Et voilà, beaucoup l'attendait: le second chapitre de Ryuuketsu.

L'histoire se déroule quatre ans après le précédent chapitre.

Ce chapitre vous plongera plus loin dans l'univers de ce garçon pas tout à fait comme les autres. Vous plongerez dans sa psyché, au sens propre comme au figuré.

Ce chapitre traitera également du célèbre examen genin, que je vous laisserai découvrir.

Trève de blabla, et bonne lecture !


Chapitre 2: Examen Genin.

- NARUTO UZUMAKI !

Le susnommé se réveilla en sursaut et regarda confusément le professeur en face de lui. Tout autour, ses camarades de classe riaient de bon cœur, se moquant allègrement de lui. Enfin, tous sauf Sasuke Uchiwa. Ce n'était pas par sympathie qu'il était resté silencieux, c'était juste qu'il se croyait trop supérieur pour ce genre de choses.

- Moooui ? demanda Naruto dans un bâillement, avant de poursuivre d'une voix endormie. Quoi c'est ce qui se passe ?

- La salle de classe n'est pas faite pour dormir ! déclara le professeur.

L'Uzumaki regarda distraitement Shikamaru Nara, endormit sur son bureau, à trois places de lui, mais ne commenta pas. C'était inutile. C'était toujours inutile. Ce n'était pas tant le fait qu'il ait dormi qui dérangeait le professeur, c'était le fait que ce soit lui qui l'ait fait. Naruto le monstre. Naruto l'anormal.

Après l'avoir observé un long moment, le professeur retourna finalement à sa leçon. C'était Histoire de Konoha, raison pour laquelle l'Uzumaki s'était endormi. Ces cours étaient d'un ennui… Mais même si cela ne l'avait pas été, ça n'aurait rien changé dans la mesure où le professeur le détestait. En fait, tous les professeurs le détestaient, à l'exception d'Iruka Umino qui se contentait d'une tolérance polie et de Mizuki qui lui semblait trop gentil pour être honnête.

Faisant attention à sembler attentif au cours, Naruto laissa son esprit vagabonder, se remémorant les changements récents dans sa vie. Cela faisait quatre ans qu'il avait intégré l'académie shinobi. Au début, il avait cru que ce serait son salut, que tout s'améliorerait. Quelle naïveté.

Il ne l'avait pas remarqué immédiatement, naturellement. Les professeurs avaient été subtils, en dépit de l'animosité flagrante. Il suivait les mêmes cours que tout le monde, alors il avait cru étudier correctement. Mais lorsque les premières notes étaient arrivées, elles avaient été très moyennes. Naruto avait supposé que son travail était insuffisant, alors il avait creusé plus profondément dans ses manuels de cours.

Mais les mois passants, ses notes continuaient de diminuer. A la fin du premier semestre, il était devenu le mort-dernier de sa classe, loin derrière l'avant-dernier. Naruto avait alors commencé à déprimer et à songer qu'il n'était peut-être pas fait pour devenir shinobi. Il aurait probablement abandonné si par pur hasard, il n'était pas tombé sur une copie corrigée d'un de ses camarades de classe, qu'il avait oublié sur son bureau.

Curieux de comprendre à quel point il était en retard par rapport au reste de la classe, il avait lu la copie. Cela lui sauta aux yeux presqu'immédiatement. Des réponses bonnes sur ce devoir étaient considérées comme fausses dans le sien. L'amère révélation s'était alors faite dans l'esprit de Naruto. Depuis le début, il n'était pas mauvais, c'était les professeurs qui falsifiaient ses notes. Peu importe ce qu'il répondait, c'était et ce serait toujours faux. Certains même de ses manuels de cours, fournis évidemment par les professeurs, n'étaient pas les bons ou étaient obsolètes.

Ce n'était pas seulement dans les tests écrits que cette injustice opérait. Les épreuves pratiques et physiques étaient également truquées de façon à justifier ses mauvaises notes. Les kunaïs et les shurikens étaient juste assez émoussés pour ne pas se planter dans les cibles tout en semblant en bon état. Ses combats de taijutsu, quant à eux, étaient réglementés de telle façon qu'il était presqu'impossible pour lui de gagner. Le seul cours qui était noté impartialement était celui de la Théorie de combat, enseigné par Iruka. Le problème était que Naruto était naturellement très mauvais dans cette matière, étant une personne de pratique. La théorie le rendait rapidement somnolant.

Lorsqu'il avait compris que quoi qu'il fasse, il n'obtiendrait jamais l'approbation de ses professeurs et pire, serait réprimandé, Naruto avait cessé de faire des efforts. Il continuait de venir aux cours, car les jours de présence étaient comptés et qu'il en fallait un certain nombre pour passer dans l'année supérieure. Du coup, il s'entrainait de son côté, loin des regards haineux des villageois.

Ce qu'il fallait comprendre à propos de l'académie shinobi, c'était son fonctionnement. Il s'agissait d'un cycle de quatre années durant lesquelles on enseignait progressivement les arts nécessaires pour devenir un shinobi. Tout n'était toutefois pas apprit simultanément.

La première année, les étudiants étaient principalement enseignés sur le lancer de kunaïs et de shurikens, ainsi que sur les bases du taijutsu. Il s'agissait des bases fondamentales du shinobisme et les professeurs, avec l'approbation du Hokage, suivaient le principe que plus l'on apprend tôt à bien faire, mieux l'on fera par la suite.

La seconde année, les étudiants commençaient à apprendre les mudras nécessaires pour mouler le chakra. Par la suite, ils apprenaient leur premier ninjutsu : la technique de transformation. Si un shinobi était suffisamment discret, il n'avait pas besoin d'avoir recours aux autres ninjutsus de bases, raison pour laquelle celui-ci était le premier appris.

La troisième année, les étudiants apprenaient les deux autres ninjutsus de base, la substitution et le clonage illusoire, dans cet ordre. Si la discrétion échouait et le plus important était de se mettre en sécurité. Si cette option n'était pas envisageable, alors seulement il fallait envisager le combat de front.

La quatrième année, enfin, était la synthèse des trois précédentes. Les étudiants confirmaient leurs compétences et apprenaient à les combiner pour optimiser leur efficacité en mission et leur faire imaginer de nouvelles perspectives de combat.

En théorie, le principe était bon. En pratique, cependant, Naruto était simplement à la ramasse. Des trois ninjutsus de base, il n'était capable d'en faire qu'un seul, la transformation, et même alors, il ne pouvait la maintenir qu'une vingtaine de minutes. Le problème n'était pas qu'il manquait de chakra, c'était en fait le contraire. Il en avait trop, comme dans ridiculement trop et il n'était pas capable de réguler les quantités qu'il utilisait.

Du coup, lorsqu'il tentait une substitution, il s'écrasait contre l'objet avec lequel il était censé se substituer à mi-chemin du trajet. C'était douloureux. Lorsqu'il s'essayait au clonage illusoire, il ne parvenait qu'à créer une sorte de pâle imitation de lui-même qui semblait comme écrasé par le poids du monde.

En fait, si la technique de transformation était la seule qui fonctionnait, du moins temporairement, c'était parce qu'elle ne dépendait pas uniquement de la quantité de chakra utilisée. La visualisation était importante aussi. Ce n'était qu'après une vingtaine de minutes d'utilisation continue que la technique commençait à souffrir de la surcharge de chakra, provoquant une instabilité de l'apparence transformée.

Toutefois, en dépit de la courte durée d'utilisation, la technique de transformation lui avait été utile à de nombreuses reprises, en particulier pour échapper aux civils. Ils n'imaginaient pas que le "monstre" puisse réellement apprendre du ninjutsu. Mais le véritable intérêt aux yeux de Naruto était qu'il pouvait enfin faire de vrais achats dans le village, étant donné qu'il n'était pas autorisé à en sortir. Il avait essayé une fois, il avait été fermement, bien que sans douleur, repoussé avec interdiction d'essayer à nouveau.

Ainsi, avec les économies qu'il avait fait sur la pension alimentaire qu'il recevait du sandaime hokage, il avait pu s'acheter quelques kunaïs et shurikens véritablement en bon état. Il avait également acheté quelques parchemins traitant du contrôle du chakra, bien qu'ils ne fussent pas vraiment utiles jusqu'à présent.

En somme, la vie de Naruto n'était désormais pas trop mauvaise, comparée à avant. Il y avait juste un tout petit problème. L'examen de fin d'études était dans moins d'un mois et porterait sur la maîtrise de l'un des trois ninjutsus de base. Le choix annuel était "aléatoire", donc ce serait soit le clonage illusoire, soit la substitution, étant donné qu'il avait montré quelque capacité pour la transformation.

Naruto était intelligent, mais il ne parvenait pas à trouver une solution à son problème de surplus de chakra. Même en passant des heures à s'entraîner, aucune des techniques d'étudiant ne pouvait le drainer de son chakra assez pour qu'il puisse le sentir. A croire qu'il le restaurait plus vite qu'il ne le consommait.

Ce problème s'ajoutait avec son incapacité à savoir quoi faire de sa manipulation du sang. Il parvenait à le faire léviter, à changer sa forme et... c'était tout. Il devait bien y avoir quelque chose d'utile qui pouvait ressortir de cette situation. Il y avait forcément quelque chose d'exploitable, il devait seulement trouver quoi.

Il avait bien acheté quelques livres traitant de l'anatomie, mais il n'avait rien pu exploiter, par manque de compréhension. Et il n'était toujours pas question d'en parler à quiconque. Ce pouvoir était mieux inutilisé que révélé au grand public. Il tenait à sa peau, merci bien.

Laissant son esprit dériver, Naruto repensa à ses capacités purement physiques. Puisqu'il ne pouvait pas compter sur ses professeurs, il avait été obligé d'entrainer son corps tout seul. Une autre partie de son budget y était passé. L'Uzumaki devait encore retenir ses larmes en passant à tous les ramens qu'il avait sacrifié pour sa carrière future de shinobi. Carrière qui risquait de ne même pas pouvoir commencer puisqu'il ne parvenait pas à utiliser correctement les trois ninjutsus de base.

Au cours de ces quatre ans, il s'était donc forgé son propre style à partir des compétences que la nature lui avait donné. Naruto ne craignait pas de prendre des coups, et aucune blessure jusqu'à présent n'avait pu mettre à mal ses capacités de guérison. L'Uzumaki profitait donc pleinement de cet avantage, ce qui se ressentait dans son taijutsu. S'il devait se comparer à quelque chose, ce serait à un berserker. Il combattait de face, sans se soucier des dégâts qu'il se prenait.

Toutefois, il n'utilisait jamais ce style à l'académie. D'une part, il y avait trop de risques de dommages collatéraux, et d'autre part, il ne voulait pas que quelqu'un soit au courant de ses aptitudes. Il était déjà assez difficile de survivre sans que les villageois ne prennent de mesures préventives contre lui.

Soupirant, Naruto reporta son attention sur le cours inutile qui se déroulait. Si seulement il pouvait simplement sécher ce cours, mais les professeurs verraient là une occasion en or de dire qu'il était un élément perturbateur et tenter de l'exclure de l'académie. Ils avaient déjà essayé, mais n'avaient pas pu être exaucés. Il ne leur donnerait pas cette satisfaction. Jamais.


Il ne restait plus que quelques malheureux jours avant l'examen de fin d'étude qui déterminerait si un étudiant méritait de devenir shinobi, si une autre année d'étude pourrait lui permettre, ou s'il n'en avait pas les capacités. Naruto n'avait pas ce choix. Soit il réussissait, soit il échouait et on le renvoyait de l'académie pour incompétence. Il jouait sa carrière, son futur et sa vie.

Hiruzen Sarutobi était bien conscient de cela, mais ne pouvait pas y faire grand-chose. Il avait déjà entamé la tolérance d'une bonne partie du conseil en permettant à Naruto d'intégrer l'académie shinobi. La majorité des membres, des civils principalement, ne voulaient pas prendre le risque de le voir devenir encore plus puissant qu'il n'était censé l'être.

Il soupçonnait d'ailleurs certains professeurs d'agir en collaboration avec eux pour décourager Naruto de jamais devenir shinobi. Il n'avait toutefois jamais trouvé de preuves, et le garçon refusait d'aborder le sujet. La ténacité légendaire des Uzumaki avait trouvé un digne représentant en la personne de Naruto. Mais même le plus fort des hommes pouvait avoir des moments de faiblesse.

Et ainsi, Hiruzen se trouvait dans son bureau avec un Naruto déprimé, la tête basse, mais les yeux secs. Il ne pleurait pas, il ne pleurait jamais. Même au plus bas, il ne permettait à personne de le voir dans cet état, pas même son grand-père adoptif. Hiruzen respectait cela. Toutefois, il se demandait pourquoi le jeune Uzumaki avait décidé de venir le voir, plutôt que de se rendre à Ichiraku Ramen. Là-bas, il pouvait recevoir plus d'attention qu'ici. Peut-être n'en voulait-il tout simplement pas.

Le sandaime fronça les sourcils en se souvenant de l'arrivée de Naruto, une heure plus tôt. A cette heure de la journée, il était toujours à la lecture et à la signature de la paperasse, ennemie jurée de tous les kage, quand la porte avec toqué. Hiruzen avait donné la permission d'entrer, seulement pour voir le blondinet entrer sans un mot, la mine sombre, et s'asseoir en face de lui.

Il n'avait plus bougé depuis. Il était presque aussi immobile qu'une statue. Son regard était lointain. Le Sarutobi soupçonnait la raison de ce comportement, mais ne voulait pas entamer la conversation. Naruto devrait le faire lui-même lorsqu'il se sentirait prêt. Et même si l'enfant n'était pas d'agréable compagnie pour le moment, il était toujours appréciable d'avoir quelqu'un à ses côtés lorsque l'on faisait une tache aussi ingrate que de la paperasse. On se sentait moins seul.

Une autre heure passa, avant que Naruto ne lève finalement la tête. Hiruzen ne s'interrompit pas pour autant, attendant que son petit compagnon fasse le premier pas, qui ne tarda plus.

- Jiji, réponds-moi honnêtement. Ais-je une chance de devenir un shinobi ?

Oui, c'était exactement ce que Hiruzen craignait. Malgré son optimisme et sa détermination, Naruto avait fini par douter de lui-même. Et la conversation qui allait suivre n'allait rien arranger. Lentement, il posa son stylo et mit les documents de côté, se concentrant uniquement sur son petit-fils de cœur.

- Naruto, avant de te répondre, je voudrais que tu me dises ce que toi tu en penses.

- Honnêtement ? demanda Naruto, par forme plus que par curiosité.

- Honnêtement. Confirma Hiruzen.

- Je ne sais pas, répondit finalement l'Uzumaki après un instant de réflexion. Je ne sais plus. Il y a quatre ans, j'étais certain que je pourrais facilement devenir un puissant shinobi. Aujourd'hui, je me rends compte que je n'arrive même pas à apprendre les trois ninjutsus de base pour passer l'examen de fin d'étude.

« As-tu demandé de l'aide aux professeurs ? » faillit interroger le sandaime, mais s'arrêta juste à temps. Ça aurait été maladroit et légèrement cruel de demander cela à Naruto. Même s'il n'avait pas de preuve, il savait que les enseignants ne l'aideraient jamais de leur plein gré. En tant que hokage, il pourrait les y forcer, mais serait alors accusé de favoritisme par le conseil, même si ce n'était pas la vérité.

De la même façon, il ne pouvait demander à un shinobi, même sous couvert d'une mission, d'aider Naruto. Sur le coup, le garçon était tout seul. Même ses camarades de classe ne le prenaient pas au sérieux. Il ne recevrait de soutien de personne d'autre que lui-même.

- Tu ne m'as toujours pas répondu, jiji. Penses-tu que je sois capable de devenir shinobi ?

Hiruzen pouvait presque entendre la supplique dans sa voix. Cela ne pouvait pas tomber à un pire moment. Le sandaime avait vraiment espéré que les tests médicaux effectués sur Naruto à sa naissance étaient mauvais. Même falsifiés, il aurait accepté. En fait, il s'était convaincu de cette possibilité au cours de huit années qui avaient suivi, tellement probable à cause de l'animosité du village contre l'Uzumaki.

Mais depuis que Naruto avait intégré l'académie shinobi, Hiruzen avait eu un mauvais pressentiment. Il avait espéré se tromper, que les notes de l'enfant étaient falsifiées, ce qui était probablement le cas jusqu'à un certain point. Mais maintenant qu'il se trouvait dans son bureau, le fils du défunt yondaime lui avait confirmé sans le savoir l'horrible vérité.

Affalé sur son siège, Hiruzen inspira à fond, avant de soupirer avec lassitude. Avec soin, il se mit à chercher les mots à prononcer. Ce qu'il allait dire serait dur à prononcer, mais encore plus à entendre.

- Naruto... commença lentement le sandaime. Avant de te répondre, car je vais te répondre, je dois t'expliquer quelque chose d'important. S'il te plait, peux-tu m'écouter jusqu'au bout sans m'interrompre ?

- Jiji, tu me fais peur. s'inquiéta Naruto.

- Je sais, admit tristement Hiruzen. Peux-tu me promettre de ne pas m'interrompre ?

- Je... Je le promets.

- Merci. Lorsque je t'ai trouvé il y a douze ans, juste après l'attaque du Kyubi, je t'ai amené à l'hôpital pour m'assurer que tu étais en bonne santé. Tu y as passé quelques tests et les médecins ont trouvé quelque chose.

- Qu'est-ce que c'était ? interrompu Naruto, une lueur de peur dans les yeux.

- Naruto, tu avais promis... déclara doucement Hiruzen, sans toute forme d'accusation dans la voix.

- Désolé, jiji...

- Je suppose que c'était inévitable, marmonna le sandaime. Bien, ou en étais-je ? Ah, oui. Je disais donc que lors des tests effectués pour s'assurer que tu étais en bonne santé, les médecins ont décelé une anomalie. Sais-tu ce que sont les bobines de chakra ?

Naruto hocha la tête pour confirmer. Il avait lu ce que c'était dans un de ses livres sur l'anatomie qu'il avait acheté, et faisait partie des rares choses qu'il avait compris. Les bobines de chakra étaient l'endroit ou se mélangeaient les énergies physique et spirituelle pour produire le chakra. Elles constituaient, avec les tenketsus, une des bases du système circulatoire du chakra.

Le système circulatoire du chakra fonctionnait sur un principe similaire à celui du système sanguin ou du système nerveux. Il s'agissait d'un réseau indépendant, distribuant le chakra à travers tout le corps et passant par les 361 tenketsus présents dans le corps humain.

Les tenketsus, ou points vitaux, étaient de petites protubérances à l'intérieur du système circulatoire du chakra qui régulaient le flux de chakra dans le corps. Au nombre de 361, ils étaient situés aux endroits ou le système circulatoire du chakra s'enchevêtrait avec les organes internes. Ils étaient également à la fois une force et une faiblesse. Une force, parce que si maîtrisés, ils permettaient un meilleur contrôle de son flux de chakra et de la vitesse de ce flux à travers le corps. Une faiblesse, parce que s'ils étaient obstrués ou endommagés, ils affaiblissaient le corps, voire l'estropiait, sans parler des dégâts parfois irréversibles sur le système circulatoire du chakra.

Naruto savait ce qu'était tout cela, mais il ne parvenait pas à comprendre où son jiji voulait en venir. Toutefois, au ton qu'utilisait son grand-père de cœur, cela semblait quelque chose de sérieux. Hiruzen continua ses explications.

- Eh bien, la vérité est que l'anomalie détectée était à l'intérieur de tes bobines de chakra. Quelque chose, probablement antérieure à ta naissance, les a altéré et dénaturé, nuisant à leur bon fonctionnement. Cela prit en compte, et avec les informations que tu m'as donné, je crains que ma réponse à ta question ne soit négative. Il est malheureusement fort probable que tu sois incapable de devenir un shinobi.

Telle fut la conclusion malheureuse du sandaime. Il avait tenté de broder son explication du passé autour du tissu de mensonge concernant la naissance de Naruto et le Kyubi. Le résultat avait été convenable, mais cela importait peu. L'Uzumaki n'aurait jamais remarqué les incohérences mineures, tant la révélation était difficile à digérer.

Ainsi, Hiruzen ne pu qu'observer son petit-fils de cœur s'affaisser sur lui-même, la tête encore plus basse qu'avant. Son corps était crispé, mais ses épaules étaient parcourus de légers tressautements. Quelques secondes plus tard, une unique goutte s'écrasa sur le plancher, entre les pieds de Naruto. Toutefois, aucun sanglot ne s'échappa de sa gorge. Après tout, il ne pleurait pas... Pas vrai ?

Le garçon resta plusieurs minutes dans cette position, sans bouger, tandis que le sandaime ne pouvait rien faire pour arranger la situation. Personne ne le pouvait. Le rêve de l'Uzumaki venait de se briser en tellement de fragments qu'il aurait pu n'avoir jamais existé. Une simple illusion pour un garçon qui rêvait d'espoir.

- Si tu savais que je n'aurais jamais pu devenir un shinobi, alors pourquoi m'avoir permis d'intégrer l'académie ? Demanda finalement Naruto d'une voix rauque.

- Je l'ignorais, réfuta Hiruzen. Tout ce que je savais, c'était que tes bobines de chakra avaient subies une altération. Rien n'indiquait que tu serais incapable de devenir un shinobi. Ce n'est qu'il y a dix minutes, lorsque tu m'as révélé ton incapacité à apprendre les trois techniques de base du ninjutsu, que je l'ai compris.

- Même alors, j'aurais aimé savoir que quelque chose n'allait pas dans mon corps, répliqua Naruto douloureusement. En l'apprenant de cette façon, la chute n'en est que plus dure.

- Je sais, compatit le sandaime avec culpabilité. Mais si je te l'avais dit, les choses auraient-elles changé ? Aurais-tu été aussi déterminé à devenir shinobi, ou au contraire aurais-tu cédé à la facilité et abandonné ?

Naruto ne répondit pas. Il n'avait pas la réponse. Il était devenu ce qu'il était aujourd'hui grâce à son passé. S'il avait eu connaissance plus tôt de ce fait particulier, serait-il le même à l'heure actuelle ? Serait-il même dans ce bureau ? Peut-être valait-il mieux ne pas savoir. Il y avait quelque chose de plus important dans l'immédiat.

- Que vais-je faire maintenant ? Demanda Naruto après un léger silence.

- Je ne sais pas, admit douloureusement Hiruzen. L'examen de fin d'étude est lundi. Tout ce que je peux te conseiller à l'heure actuelle est de le passer. Qui sait, peut-être que je me suis trompé et que tu pourras réellement devenir un shinobi. Je n'ai fait que donner mon avis, mais je ne suis pas médecin. Je pourrais très bien me tromper.

Naruto pouvait sentir que le sandaime ne croyait pas ses propres mots. Toutefois, il ne pouvait pas proposer mieux, aussi hocha-t-il docilement la tête. Après quoi il se leva et prit congé de son jiji, le laissant à la lourde et pénible tache de s'occuper de la paperasse due à son rang de Hokage.


La nuit même, Naruto s'endormit pour se retrouver à un endroit familier pour lui à présent. Cela faisait quatre ans depuis que ses rêves l'y avaient conduit. Quatre ans depuis qu'il était venu pour la première fois ici en ayant conscience de la réalité de ce lieu. Quatre ans depuis qu'il avait découvert cette immense cage complètement vide.

Et actuellement, il se trouvait au centre de ladite cage. Naruto se rappelait encore quelle avait été sa réaction lorsqu'il était venu ici pour la première fois. Il avait fait un bond en arrière en cherchant frénétiquement à l'intérieur de la prison géante, pour s'assurer que ce qui était à l'intérieur ne l'avait pas vu. Ce n'était qu'ensuite qu'il s'était rendu compte qu'elle ne contenait rien.

Prudemment, il s'était alors rapproché, s'assurant que rien ni personne n'était dissimulé dans un soin sombre. Arrivé devant le verrou, un simple parchemin sur lequel était inscrit le kenji « sceau », il avait finalement admit que rien n'allait lui sauter dessus pour le dévorer. Toutefois, il avait fallu beaucoup plus longtemps pour passer à l'étape suivante: rentrer dans la cage. Les barreaux étaient destinés à retenir quelque chose de beaucoup plus gros qu'un humain. Naruto n'avait eu aucune difficulté à passer entre deux.

Il avait ensuite été en mesure de constater la chose. Cette cage n'était pas seulement vide, elle n'avait jamais été occupée. Les parois étaient intactes. Les chaînes encastrés dans le plafond et les murs étaient reluisantes, inutilisées. Même les barreaux n'avaient pas été abîmés, signe d'une tentative de les forcer. Peu importait à quoi était censé servir cette prison, son occupant n'était jamais arrivé à destination.

Par la suite, Naruto avait entreprit de visiter les égouts, pour essayer de s'en faire un plan mental. Peine perdue. C'était comme un labyrinthe, mais sans profondeur ni logique. L'Uzumaki pouvait retomber plusieurs fois sur le même embranchement, alors qu'il avançait en ligne droite tout du long. A l'inverse, en faisant demi-tour, il pouvait arriver dans des endroits qu'il n'avait jamais traversé à l'aller.

Petit à petit, toutefois, il commença à comprendre certaines choses. Par exemple, l'eau qui inondait le sol n'était pas à proprement parlé de l'eau. Il l'avait découvert avec stupéfaction et fascination lorsqu'une goutte était tombée d'un tuyau au plafond en passant à quelques centimètres de ses yeux. Cela avait été bref, mais il l'avait vu. La goutte n'était pas faite d'eau, mais d'une image spectrale d'un bol de ramen. Une mémoire. Toute cette flotte n'était ni plus ni moins qu'un ensemble de souvenirs.

Et aussi étrange que cela puisse sembler, cette inondation mémorielle était animée d'un courant. Curieux, il l'avait suivi pour se retrouver dans une nouvelle salle. Celle-ci n'avait rien d'extraordinaire, à l'exception que la masse de souvenirs liquide, en atteignant le mur du fond, au lieu de se stopper, remontait le long du mur à la manière d'une cascade inversée, formant ce qui ressemblait à un miroir. La mémoire de Naruto avait alors flashé, se souvenant de son propre miroir récemment brisé.

A son plus grand choc, le liquide sur le mur avait alors commencé à scintiller et la mémoire à laquelle l'Uzumaki avait pensé s'afficha contre la paroi, comme projeté directement depuis son esprit. C'est alors qu'il eut la révélation. Tout ça était son esprit. Son espace mental. Son Mindscape. La masse de souvenirs inondant les égouts étaient les siens. Les gouttes tombant du plafond étaient les odeurs, les sons, ainsi que les sensations était ce qu'il percevait durant son sommeil.

Il avait commencé alors à se demander pourquoi son Mindscape ressemblait à un égout, lorsqu'une évidence l'avait fait se figer. La cage aussi était dans son espace mental. Cette chose, qui aurait dû être enfermée dedans mais qui ne l'avait jamais été, aurait donc été enfermée dans l'esprit de Naruto. Pourquoi ? Il n'en avait jamais eu la réponse, mais avait trouvé deux pistes, la seconde pire que la première.

La première piste était que les motifs sur le parchemin de la cage lui rappelaient ceux qu'il avait sur son abdomen. L'Uzumaki avait alors réalisé avec consternation que l'un et l'autre n'étaient qu'une seule et même chose. L'un était seulement la représentation mentale, tandis que l'autre était la représentation physique. Cela voulait dire que, par association, la cage était en fait le « corps » de Naruto. Il avait un peu plus de neuf ans lorsqu'il était arrivé à cette conclusion et n'avait jamais été aussi heureux que la prison soit vide.

La seconde piste était la taille de la cage. Elle était énorme, conçue pour retenir quelque chose de gigantesque. Peu de créatures en ce monde pouvaient atteindre cette taille. Puis, les connexions se firent dans la tête de l'Uzumaki: la haine des villageois, le 10 octobre qui était à la fois son anniversaire et le jour de l'attaque du Kyubi, ses oreilles et sa queue de renard. Pas besoin d'être un génie pour comprendre ce qu'était censé contenir la cage. C'était une prison pour le démon renard. Une prison humaine.

Mais c'était là que l'incompréhension commençait. Le yondaime était censé avoir tué le Kyubi ce jour-là. Toutefois, le sceau sur l'abdomen de Naruto était complexe et difficile à réaliser. Pas vraiment quelque chose qui ressemblait à un plan de secours. Non, le défunt hokage avait certainement voulu enfermer le démon dans le corps du bébé qu'était alors l'Uzumaki. Mais il s'était passé quelque chose durant le processus. Le Kyubi n'avait jamais été scellé. Pourtant, la cage était verrouillée, signe que le scellement avait été accompli jusqu'au bout. Mais le maudit renard s'était volatilisé. Qu'était-il devenu ?

Naruto abandonna ses réflexions du passé pour se concentrer sur celles du présent. Il pouvait sans difficulté imaginer que l'altération de ses bobines de chakra était due au Kyubi. Le biju lui avait fait quelque chose, c'était certain. Il ne poussait pas spontanément une queue et des oreilles de renard à quelqu'un, après tout. C'était donc forcément de sa faute.

Naruto aurait bien aimé révéler ce fait à son jiji, mais il ne pouvait pas. Non, plutôt il ne voulait pas. C'était un instinct de préservation. Il était traité de monstre, presque comme s'il était le Kyubi lui-même, par les villageois. S'ils apprenaient qu'il ne pouvait pas utiliser le chakra correctement et pire, qu'il possédait des attributs félins, il était mort. Non, mieux valait que cela reste secret. Or, un secret n'en était plus un dès l'instant où il est partagé.

Une autre raison pour laquelle il ne dirait rien, plus rationnelle et raisonnable, c'était que Hiruzen ne lui avait jamais dit la vérité à ce sujet. Pas seulement pour les bobines de chakra, mais pour le Kyubi. Il savait, le village entier savait, que le Kyubi était soit disant scellé en lui, mais n'avait jamais informé le principal concerné. Et il ne pouvait pas révéler le fait que le démon n'était pas là où tout le monde l'y croyait. D'une cela créerait une vague de panique. De deux, il perdrait une précieuse protection contre les villageois: le bluff. Naruto n'était pas assez stupide pour croire que leur comportement changerait en apprenant la vérité. Au contraire, ils risqueraient de s'enhardir et de tenter de le tuer pour de bon. Encore une fois, mieux valait laisser cela secret.

De là, ses pensées commencèrent à dériver sur l'examen de fin d'études de l'académie. Naruto ayant été très vague lors de ses explications, son jiji croyait probablement qu'il n'était pas capable d'utiliser son chakra. Ce n'était pas la vérité. L'Uzumaki pouvait s'en servir sans difficulté. Le problème intervenait après. Il avait une telle quantité de chakra qu'il ne pouvait pas simplement pas la contrôler.

Les livres sur le contrôle du chakra qu'il avait acheté auraient dû pouvoir lui être utile. Toutefois, ce n'était pas le cas. Il ne faisait aucun progrès. Ce devait être à cause de ses bobines de chakra altérées. Elles ne géraient plus le contrôle naturel du flux de chakra dans son système circulatoire, le rendant inexistant. Ainsi, les exercices pour renforcer de son chakra, que décrivaient les livres, ne fonctionnaient pas, puisque le corps de Naruto ne possédait aucun contrôle naturel.

C'était comme si son système circulatoire du chakra essayait d'utiliser l'intégralité de son chakra pour chaque technique qu'il essayait de faire fonctionner. Hors, aucun ninjutsu ne requérait une telle quantité astronomique de chakra. Du coup, fatalement, les jutsus se surchargeaient et n'opéraient pas. Mettre plus de chakra dans une technique ne la rendait généralement ni meilleure, ni plus puissante, juste plus foireuse.

Pour en revenir à l'examen de fin d'études dans deux jours, Naruto était hésitant à le passer. Il ne voulait pas voir son échec révélé aux yeux de tous. Sans la capacité d'utiliser correctement son chakra, ce serait un résultat inévitable. Maudit soit le Kyubi et ce qu'il lui avait fait. Sans lui, tout aurait été tellement plus facile.

Si seulement il y existait un moyen de réduire sa quantité de chakra. Enfin, il y avait bien la possibilité de l'épuiser manuellement, mais c'était infaisable. Premièrement, ses réserves étaient beaucoup trop grandes. Deuxièmement, les trois techniques de base qu'il connaissait en consommait si peu que c'en était négligeable, et il ne connaissait rien qui...

Naruto se figea lorsqu'il comprit. Il y avait peut-être une solution. C'était risqué, potentiellement mortel et définitivement désespéré, mais il n'avait pas vraiment le choix. Le garçon n'avait pas d'avenir à Konoha si ce n'était pas en tant que shinobi. Il allait devoir tenter de faire ça. Il y avait peu de chances de réussite,et beaucoup de décès, mais Naruto était prêt à mourir pour son rêve.

Laissant son esprit quitter son Mindscape, Naruto força son réveil. S'habillant à la hâte, il prit le temps de manger quelques bols de ramen pour le petit déjeuner, probablement son dernier véritable repas avant plusieurs jours. Prenant un sac, il entreprit de le remplir de barres nutritives de toutes sortes, énergétiques, de protéines... Il prit également plusieurs bouteilles d'eau, il allait en avoir grandement besoin.

Vint également la question d'où se rendre. Sa première idée avait été d'aller sur un des terrains d'entrainement pour shinobi, certains n'étant jamais utilisés. Le problème était que ceux-ci se trouvaient hors des limites du village, même s'ils en faisaient techniquement partie. Ainsi, Naruto n'y avait pas accès. L'Uzumaki commençait à prendre conscience du pourquoi. Les shinobis, probablement pas son jiji mais la plupart des autres, ne voulaient pas que celui qui « détenait » le Kyubi sorte du village ou il était en « sécurité ». Quelle ironie de penser qu'une prison était en fait prisonnier d'une prison encore plus grande.

Finalement, il décida d'opter pour la falaise des Hokage. De tous les lieux à l'intérieur du village, ce serait le seul où il était certain de ne pas être dérangé de jour comme de nuit. En effet; là ou se situait l'oreille du yondaime était présente une petite cavité qui débouchait sur une grotte plutôt massive et de la taille idéale pour ce qu'il allait faire.

Le plus dur fut de s'y rendre sans se faire repérer. Si quelqu'un le voyait s'y faufiler, ce serait fichu. Or l'entrée de cette grotte, bien que naturellement dissimulée à la vue, était pleinement exposé à tout le village, puisque juste à côté de la tête du yondaime Hokage. Heureusement pour Naruto, trois choses intervinrent en sa faveur.

La première fut qu'il était quatre heures du matin, et donc encore sombre, ce qui dissimulait ses déplacements. La seconde était qu'à cette heure, peu de gens, même parmi les shinobis, étaient levés. La dernière était ce dont Naruto était le plus fier: sa discrétion. C'était bien la seule chose chez lui qui était déjà digne d'un shinobi. Même habillé en orange, il parvenait désormais à se fondre dans la masse. Cela avait été une compétence nécessaire à développer qui lui avait sauvé la vie plus d'une fois par le passé. Ce n'était pas suffisant pour tromper un shinobi attentif, mais pour la plupart des autres situations, c'était assez bon.

En seulement dix minutes, Naruto s'était rendu sur place, glissé à travers la cavité et pénétré dans la grotte. Il l'avait découvert par hasard au cours de ses explorations, entre deux chasses. Il avait alors pensé que c'était l'endroit parfais pour ce cacher, mais avait rapidement été ramené à la réalité. En plein jour, quand la moitié du village le pourchassait, il était impossible pour lui d'atteindre ce lieu sans le révéler. Il avait donc été obligé de trouver d'autres endroits plus accessibles et gardé celui-ci pour quand il aurait besoin d'un tel lieu isoler. Le moment semblait arrivé.

Posant son sac à l'écart et glissant quelques barres nutritives dans ses poches, Naruto se mit ensuite torse nu, révélant ainsi au passage le sceau qui n'avait jamais retenu le Kyubi, contrairement à la croyance shinobi, et qui faisait de lui un monstre, selon l'avis des villageois. Bande d'ignorants, tous autant qu'ils en étaient.

Inspirant un bon coup, Naruto se mit enfin au travail. Il se mit à composer des mudras au hasard. Ce n'était pas important lesquels, tant que cela enclenchait le moulage de son chakra. C'était la première étape, la moins dangereuse. Il continua l'opération pendant plusieurs minutes, pour s'assurer que l'effet resterait actif un long moment.

Cessant alors son activité première, Naruto sortit un kunaï de sa poche accroché à sa jambe droite. Il le regarda un instant, pour s'assurer qu'il ne flancherait pas par la suite. Serrant les dents, il approcha la pointe de son bras gauche, qui perça sa chair. Il s'ouvrit alors tout l'avant-bras dans la longueur. Le sang s'en échappa en grande quantité, mais, au lieu de couler et de s'écraser au sol, les petites gouttes écarlates se mirent à léviter à quelques centimètres de son corps. C'était la seconde étape, la plus douloureuse.

Il s'agissait d'un spectacle vraiment étrange à observer. Des centaines de petites billes rouge flottant et tournant lentement autour de l'Uzumaki sans logique apparente. Essuyant une perle de sueur sur son front, Naruto se concentra pour ressentir le drainage de chakra. Après quelques secondes, il sourit. Ça marchait. Il pouvait sentir la perte, ce qui n'était jamais arrivé avec un des jutsus enseignés par l'académie.

C'était malheureusement toujours trop peu. À ce rythme, il aurait perdu seulement 10% de son chakra au moment de passer l'examen final. Il fallait aller plus loin, beaucoup plus loin. L'Uzumaki allait devoir commencer à prendre des risques pour commencer l'étape la plus dangereuse des trois.

Faisant une rapide analyse de la situation, Naruto estima qu'il devait y avoir un demi-litre de sang flottant autour de lui. Son corps devait en contenir environ cinq litres en temps normal. Ses livres sur l'anatomie lui disait qu'il risquait la perte de connaissance, s'il lui restait moins des trois quart de sang dans son corps, et la mort s'il en restait moins de la moitié. Pour la seconde option, il n'était pas trop inquiet. Son sang devrait, en théorie, réintégrer sa place s'il s'évanouissait. Il n'avait toutefois jamais testé la véracité de cette hypothèse et pouvait aussi bien mourir de l'hémorragie.

Il n'avait cependant pas le choix, utiliser sa manipulation du sang était la seule chose qui pouvait consommer assez de chakra pour rendre son mince espoir réalisable. Grimaçant, Naruto changea son kunaï de main et répéta l'opération sur son autre bras. Rapidement, il se sentit plus faible et son corps légèrement engourdi. Son esprit semblait vouloir glisser vers une agréable torpeur. Secouant violemment la tête, il sortit une barre énergétique et la mangea, pour l'aider à rester éveillé.

L'Uzumaki composa alors quelques mudras et usa la technique de transformation. Maintenant son apparence temporaire, il se remit à faire des signes avec ses mains et tenta de faire le jutsu de clonage illusoire. Ce fut naturellement un échec, mais la réussite n'était pas l'objectif, à l'heure actuelle.

Il devait bruler son chakra le plus vite possible. Manipuler son sang était une bonne étape, la plus utile en fait. Cependant, c'était long et ennuyeux, aussi combiner cela à la technique de transformation permettait d'accélérer imperceptiblement le processus. Essayer le clonage illusoire, enfin, lui permettait, tout en dépensant une infime quantité de chakra supplémentaire, de déterminer le moment où ses réserves seraient assez basses pour finalement réussir à créer des clones sans les surcharger.

Cela avait également un triple avantage. D'une, cela gardait son esprit concentré. De deux, il perfectionnait la maîtrise de ses mudras. De trois, composer des mudras permettait de continuer à mouler son chakra, et donc d'empêcher sa manipulation du sang de s'arrêter naturellement.

La journée passa avec une lenteur exaspérante. Naruto, non content d'être somnolent due à la perte de sang, n'était pas satisfait. Il avait perdu à peu près 10% de sa quantité totale de chakra. Mais il ne restait qu'un jour et deux nuits, et en comptabilisant le tout, cela ferait une dépense totale de 40% approximativement. Il allait devoir en consommé au moins le double pour avoir une chance d'être suffisamment bas.

Baissant machinalement la tête, Naruto avisa le kunaï qu'il avait précédemment utilisé, posé juste à côté de lui. Avec un soupir grimaçant, il le ramassa et l'observa avec un regard pensif. Ses yeux voyagèrent ensuite à son bras, puis à l'autre, avant de s'arrêter sur ses jambes. Se mordant la lèvre avec résignation, l'Uzumaki remonta son pantalon pour révéler ses jambes. Mais au moment de passer à l'acte, il fut pris d'hésitation.

Il manipulait déjà un litre de sang, soit environ 20% de ce que son corps contenait. C'était la limite de sécurité qu'il s'était fixé. S'ouvrir un autre membre était prendre le risque de la perte de conscience. Mais il n'avait pas le choix. Naruto devait devenir un shinobi. C'était son unique espoir d'avenir. Il avait déjà la mentalité nécessaire. Il était prêt à risquer sa vie. Le kunaï s'approcha de sa jambe droite, et le sang jaillit une fois de plus...


C'était le jour de l'examen de fin d'étude pour l'académie shinobi, et Iruka Umino, un shinobi bruns aux yeux noirs et identifiable à la cicatrice barrant son visage par le nez horizontalement, était chargé, comme chaque année depuis quatre ans; de noter les élèves. Cet honneur lui revenait certes à cause de ses capacités, mais aussi et surtout pour son impartialité, raison pour laquelle le sandaime l'avait choisi.

Le chuunin n'ignorait pas l'intention réelle de sa nomination à ce poste. Hiruzen Sarutobi avait voulu que Naruto soit jugé pour ses seules compétences. Iruka n'avait pas de problème avec cela. Il y avait en revanche le fait que le garçon était réellement dépourvu de talent. Même avec toute la bonne volonté du monde, le jeune Umino ne pouvait rien y faire.

Assisté par le professeur Mizuki, il se trouvait devant les élèves pour annoncer le sujet de l'examen de cette année. Il nota avec un froncement de sourcils que Naruto n'était pas présent. Sans doute avait-il un peu de retard. Ce n'était pas grave, son nom était dans les derniers de la liste.

- L'examen de cette année se portera sur la technique de clonage illusoire, révéla Iruka. Chacun d'entre vous devra être en mesure de créer un minimum de deux clones convenables pour recevoir un de ces bandeaux frontaux, qui fera de vous un shinobi.

Le jeune professeur avait dit cela en désignant lesdits bandeaux présentés sur un plateau tenu par Mizuki. Iruka se demandait s'il s'agissait d'une coïncidence, mais la technique de clonage illusoire était celle la moins maitrisée par Naruto. Cela avait été un vote à la majorité par l'ensemble des professeurs, mais cette étrange impression persistait.

- L'examen se déroulera dans la salle à ma gauche, continua Iruka en désignant une porte. Lorsque je viendrai et appellerai votre nom, vous entrerez dans cette salle et accomplirez la technique, avant de sortir par une autre porte, pour ne pas perturbé ou influencé vos camarades. Des questions ?

Comme chaque année, ce ne fut pas le cas. Les élèves étaient trop concentrés sur leur tâche pour se laisser distraire avec des questions. Laissant Mizuki se rendre dans la salle d'examen, Iruka appela le premier candidat. Rapidement, il exécuta deux clones tout à fait convenables, ce qui lui permit d'obtenir son diplôme. C'était attendu. Les élèves passaient systématiquement cette épreuve, qui n'était qu'une présélection qui vérifiait l'assiduité des enfants. Le taux de réussite était de 100%. Du moins, il l'avait été jusqu'à présent. Iruka n'était pas sûr que Naruto soit capable de réaliser cette tâche.

Lentement, les candidats défilèrent. Le jeune Umino venait chercher un élève, l'accompagnait dans la salle d'examen, s'installait, le regardait réussir le test, lui donnait un bandeau frontal, puis recommençait le cycle. Mais chaque fois qu'il entrait dans la pièce où les candidats attendaient, il n'y avait toujours pas trace de Naruto.

Après plus d'une heure, et une bonne trentaine de candidats, ce fut finalement le tour de l'Uzumaki. Bien qu'il ne soit pas là, Iruka se conforma au protocole.

- Candidat suivant : Naruto Uzumaki.

Pas de réponse. Il s'y était malheureusement attendu. Le garçon était intelligent et ne se déplacerait pas pour échouer. Il était trop fier pour cela. Malgré tout, Iruka était tenu d'appeler chaque élève trois fois. Se répétant, il n'obtint pas plus de réponse. Sans conviction, il se répéta pour la troisième fois et fut sur le point de disqualifier Naruto lorsqu'il entendit des bruits de pas précipité provenant du couloir.

Quelques secondes plus tard, l'Uzumaki entra en trombe. Son visage, très pâle, était couvert de saleté. Sa respiration était laborieuse et ses vêtements en mauvais état. Des cernes étaient clairement visibles sous ses yeux à l'étrange hétérochromie. Iruka ne l'avait jamais vu dans un tel état de fatigue. Naruto était connu pour être un phénomène d'endurance. Là, il avait l'air malade. Pas étonnant qu'il soit arrivé en retard.

L'accompagnant dans la salle d'examen, comme les précédents candidats, Iruka s'installa à sa place d'examinateur et reporta son attention sur l'élève. Il tenait tout juste debout et vacillait par moment. Il menaçait de s'effondrer à tout moment. Malgré tout, il s'était présenté et l'Umino ne pouvait que respecter sa force de volonté.

- Bien, pour passer le test, tu dois être en mesure de créer au moins deux clones illusoires de toi-même. Il faut qu'on puisse les confondre avec toi, donc rend les le plus fidèle possible.

- Compris, Iruka-sensei, répondit Naruto d'une voix si faible qu'il fallut tendre l'oreille pour l'entendre.

Composant les mudras, l'Uzumaki parvint à créer non pas un, ni même deux, pas même trois, mais bien onze clones illusoires, tous reflets fidèles de l'original. Même Sasuke Uchiwa, le major de la promotion, n'en avait fait que six. Iruka resta figé de stupéfaction, mais également de bonheur. Naruto avait réussi. C'était presque un miracle. Le visage de Mizuki aussi fut consterné, mais ses yeux révélaient quelque chose de plus sombre.

En réalité, le garçon avait été loin de réussir encore quelques heures plus tôt. Il n'avait pas dormi depuis presque 48 heures et utilisé son chakra non-stop depuis le même laps de temps. Sa seule alimentation avait consisté en des barres énergétiques et de l'eau, tandis qu'il manipulait près de sept litres de son sang hors de son corps. Non ce n'était pas une erreur, Naruto avait vérifié. Il avait réellement prélevé sept litres de sang dans son corps qui ne pouvait en contenir que cinq litres.

La raison était que, dans un moment de désespoir au vu du manque de temps, l'Uzumaki avait abandonné toute notion de prudence et prélevé tout ce qu'il pouvait. C'est à ce moment-là qu'il découvrit que son corps pouvait stimuler la production de sang pour répondre à la demande. Il y avait cependant eu comme effet secondaire de pousser le corps de Naruto jusqu'à ses limites. Son endurance et sa capacité de régénération furent mises à mal par le peu de chakra qu'il lui restait. C'était la raison derrière son apparence déplorable.

Et ce n'était pas pour se vanter qu'il avait produit onze clones illusoires, mais parce qu'il n'avait pas eu le choix. En dépit d'avoir drainé ses réserves de chakra pendant deux jours, il lui en restait encore trop pour en faire moins de onze sans surcharger la technique. Dans son état actuel, Naruto n'aurait pas été en mesure de faire plus d'une tentative.

- Félicitations, Naruto ! S'exclama Iruka. Tu es désormais un shinobi. Prends un bandeau frontal pour prouver à tous que tu fais partie des notres.

- Merci, Iruka-sensei. Mizuki-sensei.

Ce fut titubant que Naruto prit sa récompense et s'en coiffa. D'un pas incertain, il quitta ensuite la salle d'examen pour rentrer chez lui. Il était fatigué, il avait vraiment besoin de dormir. Il pourrait fêter sa victoire plus tard. Son corps tout entier le réclamait. Après n'avoir mangé qu'un unique bol de ramen, qui lui fit le plus grand bien, il se coucha sur le lit, tout habillé et s'endormit immédiatement.

Après ce qui lui sembla seulement quelques minutes, Naruto fut réveillé par des coups légers à sa porte. Déboussolé, il regarda par la fenêtre pour voir que le soleil se couchait. Il avait donc dormi toute la journée D'une démarche beaucoup plus ferme que le matin, il se rendit à l'entrée et ouvrit la porte. Il ne vit rien, ne comprit rien. Tout ce qu'il sentit fut un violent choc à la nuque, et puis il fut accueilli par les ténèbres.

Ce fut le cou courbaturé qu'il se réveilla. Observant les alentours, il remarqua qu'il faisait nuit, il n'avait donc pas été inconscient longtemps, et qu'il se trouvait dans la forêt. Ce dernier point était plus inquiétant car il n'y avait rien d'aussi verdoyant dans Konoha, seulement en dehors. Or, il n'était pas autorisé à en sortir. Et bien techniquement, il l'était maintenant, mais il n'avait pas encore rempli la paperasse pour légaliser son statut.

Pris d'un mauvais pressentiment, il se releva et regarda ce qui lui avait servi d'oreiller. Il s'agissait d'un rouleau de parchemin géant. Son appréhension augmenta. D'une main hésitante, il prit le bord et le déroula d'un quart de tour. Pour titre, il était inscrit: « Rouleau des techniques interdites ». Une phrase vint spontanément à l'esprit de Naruto pour qualifier cette situation.

- Et merde...


Ce sera donc tout pour aujourd'hui.

Je me doute que vous aurez pas mal de questions, et je vous invite vivement à les poser. J'y répondrais dans la mesure de l'intrigue.

Petite info cependant. Je vais partir en vacances pendant deux semaines. Je ne publierais donc pas de chapitre de la semaine prochaine, car je n'aurais pas internet durant cette période. Toutefois, je continuerais d'écrire mes chapitres, de sorte qu'à mon retour de vacances, dans deux semaines, je posterai deux chapitres.

Ce sera Due Cieli et Blood and Legacy.