Note de début de chapitre : Chapitre 2 en ligne ! Pour l'instant l'histoire n'avance pas beaucoup mais patience..Il y a une référence très subtile (non je plaisante) aux éléments à venir de The Great Game ainsi qu'a « Un scandale en Bohême », que vous pourrez repérer sans mal...
Le titre et l'extrait de début de chapitre viennent de la chanson de Emilie Simon « The Devil at my door »
En espérant que vous apprécierez ce chapitre, et comme d'hab, review chaudement encouragés pour que nous puissions connaître votre opinion :) !
Chapitre 2 : The Devil at my door
« I saw the devil at my door
But deep inside behind the door
No one knows which way to go
Do you really want to know ? »
Le trajet ne fut pas bien long jusqu'au domicile de la jeune fille. Celui-ci faisait partie d'un complexe résidentiel qui entourait une piscine collective dont la lumière bleutée se reflétait sur les visage des nouveaux arrivants exténués.
-Je n'ai jamais beaucoup aimé les piscines la nuit. Trop glauque.
-Je ne savais pas que tu avais eu l'occasion de voir beaucoup de piscines privées en Afghanistan, John. A quoi remonte ton traumatisme alors ? Tu ne savais pas faire le brasse coulée à la piscine municipale quand tu avais 10 ans ? Je ne vois sérieusement pas ce qui pourrait t' arriver de plus grave.
-Je ne sais pas, juste un mauvais pressentiment.
Arrivés devant la porte, Véronica se retourna et dit d'une voix empressée :« Bon les gars, je vous fais le topo. Je rentre en premier, je vérifie si mon suspicieux de père n'est pas là et ensuite . . . »
Un individu comme sorti de l'ombre, l'interrompit, goguenard :
-Et dans le cas contraire, tu les caches dans ta chambre jusqu'à demain matin c'est ça ?
John et la jeune fille, à l'exception de Sherlock qui resta étonnement stoïque, sursautèrent à l'apparition d'un homme d'une quarantaine d'années, présentant une légère calvitie, et qui malgré son air bonhomme, inspirait du respect tout comme Véronica. Celle-ci paru un instant désarçonnée, se reprit rapidement et dit d' un ton badin au nouveau venu : « Je n'emploierai pas exactement le terme cacher. Mettre en sécurité serait en effet plus approprié »
-Quoi ? Cette bonne vieille Angleterre serait-elle en guerre ? Je me présente Keith Mars, père de Véronica et accessoirement shérif.
-Ancien shérif ! Et fais-moi s'il te plaît le plaisir de ranger ce qui te tient lieu de joujou.
-Ah excusez-moi, vous savez, toujours ces mauvaises habitudes de flic qui la ramène un peu. Je devrais peut-être demander à Lamb de commencer à se calmer d'ailleurs . . .
-Papa, voici Sherlock Holmes, détective consultant et John Watson qui est médecin. Ils viennent tous les deux de Londres.
Keith s'avança et serra la main des deux hommes, tout en demandant à sa fille d'un air malicieux :
-Et où as-tu ramassé ces deux braves gens, que je puisse te suivre la prochaine fois ?
-Eh bien comme tu devais normalement ne pas le savoir, je faisais une planque pour le compte de Mme Adler sur le parking du Camelot et...
Sentant qu'il était grand temps d'intervenir, John prit la parole :
-Le Camelot n'était pas exactement le but de notre voyage, nous revenions en fait d'une conférence médicale à San Diego. J'avais réservé pour un hôtel à Los Angeles près de l'aéroport pour que nous puissions prendre l'avion pour Londres, mais il y a eu... un petit souci de logistique. Mais s'il y a un souci, nous pouvons très bien . .
-Taratata ! Si ma fille récupère des inconnus sur des parkings d'hôtel, je me dois de les loger pour la nuit.
L'ex-shérif passa devant sa fille et ouvrit la porte : « Après vous, messieurs . . . »
Sherlock entra en premier d' un pas assuré, suivi d' un John beaucoup moins à l 'aise. Keith referma la porte derrière lui et se retourna, un sourire jovial sur ses lèvres :
-Je vous offre à boire ?
-Vous vivez seul avec votre fille depuis que votre femme vous a quitté, il y a disons . . . quelques mois.
John soupira. Sherlock s'était montré étonnamment silencieux depuis leur arrivée à la résidence. Il devait bien se douter que ce n'était que temporaire et qu'il ressentirait tôt ou tard le besoin de disséquer, d'analyser tout ce qui l'entoure et de faire part de ses déductions, pas forcément au bon moment, ni aux bonnes personnes. Keith ne répondit pas, occupé à trouver un décapsuleur. Sa fille le regarda d'un air inquiet. Un silence gêné s' installa, interrompu de temps à autre par un bruit de couverts.
-Dis-moi Véronica, sais-tu où se trouve ce fichu décapsuleur ? J'espère que tu ne l'as pas encore prêté à ton copain Weevil pour qu'il puisse aller jouer les caïds ?
-Votre annulaire présente une marque d'alliance, la peau est plus blanche à cet endroit mais cette différence de bronzage tend à s'estomper ce qui me fait penser que vous l'avez retiré il y a quelques mois seulement. Votre femme et vous vous êtes donc séparés environ à cette période. Votre fille en se présentant a parlé quasiment immédiatement de vous, mais n'a pas mentionné sa mère. J'en déduis qu'elle lui en veut pour une raison particulière. C'est donc elle et non vous qui l'avez quitté. De plus, bien qu'elle ait sûrement vécue avec vous pendant une longue période, je ne vois aucune photographie d'elle. Vous avez cherché à effacer sa présence, la séparation a du être douloureuse. Est-ce que j'ai fait une erreur ?
Keith se redressa lentement, toujours le dos tourné :
-Non, aucune. Vous êtes très perspicace Mr Holmes et je parie, aussi fouineur que mon adorable fille.
Ça je ne vous le fait pas dire !
Tous les regards se tournèrent vers John. Celui-ci détestait habituellement être au centre de l'attention. Mais la joie que ressentait le médecin de voir que Keith avait plutôt bien réagi aux remarques indiscrètes du détective consultant éclipsait totalement cette gêne. Il se promit tout de même avant de se coucher d'avoir une sérieuse discussion avec son ami.
« Ah je te tiens maudit décapsuleur !, Keith se redressa, un air triomphant sur son visage. Bon, à quoi pourrions nous bien trinquer ? »
Le regard fixé sur le plafond blanc crème de sa chambre, Véronica ne parvenait pas à trouver le sommeil. Tant de questions s'agitaient dans sa tête : qui étaient réellement John Watson et Sherlock Holmes ? Ils semblaient avoir vécu tant de choses ensemble ! Sherlock avait parlé de l'Afghanistan à propos de son ami. John avait-il officié là-bas en tant que soldat ? Parfois lorsqu'elle croisait son regard, elle y voyait une sorte de mélancolie. Mais ce qui l'interrogeait au plus haut point était Sherlock Holmes. Elle avait l'esprit plutôt vif, et pourtant elle peinait à cerner la personnalité complexe, insaisissable de cet homme. Il avait réussi à mettre à jour avec une rapidité fulgurante l'un des nombreux secrets de la famille Mars. Combien de temps mettrait-il à deviner le reste ? La quiétude qu'elle et son père connaissaient enfin disparaitrait-elle suite à ces révélations ? Vu la manière dont Sherlock Holmes venait de se comporter à leur première entrevue, elle doutait fortement qu'il prenne en compte de telles considérations. Véronica s'efforça de rester calme. (Malgré ses exceptionnelles facultés intellectuelles, il paraissait improbable qu'il découvre tout ce qui s'était passé.). De toute façon les deux hommes repartiraient sûrement demain, laissant le petit théâtre des évènements de Neptune se dérouler sans eux. A cette pensée, étrangement, Véronica eut un petit pincement au cœur. Le sommeil s'emparait peu à peu d'elle, remettant ses interrogations au lendemain.
