Titre : Les Retrouvailles : Premier tête-à-tête.

Source : Gundam Wing AC

Auteur(e) : Lysanea

Genre : yaoi, romance, UA, flash back, un peu Ooc des fois...

Disclamer : aucun des personnages ne m'appartient !

Pairing : Heero + Duo.

Personnages Heero Yuy, Duo Maxwell, Quatre Raberba Winner Barton, allusion à Trowa Barton et à Sœur Hélène, Catherine Bloom, le Père Maxwell.

Résumé : après l'enterrement, Heero décide d'habiter chez Duo pour l'aider et le soutenir…

Notes de l'auteure : merci pour les reviews que j'ai déjà reçues et bonne lecture !


Premier tête-à-tête.

¤

Heero ne pensait pas mettre autant de temps, mais c'est finalement presque deux heures après l'avoir quitté qu'il se retrouve à sonner à l'appartement de Duo.

Quatre ne tarde pas à lui ouvrir et l'aide à prendre ses affaires et les courses qu'il a tenu à faire.

- Duo dort ? demande-t-il pendant qu'ils rangent.

- On a discuté un moment, puis il s'est endormi. Il s'est réveillé il y a vingt minutes environ, et là, il se détend dans un bon bain.

- Ca va lui faire du bien. Vous avez parlé de son père ?

- De tout, de son père, de l'église, de son avenir, de toi, de vous deux…

Heero suspend son geste alors qu'il rangeait le pain et Quatre sourit, l'ayant prévu.

- C'est-à-dire ?

- De la même façon que toi et moi avons parlé de lui, tout à l'heure, répond-il en souriant plus largement encore.

- Quatre R. W. Barton, tu es véritablement un démon, parfois.

- Je n'ai jamais prétendu être un ange, réplique-t-il en refermant la porte du frigo.

- Et pourtant tu l'es, la majeure partie du temps.

- Merci, Heero.

- Merci à toi de m'avoir aidé à ranger.

Une sonnerie de téléphone se fait entendre.

- Mais de rien ! Excuse-moi, c'est Trowa, dit-il encore en prenant son téléphone. Oui, mon cœur ? Tout se passe bien ? Je vois. Oui, il vient de rentrer. Ne quitte pas. Heero, as-tu besoin que je reste encore ou que je t'aide pour quelque chose ?

- Non, je te remercie, Quatre. Je te libère.

- Ok. Trowa, c'est bon, j'y vais. Elle arrive par quelle gare ? Attends, je note… D'accord. A tout à l'heure, mon chéri.

- Tout va bien ?

- Catherine a pu se libérer à la dernière minute, je vais la chercher.

- Génial…

- Ne t'en fais pas, elle a quelqu'un depuis trois mois, ça a l'air sérieux. Je ne sais pas si elle est venue avec lui, mais je pense qu'elle te laissera tranquille.

- J'espère bien.

- Si c'est pas le cas, tu peux compter sur nous, on te laissera pas tomber. J'y vais.

- Vous revenez dîner avec nous, ce soir ?

- Avec Cathy ?

- Forcément…

- Non, on va vous laissez en amoureux, Duo et toi.

- Arrête tes bêtises. A 19h30, vous avez intérêt à être là. 20h au plus tard.

- D'accord. A tout à l'heure.

Après être passé dire au revoir à Duo à travers la porte de la salle de bain, Quatre quitte l'appartement.

Heero se met à l'aise puis commence à s'occuper du dîner.

Pour faire plaisir à Duo, il lui prépare un potage aux boulettes de poulet.

Un soir, Heero l'avait appelé en visio alors qu'il était en train de s'en faire un et Duo, qui ne ratait rien de la préparation, l'avait pratiquement maudit de lui faire subir cette torture, tellement ça avait l'air bon…

Heero lui avait donc promis qu'il lui en préparerait un dès qu'ils se reverraient.

Les mois ont passé, mais Heero n'a jamais oublié cette promesse, et il espère que Duo non plus, pour que la surprise et le plaisir soient entiers.

Bien sûr, Duo a certainement goûté cette recette entre temps, c'est une recette chinoise très répandue…

Mais une promesse reste une promesse, et lui a appris cette recette auprès d'une famille traditionnelle, alors il y a des chances pour que ce soit plus que réussi…

Alors qu'il termine la préparation, il entend la porte de la salle de bain s'ouvrir, puis des pas résonner.

- Heero ?

- Dans la cuisine.

Les pas se rapprochent et Heero se tourne vers l'entrée de la cuisine jusqu'à ce que Duo arrive, mais il ne s'attendait pas à la vision que lui offre son ami, qui lui coupe le souffle un moment…

Duo porte un peignoir blanc, dont la ceinture croisée bas sur ses hanches laisse apparaître une peau tout aussi blanche. Ses cheveux cascadent en longues mèches humides autour de son visage, ondulent sur ses épaules, son torse et jusqu'à la taille.

Un elfe… un ange… une naïade… une nymphe… ? Heero ne sait plus à quelle mythologie emprunter une quelconque comparaison…

Inconscient de l'effet produit, Duo affiche un air désolé sur son visage.

- Est-ce que je peux te demander un service, Heero ?

L'interpellé déglutit avant d'hocher la tête, ne se sentant pas encore capable de parler correctement.

Duo lève la brosse qu'il tient dans sa main.

- Tu veux bien me donner un coup de main avec mes cheveux ? Je comptais sur Quatre, mais il est parti…

Heero se reprend et sourit, Duo est si attendrissant.

- Il n'y a pas de problème, Duo, je mets ça à cuire et j'arrive.

- Merci ! Oh, tu as préparé le dîner, c'est très gentil à toi… Qu'est-ce que c'est ?

Heero se met devant lui pour l'empêcher de s'avancer plus et de voir.

- Surprise.

Duo sourit et effleure sa joue du bout des doigts.

- Tu es adorable, Heero, merci. Je t'attends dans ma chambre.

Il s'en va sans plus attendre, ses cheveux flottant autour de lui.

Heero ferme les yeux et pose ses doigts sur sa joue, essayant de calmer les battements de son cœur.

Un ange…

Comment va-t-il pouvoir partager le quotidien d'un tel être sans le salir, bien malgré lui, par sa présence, par ses pensées ?

La vision de sa peau nue lui a donné envie d'y poser ses lèvres…

De perdre ses mains dans ses cheveux…

De s'enivrer de son parfum qui flotte encore dans l'air…

Il aurait dû le prévoir, sachant déjà qu'il ne ressortait jamais indemne des conversations téléphoniques avec lui, avec ou sans le visio.

Sa voix seule lui donne des frissons…

Quatre ans ont passé et il est amoureux comme au premier jour, si ce n'est plus…

Les mêmes battements de cœur qui s'accélèrent à sa vue, quand il le regarde, le même vertige lorsqu'il l'a revu dans l'église et non plus séparés par un écran, la même prière que le temps s'arrête, lorsqu'il l'a tenu dans ses bras, au cimetière…

Se reprenant, Heero met les boulettes dans le potage en baissant le feu, puis rejoint Duo dans sa chambre.

Entre temps, Duo s'est changé, il est en jean et t-shirt noir, la croix argentée brille autour de son cou. Il est assis en tailleur sur son lit, face à l'armoire où est fixée un grand miroir.

- J'ai commencé avec mes mèches de côté, mais ce sont toujours celles de derrière qui me posent problème, lui dit-il en lui souriant à travers le miroir.

Heero lui rend son sourire et se rapproche, s'installant à genoux sur le lit, derrière lui.

La brosse lui échappe presque lorsqu'en la prenant, ses doigts effleurent ceux de Duo.

Ce qui n'échappe pas au prêtre…

Comme si de rien n'était, Heero commence à démêler ses cheveux.

- Ils sont vraiment magnifiques.

- Merci. Ils sont surtout casse-tête… Mais je ne les couperai jamais de plus de 5 cm. J'y tiens beaucoup trop.

- Tu as de quoi en être fier.

- Mon père aussi les aimait beaucoup. Ma natte lui permettait de me retrouver dans l'église quand je m'y cachais, enfant.

- Tu y allais souvent ?

- A l'époque où je devais voler ma nourriture pour survivre, je m'y cachais pour échapper aux autorités.

- Tu n'as vraiment pas eu une enfance tendre.

- Je n'étais pas si malheureux, tu sais, parce qu'on était une sorte de famille d'orphelins. Quand j'étais petit, les plus grands volaient de la nourriture pour moi, des médicaments, parfois, des vêtements chauds. Ensuite, ça a été à mon tour de veiller sur les plus jeunes. Je restais le plus longtemps que je pouvais sans manger, mais pour pouvoir tenir et leur rapporter de la nourriture, je ne devais pas être faible et me nourrir aussi. Un jour, il y a eu une grave épidémie, et je ne sais par quel miracle, j'y ai survécu. J'ai continué à vivre de la même façon, mais volant beaucoup moins, forcément, puisque j'étais seul.

- Tu as continué à te cacher et à prier dans l'église après cette épreuve ?

- Oui. Et le Père Maxvell venait s'asseoir sur le banc sous lequel j'étais caché et me parlait.

- Que te disait-il, si ce n'est pas indiscret et si tu veux m'en parler, bien sûr.

- Ca me fait du bien, oui. Il me parlait de beaucoup de choses, tu sais. D'anecdotes sur les épreuves qu'il a du traverser, ou des gens de sa connaissance… Il me récitait des paraboles de Jésus, me racontait des courtes histoires issues des légendes anciennes. C'était un homme très cultivé et très savant, très curieux et tolérant.

- Je ne l'ai pas beaucoup connu, si ce n'est à l'époque où je préparais le mariage de Trowa et Quatre, ainsi qu'à travers toi les années suivantes. Il avait l'air de tenir à toi, déjà à cette époque où tu vivais dans la rue.

- Je crois qu'il avait très tôt l'idée de m'adopter. Il a fini par me le proposer, un jour où j'étais caché comme d'habitude. J'attendais presque sa venue et l'histoire qu'il allait me raconter. J'aimais tellement entendre sa voix grave et posée résonner dans l'église. Mais ce jour-là, il ne s'est pas assis. Il s'est baissé et m'a tiré par la natte dont un bout dépassait. Il l'a fait gentiment pour me forcer à sortir. Je croyais qu'il allait me gronder ou me livrer aux autorités. En fait, il prenait juste ma vie en main…

Flash back

Duo se redresse, n'osant lever les yeux vers le Père Maxwell.

- Duo, tu aimes cet endroit, n'est-ce pas ?

- Oui, mon Père, répond-il en le regardant cette fois. Je sais que ce que je fais est mal, voler est un pêché, mais je suis sûr que Dieu comprend et me pardonne. Il me faut des forces pour franchir les obstacles et lui montrer que je suis digne de Son amour.

- Est-ce que tu en veux au Seigneur, Duo ?

- Non, mon Père. Solo et tous les autres sont certainement plus heureux auprès de lui. Car ils y sont, n'est-ce pas ?

- Oui, Duo, notre Seigneur les a certainement accueilli dans son vaste Royaume. Tu ne lui en veux pas de toutes les épreuves qu'Il te fait subir, vraiment ?

- Non, mon Père. J'affronterai tout pour Lui.

Le Père Maxwell tire affectueusement sur la natte de l'enfant.

- Puisque tu es toujours fourré ici, pourquoi ne viendrais-tu pas vivre avec moi ? Cela arrangerait aussi les autorités.

- Vous ne devriez pas vous moquer de moi, mon Père, même si je suis un pauvre pêcheur.

Le Père Maxwell pose ses mains sur les épaules de Duo.

- Tu es une brebis égarée et le fils que j'aurais souhaité avoir, Duo. J'ai eu un fils, autrefois, que le Seigneur a choisi de rappeler à lui avant même qu'il ne naisse. Moi non plus, je n'en ai pas voulu au Seigneur. Et je ne t'en voudrai pas plus si tu refusais ma proposition. Je t'aimerai toujours autant et te considèrerai toujours comme le fils dont je rêvais. Tu seras toujours le bienvenu ici et chez moi.

L'enfant de la rue ne retient pas ses larmes et l'homme d'église le serre tendrement contre lui, alors qu'ils murmurent ensemble un « merci Seigneur » qui vient du fond du cœur...

Fin du flash back.

- Je suis rapidement devenu Duncan Oliver Maxwell. Peu après, il ouvrait un orphelinat. C'était il y a quatorze ans, Heero, et même si j'ai des souvenirs plein la tête, j'ai l'impression que c'était hier.

- Le temps passe très vite, confirme Heero en terminant de natter ses cheveux, touché par son histoire.

- C'est comme pour nous. Je te revois encore dans le bureau de mon père, il y a quatre ans, comme si c'était arrivé cet après-midi.

- J'ai aussi cette impression. C'est d'autant plus troublant que je ressens toujours la même chose pour toi, alors que je croyais, que j'espérai que ça finirait par passer ou faiblir. Mais non.

Duo se tourne vers lui mais Heero s'écarte et descend du lit, gêné d'en avoir dit autant.

- Heero…

- Je vais voir où en est la cuisson.

Duo n'insiste pas, il sait que c'est préférable pour eux.

- Ok. Merci pour mes cheveux.

- De rien, je comprend enfin que Quatre aime autant te coiffer. On va finir par se disputer cette faveur.

- Ca m'arrange bien, moi ! Je ramène tout ça à la salle de bain, et je m'occupe de dresser la table. Si j'ai bien compris ce que m'a dit Quatre, nous serons cinq, c'est ça ?

- Ou six, ça dépend si Catherine est accompagné. Ce que j'espère du fond du cœur, qu'elle me lâche un peu...

- Ca doit venir de toi, Heero, on ne peut pas t'oublier et passer comme ça à autre chose.

- J'espère qu'elle te prouvera que si.

Duo ne dit rien et Heero se rend compte de sa maladresse.

- Je… Duo, je…

- Ne fais pas brûler le dîner… le coupe-t-il en sortant pour aller à la salle de bain.

Heero soupire avant de gagner la cuisine.

Quel idiot…

Il se rend compte qu'il y aura toujours des mots qui pourront être interprétés d'une façon qui ne pourra que les blesser…

Si vraiment on lui avait donné le choix, bien évidemment qu'il préférerait que jamais Duo ne l'oublie…

Mais puisqu'il n'y a pas d'espoir pour eux, à quoi bon s'accrocher à des chimères ?

Il jette un œil sur sa marmite et soupire de nouveau, mais de soulagement, cette fois.

Au moins, son dîner est sauf…

A suivre…


Notes de l'auteure : et de deux ! Prêts pour la troisième et dernière partie ???