Titre : Frapper sanguinolent
Auteure : Marie-Ève M
Date d'écriture : 7 novembre 2005
Thème : Sur le thème d'Halloween
Je le savais… Je le savais trop que cet endroit désaffecté ne m'inspirait pas confiance.
L'intuition féminine* ça ne trompe pas. Mais non, ils n'ont pas voulu m'écouter. Ça leur apprendra maintenant que je suis la seule survivante de l'équipage, ils auraient dû m'écouter.
Mon pistolet a la bougeotte ou moi… Je ne sais plus trop lequel de nous deux est sous l'emprise de la frayeur. Qu'est que je dois faire maintenant ? Pourtant à l'académie d'aérospatiale, on nous a enseigné à nous préparer à toutes éventualités. Sauf à celle-là, bien sûr… maudits incompétents… Et dire que c'est pas mon truc les psychopathes-fou-à-lier…
C'est dans ces moments-là que cet imbécile de mercenaire est encore plus stupide d'être parti à jamais… pourtant sensé de ME protéger moi et ma vie. ! Mais, je suis dois me débrouiller toute seule, comme d'habitude.
Des bruits sourds venus de nulle part, sursauts deux pour le prix d'un, je continue nerveusement de parcourir les couloirs en cherchant un abri ou le téléfax des marchandises si la chance est de la partie pour m'enfuir de ce lieu de malheur.
Couloir central, au bout complètement. Le lieu idéal pour être couvert par le ronron de moteur et l'immensité de la pièce.
Il m'a retourné dans la salle des machines qui était jusqu'à maintenant la cachette parfaite quelques minutes plus tard.
Cependant, je me rends bien compte que je suis prise au piège, avec plus aucune chance de sortir de la pièce lugubre. Évidemment, lui non plus n'avait pas pour ambition que je sors de là vivante au moment où il apparaît.
Couvert de sang, avec son physique malpropre de dément, son sourire d'aliéné, brandissant son satané bout de métal de débile. Je dois peut-être en déduire que c'est un tueur aux manières peu civilisées qui aurait grand intérêt à prendre une douche.
À quel siècle se pense-t-il encore ? Comme si ça faisait de s'en prendre au gens, de les laisser pour mort avec le sida ou une autre saloperie. Quel culot !
Il fit de quelques mètres vers moi, dangereux avec son équipement qu'il maniait à merveille, comme s'il arrivait à l'étape finale de son plan de jeu.
Franchement, me comparer à une étape finale ! Je ne suis pas si grosse que ça !
Insultée, je commençais à gueuler sans trop quoi dire :
- N'avancez plus … sinon je… sinon je…
Qu'est qu'il fallait que je fasse déjà ? … Ah oui, je me souviens !
- Sinon, je n'hésiterai pas à tirer ! Dis-je, en distinguant mon fusil comme mon protecteur de vie et meurtrier de la sienne.
Le rire, faussement très méchant, cliché du fou, vibra dans la salle. L'écho se mit à se marrer, lui et sa manie d'imitation... Non mais, comment ils ont fait pour être tuer par un idiot pareil ? Tout le monde est idiot ?
- Le plancher est à tout le monde, c'est un pays libre ! Me répondit-il, de sa voix de pseudo-méchant qui se faisait passer pour un fou sadique. Ce que vous êtes cons les humains !
Parce que plus c'est un extraterrestre avec des préjugés en plus ? Mon dieu, quel tueur pathétique.
Il s'avance, la peur saisit mon corps sans prévenir.
Puis le peu de lumière qu'il y avait s'éteint.
Regard mal adapté à la noirceur, futile, autour de moi, mais je ne peux pas rien distinguer.
J'essaye de m'en aller. mais je ne sais pas par où me diriger. Il peut être n'importe où, à côté de moi par exemple.
À l'aveuglette, je marche vers la porte.
Cognement. Mes pauvres genoux attaqués par une stupide colonne, il doit sûrement être bleu de douleur.
Je veux pousser un cri, mais je ne fais que me tordre sur place pour ne pas attirer son attention.
L'obscurité va me faire flippée c'est sûr, j'ai toujours su qu'il n'avait rien de rassurant le noir, avec tout ce qui peut s'y dissimuler.
Ou était-il passé d'ailleurs ?...
Bien sûr, à ce moment, quelque chose qui ressemblait à une massue plus légère s'abattit sur ma tête, ruinant ma magnifique chevelure déjà bousillée par une quelconque pluie rouge déchaînée et la transpiration extrême. Il manque un peu d'imagination ce meurtrier, assez drab comme assassinat.
Mais il ne m'a même pas donné le temps de bâiller aux corneilles, il m'a montré de quoi il était capable.
-J'aime triompher, gagnez la coupe du tournoi de la vie des autres... Pas vous ?
Horrible, atroce, sec, le coup fut-il. Le cri ultime que je lâchai fut à la hauteur de ce service de pro.
La douleur emporta mon corps dans son cercle intolérable.
L'os temporal gauche se brisa, mon esprit en vola en éclats. Et ce qui restait de son arme s'enfonçant toujours, sans pitié.
C'était irréversible, avant de m'en apercevoir, avant que je n'aie même pu porter ma main au trou où giclait le sang, mon âme avait déjà désertée. Quelle poisse, je viens de m'éteindre. Et dire que j'ai même pas eu le temps de faire mon testament, que va devenir mon poisson rouge sans moi ?
Le film… ne plus penser à Massacre à la raquette de tennis… plus penser…
''- Flavien, auriez-vous peur, par hasard ?
- Moi ça ? Ben voyons donc !... J'peux allez changer mon scaphandre ? Il commence à être pas mal plein…
-On a pas le temps, bouchez-vous le nez !''
* C'est inspiré de l'épisode ''La belle et la bête'', parodie de films d'horreurs américains
* Flavien a une intuition féminine très développée pour le capitaine ;p
