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Voici donc le premier chapitre de Célyandre Weatherley. Je le publie en même temps que le prologue, afin que vous vous fassiez une idée du cadre ainsi que de la tension qui risque d'animer l'histoire. Et comme il est déjà terminé, je vous en fait profiter !
Je n'ai pas encore parlé du rythme de publication des chapitres. Pour commencer, je peux vous dire que je n'en ai aucune idée. Tout simplement parce que je ne sais pas à quelle vitesse je vais taper les mots de la suite, et si l'imagination sera toujours présente, ou aux moments où elle le sera. Donc, je compte faire de mon mieux. Le second chapitre est quasiment terminé, il viendra sûrement demain, si tout va bien.
J'espère que ce chapitre là, en attendant, vous plaira !
Morganne
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Chantage (n.m.) : Manière d'obtenir quelque chose de quelqu'un en exerçant sur lui une pression psychologique.
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CHAPITRE 1 :
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« Alors Servilus, à quand ton premier shampoing ? Enfin, vu l'état de tes cheveux, ce serait plus sage de tout raser. Je t'aurais bien aidé, mais j'ai peur d'attraper une quelconque maladie en te touchant. Sans rancune, hein ? »
« Toi, c'est ta tête qu'il faut raser ! Oui, parce que ton cerveau d'adorateur des Sangs-de-Bourbe doit subir un gros dysfonctionnement ! »
Célyandre ne prêtait pas beaucoup d'attention au manège haineux qui se déroulait dans le couloir qui menait à la classe d'enchantement. Mais elle prit tout de même le soin de se mettre légèrement à l'écart, pour éviter de recevoir un sortilège. Les disputes entre Severus Rogue et les Maraudeurs relevaient de l'habitude à Poudlard. Preuve faite. Encore une histoire de sang, paraissait-il. Quand des éclairs rouges et argentés sortirent de leur baguette, Célyandre entendit une voix, tout près d'elle.
« Ne sont-ils pas ridicules ? »
Elle fit face à son interlocutrice. C'est sans sourire qu'elle lui répondit.
« Tu sais bien ce que j'en pense Denevra. Le ridicule ne réside pas dans le fait qu'ils se chamaillent comme des gamins, mais dans le fait que Severus ne soit pas capable de prendre le dessus face à des Traîtres à leur sang ! »
Être méprisante et raciste. Encore et toujours. Enfin, elle ne se forçait pas beaucoup, dans le cas présent.
Sa camarade pouffa en passant la main dans ses cheveux blonds. Grande et élancée, Denevra Grovert était l'archétype même de la pouffiasse suffisante. Superficielle et manipulatrice mais étrangement, calme et intelligente. Elle vouait tout de même un respect sans limite à Célyandre. Par amitié réelle ou par intérêt, nul ne savait. Mais ça n'avait pas d'importance.
Leurs deux silhouettes étaient appuyées gracieusement contre le mur de pierres froid. Immobiles.
« Tu n'es qu'un sale immondice Rogue ! Obligé d'insulter et de rabaisser les sorciers et leur ascendance pour te sentir moins minable ! »
« Et se pavaner comme le roi du monde, c'est votre solution pour exister ? Vous êtes bien plus ridicules que moi voyons ! Toi, Potter, tu cours depuis des années après une fille qui n'a que faire de ton énorme tête. Et puis, toi Black, tu es l'ovni de la famille, une des plus grandes hontes ! Quand à vos deux toutous, l'un sans personnalité, et l'autre sans autorité, vous former bien un quatuor des plus, comment tu disais déjà ? Ah oui, minable ! »
Les rires fusèrent après cette longue tirade du Serpentard. Le rouge montait aux joues des Griffondors. La sensation dégénérait. Jamais Severus Rogue n'avait été aussi loin dans ses paroles, et avec autant d'aplomb.
« Vous n'êtes que des adorateurs de Magie Noire, des futurs Mangemorts ! Allez donc retrouver votre maître ! »
Les mots de trop. Des sorts par dizaines retentirent dans ce couloir exigu, qui, d'un coup d'un seul, brilla de milles feux.
« PETRIFICUS TOTALUS ! »
« STUPEFIX ! »
Evan Rosier fut touché par ce dernier sort. »
« SECTUSEMPRA ! »
« PROTEGO ! »
Plus un bruit. Le sort lancé par Severus Rogue avait été dévié par Célyandre, qui s'avançait vers le petit groupe, composé seulement des Maraudeurs, et des quelques Serpentards : Evan Rosier, immobile au sol, Augustus Rockwood, Antonin Dolohov et Rogue. Elle s'avançait, lentement. Très lentement. Trop lentement. Elle arriva devant son camarade aux cheveux noirs et au nez crochu.
« Ne recommence plus jamais cela ! »
Celui-ci parut surprit. Et légèrement inquiet par le ton employé par la jeune fille. Menaçant.
« Dégage de là Weatherley, cela ne te concerne pas. »
Un sourire fin s'étira sur les lèvres de la jeune fille. Un sourire qui fait froid dans le dos. Puis, brusquement, elle attrapa Rogue par le col de sa robe de sorcier et le plaqua contre le mur, sa baguette au niveau de la gorge, le sourire s'étant évanoui.
« Écoute moi bien, murmure-t-elle, continue tes petites joutes verbales tant que tu le veux. Je n'en ai que faire. Mais je connais ce sortilège. Magie noire. Tu crois que ce serait intelligent de te faire renvoyer maintenant ? J'espère pour toi qu'ils ne diront rien ! Idiot ! »
Après avoir soutenu son regard quelques secondes, Rogue abdiqua. Il savait qu'elle avait raison. Il se fustigea lui même d'avoir perdu son calme. Elle le lâcha. Il glissa un mot à ses camarades Serpentards et ils partirent. Célyandre décida de faire de même. Seulement, une poigne puissante la fit se retourner.
« Que veux-tu Black ? »
« Pourquoi es-tu intervenue ? Nous n'avions en aucun cas besoin de ton aide ! »
Il avait l'air furieux. Ses yeux d'un gris profond scrutaient le visage de Célyandre. Elle buta un instant sur son visage d'albâtre. Sirius Black, elle devait se l'avouer, était beau. Elle se reprit rapidement, cependant. Elle regarda sa main sur son bras, puis releva les yeux vers lui.
« Black. »
Le sous entendu était clair. Il détendit sa poigne, et la laissa filer. Elle regarda les Maraudeurs encore une fois. Aucune séquelle de leur altercation n'était visible. Ce qui la rassura légèrement. Rien de tout cela ne devait parvenir aux oreilles de qui que ce soit d'autre.
« Denevra, je te rejoins dans la salle commune. »
Son amie la fixa étrangement, puis hocha la tête, résignée. Elle ne saurait rien du tout, maintenant, ou plus tard. Le silence qui était tombé n'était entravé que par les pas de la jeune fille qui s'éloignait.
« Hominum Revelio. »
Elle chuchota ces quelques mots, pour être sûre que personne d'autre n'était présent, et donc, pourrait entendre leur conversation. Rien ne se produit. Le lieu était désert, hormis eux. Les regards interrogatifs des jeunes hommes étaient plantés sur elle.
« Pourquoi nous as-tu aidé ? Et quel était ce sortilège ? »
« Ouais, et qu'est-ce que tu veux ? »
La voix de Remus Lupin était calme. Ce qui ne jurait pas avec son apparence. Tout inspirait ce sentiment chez lui, et bien qu'elle ne l'ait jamais dit, Célyandre en était admirative. Voix qui jurait avec celle, coupante de James Potter. Deux élèves qui font partis des Maraudeurs.
A Poudlard, les Maraudeurs sont, pour trois des maisons - vous vous doutez desquelles, les élèves les plus populaires. Par leur attitude, leur comportement, et leurs multiples farces. Contre leur professeurs, contre les autres élèves, et plus particulièrement contre les Serpentards. James Potter, fils d'Aurors, en est l'un des membres les plus actifs, avec Sirius Black. Bien que totalement différents physiquement – Potter avec ses cheveux fous et ses lunettes rondes, et Black avec sa beauté plus sophistiquée, plus aristocratique, sont tous deux appréciés par la gente féminine. Des pouffes de bas étages, selon notre Serpentarde. Lupin, préfet et très bon élève, est le troisième composant de ce mélange détonant qu'est les Maraudeurs. Il est respecté, malgré son aspect quelque peu miteux et sa santé fragile. Et enfin, le quatrième Griffondor, Peter Pettigrow. Petit et gros. Sans personnalité et trouillard. Le scrout à pétard dans le troupeau de licornes.
« J'aimerais bien que ce qui vient de se passer ne s'ébruite pas. Autant pour vous, que pour nous. »
« Et pourquoi pas ?, s'insurgea Black. Parce que tu as peur que Servilus se fasse renvoyer pour avoir utiliser un sort de Magie Noire, c'est ça ? »
Silence pesant. Les autres Griffons semblèrent choqués.
« Ma...ma...magie noire ?, bredouilla Pettigrow. »
« Tout s'est bien terminé. Alors rien ne sert de reparler de cet incident. »
« Ton pote a essayé de nous tuer, et il faudrait que l'on ne dise rien ? Mais tu es aussi folle que lui, ma parole ! Dumbledore doit être mis au courant. »
Rien ne se passait comme prévu. Les choses allaient de pis en pis. Célyandre n'avait plus le choix. Et c'est avec une hypocrisie qu'elle-même pris plaisir à utiliser qu'elle lança les mots qui signèrent la fin la discussion :
« Alors allez tout raconter au directeur. Mais avant d'avoir pu finir votre récit, ce sera l'école entière qui sera au courant, comment vous dites déjà, « du petit problème de fourrure » de Lupin. Et le ministère sera également ravi d'apprendre que trois Animagi non déclarés évoluent à Poudlard. »
Petite pause.
« Toujours envie de rendre une petite visite à Dumbledore ? »
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Le 14 Novembre 1976
Cher Journal,
Ma journée d'aujourd'hui a été catastrophique. D'abord, j'ai été rabrouée par le professeur Trevinder en cours de Défense contre les Forces du Mal, à cause de mon dernier devoir. Un P ! Tu te rends compte, un Piètre dans cette matière ! Je n'ose imaginer la réaction de mes parents s'ils l'apprenaient. Surtout en ce moment. Mais ce n'est rien comparé à l'histoire avec les Maraudeurs. Pour résumer, ils se sont disputés violemment avec quelques élèves de ma maison, et Rogue a fini par lancer un sortilège de Magie Noire : le Sectusempra, qui a pour but de vider de son sang son adversaire. Et il a fallu que j'use du chantage pour m'assurer que cela resterait secret.
Lupin est un loup-garou. Je l'ai appris à la fin de l'année précédente. Je revenais d'une promenade dans la forêt interdite. C 'était une nuit de pleine lune. Généralement, je suis plus prudente quand je sors le soir, et j'évite cette période du mois. Seulement, j'avais été perturbée par une lettre de mon père, encore une fois. J'ai entendu un bruit de feuille qu'on foule. Et, sans que je puisse réagir, je me suis retrouvée face à deux yeux jaunes tout bonnement terrifiants. Si je devais remercier mon père pour une seule chose, ce serait pour cet entrainement intensif que je reçois depuis ma tendre enfance. Un sort d'immobilisation suffisamment puissant peut stopper un loup-garou pendant quelques minutes, temps largement suffisant pour me permettre de m'enfuir avec seulement une vilaine plaie au bras.
Je n'avais pas dormi de la nuit. Et, le lendemain, je suis allée à l'infirmerie, la douleur à mon bras devenant insupportable. C'est là que j'ai compris. En voyant Lupin allongé sur ce lit aux draps blancs, j'ai compris. Tout s'est mis en place dans ma tête. Sa fatigue à l'approche de la pleine lune, ses absences durant celle-ci. J'aurais pu tout dire. Et il aurait du quitter l'école, je le savais. Mais je n'ai rien fait. Rien.
Et, la nuit suivante, je l'ai suivi. Il s'était rendu dans la cabane Hurlante, en compagnie de Potter, Black et Pettigrow, plus tôt dans la soirée. Quand je les ais rejoins à l'intérieur, invisible grâce à un sortilège de désillusion, je me suis retrouvée de nouveau face à ces yeux jaunes, mais aussi face à un cerf, un chien noir, semblable à un Sinistros et à un rat. Faire le rapprochement n'a pas été difficile. Je ne suis pas restée plus longtemps, j'avais eu ce que je cherchais. La vérité.
Lupin était un loup-garou, et les trois autres Maraudeurs des Animagi.
Cette information est restée terrée dans mon esprit jusqu'à cet après-midi. Je m'étais toujours dit qu'un jour, j'en aurais peut être besoin. Et j'ai eu raison. Cela m'a permis d'éviter le renvoi de beaucoup de Serpentard, et comme je le sais, de partisans du Seigneur des Ténèbres. Si je n'avais rien fait, les conséquences auraient été trop importantes pour moi. Ne rien faire aurait été assimilé à une traitrise. Qui dit traitrise, dit sanction. Donc Doloris. Alors le choix a été vite fait, tu peux me croire...
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Disclaimer : Poudlard, ses moindres recoins, et les personnages, exceptés Célyandre et sa famille n'appartiennent qu'à l'auteur de cette saga qu'est Harry Potter : Mrs. Rowling.
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Chapitre mis en ligne le : 17 / 07 / 2011
Chapitre modifié le : 19 / 07 / 2011
