Chapitre 2 : Edward
« ...Presque inhumains. » La pensée attire directement mon attention. Elle vient de la nouvelle. Je me retourne vers elle et rencontre son regard. Celle-ci semble méfiante, mais sans réelle peur. Je songe ses pensées, à la recherche de détails. A t-elle comprit notre nature ? Cependant, j'en ressors frustré, la fille ayant un esprit vagabondant. Tout bas, j'informe ma famille de sa réaction. Elle n'a encore posé aucune question sur nous mais semble ne pas spécialement être attirée par notre beauté ou être fascinée... Non, elle a comprit intuitivement que nous étions différents. L'ensemble des membres de ma famille observe alors prudemment la nouvelle. La surprise écarquille les yeux d'Alice et de Jasper. « Elle est vraiment jolie pour une humaine. Très jolie. Pourquoi ne se met-elle pas plus en valeur ? » pense Alice avec sympathie. Jasper, lui tente de ne pas se déconcentrer par son sang. Ma douce Bella l'observe avec un sourire, mais comme d'habitude, je t'entends rien. Emmet lui, est particulièrement sous le charme. Ses pensées n'expriment rien d'autre que l'image de la fille, il l'imagine les cheveux détachés. Interceptant mon regard étrange, il m'adresse un petit sourire contrit. « Représente t-elle un danger ? » demande t-il doucement, énonçant tout haut ce que mes frères et sœurs et ma bien aimée pensent. « Je ne crois pas. Elle ne pense plus à nous » je réponds à voix basse, me focalisant alors sur les pensées alentour. Toutes sont centrées sur la nouvelle, et expriment du désir, chez les garçons, et de la jalousie, chez les filles. Je soupire. Tellement typique.
« Dis donc, les Cullen te regardent » siffle Jessica à la nouvelle avec une pointe d'envie perceptible dans la voix.
« Les Cullen ? » demande la fille doucement. Jessica fait un geste qui se veut discret en notre direction, alors que nous écoutons tous discrètement leur conversation.
« C'est une famille bizarre. Ils sont canons hein ? » reprend Jessica. « Le beau garçon blond, c'est Jasper. Il est avec Alice, la petite brune. C'est le demi-frère de Bella, celle aux cheveux bouclés... elle est avec Edward, le rouquin canon. Le seul célibataire c'est le grand brun sublime aux cheveux noirs, Emmet ». La nouvelle hoche la tête, reportant son regard sur nous. Elle ne rajoute rien, ce qui pousse Jessica à reprendre. « Ils ont été adopté par le docteur Carlisle Cullen et sa femme, Esmée. Mais ils sont quand même... en couple ». la nouvelle, qui s'appelle Rosalie selon les pensées focalisées sur elle, hoche la tête, ne semblant pas extrêmement choquée par la révélation, ce qui nous fait sourire. Jessica rage intérieurement, agacée par le manque de réaction de la nouvelle, se demandant si à Los Angeles, ce genre de mœurs est monnaie courante.
« En fait, pourquoi es-tu venue à Forks, Rosalie ? » demande Mike avec curiosité, essayent de centrer l'attention de la nouvelle sur lui. Je reçois soudain un flot de pensées en provenance de la nouvelle, et ce que j'y vois me glace le sang. Je pousse un sifflement de rage, qui m'attire des réactions surprises de mes frères et sœurs et le regard inquiet de Bella. Les autres ne semblent pas l'avoir remarqué, alors que Rosalie répond d'un ton qui se veut tranquille. « Et bien, ma mère voyage beaucoup pour son travail, alors il était plus simple que je vienne ici. » J'admire le courage de cette fille d'énoncer calmement cette demi vérité. Face au regard interrogateur des membres de ma famille, qui n'ont pas raté une seule phrase de l'échange, je me penche alors vers eux. « Elle a été agressée. Sexuellement. C'est pour ça qu'elle est là... Elle a fui Los Angeles. » Bella et Alice se jettent un regard outré alors qu'Emmet sert des dents si fort qu'elles grincent. Il semble envisager de retrouver le coupable, la pensée de la beauté humaine de Rosalie semblant le faire culpabiliser. Les pensées de Rosalie se focalisent alors sur nous. « Ma grand-mère connaît le docteur Cullen, elle travaille avec lui à l'hôpital. Elle le décrit comme un homme plein de bonté. Et son épouse est psychiatre bénévole là bas... » Rosalie s'interroge quelques instants en silence sur la probabilité d'avoir ma mère adoptive comme psychiatre.
« Oui... Peut-être. Enfin, ça reste une famille recomposée. » grince Jessica, en colère que la nouvelle ne soit pas choquée. Les pensées de celle-ci, imaginant une Jessica pet sec avec un balai dans les fesses, me fait doucement rire. Mes frères et sœurs me regardent à nouveau, se demandant ce qui me fait rire. Je leur fais alors un signe de tête, nous en discuterons plus tard.
Deux heures plus tard, je suis plus détendu. La nouvelle ne semble pas avoir eu de nouveaux soupçons à notre sujet. Nous la retrouvons d'ailleurs en classe de biologie, Emmet, Alice et moi. Alors que je partage ma paillasse avec ma sœur, Emmet est seul, juste devant nous. Rosalie arrive quelques minutes après, et les pensées alentours se focalisent à nouveau sur elle. Mike Newton est particulièrement agaçant. Il bave littéralement devant la jeune femme, et ses pensées osées m'agace sachant ce qu'elle a vécu, même si ce n'est que brièvement au cours de quelques pensées. C'est vrai que la fille dégage un certain magnétisme, qui serait relativement proche du notre. Elle suscite une attractivité chez les personnes de sexe mal, qui est si perceptible que l'ensemble des filles du lycée semble déjà la détester. C'est pathétique, et cela entraine une certaine empathie envers la fille. Bella doit être encore choquée par ces révélations. Ma douce n'a jamais su se protéger de la douleur des autres. Rosalie s'approche du professeur, Monsieur Janson, qui lui aussi se fait quelques remarques salaces intérieurement. Je souffle. Les pensées des humains alentours sont bien plus agaçantes que d'habitude depuis l'arrivée de cette fille. Elle se présente d'un ton sec, avant de se faire attribuer la place libre à côté d'Emmet. Mon frère semble curieux, et tente de lui faire un sourire sympathique alors qu'elle s'assoit à ses côtés. Il tente de s'empêcher de penser à son odeur, qu'il trouve particulièrement attirant. Je me tourne vers Alice, et celle-ci observe rapidement le futur proche. Elle me sourit d'un regard, avant de poser à vitesse vampirique sa main sur l'épaule d'Emmet pour le rassurer. Celui-ci retient sa respiration, et je sens dans ses pensées que l'odeur est beaucoup plus supportable. C'est vrai que le sang de l'humaine sent bon, un mélange de vanille et de lys. « Je m'appelle Emmet. Tu es Rosalie c'est ça ? » lui demande gentiment mon frère dans un sourire franc. Rosalie l'observe, méfiante. « Oui. On m'appelle Rose. Enchantée. » Elle note sa beauté dans ses pensées, mais ne s'y attarde pas trop, alors que tous les autres mortels resteraient scotchés devant le physique de mon frère. « Tu t'y connais un peu en biologie ? » Les pensées de la nouvelle dévoilent qu'elle a déjà fait son année de terminale, mais qu'elle n'a pas pu passer les examens finaux suite à son agression. Elle répond simplement, dans un vague sourire à mon frère, « Disons que je connais le programme. » Celui-ci hoche la tête, et je sens qu'il développe un certain intérêt pour la nouvelle, ou du moins, une envie de... la protéger. De la protéger ? Mon frère immortel qui pourrait venir à bout d'un char ressent l'envie de protéger l'humaine. Je souris intérieurement, malgré mon inquiétude.
L'heure de biologie passe rapidement, Rosalie étant très à l'aise sur l'exercice à réaliser. Elle ne cherche cependant pas à engager la conversation. Elle est intriguée, tout au plus, mais la méfiance semble l'emporter. Cependant ce n'est pas une méfiance envers l'étrangeté de mon frère mais... envers le fait que c'est un garçon.
Nous revenons en groupe à la maison, ou Esmée nous attend.
« Quoi de neuf, mes enfants ? » nous demande t-elle, comme à son habitude. « La nouvelle, Rosalie, à l'air si triste... » Explique Bella. « Et elle a perçu tout de suite que nous étions différents. »
« C'est à dire ? » s'inquiète mon père. Tous se tournent vers moi. « Elle a senti notre différence, mais elle n'a pas l'air effrayée. Ou d'avoir l'envie d'en savoir plus. » Tous acquiescent. « Pourquoi est-elle triste ? » demande Esmée. Emmet grince à nouveau les dents alors que Jasper tente de nous apaiser. « Elle a été agressée. Violée. Par... des garçons de son ancien lycée, je crois. » Je murmure, alors qu'un silence pesant tombe sur ma famille.
Carlisle semble profondément triste. « Je connais sa grand mère, c'est une femme charmante et d'une rare intelligence. Très intègre. Je comprends pourquoi elle n'avait l'air qu'à moitié heureuse de l'arrivée de sa petite fille... ». Petit à petit, nous nous séparons, et je rejoins Bella pour aller chasser. Nous revenons à l'aube, ma douce et moi, la maison étant calme. Je perçois Jasper qui lit dans le bureau de Carlisle, Esmée et Carlisle qui écoute un opéra dans le salon, Emmet qui boxe dans le garage, l'esprit confus. Alice s'avance vers nous avec discrétion. Alice s'approche de nous silencieusement. « Edward... J'ai vu quelque chose. Je n'en ai pas encore parlé aux autres. » me dit-elle mentalement. Je me focalise alors sur ces pensées et entrevois sa vision. Rosalie baigne dans un bain de sang, et Emmet, fou de douleur, sanglote de pleurs sans larme au dessus de son corps sans vie. Il a du sang sur le visage et sur ses vêtements. Je tressaillis. Bella, toujours aussi perspicace, nous interroge du regard. En quelques mots, Alice lui résume la situation. « Devons-nous alerter les autres ? » Alice hésite. « Le futur de ma vision est incertain pour l'instant. C'est très flou, je ne pense pas que ce soit un futur proche... » J'opine, mais rajoute. « Je pense que nous devons quoi qu'il en soit en parler aux autres. Et surtout à Emmet, pour qu'il soit méfiant. » Après avoir réuni toute la famille, Alice partage sa vision. La peau de mon frère blanchit en entendant ses mots. Carlisle pose doucement son bras sur son épaule. « Doit-on déménager ? » demande Jasper avec douceur. Emmet semble confus, mais je perçois qu'il s'interroge sur sa capacité à ne pas s'en prendre à l'humaine. Carlisle réfléchit, avant d'intervenir d'un ton tranquille. « Je ne pense pas que la question d'un déménagement se pose pour l'instant. Alice a eu une vision, donc nous pouvons prendre nos précautions. Alice, je souhaiterai que tu surveilles l'avenir proche de cette fille. Mon fils, dit-il en se tournant vers Emmet, nous allons tous t'aider et t'accompagner. Tout se passera bien. »
