecter. Ce que vous avez fait en respirant la potion. Je vous en remercie, et je tiens aussi à m'excuser. Je ne savais pas qu'elle serait si violente sur vous, qu'elle vous ferait tant de mal. Je ne pouvais pas deviner que vous voudriez venir me chercher même sans elle.

-Alors, tout ce que j'ai ressentis, c'était faux ? C'était la potion ?

-Je ne sais pas, je ne suis pas vous Granger. Mais vous m'avez presque sauvé, je vous laisse vous réveiller maintenant. Les effets de la potion Memento devraient disparaître.

-la potion Memento... « Souviens toi » ?

-Oui, comme pour « memento mori », souviens toi que tu mourras. »

J'ouvrais les yeux, sur le plafond de la pièce où j'avais été enfermée plus tôt dans la journée. Cela me semblait si loin. Ron dormait, la tête posée en bas de mon lit. Harry, me regardait revenir à moi, avec un sourire réconfortant. Il posa une main sur mon front, pour s'assurer que je n'avais plus de fièvre. Apparemment non. Mon cerveau se rebrancha petit à petit, tant et si bien, que mon ventre se mit à gargouiller. Voilà que j'avais faim. Harry jugea que j'étais assez en forme, enfin un peu plus en forme, pour pouvoir me lever. Il réveilla Ron, et nous sortîmes. Il devait être environ 9h, et des gens petit déjeunaient dans la Grande Salle. Ginny se jeta dans mes bras, puis dans ceux d' Harry avant de l'embrasser sous le regard gêné de Ron. J'avalais un petit sandwich au beurre de cacahuète et un verre de lait. Mon ventre fut heureux. J'avais l'impression que le vie reprenait son cour, même si il y avait trop de choses détruites ou en ruines, qu'il fallait reconstruire ou abandonner. Harry parti au ministère, en compagnie de professeurs, et de la famille Malefoy. Ron, quand à lui, voulu rester mais je le persuadais de rentrer chez lui, avec sa famille, pour le deuil. Je ne pouvais pas imaginer ce qu'il ressentait. Peut être était ce pareil, aussi déchirant que ce qui m'avait poussé à aller récupérer Rogue. Je n'arrivais pas à savoir si tout les sentiments étaient faux à son propos. Il s'était servi de moi, mais cette voix dans me tête, je reste persuadée qu'elle venait de moi, révélée par cette stupide potion que j'admirais. Cet homme est réellement un génie !

Je décidais d'aller prendre l'air, un peu seule dans le parc. Même le paysage avait changé, les traces de la guerre sur la pelouse, sur les arbres, les branches flottant dans le lac, les morceaux du château fracassé qui traînaient au sol. Une sorte de petite apocalypse ? Oui peut être. Je flânais à droite, à gauche, je m'étais retrouvée à la lisière de la forêt interdite. Même elle avait souffert. Je passais le début de l'après midi à déambuler, près de la volière, de l'ancienne cabane de Hagrid. Je m'assis pour grignoter une pomme sur la petite plage de galets, le soleil se reflétant dans l'eau sombre et paisible. C'était assez magique, comme abstrait et hors de la situation, mais j'étais bien lorsque je rentrais au château. Je fis un détour à l'infirmerie, pour m'enquérir de la santé du professeur. Il était pâle, et toujours dans une sorte de coma, nécessaire pour que Pompom puisse le soigner, avec les instructions qu'il avait laissé dans un tiroir de son bureau. Tellement prévoyant. J'insistais pour aider, et elle ne put refuser, en voyant que la potion n'avait apparemment pas disparue. Mais je savais, moi, qu'elle ne faisait plus d'effet, et que j'avais juste envie de m'occuper de lui. Je nettoyais sa plaie à la gorge et changeais les pansements sales, puis m'occupais des différentes petites blessures et autres bleus de son corps blanc. Il n'aurait probablement pas aimé que je m'occupe ainsi de lui, mais j'espérais qu'il me remercierait un jour. Une fois fini, je passais avec Mme Pomfresh pour inspecter les autres patients, et finissais cette journée en fabriquant une potion pour Rogue, écrite dans sa liste de secours. Elle était parfaite, je n'aurais pu me pardonner si par ma faute, il ne guérissait pas. J'aurais aimé le veiller, mais trop fatiguée, je tombais endormie dans le lit à côté du sien.


Une semaine passa, il ne se réveillait toujours pas et je commençais à m'inquiéter même si c'était normal d'après Pompom. Je m'étais définitivement installée dans l'infirmerie et me levais toutes les nuits pour lui donner sa potion. Chaque matin, je changeais plus que soigneusement ses pansements, j'avais même lavé ses affaires pour que le jour où il reviendrait, il soit réellement le professeur Rogue, avec sa cape balançant dans son dos lorsqu'il marchait.

Une autre semaine, nous étions au milieu du mois de juillet, et personne n'avait pensé au fait que mes parents m'attendaient peut être. Je leur envoyais une lettre, résumant la situation, ils ne répondirent pas mais je ne m'inquiétait pas non plus. Lorsque je m'endormis ce soir là, je me retrouvais dans la salle de potion, assise à ma place du premier rang, et Rogue, devant le tableau, les bras croisés, était là. Il me regardait, pareillement à son habitude, sans un haussement de sourcil, sans un mouvement de lèvres. Ses yeux noirs posés sur moi.

« -Quand allez vous vous réveiller professeur ?

-Je ne sais pas, c'est plus long que prévus, même si je dois admettre que je n'aurais pu espérer meilleure infirmière Granger. Malgré le fait que ce soit assez gênant, comme situation.

-Je comprend, mais je n'arrive pas à...

-Je sais Granger. Finalement, la potion n'était peut être pas nécessaire.

-Si, sans elle, je n'aurais pas pris conscience du fait que...

-Que vous ne pouviez décemment pas me laisser là-bas ?

-Que je ne voulais pas que vous mouriez.

-Granger, je vais obligatoirement mourir vous savez.

-Que je ne voulais pas ne plus vous revoir ici.

-Alors c'est pour ça, que cette fois nous sommes dans ma salle de classe.

-Je croyais que c'était vous qui entriez dans mon esprit ?

-C'est le cas, mais je ne choisis pas où je vais atterrir !

-Est ce que je peux vous obliger à rester là ?

-Vous pourriez, mais cela ne marchera pas sur moi. Et vous le savez.

-Oui. Et...

-Est ce que je vais revenir dans un rêve ? Peut être. Est ce que je vais continuer de vous parler si je me réveille ? Peut être. Je n'en sais pas plus que vous Granger, alors soyez forte, c'est moi qui suis à moitié mort, pas vous. Vivez, et sortez un peu de ce château ou de ce parc. Mme Pomfresh vous tiendra au courant.

-Je ne...

-Vous ne pouvez pas, je sais. Mais vous devez. Je pars maintenant.

-Non attendez ! »

Je me levais brusquement de la chaise et m'avançait vers lui. Ma main effleura la sienne, un instant avant qu'il ne disparaisse de mon rêve avec un petit sourire en coin. Je restais un moment dans la salle, avant de choisir de partir moi aussi, et j'ouvrais les yeux. Il devait être encore tôt, car le jour perçait difficilement les carreaux de verre de l'infirmerie. Je me regardais son corps immobile, avant de me décider à lui obéir une dernière fois. Je me préparais, écrivis un mot à Pompom, et quittais l'enceinte du château pour transplaner chez moi.


Mes parents furent heureux de me revoir et m'accueillirent dans une embrassade. Ma mère fit du thé, alors que je leur racontais ce qu'il s'était passé durant l'année. Ils m'apprirent que Harry était passé plus d'une fois pour prendre de mes nouvelles, ne souhaitant pas retourner à Poudlard pour le moment. Mon père m'apporta le courrier que j'avais reçu et j'eus la surprise de trouver une invitation, pour son mariage avec Ginny et pour celui de Ron, avec Lavande. Ron... Je me sentais un peu mal vis à vis de lui, et de mon comportement, alors que j'avais été amoureuse de lui. Mais c'était encore quelque chose que l'a guerre avait effacé. J'étais malgré tout contente de son bonheur et rangeais l'invitation dans ma poche. Je décidais de dormir ici cette nuit, et ma mère accepta de se mettre aux fourneaux. Je l'aidais en faisant une tarte aux pommes tandis qu'elle s'occupait de faire cuire son poulet aux épices. Mon père regardait son match de rugby, et j'avais l'impression d'être retournée des années en arrière. L' Angleterre bâtait encore une fois l' Écosse... Nous déjeunâmes ensemble, puis je profitais de l'après midi pour sortir faire des courses. Je me payais de nouveaux livres ainsi que des vêtements, les miens étant tous plus ou moins en mauvais état. Le soir arriva vite, et ce fut une soirée télé jusqu'à tard. Ma mère m'apporta un pyjama propre, et me regarda amoureusement avant de se décider à parler.

« -Harry nous a expliqué, pourquoi tu restes à Poudlard. Lui non plus ne comprend pas comment tu as pu changé d'avis sur Rogue en si peu de temps. Alors que lorsque tu revenais à la maison tu nous parlais de lui comme d'un homme sans cœur et immonde. Et là, tu ne le lâches plus.

-Je crois que j'ai toujours apprécié le professeur Rogue maman, mais le fait qu'il ne meure ne serait ce qu'une journée de ma vie m'a ouvert les yeux. Je pense toujours la même chose de lui, sauf que je n'ai pas envie qu'il me laisse. Je ne sais pas pourquoi, mais c'est comme ça. Ta psy dirait sûrement qu'avec le choc que j'ai vécu, il est normal que je m'accroche à une figure protectrice et que Rogue, avec la méchanceté dont il a fait preuve à mon égard, et la sacralisation de son pouvoir, et devenu une sorte d'icône paternelle à la mord-moi-l'noeud. Mais le fait est que je ne crois pas en ça, c'est peut être vrai, mais je m'en fiche. Je m'occuperais de lui jusqu'à son réveil, et après, advienne que pourra !

-Hermione. Je comprend mais c'est assez dur à accepter.

-Il n'y a rien à accepter maman, il ne se passe rien.

-Si Hermione ! Tu tombes amoureuse de lui !

-Je t'en prie...

-Si ce n'est pas le cas, reste ici jusqu'à la fin des vacances.

-Maman...

-S'il te plaît.

-Je...

-Tu me diras ça demain d'accord... bonne nuit. »

Elle m'embrassa sur le front et sorti de la chambre. J'enfilais mon pyjama et entrais dans le lit, les bras croisés derrière la tête. Que devais je faire ? Je ne voulais pas que ma mère ait raison, mais je ne pouvais pas le laisser seul. Seul, non, il n'était pas seul, Pompom veillait sur lui aussi bien que moi. Je décidais de rester jusqu'à mi-août. Sur ce, je m'endormis.


« -Cela fait près d'un mois que vous vous cachez chez vos parents Granger.

-Je sais, mais je devais.

-...

-Je ne veux pas...

-Être amoureuse de moi ?

-Peut être, je ne sais pas. Mais je ne peux pas me faire du mal en attendant désespérément que vous daigniez vous réveiller ! Il faut que je réfléchisse et puis, pourquoi dois je me justifier, c'est vous qui m'avez demandé de partir !

-Je ne vous ai pas demandé de justification Granger. Où sommes nous ?

-Dans le jardin de mes parents...

-Je vois.

-Pourquoi êtes vous dans mon rêve ?

-Je voulais être sûr que vous n'étiez pas mariée au rouquin ou morte peut être, vu que vous ne me donnez pas de nouvelles.

-Vous êtes dans le coma, à quoi ça sert que je vous parle en face ?

-A rien, mais c'est pour le principe Granger ! Vous êtes vraiment une peste.

-...désolée. Vous pouvez partir. »

Il s'approcha de moi, et ce fut lui qui effleura ma main, avec son sourire habituel, puis disparu progressivement.


A la prochaine ! ;)