Note : Bonsoir ! Voici la suite. Alors, j'ai essayé de mettre un peu plus de descriptions que dans le premier chapitre...J'espère que ça sera un peu mieux comme ça. Bonne lecture !
- Tu as l'air préoccupé. Quelque chose ne va pas ?
- Non. Juste un petit détail auquel je n'avais pas pensé et que je viens d'entrevoir.
- Oh ? Embêtant ?
- Non. Maintenant que j'en ai pris connaissance, il me sera facile d'observer ce qu'il se passe pour découvrir de quoi il s'agit exactement. Ensuite, libre à nous de le maîtriser...voir de l'éliminer.
Les études pour devenir shinigami se déroulaient sur six ans. Six années durant lesquelles les étudiants, divisés en plusieurs classes pour chaque niveau, passaient d'une salle à l'autre, d'un professeur à l'autre, dans le seul but d'apprendre et maîtriser les bases et maniements des techniques de combat, de défense, mais aussi l'enterrement des âmes, la bienséance et la gestion des risques et des responsabilités - dernier point qui effrayait particulièrement Yamada, qui malgré d'avoir réussi cet examen d'entrée réputé sélectif, souffrait d'un cuisant complexe d'infériorité. Et il faut dire que ses (piètres) résultats en matière de combat ne portaient guère à l'optimisme. Sayu et Saori faisaient de leur mieux pour l'encourager et maintenir son moral, mais...Ceci-dit, il semblait que le garçon avait un certain don pour l'écoute des autres et les techniques de soin...
Quant à Sayu et Saori, malgré de ne pas avoir été admises en classe « avancée » (qui dispensait des enseignements d'un niveau supérieur aux autres sections), elles parvenaient à se maintenir à un niveau plus que correct. Ne s'étant jamais projetée dans un avenir d'officier, les choses convenaient parfaitement à Sayu. Mais Saori, qui rêvait des hautes sphères du Gotei 13, ne l'entendait pas de cette oreille.
- J'en ai marre !, râla-t-elle un jour, à la fin d'un cours de kidô, alors que les étudiants regagnaient leur classe principale. Je n'arrive toujours pas à maîtriser cette attaque, alors que j'y travaille sans relâche ! Je peux dire tout de suite adieu au haut du classement si je n'arrive pas à avoir rapidement une meilleure note !
- Mais...tu as quand même obtenu un 154 sur 200, avança timidement Yamada. Tu devrais être cont...
- Rien du tout !, s'emporta Saori. Ce n'est pas suffisant ! C'est nul et archi nul !
Et il faut avouer que lorsque la jeune fille se mettait en colère, il y avait de quoi en décourager plus d'un. Car si Sayu n'était pas très grande et donnait une certaine impression de fluidité et de discrétion, Saori, elle, était une jeune fille nettement plus grande et plus exubérante. Elle aussi féminine, elle avait cependant, à force d'entraînements, développé une constitution davantage athlétique que son amie, lui conférant une apparence un peu plus robuste – un aspect qui collait d'ailleurs assez bien avec son caractère, surtout lorsqu'elle était contrariée.
- Euh...tu sais, insista quand même Yamada (qui pouvait parfois faire preuve d'un courage surprenant), moi, je n'ai eu que 135 et c'est ma meilleure note...
Ce qui eut pour effet de calmer net Saori. Quant à Sayu, elle se retint à grand peine de ne pas rire devant les (récurrents) excès émotionnels de son amie – ce qui ne passa pas inaperçu.
- Oh ! Toi bien sûr, reprit de plus belle Saori en se tournant vers Sayu. Tu n'as aucun problème avec le bakudô et le hadô. Alors forcément, c'est facile pour toi !
- Hé !, se défendit Sayu, qui ne se départit pas pour autant de son sourire. Je m'en sors peut-être un peu mieux que toi en kidô, mais je te signale qu'en kendo, j'ai un sacré retard !
Et c'était vrai que question combativité, sans être mauvaise, les professeurs reprochaient parfois à Sayu de manquer un peu d'agressivité. Elle faisait ce qu'il fallait, sachant manier son sabre avec dextérité et précision, mais c'était tout – elle préférait de loin les techniques de magie du démon, qu'elle n'avait jamais eu de difficultés à maîtriser.
En fin de compte, ce système d'enseignement se rapprochait nostalgiquement de celui que Sayu avait connu dans le « monde des vivants » - car en travaillant régulièrement à un niveau convenable, il était raisonnable d'espérer passer en classe supérieure, après l'examen qui sanctionnait chaque fin d'année.
De même, entrecoupant les périodes d'intenses activités scolaires, les étudiants bénéficiaient de temps de repos. Durant ceux-ci, Sayu faisait toujours en sorte de rentrer passer quelques jours dans sa famille. Certes la vie à l'académie lui plaisait beaucoup (car malgré un relatif esprit de compétition – bien qu'assez poussé chez certains...comme chez Saori, par exemple – l'ambiance y était saine et épanouissante), mais elle avait néanmoins besoin de revoir régulièrement les siens. Et la réciproque était vraie.
- J'en reviens toujours pas que tu sois devenue un shinigami !, s'extasiait immanquablement Ikuo lorsque sa sœur venait lui rendre visite – et ce, même si ça faisait longtemps qu'elle avait intégré son école.
Cet après-midi-là, les deux s'étaient installés par-terre, dehors, dans un recoin du petit jardin qui bordait l'un des côtés de la maison et paressaient tranquillement au soleil.
- Bah, tu sais, répondit Sayu, les joues rosies, je ne le suis pas encore...
- T'es trop modeste !, ria Ikuo. Tu le seras forcément un jour !
- Eh bien moi, ça ne m'étonne pas, intervint soudain leur mère, pleine de fierté, alors qu'elle les rejoignait chargée d'une planche supportant des tranches de pastèque. Tu en avais les capacités. Et tu feras un très bon shinigami !
- Ouais ! Le meilleur de tous, même !, rajouta Ikuo en mordant goulûment dans la cucurbitacée.
La remarque flatta Sayu et la fit sourire. Elle songea que ce genre de déclaration aurait davantage collé aux ambitions affichées par Saori qu'aux siennes.
Sayu n'était pas quelqu'un d'ambitieux. Pas totalement désintéressée non-plus, mais pas ambitieuse au sens péjoratif du terme. Elle ne recherchait pas à être sur le devant de la scène. Faire les choses qui lui tenaient à cœur du mieux qu'elle le pouvait était sa priorité. Pour le reste, elle le laissait volontiers à des personnes comme Saori. Ainsi, même si elle savait depuis fort longtemps déjà que d'un point de vue hiérarchique, l'organisation des shinigamis était composée d'une base de soldats, sous les ordres d'un lieutenant, lui même obéissant à son capitaine, Sayu ne s'était jamais imaginée portant un jour, un insigne d'officier quelconque.
Enfin, elle ne se l'était encore jamais imaginée. Car un événement aussi imprévu que réjouissant lui aura finalement permis d'envisager les choses différemment...
Cela se passa durant leur cinquième et avant-dernière année d'études. Un jour comme tant d'autres, en fin de matinée, alors que les trois amis se dirigeaient vers le réfectoire à l'heure du déjeuner, ils furent interpellés par un attroupement singulier au-milieu d'une des petites cours composant le jardin intérieur de l'académie. La nouvelle était en train de se répandre comme une traînée de poudre et faisait déjà de nombreux ravis : à tour de rôle, les différentes classes du niveau cinq iraient visiter le Seireitei. Et cette annonce eut, bien évidemment, le même effet sur les trois nouvellement concernés.
- C'est...c'est vraiment incroyable !, en bégailla Saori.
- C'est une chose qui n'est encore jamais arrivée, non ?, demanda Sayu, tout autant abasourdie.
- Non, en effet, lui répondit un élève de sa classe. Alors, autant en profiter, parce que j'ignore si une autre occasion se présentera un jour.
- Bien sûr que si, voyons !, fit observer une autre personne. Le jour où nous serons des shinigamis !
- Je me demande bien pourquoi ils organisent cela ?, s'interrogea Yamada.
- Peut-être pour nous montrer de plus près et de manière très concrète le quotidien des shinigamis, supposa Sayu.
- Pour ça, ils auraient mieux fait de le faire dès la première année alors, rétorqua Saori. Parce que ce n'est pas un an avant notre intégration qu'on va commencer à se demander si on a fait le bon choix ou pas. Par contre, si c'est pour nous montrer le quotidien des shinigamis, je ne suis pas certaine qu'on soit encore tout à fait au point pour affronter des tas de Hollows...
- Hein ? Quoi ? Ne me dis pas qu'on va devoir se battre contre ces monstres ?, s'inquiéta soudain Yamada.
- Mais nooon voyons !, le rassura immédiatement Sayu. Ce doit plutôt être dans un but...euh...
- Pédagogique et instructif, conclut Saori en souriant devant l'expression effarée de Yamada.
- Aller Hanatarô-kun ! C'est pour ça qu'on est là après tout, non ?
Quelques semaines plus tard, les étudiants – et pas seulement ceux de cinquième année – n'avaient plus que ce mot-là à la bouche : le Seireitei. Il faut dire que les visites avaient déjà commencé et que ceux qui en revenaient ne pouvaient que donner davantage envie à ceux qui trépignaient d'impatience en attendant leur tour, d'y aller.
- On a pu visiter tout le Seireitei !, dit l'un.
- Il y a un secteur réservé pour chaque division. C'est vraiment impressionnant !, fit un autre.
- Comment c'est là-bas ? Vous avez vu des officiers ? Et des combats ?
C'étaient foule de questions – et toujours les mêmes – qui assaillaient les chanceux du jour dès leur retour à l'académie.
- Pour les combats, fit remarquer un élève, on a même vu une fosse dans laquelle les shinigamis s'entraînent...sur de vrais Hollows !...sur des Hollows capturés et maintenus prisonniers dans des geôles.
- Quoi ? Vous...vous avez vu des Hollows ? Des vrais ?, firent quelques élèves – parmi lesquels Yamada – mortifiés par la nouvelle.
- Euh...non. On n'a pas vraiment vu de Hollows - ils ne nous les ont pas laissés voir, se reprit l'élève. Mais bon, c'était sacrément intéressant quand même !
Sayu et Saori écoutèrent attentivement dans leur coin tout ce que leurs collègues avaient à rapporter. Et une fois que l'agitation commença à un peu s'essouffler, les deux filles échangèrent un regard aussi brillant qu'éloquent.
- Demain, c'est enfin notre tour d'y aller, commenta joyeusement Sayu.
- Ouaip ! Vivement demain !
L'arrivée à elle seule devant l'une des lourdes portes du Seireitei était suffisante pour laisser tout le monde bouche bée. Car au-delà de l'aspect psychologique qui prédominait dans l'affaire, lorsque Jidanbô, l'impressionnant gardien de l'Hakutômon, libéra le passage, la vision de cette cité au sein même de la Soul Society eut de quoi en troubler plus d'un. Ils se retrouvèrent soudainement plongés au cœur d'une zone immense qui abritait les treize capitaineries constituant le Gotei et bien d'autres édifices aussi monumentaux que symboliques, visibles à des kilomètres. D'immenses murs de pierres blanches délimitaient d'innombrable allées qui permettaient d'accéder aux différentes zones et qui semblaient partir dans toutes les directions possibles. Il y régnait un calme surprenant – assez militaire, finalement – qui incitait naturellement au sang-froid et à la discipline.
Un homme, un shinigami, apparut soudain. Vêtu d'un shihakushou, il se présenta sobrement à l'enseignant qui accompagnait ce jour-là le groupe.
- Bonjour, je me nomme Kôkichirô Takezoe, septième siège de la dixième division. Enchanté. C'est moi qui ai aujourd'hui l'honneur de vous guider à travers le Seireitei.
Une douce rumeur se fit alors entendre parmi les élèves.
- Tu te rends compte, murmura la voisine de Sayu, c'est un « siège ». Un shinigami suffisamment fort pour avoir obtenu un numéro de classement dans sa division...
- Et quelle division, poursuivit Saori ! La dixième ! C'est celle qui a la charge de l'organisation militaire et s'occupe de tout ce qui est stratégique au Seireitei !
La jeune fille semblait tellement excitée par la nouvelle que Sayu finit par se demander si c'était Saori qui était, une fois de plus, excessive ou elle, au contraire, qui manquait cruellement d'agitation à ce sujet. Mais lorsque Yamada lui demanda soudain :
- Au fait, Itami-chan, en parlant de division, dans laquelle voudrais-tu être intégrée plus tard ?,
Sayu ne put alors que se rendre compte que malgré toute l'admiration qu'elle portait au statut de shinigami, tout demeurait chez elle très global. Elle commençait à réaliser que vouloir devenir shinigami n'était pas un but en soit, mais plutôt un commencement – et qu'il était grand temps pour elle de se pencher de façon plus personnelle sur la question.
- Eh bien, dit-elle, à vrai dire je...
- Silence, s'il vous plaît !, les interrompit brusquement leur professeur qui n'apprécia guère ces bavardages impolis.
Cette intervention fut cependant suffisante pour chasser ces tracas de l'esprit de Sayu, qui se concentra par la suite sur les commentaires et autre renseignements apportés par le shinigami.
Leurs camarades ne leur avaient pas mentis : l'endroit était vraiment incroyable. Même en sachant, plus ou moins, à quoi correspondait le Seireitei grâce aux documents dont ils disposaient à l'académie, de s'y trouver comme ça, en réel, était encore mieux. En outre, chemin faisant, Kôkichirô ayant donné l'autorisation aux élèves de lui poser toutes les questions qu'ils souhaitaient, ces derniers y étaient allés de bon cœur Où se trouvaient les différentes divisions ? Quels étaient leurs rôles exacts ? Comment se déroulait le quotidien d'un shinigami ? Où était cette fameuse fosse à Hollows ?
Mais trop captivée par l'atmosphère si particulière que dégageaient les lieux, Sayu n'écouta que d'une oreille distraite.
- Eh regarde !, lui dit soudain Yamada en lui donnant un léger coup de coude. C'est le siège de la quatrième division.
Sayu remarqua alors que le garçon avait dit ça d'un ton rêveur.
- C'est la division que tu aimerais intégrer ?
Il est vrai que Yamada étant plus doué pour guérir que pour blesser et aimant également s'occuper des autres, c'était la division qui semblait le mieux lui convenir.
- Oui, avoua doucement le garçon. Mais je ne sais pas si...
- Hanatarô-kun...!, soupira son amie. Si quelqu'un avec tes compétences n'était pas pris dans cette division, je me demande vraiment qui le serait !
- Tu es gentille, Itami-chan, rougit Yamada.
- Non, seulement sincère.
- Et toi alors ? Tu ne m'as pas répondu tout à l'heure...Dans quelle division aimerais-tu aller quand notre formation sera terminée ?
Comme Sayu aurait aimé que Yamada oublie ça.
- A vrai dire, répondit Sayu, un peu gênée, je ne sais pas trop encore...
- Eh ben moi, surgit brusquement Saori - qui en avait fini d'écouter l'utilisation d'un denreishinki, si je ne sais pas encore tout à fait quelle division je souhaiterais intégrer, je sais au moins dans lesquelles je ne voudrais pas aller !
- Lesquelles ?, demandèrent Sayu et Yamada en chœur
- Dans l'ordre : la douzième, la onzième et la quatrième.
Saori avait dit ça parfaitement à l'aise, sans remarquer – ou prêter attention – à la petite grimace que fit Yamada.
- Pourquoi celles-là ?
- Alors, la douzième : parce que non-seulement elle concerne le développement des technologies – chose que je trouve particulièrement rasante – mais qu'en plus, elle serait dirigée par un véritable psychopathe !...
Expressions ahuries simultanées chez Sayu et Yamada.
- ...La onzième : parce qu'elle n'est constituée que de tarés qui ne pensent qu'à se mettre sur la gueule toute la journée, voir la nuit - ils feraient même ça entre eux quand ils n'ont plus personne à combattre,...
Re...
- ...Et enfin, la quatrième : parce que – pardon Hanatarô-kun – je la juge certes très utile, mais particulièrement ennuyante. Celà-dit, il paraîtrait que la capitaine de cette division est géniale !
Maigre consolation pour Yamada qui aurait trouvé plus valorisant qu'une personne comme Saori – qui semblait si sûre d'elle et dégageait un certain charisme – qualifie autrement la division dans laquelle il envisageait son avenir.
- Quant à toi, poursuivit Saori en fixant Sayu, avec le caractère que tu as, je te verrai bien dans la troisième division.
- Ah bon ?, s'étonna la jeune fille.
- Oui. Leur emblème est le désespoir, mais surtout la non-violence, ajouta précipitamment Saori devant la tête que fit Sayu en entendant parler de désespoir.
Elle souhaitait sincèrement que ce n'était pas l'image qu'elle dégageait auprès de ses amis - parce que sinon...
Et sur ces entrefaites, le petit groupe arriva à une nouvelle bifurcation (c'est qu'il y en avait des rues et des ruelles qui s'entrecroisaient dans tous les sens), bifurcation qui présentait d'un côté, une rue débouchant sur une place et de l'autre, une impasse au bout de laquelle le sol semblait avoir disparu.
- Kôkichirô-san, demanda alors un élève, qu'est-ce qu'il y a au bout de cette impasse ?
Le shinigami esquissa un petit sourire.
- Eh bien, il s'agit d'un trou, dit-il en laissant planer le mystère. Plus exactement, d'une fosse.
- Une fosse...?
Un épais silence enveloppa en un instant les étudiants. S'agissait-il de la fameuse fosse qui avait alimenté tant de discussions ? Des regards perplexes, surexcités se croisèrent alors. Mais personne n'eut le temps de dire quoi que ce soit...Car déchirant soudain le silence, un cri suraigu, à glacer le sang, leur parvint en provenance du trou noir...
