Il était face à un tube de couleur noire, décoré par de nombreux fils de lumière bleue. La matière était lisse et brillante comme le miroir. L'homme regardait son reflet. Il se vit, tuant tout ces gens, tout ces aliens, toutes ces vies détruites pour protéger d'autres vies. Il a accompli avec succès la mission qu'il lui avait été donné, il en était convaincu, même s'il a du tuer son meilleur ami. « C'est pour la bonne cause » lui avait t-il dit. Il a choisit de le tuer, pour le plus grand bien des hommes. Son meilleur ami. Depuis il se persuade que c'était juste, qu'il devait mourir. Sa tête lui revenait à l'esprit, souriant, heureux malgré tout. « Comment a t-il pu sourire après ce que je lui ai fait » se dit-il, parlant à voix haute sans s'en être rendu compte.

Il était seul au milieu de la pièce aux murs gris, sinistres. Seule une vitre teintée surplombant la salle modifiait ce monochrome de peinture. Derrière cette vitre, deux scientifiques et un général l'observaient, mais lui ne le savait pas, même s'il s'en doutait. Il n'avait pas été attiré ici de son plein gré. En réalité, il fut enlevé à son domicile sur Manii, colonie humaine reconstruite, puis amené sur Reach, encore en reconstruction après le passage indélébile des covenants. Mais malgré tout les efforts donnés par les hommes et même des Sanghellis qui veulent récupérer leur honneur qu'ils ont perdu en attaquant une planète pour satisfaire la gloire de fous, la reconstruction prendra encore beaucoup de temps, car il ne reste plus rien si ce n'est quelques végétaux.

Dans toutes les reconstructions faites sur Reach, la première fut de reconstruire une base entière pour l'UNSC et toutes ses filiales. Cette base à été construite sur tout l'emplacement de l'ancienne Nouvelle Alexandrie et monte aussi haut que les anciens immeubles. Le spartan était quasiment au centre de cette base, en proie à lui-même, face à son reflet.

-Allez entre, c'est prêt.

Une voix avait retenti dans la salle. Il ne mit pas longtemps avant de comprendre ce qui se passait, le tube noir s'ouvrit pour laisser place à une sorte de duvet blanc dans lequel il etait censé s'installer. La mission qu'on lui avait assigné était simple, mais il n'avait pourtant pas compris tout les détails de celle-ci. Il était censé faire quelque chose d'insensé, quelque part où il est impossible d'aller à une époque très, très lointaine. Le but précis de la mission est de récupérer des informations sur l'emplacement d'un complexe forerunner possédant la faculté de déterminer la planète d'origine des forerunners.

Pour ce faire il devait accéder à la base de souvenir d'un ancien forerunner donc le corps avait été retrouvé, traversant le vide sidéral. Le corps ne possédait plus rien, à part quelques bout d'organes. Mais ça a suffit aux scientifiques pour reconstituer le patrimoine génétique de ce forerunner. C'est ce qui a permit d'en savoir plus sur leurs capacités physiques et intellectuelles. Mais une chose trouble les scientifiques. Une paire de chromosome n'existant pas chez l'homme et même sur n'importe quelle espèce connue. Des chromosomes qui sont en réalité une base de donnée de souvenirs.

Il ne savait ni pourquoi ni comment, mais aujourd'hui les scientifiques avaient besoin de lui et seulement de lui pour lire ces souvenirs. Plus précisément, il allait les vivre. Les revivre.

Le forerunner dont il allait revivre les souvenirs était, d'après ce qui avait d'indiqué sur son armure, qui soit dit en passant, était restée en très bon état, un membre très important d'un conseil régnant sur les forerunners.

Il s'installa sans poser de question dans le tube noir, glacial, lui et son hôte. Il allait entrer dans un univers qu'il ne connaissait pas, qu'il ne comprendrait pas mais qu'il verra et entendra à travers le corps d'un autre, sans avoir la possibilité de se mouvoir, ou d'inter réagir avec le corps de cette personne. Le tube se referma, il faisait sombre. Très sombre.

D'un coup, la lumière. D'abord blanche, puis grise, puis elle s'estompait. Il faisait nuit. Des lumières blanche scintillaient sur les bords de ce qui semblait être une route. Des vaisseaux volant à ras du sol la parcourait. Le ciel était vaste et très étoilé et quelques vents faisaient danser les feuilles des arbres environnants. La lumière de la lune venait parfaire cet environnement paradisiaque, propre et clair, comme si aucun nuage ne passait. Il était dans une de ces « voitures volante » et avançait tranquillement, sans bruit, vers une grande tour, dont une ville titanesque s'étendait au pied. Cette tour était entouré par des anneaux lumineux qui étaient au nombre de sept. Tous bleus. Et de nombreuses sentinelles voletaient autour de ce gratte-ciel.

A coté de lui se trouvait une femme. Il sut que c'était une femme car malgré une taille plus élevée, elle avait apparence humaine. Soudain une voix retentit

-Vous êtes bien arrivé ?

Seul lui semblait avoir entendu cette voix. Il lui répondit donc.

-Oui, tout va bien.

Il arrivait à parler, mais aucun son ne parvenait aux oreilles de la femme. C'est comme s'il n'avait pas prononcé le moindre mot. Il était donc bien dans le corps d'un autre, et dans l'incapacité d'inter réagir avec l'environnement.

-Ok, vous allez être plongé dans ses souvenirs durant quatre jours. Au bout de ces quatre jours, normalement, vous aurez l'information capitale. Votre corps est actuellement cryogénisé, vous retrouverez l'entièreté de vos fonction en sortant et...

-Je m'en fout. Où suis-je ? Dans qui suis-je ? Que dois-je faire ? C'est ça qui m'intéresse. Dit il d'une voix froide.

Il n'y eut pas de réponse pendant quelques secondes, ce qui crééa un blanc énorme soutenu par le silence de mort à l'intérieur de la voiture. Après une quinzaine de secondes, la voix reprit :

-Vous êtes sur une planète qui à été soufflée par l'explosion de son soleil. Ces souvenirs sont ceux de Calixtus Devaraja d'après la traduction. Vous devez simplement observer, attendre, comprendre, et retenir. Bonne chance, nous ne pourrons reprendre contact plus tard. A dans quatre jours.

L'ex spartan resta silencieux. La voix avait déjà cessé de parler depuis plusieurs minutes maintenant. Il n'avais plus qu'à attendre et apprendre l'histoire. Car l'histoire, il allait la vivre.

-Tout va bien...