Hum... Comment dire... ?
Ca fait combien, un mois? deux mois?

Qu'importe! Le tout et qu'il soit làààà!
THE 2nd chapter! o/

Désolé, désolé, et encore désolé ceux qui auraient désespérément attendu ce chapitre o

Yukiche's blabla: Le travail s'est mis en route tardivement, l'accouchement a été difficile, mais il est là... Il est làààà!
Un peu boiteux, pas tout fait fini, mais destin un avenir meilleur, c'est promis!

Lokiitama's blabla:Hallujaaaaah ! Il est là ! Un avenir meilleur, huh ? si notre définition de meilleur rencontre le chemin d'un certain brun à la coiffure indomptable Ce sera plus pour le pire que pour le meilleur ~

Bon bon bon, sur ce, place au texte!

Disclamer: Rien ne nous appartient d'autre que le sadisme dont il a fallu faire preuve pour monter cette fiction. Tout le reste est maître Amano. Le scientifique à qui l'analyse des chocolats a été confiée est tout fait compétant, et n'a pu être corrompu que par Reborn (pour ça, nous ne sommes pas responsables Y.Y)

[PS]: Attention aux "vers maudits" de Tsuna: c'est nian-nian, c'est guimauve, c'est tarte la crème et a n'a même pas l'effet voulu, mais voilà, ils sont là, et rien ni personne n'a su les retirer I_I
Attention aussi aux explications pseudo-scientifiques la fin du chapitre... Les auteures ne sont pas des S en puissance, et ceci devait la base consister en une caricature du jargon du chimiste... Pas très réussi, certes, certes...


La première chose dont Tsuna se souvint lorsqu'il se réveilla, c'est qu'il avait dormi par terre: son dos pouvait en témoigner. Enfin, par terre, c'est-à-dire: littéralement. Par un miracle de la nature l'un de ses petits squatteurs de la veille avait eu la brillante idée de déserter le lit, gracieusement abandonné par son propriétaire, pour rejoindre ce dernier sur le mince et étroit futon de secours, celui où on ne se battait pas pour dormir dessus.

Or, Fûuta, pour timide et poli qu'il fût, prenait plutôt de la place quand il dormait, et Tsuna, fidèle à lui-même, s'était laissé faire. Et son corps avait de lui-même cédé la place à la petite silhouette qui le poussait l'air de rien, en se retournant à l'occasion d'un rêve, jusqu'à laisser le généreux prêteur finir sa nuit au milieu du fatras informe qui constituait sa chambre.

Lâchant un soupir déchirant qui, il le sentait, ponctuerait sa journée de Dame-Tsuna-et-malchanceux-avec-ça, l'adolescent se redressa, en veillant à ne piétiner rien ni personne - sait-on jamais, Lambo avait parfois des crises de somnambulisme...- sentant la plupart de ses os craquer douloureusement. Contraint à une petite séance d'étirement pour se remettre en place et en état de bouger, il ne se tourna finalement vers son réveil - pour voir de combien de minutes il était en retard aujourd'hui - qu'un bon moment après avoir émergé.

7h30.

...Non.

Tsuna se frotta les yeux, et servit à l'horloge digitale la même tête que tous les matins lorsqu'il se tournait vers elle: une belle face d'ahuri qui semble voir sa mort arriver dans ces quatre petits chiffres innocents.

Sauf que là, cette réaction ne correspondait pas au même constat fataliste et annonciateur d'un trépas imminent, non. Bien au contraire.

Pour l'une des rares fois de sa vie, Tsuna n'était pas en retard.

C'est donc calmé, et tout revigoré par cette perspective, qu'il se mit sur ses pieds et entreprit de chercher un uniforme bon à porter en balayant la pièce du regard. Regard qui s'arrêta un instant sur son bureau, avant de repartir... Et d'y revenir. Attendez, là... Qu'est-ce que c'était que cette enveloppe rose cachetée d'un petit cœur stylisé en cire?

La lettre! Tsuna l'avait complètement occultée de son esprit, préoccupé tour à tour par Reborn, puis accaparé par les enfants. N'ayant pas le eu le temps de la lire, et donc de découvrir qui avait bien pu lui écrire ça - le contenant ne laissait aucun doute sur le contenu... - il l'avait sortie et déposée sur son bureau sans y faire trop attention. Grave erreur: si quelqu'un était tombé dessus, surtout avec les petits jouant non loin la veille au soir, il aurait été quitte pour une belle humiliation... Mais le cachet était toujours intact, ce qui laissait supposer qu'aucun des fouineurs qui pouvaient mettre le nez dans ses affaires n'était passé par là, et qu'il serait le premier à lire la lettre. Et il s'assurerait d'être le dernier.

Il décacheta donc l'enveloppe, déglutit nerveusement. Même si, depuis la veille, il tentait de se convaincre d'une farce, il n'en menait pas large. Et si c'était vrai? Qui était-ce donc? Qu'allait-il faire s'il s'agissait de Kyoko? Ou justement si ce n'était pas elle? Mais d'abord, comment lui, Dame-Tsuna, avait bien pu obtenir le Saint-Graal du lycéen, la love-letter, sans rien faire d'autre que de s'attirer les pires ennuis de la terre et ne pas cesser de se ridiculiser devant tout le monde?

...

...
...

Tsuna demeura un long moment devant les quelques lignes manuscrites, à cligner des yeux, bêtement. Un très long moment. Qu'est-ce que...

- Hiiiiiiiiiiiiieeee! Qu'est-ce que c'est ce truc? finit-il finalement par articuler à haute voix. A très haute voix. Il plaqua d'ailleurs ses deux mains sur sa bouche pour la maintenir fermée immédiatement après s'être rendu compte qu'il hurlait. Les enfants dormaient encore, dans son lit.

L'adolescent tâcha alors d'oublier ce qu'il venait de lire de toute la force de sa volonté et, cachant scrupuleusement le papier en attendant de pouvoir s'en débarrasser discrètement, il ramassa quelques affaires en hâte pour partir se rafraîchir les idées dans un bon bain. Franchement, avait-on idée d'écrire quelque chose comme ça? Même si le destinataire en avait été au premier abord un peu touché, malgré ses doutes, le contenu, pourtant fidèle au genre du billet doux, était juste... Enfin! même lui avait pu remarquer les images, pas très catholiques, qui ressortaient d'entre ces vers!
...Ou alors était-il juste en train de devenir fou ou parano. Ou pervers.
Et pourquoi pas les trois?


La première chose que Tsuna contrôla avant d'entrer dans la cuisine fut la présence ou non de son abominable tuteur. Constatant une fois de plus son absence, ne sachant trop s'il devait se réjouir, avoir peur ou se fâcher de ce fait, il alla s'installer, pour plutôt se laisser mollement tomber sur une chaise en soupirant.

- Ohayo~ Tsu-kun! Sa mère, comme toujours irradiant la bonne humeur, se retourna l'entendant s'assoir, tout sourire. Encore que... Étrangement, elle s'était figée en voyant son fils, laissant brûler le petit déjeuner sur le feu, dans son dos.

- Maman ? Maman... Je crois que ça brûle...
- Hein ? Oh oui ! Quelle idiote je fais !
- Muuuu... Mama fait n'importe quoi ce matin. Tsuna ! Fais à manger!
- E-eh...?
- Voyons Lambo, ne t'inquiète pas, je vais en refaire et je ferai attention cette fois.
- Vraiment ? Mais alors demain c'est Tsuna qui fait à manger!

Le sourire entendu de sa mère et de Lambo tira un second soupir à Tsuna. Ils ne lui avaient encore jamais faite, celle-là. Enfin... Faire lui-même la cuisine pourrait s'avérer être un bon moyen d'être sûr de manger lui aussi. Il y songerait plus sérieusement, quand Reborn, l'ennemi de son petit-déjeuner, serait de retour. Et après qu'il ait réglé ses comptes avec lui.

Mais il n'eut pas le temps d'approfondir l'idée qu'un cri strident retentit, le faisant sursauter. Sa mère se retourna une nouvelle fois, en se tenant la main et soufflant dessus.

- Ah là là... Comme je suis étourdie ce matin...

Une coupure nette et profonde traçait une ligne rouge sur sa peau.

- Maman! s'écria Tsuna en se levant, sans savoir s'il devait s'affoler ou s'exaspérer. En attendant de se décider, il alla chercher de quoi désinfecter la plaie.
- Haha! C'est parce que Tsu-kun ressemble de plus en plus à son père... Ca m'a distrait, expliqua Nana alors que son fils, déjà revenu, entreprit d'essuyer le sang qui coulait.
- Je ne vois pas en quoi je te fais penser à cet irresponsable... Il est-...

Tsuna s'arrêta net en avisant le sourire enjoué de sa mère. Parler de son père maintenant n'apporterait rien de bien constructif. Il s'appliqua donc à son ouvrage, pressé par son estomac d'avaler quelque chose. Malheureusement pour lui, une fois le pansement posé, un nouvel imprévu vint frapper à sa porte. Ou plutôt sonner: Yamamoto et Gokudera étaient déjà là, devant sa porte... Et ne semblaient pas vouloir patienter juste le temps qu'il attrape quelque chose de comestible dans la cuisine. En effet, sitôt qu'il leur eut ouvert, Tsuna fut irrésistiblement aspiré par l'extérieur. La porte claqua dans son dos, signant la mort de tout salut.

- Salut, Tsuna!
- B-bonjour... Juudaime.
- C'est bien que tu sois déjà prêt aujourd'hui, pour une fois on va pouvoir arriver à l'heure.
- E-eh... Yamamoto... Gokudera-kun... En fait, je n'ai pas encore...
- Hé toi! Qu'est-ce que tu fais au Juudaime? Lâche-le!

En effet, en dépit du comportement étrange de ses deux gardiens - ce qui était habituel - Yamamoto avait un bras passé autour des épaules de Tsuna, ce qui semblait déplaire à son homologue de la tempête... Qui, d'ailleurs, ne semblait pas tout à fait dans son assiette. Leur boss, quant à lui, coupé dans toutes ses tentatives de protestation, et bientôt plongé au milieu d'une dispute, renonça à les prévenir qu'il n'avait ni petit-déjeuner dans l'estomac, ni sac de cours sur l'épaule. Il était bien trop soulagé par les paroles du baseballeur, à savoir qu'ils n'auraient pas à subir le courroux d'une certaine alouette ce matin-là, et bien trop préoccupé par les bizarreries de ses compagnons, qui se révélaient à lui au fur à mesure qu'ils marchaient: Yamamoto lui paraissait sensiblement plus proche que d'habitude... Littéralement. Source de la colère de Gokudera, il s'acharnait à tenir le brun contre lui ou bien, comme en ce moment, à serrer sa main dans la sienne. L'argenté, en revanche, s'il avait prise sur l'autre main, tremblait, nerveux, et Tsuna avait l'intuition que ce n'était pas que de rage. S'il lançait des éclairs à son ennemi du moment, qui riait, naturel, ses coups d'œil évitaient soigneusement son idole absolue.
A part ça, quiconque les croisait dans la rue ce matin-là ne pouvait en aucun cas remarquer ces surprenants changements. Seul Tsuna, témoin et victime de leur comportement inhabituel, s'en rendait présentement compte. Et il n'en finissait plus de soupirer.

Alors vint le coin de rue fatidique où les trois collégiens rencontraient toujours Kyoko et son frère. Kyoko... Rien que d'y songer, le petit brun en oublierait presque l'attitude de ses amis, qui n'avaient toujours pas réglé leur différend.
Kyoko... Ca y est, Tsuna pouvait la voir. Mais déjà Ryohei lui bondissait dessus:

- Aaaaah! Sawada! C'est bien que tu sois là à l'extrême! Je voulais te convoquer au club de boxe extrême pendant l'extrême pause de midi, s'égosilla-t-il, vrillant les tympans de tout le monde aux alentours.

L'interpelé ouvrit la bouche, pour répondre une excuse, quelque chose, n'importe quoi qui le dispenserait d'un extrême entraînement avec l'extrême capitaine du club de boxe alors que son ventre criait déjà extrêmement famine... Sa pause de midi était déjà réservé au festin qu'il se paierait à la cafet'.
Seulement, il n'eut pas le temps de prononcer le moindre mot que déjà pluie et tempête déferlèrent sur le gardien du soleil, tentant de lui faire comprendre qu'il devrait lâcher Tsuna avec sa "boxe de l'extrême", qu'il ne le rejoindrait pas de toute façon. Evidemment, tout ceci causa pas mal d'agitation dans la rue.

Le sujet de l'affrontement, à savoir Tsunayoshi, s'éloigna du coup de tout ce remue-ménage, les laissant régler leurs affaires entre eux... Même si, concrètement, c'était bien de ses affaires à lui dont ils débattaient avec tant d'ardeur. Tâchant d'oublier le bruit qu'ils faisaient et en attendant de pouvoir les calmer et se remettre en route, l'adolescent s'approcha de Kyoko, restée à l'écart depuis le début de la scène.

- Ah hum... Euh... B-bonjour, K-kyok-ko-chan, bafouilla-t-il, toujours incapable de lui faire face dignement.

Voyant qu'elle ne répondait pas, ne lui adressait même pas un regard, il cligna des yeux, surprit. La jeune fille était d'ordinaire toujours chaleureuse avec lui, pourtant. Un peu inquiet, il lui demanda si quelque chose n'allait pas... Avant de tenter mille autres approches, puisqu'aucune ne marchait. Elle restait muette quoi qu'il arrive, la tête basse et les mains crispées.
Jusqu'au moment où, craquant, elle s'enfuit. Tsuna en resta bouche-bée: ça, c'était inattendu...
Ou peut-être que le plus inattendu fut la réaction de son frère, extrêmement protecteur:

- Hum? Sawada! Qu'est-ce qu'elle a, ma soeur?
- Hiiie! J-je sais pas!

Evidemment, Tsuna craignait la réaction de Ryohei, qui devenait fou lorsqu'il était question de la jeune fille. Pourtant, cette fois, il se contenta de hausser les épaules:

- Bah, elle doit avoir eu une soudaine envie de courir à l'extrême! Et j'ai une extrême envie de faire pareil! Faisons un sprint jusqu'au collège, Sawada!

Sur ces bonnes paroles, Tsuna tracté par le solaire gardien et les deux autres leur emboîtant le pas, ils se précipitèrent vers le portail de Nami-middle. Heureusement pour eux, car ils étaient plus qu'en retard: la grille était déjà fermée.

- Pourrais-je savoir quelle est la raison d'un tel retard?

La grille était fermée, et son fervent gardien attendait les quatre retardataires de pied ferme. Lorsque sa voix aux accents de mort s'éleva, tous, même les plus intrépides, sentirent comme un frisson leur hérisser l'échine. Frisson qui se changea en cri pour le boss du gardien en question, qui ne s'était décidément pas levé du bon pied ce jour-là.

- Hi... Bari... articula-t-il avec effroi.
- Je vois, encore toi, Sawada Tsunayoshi. Je crois qu'il va falloir que je t'apprenne personnellement à respecter les horaires...
- Hein? M-mais je... Je...
- Comment ça? Tu prévois de ne coller que Juudaime, enfoiré?

Pour une fois, Tsuna devait avouer qu'entendre le ton agressif de Gokudera le rassurait, même si cela était souvent annonciateur d'une bagarre à venir.

- Mais oui! C'est parce que le boss doit payer pour toute la famille et porter ses malheurs sur son dos, approuva une petite voix de crécelle, sortie de nulle part. L'héritier Vongola reconnut immédiatement Reborn, qu'il chercha des yeux sans le trouver, sa rage de la veille ravivée.

Cependant, le préfet de Namimori, profitant de la confusion que les mots du bébé avaient semé dans le groupe de fautifs, n'entendait pas laisser sa proie partir à la recherche de son maître. Dans l'idée de ramener l'attention de ces délinquants sur lui, avant de tous les mordre à mort, à commencer par le plus faible, dont il s'occuperait tout particulièrement, il leva un tonfa en l'air, prêt à frapper. Mais le sourire satisfait qui avait émergé sur ses lèvres se dissipa sitôt qu'il fut apparu, chassé par une main retenant son coup d'une poigne ferme. Un pied vola alors dans son dos, en direction du visage du gêneur, qui évita et vint se placer entre Tsuna et lui. L'extrémité d'un fouet caressait le goudron du trottoir. Cavallone.

Hibari plissa les yeux, son envie de meurtre atteignant des sommets. Néanmoins, la folie furieuse qu'il s'apprêtait à laisser se défouler sur Dino attendit qu'il remarque le clin d'oeil du cheval ailé à la bande d'herbivores derrière lui avant de s'emparer de son esprit. Alors comme ça, il leur avait ouvert la voie et les aiderait à entrer dans l'établissement alors que lui, président du comité de discipline, ne le permettait pas? Et puis d'abord, comment était-il arrivé dans son dos? Que faisait-il dans l'enceinte du collège?
Kyoya règlerait ces questions sur-le-champ. Le reste des herbivores attendraient que leur complice ait épongé sa mauvaise humeur.


Tsuna arriva jusqu'à son casier, hors d'haleine. Il avait détalé sans demander son reste lorsque Dino leur avait fait signe, et s'était chargé de retenir Hibari. Se sentant un peu coupable d'avoir abandonné son "grand frère" entre les griffes de son dangereux élève, il jeta un coup d'oeil autour de lui, pour s'assurer que ses compagnons avaient suivi le mouvement. Une fois rassuré, ce petit intermède mortel ayant dissipé la plupart de ses sombres pensées, il se dirigea vers son casier pour y récupérer ses chaussures.

La petite porte une fois déverrouillée tourna sur ses gonds dans un petit gémissement ferrailleux... Avant de claquer violemment la seconde d'après, sous l'impulsion de son propriétaire, qui semblait avoir été choqué par ce qu'il avait trouvé derrière. Le bruit alerta immédiatement les autres, qui furent bientôt tous réunis autour du brun, affolés, l'assaillant de questions, pour savoir ce qu'il se pensait. Le pauvre boss, rouge jusqu'aux oreilles, ne parvint pas à leur articuler une explication décente, pas plus qu'à leur refuser l'accès à la caisse de fer, qui semblait être l'objet de son trouble. Trouble qui s'accentua encore rien qu'à imaginer la réaction qu'ils auraient en découvrant ce qu'il y avait à l'intérieur.

Un grand silence se fit soudain dans le hall du collège.

Ah... Ils l'avaient trouvée

Elle n'était pas bien grande, carrée, toute plate et... Rose.
C'était la jumelle de celle qui était cachée dans la chambre de Tsuna.

Tout comme le jeune homme en découvrant la première lettre la veille au soir, les trois gardiens n'eurent pas besoin de forcer le cachet de cire pour deviner ce que c'était. Ce qui surprit leur ami, en revanche, c'est le choc violent que cette vision leur causa... Ainsi qu'une pointe de peur, doublée de haine, visible dans leurs yeux. L'étonnement du petit boss était tel qu'il en oublia de leur reprendre l'enveloppe fleurie.

Ce qui devait arriver arriva: le cachet vola en éclats.

La lettre était du même expéditeur que la veille, c'était une certitude.

Et Tsuna n'avait pas besoin d'hyperintuition pour savoir qu'à l'intérieur, il y aurait...

.- Il faut que la nuit nous accueille en son berceau...

Ce qui devait arriver arriva: ils avaient commencé lire les vers maudits. Par les voix tremblantes de ses gardiens-stalkers, Tsuna prenait peu peu conscience qu'il évoluait décidément sous de mauvais auspices, aujourd'hui aussi. Les corbeaux n'auraient pu décrire pire destin dans son ciel ennuagé.

- ... Là où nos corps chauds se touchent, et, sans honte...
- ... S'explorent, se goûtent, s'entredévorent et puis montent... Montent, montent, encore et toujours, jusqu'en haut.

Le timbre rauque de Gokudera s'était brisé avant la fin du vers, il avait fini dans ce qu'il restait de son souffle raccourci par le choc. D'ailleurs, les trois avaient l'air hébétés au possible, tout comme Tsuna, qui constatait avec horreur que cette lettre-ci était encore pire que la précédente. Qu'allaient penser ses amis de lui maintenant? D'accord, il n'avait pas envoyé le mot, encore moins demandé à le recevoir, mais...

- Qu'est-ce qui se passe à l'extrêêême? Qui envoie des trucs bizarres à Sawada!

Ryohei avait brisé le silence lourd et profondément gêné qui s'était installé. Cela n'aida pas le brun à décompresser, au contraire: il venait de lancer les représailles. A présent, tous le harcelaient pour savoir qui osait tenir ce genre de discours à leur boss, chose dont il n'avait absolument aucune idée, et qu'il n'avait pas envie de savoir, à part si cela lui permettait de mettre fin à ce supplice.
Finalement, après une bonne dizaine de minutes d'interrogatoire et d'hypothèses farfelues, Tsuna réussit à en placer une:

- C'est bon! Les gars, c'est bon... Je n'en sais pas plus que vous mais l'auteur de ces-... de cette lettre ne devrait pas se manifester. Il n'est pas sérieux
- Comment ça? demandèrent trois voix, parfaitement synchronisées.
- C'est comme ça, je le sais. Ceux qui écrivent ce genre de choses ne sont que des blagueurs, ce n'est pas la première fois que ça m'arrive après tout, mentit Tsuna, pour s'en sortir. Et puis, même si c'était pour de vrai, arrêtez de vouloir tuer des gens, c'est... Assez disproportionné comme réaction pour ce genre de choses...

Le blanc qui succéda à la réplique du chef lui fit comprendre qu'on n'était pas d'accord avec lui. Il insista:

- ...Non?

Devant son désarroi, les trois autres acquiescèrent. Tsuna se félicita de les avoir ramenés au calme à peu près du premier coup. Il avait du s'y reprendre à plusieurs reprises pour prendre la parole.

- Et sinon, poursuivit-il avec hésitation, il serait peut-être bien d'aller en cours, non? Dino-san ne retiendra pas Hibari-san toute la journée, et il est déjà tard.

Ses mots firent l'effet d'une douche froide aux têtes brûlées. En un rien de temps ils se retrouvèrent devant leur salle de classe.
Tsuna avait quand même eu le temps de noter, dans l'intervalle, Yamamoto broyant sa main de la sienne, Gokudera glissant discrètement la lettre dans sa poche, Ryohei lui rappelant son rendez-vous de midi.

Sa journée commençait à peine.

La matinée se poursuivait, sensiblement plus calme qu'elle avait commencé. Sans s'étonner d'avoir retrouvé son sac de cours à côté de sa place, sûrement déposé par un certain précepteur soucieux de l'éducation de son protégé, Tsuna tentait, après une entrée fracassante et un retard de trente minutes - il se demandait d'ailleurs par quel miracle le professeur avait accepté de les laisser entrer... - de suivre le cours, pour se distraire l'esprit.

Cependant, rien à faire: ses pensées revenaient immanquablement, non pas vers les contrariétés de la journée, mais vers justement son tuteur, Reborn. Il n'avait toujours pas reparu, malgré quelques petites interventions qui portaient ostensiblement sa signature. Les signes de sa présence, comme son absence inexpliquée, obsédaient le Vongola sans qu'il ne puisse se contrôler. Après tout, il attribuait sa poisse cette fois-ci non pas à sa bonne étoile défectueuse mais au bébé infernal. Et, depuis qu'il s'était décidé à répondre à Reborn au lieu de se soumettre et de supporter ses tortures, ce dernier s'était lâchement enfui. D'autant que ce mauvais coup n'était même pas un entraînement. Nul doute qu'il devait bien s'amuser, tapi dans une de ses cachettes, le meilleur tueur à gages du monde... C'était précisément ce qui faisait bouillir Tsuna en ce moment.

Bouillir, tant et si bien qu'il finit, à force de se crisper, par briser le crayon qu'il faisait tourner nerveusement entre ses doigts. Une goutte de sang perla, et toute la classe, qui jusqu'alors se contentait de le scruter discrètement - pour une raison inconnue, qui importait peu à Tsuna puisqu'il ne faisait plus attention à eux depuis un moment - braqua son attention sur lui, ce qui le fit presque plus sursauter que le bout de bois cédant sous la pression de sa main.

Alerté par le craquement sonore, le professeur aussi s'interrompit, une ride d'inquiétude lui barrant le front:

- Sawada, ça va?
- Oh! Mais tu saignes!
- Il faut t'emmener à l'infirmerie!
- Je t'accompagne!

Bientôt, un brouhaha s'éleva dans la salle, jusque là à peu près calme. Désorienté, l'adolescent finit par se lever brusquement, braquant un regard suppliant sur le professeur.

- Ca va! Je... Je peux sortir un moment? ...Et seul, s'il vous plait?

On le sentait un peu affolé par tant d'agitation, mais, plus que sa fébrilité, la résolution la plus ferme vibrait dans son ton. Pris de court, l'adulte le laissa sortir; Tsuna détala avant que quiconque ait pu protester et claqua la porte derrière lui.

A peine goûta-il la sérénité d'un couloir silencieux qu'un frisson violent comme jamais lui déchira l'échine.

- ...la structure des molécules de l'échantillon est fortement instable, ce qui provoque une réaction en chaîne jusqu'à une digestion complète? Mais les effets...?

- ...Je vois. Les éléments volatiles créent un dysfonctionnement du cerveau et le phénomène hormonal qui donne l'illusion du coup de foudre. C'est vraiment bien fait... Même si je crois que Bianchi voulait déclencher la réaction inverse. Mauvaise manipulation des électrons orphelins?

- Oui. Vu la façon dont ça semble se propager, ça doit altérer quelque chose chez le sujet aussi. Il faudrait analyser les pupilles, peut-être. Ca doit partir de là.

- Ah ça non. Je ne peux pas te l'amener maintenant. Il est... Quelque peu occupé. Mais garde l'échantillon, on réessayera, pour tes recherches.

- Non, c'est juste pour que tu me dises si Bianchi sera un jour capable de créer un vrai philtre d'amour. Sait-on jamais, ils progressent tous les jours, ces petits~


Voilà voilà voilà~
Promis juré craché *crache*, le prochain arrivera plus vite que çaaaaa! o

En attendant... Eh bien en attendant, un petit bonus... Une scène qui n'était pas inscrite dans le scenario, mais qu'un petit être doté d'un pistolet polymorphe a su nous contraindre à rajouter... (a)


~ Bonus, et autres erreurs de tournage ~
Chapitre 2: La chambre d'un ado, un vritable El Dorado...

- Oh! Reborn! Tu es enfin rentré.
- Oui, mama. Les petits ne sont pas là?
- Non, ils sont partis... Je suppose qu'ils sont allés au parc. Ils adorent jouer là-bas. Ah, et Bianchi-san est allée faire des courses. Elle a dit qu'il lui manquait du cacao. C'est bizarre, je croyais que la Saint-Valentin, c'était hier... Aaah, ça fait si longtemps qu'Iemitsu ne m'a pas envoyé de lettres ou de chocolats...
- Et Tsuna?
- Oh, il semblait de mauvaise humeur hier, n'est-ce pas? Il ne m'a rien offert, non. Mais j'aimerai bien savoir s'il a fait quelque chose pour l'élue de son coeur~
- Hum. Je vais enquêter là-dessus mama. Et je le punirai pour son affront. Ne pas honorer la mama est une faute impardonnable pour un boss de la mafia.
- Tu es si adorable, Reborn~

Sur ces mots, le petit tueur à gages quitta la cuisine et monta les escaliers en quelques bonds. Alors comme ça, la maison était parfaitement vide? Parfait.
Il s'engagea dans le couloir, à l'étage, et gagna la chambre bordélique de son élève. Soupirant devant les amas de vêtements et d'objets divers, il dévisagea le futon étalé par terre avec curiosité: s'ennuyait-il tellement sans lui qu'il avait invité quelqu'un la veille? Pour le coup, l'arcobaleno n'avait pas pris la peine de veiller sur son élève, occupé à faire parvenir l'un des chocolats de Bianchi à un scientifique de sa connaissance, qui l'avait analysé pour lui. Il avait d'ailleurs appris des choses très intéressantes dans le coup de fil qu'il avait reçu en route pour la demeure Sawada. Bien qu'il ait deviné quelques-unes des propriétés de ce poison-cooking d'un nouveau genre, ce qui lui avait permis de mettre son petit jeu en place, avoir plus de précisions s'était avéré nécessaire.

Songeant aux péripéties qu'allait encore devoir traverser son pauvre disciple, Reborn farfouilla au hasard du désordre de la chambre, comme il avait l'habitude de le faire - bien sûr, Tsuna ignorait tout de cette pratique. Il ne trouva rien de bien palpitant... Jusqu'à tomber sur un bout de papier anormalement rose. La couleur et les fleurs qui le recouvraient lui firent hausser les sourcils; la vision du cachet lui en aurait écarquillé les yeux. Quant au texte, le texte...

Je veux bien que tu sois un démon de l'Enfer,
Je te pardonnerai d'avoir volé mon air
Si, t'essoufflant aussi, l'étreinte de la nuit
Change en or le plomb, te renvoie au Paradis.

Un sourire de sa facture creusa une adorable fossette sur sa joue rebondie. Mais ce sourire n'était absolument pas la franchise et l'innocence d'un enfant.
C'était l'arrêt de mort d'un certain collégien, et futur parrain de la mafia...