EDIT : 25/06/2018


Konbawa ~ Alors en fait, après une longue refléxion (5 min), je me suis dit qu'avec juste le prologue en attendant, ça n'allait pas vous en dire beaucoup sur l'histoire... J'ai donc décidé de mettre au moins le chapitre 1 pour que vous voyez dans quoi je vous embarque !

Voilà ~ Désolée pour les fautes éventuelles, et bonne lecture ! ~


KUROKO NO BLOOD - Chapitre 1

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Académie Silent Falls.

Cette école regroupe un peu plus d'une centaine d'élèves de bonne famille venus de part et d'autre du pays. Elle est situé tout au Nord du Japon, loin du milieu urbain et placée parmi une gigantesque zone humide et forestière. Une épaisse couche de brouillard permanente empêche n'importe quel visiteur indésiré de s'approcher. Seuls les habitués et les personnes autorisées peuvent accéder à l'Académie sans encombre.

Malgré le fait qu'elle soit isolée et qu'elle existe depuis plus d'un siècle, les bâtiments sont comme neufs, peints d'une magnifique couleur blanche étincelante. L'école avait un style ancien et était entièrement rénovée.

Son nom a toute sorte de significations, mais tout le monde préfère retenir le fait qu'il provienne d'une vieille légende à propos d'une gigantesque cascade qui déverserait de l'eau de toute sa hauteur sans aucun bruit à certaines périodes de la nuit. Certains disent que le phénomène provient des esprits qui se réunissent dans ce lieu comme un sanctuaire pour les âmes sur le point de rejoindre l'Au-Delà, d'autres encore préfèrent se dire qu'il s'agit simplement d'un événement naturel selon l'humidité de l'air et la météo.

Si cette Académie avait tout d'une école normale, ce n'était pourtant pas le cas. Car si les cours que suivaient les élèves étaient différents de ce qu'apprenaient les gens normaux, si les lieux étaient inaccessibles au public et que la zone était protégée d'une nappe de brouillard infranchissable pour les étrangers, et que personne excepté les résidents ne savait ce qu'il se passait à l'intérieur, ce n'était pas sans raison. Ces faits étranges et anormaux venaient justement du fait que les élèves eux-mêmes n'étaient pas tout à fait comme les autres. Ils étaient tout, sauf ordinaires. Car les étudiants de l'Académie Silent Falls étaient en réalité... des vampires.

Les jeunes adolescents envoyés dans cette école apprenaient non seulement la culture générale du monde humain, mais aussi l'Histoire de leurs ancêtres et comment se fondre dans la société sans révéler leur véritable nature. Ils pratiquaient l'art du combat et apprenaient à gérer leur soif et leur sang-froid, comme tout bon vampire bien éduqué.

Pourtant, bien que l'ambiance et l'atmosphère semblaient hors du commun, les pratiques et les habitudes des élèves ne différaient pas énormément des adolescents normaux. Sports divers, arts, lecture, musique, potins, baguarres et parfois même, ils en venaient à pratiquer l'intimidation.

...

Ils l'avaient piégé dès qu'il avait mis le pied à l'extérieur, l'encerclant et le tirant jusqu'à arriver dans un coin à l'abri des regards. La jeune victime ne disait rien, se contentant d'écouter les railleries des élèves qui l'avaient pris pour cible. Il leva ses yeux clairs sur un grand gaillard qui le tenait par le col. Ses mèches aussi turquoises que ses prunelles lui dégagèrent la vue un moment, prises dans un minuscule courant d'air matinal, lui permettant de mieux apercevoir l'un des garçons qui l'avaient pris à part. Il reconnut le type qui avait répété la même scène la semaine dernière.

- Hey, Kuroko. Quoi de neuf ?

Le dénommé Kuroko planta ses yeux dans les siens sans dire un mot. S'il voulait l'intimider en essayant de paraître glacial, l'effet ne dura même pas une seconde. L'autre se mit à sourire, dévoilant ses canines bien aiguisées dépassant de sa lèvre supérieure.

- Je suis sûr que tu sais pourquoi on t'a amené ici, pas vrai ? Tu as passé toute la semaine à nous filer entre les doigts, mais cette fois-ci tu ne nous échapperas pas.

- Vous perdez votre temps, fit le jeune homme d'un air calme et assuré.

Les autres se regardèrent un instant avant de ricaner entre eux. Celui qui avait l'air de mener la bande et qui agrippait Kuroko par le col sourit de plus bel, se penchant légèrement vers son cou. Il huma son odeur comme s'il était en train d'inhaler le parfum d'un plat délicieux. Le turquoise ramena aussitôt sa main vers son cou d'un geste défensif.

- Allez, sois gentil Kuroko. Laisse-nous juste quelques gouttes de ce met délicieux qui coule dans tes veines… Ce sera très rapide, je te le promets.

- Je ne vous le permettrai pas, répondit Kuroko sans ôter la main de son cou.

L'autre ne se laissa pas convaincre par le ton sérieux qu'avait employé Kuroko. Au contraire, il referma un peu plus son emprise et plaqua complètement le garçon contre le mur, l'empêchant de bouger. Ce dernier se pinça les lèvres, se demandant comment il pourrait se sortir de cette situation. En général, il arrivait toujours à ruser d'une manière ou d'une autre. Son manque de présence habituellement permanente l'avantageait quand il s'agissait de s'éclipser en douce pendant qu'il attirait leur attention ailleurs que sur lui. Il avait passé toute la semaine à les esquiver de cette manière.

Mais le temps passé à les semer facilement lui avait considérablement fait baisser sa garde. Ils l'avaient attrapé dès qu'il avait franchi les portes du dortoir ce matin, et maintenant qu'ils étaient plus nombreux Kuroko aura beaucoup plus de mal à leur échapper comme toutes les autres fois. Le grand gaillard se débarrassa de la main de Kuroko qui cachait son cou en l'empoignant brusquement.

- Ittadakimasu~

Et alors qu'il s'était rué vers sa jugulaire afin d'y planter ses crocs, un mouvement vif sur le côté le projeta contre le mur au loin qui coupa net son élan.

Tous les regards se rivèrent sur l'ombre qui venait d'apparaître juste derrière eux. Leurs yeux tombèrent sur un grand jeune homme à la peau brune et aux cheveux sombres dévoilant leurs reflets bleu marine. Son regard froid et meurtrier glaça le sang de tous les autres voyous rassemblés autour de Kuroko. Seul ce dernier parut se détendre face à sa présence.

- Oï, Tetsu. Il se passe quoi ici ? fit le nouveau venu sans cacher le venin à travers sa voix grave.

- Aomine-kun, qu'est-ce que tu fais ici ? demanda le turquoise en oubliant tout à coup la situation dans laquelle il se trouvait.

Le grand bleuté scruta sombrement les autres élèves qui entouraient Kuroko, et ceux-ci comprirent très vite qu'ils devaient s'écarter. En moins d'une seconde, un énorme vide s'était formé tout autour du plus petit. Le dénommé Aomine le remplit en un instant tandis qu'il rejoigna son camarade sans prêter attention aux autres délinquants qui n'osaient plus prononcer un seul mot.

- Ce que je fais ici ? C'est plutôt à moi de te demander ça. J'ai entendu dire que t'étais parti avec des types louches alors je suis venu jeter un coup d'œil, et voilà sur quoi je tombe. Tu peux m'expliquer ?

Kuroko remit son col en place calmement.

- Rien de grave. Des choses triviales sans importance.

- T'appelles ça sans importance ? Des gars qui veulent te pomper le sang ?

Il fusilla les autres du regard. Ils tressaillirent en détournant les yeux. Ils connaissaient bien Aomine et ne se risqueraient certainement pas à aller s'opposer à lui. Tout le monde le connaissait. Non seulement de par son rang, mais aussi par son caractère enflammé qui avait souvent valu plusieurs jours de soins à ceux qui avaient voulu se montrer plus malins.

L'élève qui avait été balancé au loin se redressa difficilement et releva les yeux vers le bleuté.

- A-Aomine ?

Celui-ci se tourna vers lui.

- C'est toi le responsable de tout ce bordel ? J'espère que tu as une bonne excuse, car je risque de ne pas être très gentil… dit-il en craquant ses doigts.

- Je… c'est, c'est que…!

Voyant qu'Aomine était on ne peut plus sérieux, Kuroko s'empressa d'agir. Il se mit entre lui et l'élève qui avait faillit se jeter à son cou et planta ses yeux dans ceux de son camarade qui n'avait pas cessé d'avancer.

- Arrête, Aomine-kun. Tu n'as pas besoin de faire ça.

- Pousse-toi, Tetsu. Tu piges pas que ce gars a eu l'audace de te prendre pour un frigo à disposition juste à l'instant ?

- Ce n'est rien. Il ne m'a rien fait, alors c'est bon.

- Et tu crois qu'il aurait fait quoi si je n'étais pas intervenu ?!

Il se planta devant le turquoise. Ce dernier ne flancha pas, continuant de regarder son camarade d'un air assuré. Il connaissait bien le caractère d'Aomine et savait qu'il serait capable de finir l'autre garçon derrière lui, mais il ne voulait surtout pas que cela se passe ainsi. Kuroko était l'un des seuls qui pouvait lui faire face sans aucune répercussion. Jamais Aomine ne poserait le doigt sur lui pour lui faire du mal, et il était bien décidé à profiter de ce fait pour lui l'arrêter.

- S'il te plaît, Aomine-kun.

Le bleuté fixa les prunelles claires du jeune garçon un long moment avant de manquer de s'y perdre l'espace d'un instant. Il pouvait clairement voir les supplications derrière ce regard que Kuroko se résignait à sortir à voix haute. Il hésita un long moment entre se jeter sur le délinquant malgré tout ou céder au regard insistant de Kuroko. Finalement, Aomine se détendit en poussant un soupir. Il était quasiment impossible de rester de marbre devant la détermination de ce garçon.

- Tu m'énerves, dit-il en se grattant l'arrière de la tête.

L'expression de Tetsuya se mit aussitôt à étinceler.

- Merci.

Grommelant pour lui-même, Aomine fit claquer sa langue en se détachant du visage rayonnant du plus petit. Il croisa les bras et baissa les yeux vers Kuroko qui ne prêtait plus du tout attention au voyou qui tremblait encore des jambes dans son dos.

- Ne me remercie pas. J'avais une bonne raison de te chercher, pour commencer.

- Laquelle ?

- Akashi veut te voir.

L'expression souriante de Kuroko s'effaça pour laisser un visage de marbre à nouveau. La nouvelle avait l'air de l'avoir un peu déprimé, même s'il ne voulait pas vraiment le montrer. Malheureusement pour lui, le bleuté n'avait rien loupé de sa décomposition faciale et se contenta de rester silencieux, du moins jusqu'à ce que Kuroko prenne la parole :

- Pourquoi ?

- Qu'est-ce que j'en sais, soupira Aomine, sûrement pour la même chose que d'habitude. Il est revenu après deux semaines d'absence à l'Académie, il veut probablement savoir si tout va bien et si t'es encore en un seul morceau.

- Il n'a pas besoin de me convoquer juste avant le début des cours pour ça.

- Rah, écoute Tetsu ! Ne commence pas à faire ton grincheux et dépêche-toi d'aller le voir avant qu'il ne se décide à venir te chercher. Ma vie est encore plus en danger que la tienne à l'heure qu'il est !

- Hai, hai. J'ai compris… fit le turquoise en partant d'un pas lent.

Tout ce qu'il voulait c'était aller tranquillement se poser à sa table en classe en attendant le début des cours et récupérer quelques minutes de sommeil, mais sa convocation dans le bureau du Conseil avait chamboulé tous ses plans. Il poussa un long soupir avant de se remettre en marche plus rapidement tout en se dirigeant à l'intérieur du bâtiment.

Aomine le regarda s'éloigner en silence jusqu'à ce qu'il disparaisse à l'entrée du hall. Il avait complètement oublié la présence de l'autre voyou jusqu'à ce qu'il vienne s'adresser à lui :

- Pourquoi vous le protégez… ? Pourquoi défendez-vous un être aussi impur que lui ? Il n'est même pas un vampire complet !

Il se figea d'un coup quand il croisa les prunelles menaçantes du garçon à la peau brune.

- Et ? Qu'est-ce que ça change ?

L'autre resta sans voix. Il savait pourtant depuis le début que Kuroko était quelqu'un d'assez spécial en ces lieux, non seulement parce qu'il n'avait qu'une moitié de sang vampirique, mais aussi parce qu'il était sans cesse entouré par les personnes les plus importantes de l'Académie sans raison. Tout le monde le savait et tous s'y étaient habitués mais il y en avait encore, comme lui, à qui ça ne plaisait absolument pas.

Comment un novice tel que lui se permettait de s'accaparer l'attention des Généraux alors qu'il n'était rien comparé au reste de l'école ?

- Qui est-il… ?

Aomine mit du temps avant de répondre. Il l'avait toisé quelques secondes avant de se mettre à sourire discrètement, laissant le voyou commencer à s'impatienter. Il haussa les épaules :

- Qu'est-ce que j'en sais, moi ?

Il commença à partir, mains dans les poches. Il s'arrêta un moment pour se tourner de moitié vers l'autre élève incrédule :

- Il est Kuroko Tetsuya, et c'est tout ce qui m'importe, dit-il avant de tourner le dos et de s'éloigner pour de bon, laissant l'autre adolescent en plan.

.

.

Pendant ce temps, du côté de Kuroko…

Il était passé dans le hall pour rejoindre les autres bâtiments de l'autre côté de l'entrée. Il ne voulait pas vraiment se presser, mais il savait qu'en arrivant en retard, on lui ferait probablement la remarque. Et le jeune garçon n'était pas enclin à recevoir des leçons de morale dès le début de la journée.

Kuroko se retrouva dans une sorte de grand espace couvert d'un dôme en verre à une dizaine de mètres en hauteur où filtrait la lumière du jour. Au centre se tenait une petite fontaine au bord de laquelle étaient posés quelques étudiants qui attendaient patiemment le début des cours. Des dalles blanches recouvraient le sol, rendant l'endroit encore plus élégant que jamais. On pouvait observer les lieux depuis les balcons des deux étages disposés sur les côtés. S'il ne s'agissait pas d'une école, on aurait pu se croire dans un centre commercial en modèle réduit et plus ancien. La première fois que Kuroko y avait mis les pieds, il avait eu du mal à croire qu'il se trouvait dans une Académie. C'était beaucoup trop majestueux et incroyable pour être vrai.

Il monta les marches pour accéder au premier étage, puis au second. Il traversa la courte allée qui menait au bureau du Conseil, celui tenu par les Cinq Généraux de l'Académie qui régnaient presque en maîtres en ces lieux. Le Président n'était autre qu'Akashi, celui qui avait convoqué Kuroko à cet instant même. Ce dernier pénétra dans le minuscule corridor qui séparait le couloir avec la grande porte en bois massif qui se dressait devant lui. Il s'arrêta juste devant et inspira un bon coup avant de se décider à toquer.

Trois coups bien distincts retentirent à travers l'entrée. Un silence de plusieurs secondes avait envahi l'espace avant qu'une voix n'interpelle le jeune homme.

- Entrez.

Kuroko réajusta son col encore une fois d'un geste nerveux, puis il tourna la poignée de la porte qui s'ouvrit lentement sur le côté. Kuroko entra dans une large pièce dont les fenêtres légèrement teintées s'alignaient le long des murs face à l'entrée. La lumière du jour, bien qu'un peu atténuée par les filtres fins recouvrant les vitres, pénétrait parfaitement dans la pièce. Pièce qui, d'ailleurs, ne ressemblait pas du tout à une salle du Conseil.

En effet, les premières choses que l'on pouvait remarquer en entrant étaient les dispositifs de loisirs et du quotidien tel qu'un baby-foot, une large télé, un frigo, une minuscule bibliothèque et des fauteuils, tous placés ici et là comme une sorte de salon de détente. Oui, voilà. C'était plus un salon de détente qu'un bureau du Conseil. La seule chose qui alourdissait un peu la balance de crédibilité du lieu était le large bureau placé au fond, derrière lequel était justement installé un jeune garçon aux cheveux rouges qui terminait de lire des documents.

C'était sur lui que Kuroko était concentré depuis le début. Il s'approcha doucement sans le quitter du regard, mélangé entre l'anxiété et la curiosité. En face de lui se trouvait celui qui dirigeait quasiment l'Académie toute entière, si on mettait le Directeur à part. Président du Conseil et à la tête des Cinq Généraux, ce garçon avait une autorité hors du commun au sein de l'établissement. Akashi Seijuurou.

Non seulement sa lignée était de la plus haute et la plus noble notoriété, mais en plus il était le fils de celui qui dirigeait le Sénat vampirique, une position quasiment identique à celle d'un Premier Ministre dans la société humaine. Mais son rang n'était pas quelque chose qui effrayait beaucoup Kuroko. Certes, il l'admirait pour ça comme tous les élèves de l'école et ceux qui avaient déjà entendu parler de lui, mais contrairement à eux il ne le craignait pas pour cette raison.

Akashi et lui étaient des connaissances de longue date, tout comme avec les quatre autres Généraux qui l'accompagnaient. Ils s'étaient rencontrés durant leur enfance et ne s'étaient plus quittés jusqu'à ce moment où les choses ont mal tourné… Kuroko s'était alors enfui avec son père et il n'avait plus revu les autres pendant plusieurs années, du moins jusqu'au jour où Kuroko a été forcé à abandonné sa vie normale.

- Te voilà enfin, fit Akashi sans lever les yeux des documents qu'il tenait.

Tetsuya s'avança encore un peu vers le bureau sans rien dire. Il s'arrêta à quelques mètres devant lui.

- Tu voulais me voir ?

Le rouquin arrêta sa lecture pour venir planter son regard dans celui du jeune garçon. Celui-ci frissonna automatiquement au contact visuel mais n'en laissa rien paraître. Ou du moins, il essaya. Le président ne le quitta pas des yeux pendant un long moment avant de répondre :

- Je voulais vérifier si tout allait bien après ma longue absence.

- Rien a changé, les choses sont comme d'habitude. Comme tu peux le voir je suis encore entier et en bonne condition.

Le silence pesa dans la salle où ni l'un ni l'autre prit la parole pendant plusieurs secondes. Akashi finit par soupirer et se lever.

- Je vois.

Il contourna le bureau et se dirigea droit vers le turquoise qui fut prit d'une folle envie de reculer loin derrière, mais qui n'en fit rien. Le garçon aux cheveux rouges vint se planter juste devant Kuroko, ses prunelles bicolores plantées dans les siennes. Il leva le bras et agrippa doucement le col débraillé du bleuté qui ne comprit pas tout de suite.

- Alors explique-moi ça, Tetsuya, dit Akashi en montrant le bouton manquant de son vêtement déchiré.

Kuroko observa son col un court instant avant de tilter. C'était arrivé ce matin, quand l'élève qu'Aomine avait envoyé valser l'avait violemment agrippé. Si Akashi venait à savoir ce qu'il s'était passé...

- Ah, c'est… ça s'est cassé en enfilant ma chemise ce matin. N'y prête pas attention.

Il avait parlé sur un ton neutre pour éviter toute suspicion de la part d'Akashi. Ce dernier ne dit rien, fixant le tissu en faisant mine de réfléchir.

- Vraiment ?

- Oui.

Après plusieurs secondes de silence encore une fois, Kuroko pensait qu'il le relâcherait mais l'autre garçon resserra sa prise et l'attira vers lui, rapprochant leurs visages d'un seul coup.

- Qui a fait ça, Tetsuya ? Répond-moi.

- Mais…

- Je sais quand tu mens, ce n'est pas la peine de me le cacher.

Kuroko ouvrit la bouche pour parler mais se résigna au dernier moment. Il aurait dû savoir qu'Akashi se doutait de quelque chose. Ce type savait toujours tout, en particulier quand il s'agissait de Tetsuya. Celui-ci détourna le regard, essayant en vain de détourner le sujet.

- Je ne vois pas de quoi tu-

- Tetsuya.

Kuroko se figea au ton que venait d'employer Akashi. Il était devenu plus tranchant et autoritaire que tout à l'heure, lui faisant comprendre qu'il ne plaisantait pas.

- Dis-moi son nom.

Le turquoise hésita. Il croisa accidentellement son regard et fut piégé dans les prunelles rouges et jaunes du vampire qui le fixait sérieusement. Impossible pour lui de détourner les yeux, cette fois. Il vit une lueur dangereuse passer sur son visage à l' n'avait plus le choix.

- Ya… Yamada Shizuo, en deuxième année.

Le rouquin se détendit et le turquoise fut enfin libéré de la pression qui pesait sur lui. Akashi fronça les sourcils.

- Encore lui… Il me semble que ce n'est pas la première fois qu'il est impliqué dans une affaire similaire à celle-ci, dit-il dans ses réflexions.

- Mais tout est fini maintenant. Je ne pense pas que…

- T'a-t-il fait du mal ? le coupa Akashi.

- Non. Aomine est arrivé avant que ça ne dégénère.

- … Je vois.

Il fit mine de réfléchir une fois de plus et sortit son téléphone portable. Pendant qu'il écrivait son message, Akashi s'adressa au plus petit :

- Sinon, Tetsuya. Et à propos de ta nutrition ?

Le turquoise grimaça intérieurement. Voilà le sujet qu'il voulait absolument éviter. N'importe qui aurait pu comprendre qu'ils parlaient sans doute de quelque chose en rapport avec la nourriture et tout les trucs diététiques. Mais ici le sujet, bien qu'étant similaire, était tout autre.

- Je me nourris correctement.

- Ce n'est pas ce que me disent les autres.

- … Eh ?

Akashi rangea son téléphone et soupira.

- J'ai demandé à Shintaro de te surveiller à propos de ça. Apparemment, tu n'as quasiment rien pris depuis mon départ.

Kuroko fronça les sourcils.

- Ce n'était pas le rôle de Kise-kun ?

Il se souvient très bien du rôle que Kise avait pris ces quinze derniers jours. Il le prenait d'ailleurs tellement à cœur qu'il n'avait pas cessé de suivre Kuroko partout durant tous les repas depuis deux semaines. C'était plus épuisant pour Kuroko que pour le blondinet nommé Kise.

- Cet idiot est inutile. Comme d'habitude, je parie qu'il a cédé à tes caprices et qu'il t'a juré de ne rien me dire, je me trompe ?

Kuroko fit la moue. Oui, c'était exactement comme il l'avait décrit. Il lui avait suffi de faire les yeux de chien battu face à l'autre garçon pour que celui-ci craque et accepte de l'aider. Voyant la mine renfrognée de Tetsuya, Akashi se retint de rouler des yeux. Il s'avança de deux pas en relevant sa manche, puis il dirigea son poignet vers le turquoise. Ce dernier recula légèrement en secouant la tête.

- Non, Akashi-kun…

- Tetsuya. Je veux que tu boives.

- Je suis différent, je n'ai pas besoin de boire du sang comme vous-

- Fais-le tout de suite. C'est un ordre.

Ses yeux le transpercèrent d'un simple regard. Ça s'annonçait mal. Quand il prenait cet air, personne n'avait le droit de lui désobéir. Kuroko hésita. Il ne reculait plus, mais il n'avançait pas non plus.

Le président s'impatienta. Il reprit son poignet pour venir planter ses crocs dedans. De fines lignes d'une teinte rouge sombre dégoulinèrent lentement de sa peau quelques secondes après. Il retira les pointes de ses canines de sa chair et s'approcha de Kuroko.

Celui-ci déglutit. Non pas de dégoût, mais d'envie. Dès que le sang d'Akashi s'était mis à couler, la délicieuse odeur mielleuse et sucrée du liquide carmin avait infiltré ses narines. Sa gorge réagit aussitôt, se mettant à brûler petit à petit. Akashi vit ses iris étinceler, ainsi que l'apparition de deux longues canines qui s'allongèrent doucement.

Ses sens et son instinct se réveillaient sans qu'il puisse les contrôler. Lui qui refusait de boire depuis un bout de temps, le voilà maintenant face à un sang de première qualité qu'on lui offrait délibérément. Évidemment que ses instincts réagissaient soudainement. Il ne se laissa pas influencer cependant. Il détourna les yeux et couvrit son nez pour atténuer l'odeur de ce délicieux parfum qui le mettait dans tous ses états.

- Tu devrais juste accepter ce que tu es, Tetsuya.

Il s'avança d'avantage, se retrouvant presque collé au garçon qui faisait tout pour ne pas céder. Akashi posa une main dans son dos et rapprocha son poignet du visage du garçon. Celui-ci finit par lentement retirer ses mains et venir renifler le met qui se propageait tout autour de lui.

Il fut d'abord résigné, déterminé à ne pas tomber dans le piège, jusqu'à ce que le rouquin ne colle son bras contre les lèvres de Kuroko. Le sang glissa jusque dans sa gorge, l'apaisant d'un seul coup de sa douleur qui le brûlait. Après seulement une gorgée, il abandonna toute résistance. Il agrippa le poignet d'Akashi et aspira sans retenue le sang qui ne cessait de dégouliner.

- C'est ça, Tetsuya. Ne te retiens pas.

Le jeune garçon était trop occupé à boire pour écouter ce que disait le Sang Pur. Mais Akashi ignora ce fait et continua de parler sans se soucier de l'état actuel de Kuroko.

- Je sais que tu dois probablement encore me haïr à l'heure qu'il est, mais je fais ça pour ton bien.

Il glissa ses doigts dans les cheveux du turquoise et les frotta calmement, sans le quitter du regard.

- Tu n'es pas comme les autres, Tetsuya. Tu es spécial.

Il colla son front contre le sien.

- Tu dois faire attention.

Kuroko n'avait entendu que la moitié de ce que le président de l'Académie avait dit. Faire attention ? À quoi ? Qui est spécial ? Peu importe, tout ce qui l'intéressait, c'était de boire du sang. Il était tellement déterminé à boire qu'il faillit même mordre à nouveau Akashi pour en obtenir encore plus.

Mais il reprit ses esprits aussitôt et s'éloigna d'un coup, surpris par la tournure des événements. Il avait recommencé. Il s'était laissé aller et ses sens avaient pris le contrôle encore une fois. Tout ça parce qu'on venait de le forcer à boire alors qu'il n'avait rien pris depuis plusieurs semaines. Même si son corps ne montrait aucun signe de soif, son esprit finissait toujours par être en manque. Il suffisait alors d'une minuscule pinte de sang pour qu'il agisse presque férocement.

- Akashi-kun… fit Kuroko, un peu craintif.

Akashi n'était pas en colère, au contraire. Il lui sourit d'un air satisfait.

- Tu en a eu assez ?

Le turquoise détourna la tête, gêné. Non seulement il venait de réagir comme un sauvage devant Akashi, mais en plus il avait bu le sang d'un vampire de haut rang. Ce n'était pas la première fois, mais il ne pouvait pas s'empêcher de se sentir mal à l'aise à chaque événement de ce genre.

Après tout, il n'était qu'un demi-vampire sans importance qui s'était tout fraîchement éveillé, et le voilà avec le privilège de goûter au fluide d'un Sang Pur, ce qui n'était pas donné à tout le monde. Surtout pas à ceux de lignée insignifiante comme la sienne.

- Tu n'étais pas obligé de faire ça, dit Kuroko en s'essuyant le menton d'un revers de pouce. Je ne suis pas comme vous, je peux m'en passer.

- Tu ne peux pas t'en passer définitivement. Tu n'es peut-être pas complètement vampire mais tu n'es pas complètement humain non plus, ne l'oublie pas.

- …

- Ton organisme n'est pas différent du nôtre. Si tu ne te nourris pas assez tu risques aussi bien que nous de devenir incontrôlable, je te l'ai déjà expliqué.

- … Je sais.

Il baissa les yeux, un peu dépité. Il avait parfaitement conscience des risques qu'il y avait en négligeant ces choses. Mais voilà, Kuroko refusait d'admettre son côté vampirique, et ce depuis le début. Akashi lécha la plaie de son bras qui commençait déjà à cicatriser. Il jeta un coup d'œil au turquoise face à lui, se souvenant de son col arraché.

- Tu devrais aller changer de chemise avant d'aller en cours, dit-il.

Kuroko baissa les yeux sur son vêtement. Il le réajusta vite fait comme il put.

- Ça ira.

Il se tourna et se dirigea vers la porte. Les cours allaient bientôt commencer, il devait se dépêcher. Après avoir tourné la poignée, à peine avait-il mis le pied dehors qu'il entendit Akashi l'interpeller une dernière fois. Il se tourna.

- Sois prudent.

Kuroko observa les yeux sérieux du président. Il hocha la tête après un court silence, puis referma la porte derrière lui.

Akashi tourna les talons et s'avança vers le bureau, récupérant l'un des dossiers et le lisant en silence. Son portable bipa dans sa poche. Il le sortit et lut le contenu du message qu'il venait de recevoir.

« Affaire réglée. »

Il dessina un léger sourire, puis se dirigea vers la fenêtre en fixant un point invisible derrière la vitre. Akashi était satisfait. Voilà un voyou de moins qui cessera une bonne fois pour toute d'embêter Tetsuya…


Akashi ? Machiavélique ? Mais bien sûr que... Oui ! Héhéhé.