Hello !

Voici donc la première vertu ;)

Vous remarquerez que les épreuves des vertus sont beaucoup plus personnelles que celles des péchés, déjà parce que c'est la deuxième fois, et ensuite, parce que leur relation est différente ...

Bonne Lecture :D


Ils arrivèrent dans une pièce toujours aussi étrange qu'elles l'étaient dans cet endroit. Il y avait deux fauteuils face à face, et les murs étaient entièrement couverts de photos. Les deux jeunes hommes s'approchèrent et constatèrent que c'était des photos de leurs vies. Certaines étaient de leur enfance, d'autres de leur scolarité, et il y en avait même de ces derniers mois. Harry se stoppa devant une photo de la première punition de Drago. Il devait avoir dans les cinq ans, et ses yeux brillaient des larmes qu'il retenait. A côté, Drago observait Harry dans son placard à balai, au même âge. Le blond parcouru les photos d'enfance d'Harry, et lança un regard transperçant au brun :

- Tu ne m'as jamais dit que ta famille était si horrible.

Le héros de guerre haussa les épaules et continua à parcourir le mur. Tout ce qu'il voyait, il le savait déjà. Drago lui en avait parlé, de son enfance, de sa scolarité partagée entre la haine des Gryffondores et le besoin de rendre fiers ses parents, et ces dernières années à essayer de devenir un parfait mangemort fidèle, jusqu'à la chute du seigneur des Ténèbres, et ces derniers mois qu'ils avaient passé ensemble dans le plus grand des secrets.
Avec étonnement, Drago découvrit la vie d'Harry. Il était au courant des aventures du célèbre Elu, mais Harry ne lui en avait jamais parlé. Il découvrit chaque année à Poudlard plus en détail, et il en apprit beaucoup : Harry avait été mortellement blessé par le basilic, il avait affronté un loup-garou à la pleine lune, sans parler du fait qu'il avait failli mourir au moins une douzaine de fois. Il se tourna vers Harry qui avait regagné son fauteuil, et lui demanda :

- Pourquoi tu ne m'as jamais parlé de tout ça ?

De nouveau, Harry haussa les épaules :

- Je sais pas, je suppose que ça n'avait pas beaucoup d'importance …

- Mais ça en a pour moi. Je t'ai confié tout de ma vie, dans les moindres détails gênants, mais toi, tu n'as jamais pris la peine de te confier à moi …

Encore une fois, Drago semblait vraiment blessé par son comportement. Harry soupira, et il repensa à sa discussion avec Hermione : elle avait peut-être raison, il essayait peut-être trop de se protéger en faisant des excès de prudence. Drago s'installa en face de lui, et Harry se pencha :

- Je suppose que c'est ça, la première vertu. La prudence.

- Et je suppose que c'est toi qui es concerné, pas moi.

Le Survivant s'affaissa dans son fauteuil. Le Serpentard avait raison. Ça ne pouvait être que lui qui était concerné. Contrairement à ce qu'il avait pensé, Drago s'était montré très prudent ces derniers mois pour protéger leur couple, sans hésiter. Cependant, il n'avait pas hésité à mettre sa prudence de côté pour lui, en lui accordant une confiance aveugle et sans limite. Ce que lui n'avait pas été capable de faire. Il avait sans cesse imposé une prudence excessive au blond pour que personne ne soit au courant pour eux. Et il avait aussi tendance à être trop prudent dans leur vie : il ne se confiait jamais à lui, n'osait avouer qu'à demi-mot ses sentiments, sans parler du fait qu'il ne se laissait jamais aller. Alors qu'il était perdu dans ses pensées, Drago demanda :

- Tu ne t'es jamais dit que si on s'est retrouvé ici, c'est que quelque part, on devait être réuni ? Tu n'as pas l'impression que si ça nous est arrivé, c'est parce qu'on devait être ensemble ?

- Je ne sais pas. Peut-être.

- Est-ce que tu regrettes ?

Ses prunelles d'acier le transperçaient. Harry frissonna et secoua la tête :

- Non. Je suis heureux d'avoir découvert qui tu es vraiment.

- Mais est-ce que tu regrettes qu'on soit ensemble ? Est-ce que tu regrettes d'avoir des sentiments pour moi ?

- Non ! Je … je ne veux pas changer les choses entre nous. J'ai …

Il se stoppa, ne trouvant pas les mots, comme à chaque fois qu'il essayait de se confier. Drago ne dit rien et croisa les jambes. Harry le savait, il était blessé dans son égo. C'était pour ça aussi qu'ils étaient en froid depuis une semaine. Drago n'avait jamais voulu se cacher, il n'avait pas peur de dire au monde entier qu'il avait des sentiments pour lui. Mais Harry si. Il était excessivement prudent, dans l'intimité et en public, et c'était ça la base de toutes les tensions entre eux, cette peur irrationnelle et incompréhensible qui le forçait à agir ainsi. Le jeune homme brun tenta de se concentrer. Il devait faire un effort s'il voulait sortir de là. Ils ne pourraient passer à la suite que si Harry dépassait sa prudence. Drago était là, et il l'attendait, très patiemment et calmement. Au bout d'un moment, le Survivant s'avança sur son fauteuil et prit la main de Drago dans la sienne :

- Je suis désolé. Je ne sais pas quoi faire pour arrêter d'être comme ça …

- Tu pourrais commencer par m'expliquer de quoi tu as peur ?

Le jeune homme blond entremêla ses doigts aux siens et lui sourit tendrement pour l'encourager. Incapable de le regarder dans les yeux, il tenta d'expliquer :

- Je ne sais pas vraiment … c'est plus un réflexe que quelque chose dont j'ai conscience … tu sais, un peu comme quand c'était la guerre …

- Tu sais qu'on est plus en guerre ?

- Oui. Mais ça ne change pas mes réflexes, j'ai … j'ai passé toute ma vie à être dans le secret pour être prudent. J'ai caché ma relation avec Ginny pour ne pas qu'elle soit en danger. J'ai caché ma relation avec Sirius pour qu'il reste en sécurité. J'ai menti un nombre incalculable de fois pour protéger ceux que j'aime. J'ai toujours vécu comme ça …

- Et tu ne penses pas qu'il serait temps de changer ?

Il planta ses prunelles émeraude dans celles du blond et acquiesça en silence. Harry saisit sa deuxième main et la pressa dans les siennes :

- Je ne peux pas te promettre qu'en sortant d'ici je n'aurais pas du mal à révéler au grand jour notre relation. Mais je peux essayer maintenant de …

Il chercha ses mots, et Malfoy proposa :

- Me faire confiance ?

- Je te fais confiance !

Protesta le brun, même si au moment où il prononçait ces mots, il en douta. Face à la moue dubitative de son amant, le brun reprit :

- Ce n'est pas ça le problème. Drago, je te confierais ma vie sans hésiter. Non, le problème, c'est que j'ai peur de me confier. J'ai peur qu'après, si ça tourne mal entre nous, tu te serves de mes faiblesses pour me blesser …

Terriblement blessé par les propos du brun, le blond pâlit :

- Ce que tu essaie de me dire, c'est que tu préfères me blesser plutôt que de me faire confiance, au cas où plus tard, si éventuellement on venait à rompre, j'essaie de te faire du mal ?

Harry avait blêmi lui aussi. C'était douloureux d'entendre Drago dire ça, mais c'était exactement ce qu'il ressentait. Il avait été tellement habitué à craindre l'avenir qu'il avait du mal à imaginer que quelque chose dure assez longtemps pour qu'il soit heureux. Drago recula son fauteuil de quelques centimètres, retirant ses mains des siennes, et son petit-ami comprit qu'il était très profondément blessé. Il se tut, et écouta alors ce qu'avait à dire l'ancien mangemort :

- Outre le fait que c'est terriblement égoïste de ta part, et aussi très blessant de voir que notre relation ne fonctionne apparemment pas à double sens, je vais te dire ce que je ressens. Je me sens trahit, parce que j'ai accepté sans condition de me confier à toi, de te dire chacune de mes faiblesses, j'ai eu assez confiance en toi pour ça, et toi non. Je ne sais pas si tu en as conscience, mais tu as largement de quoi me faire souffrir, alors que moi non. Et c'est aussi terriblement dégoûtant de constater que tu puisses imaginer que je veuille te faire du mal un jour. Je croyais que tu savais que je ne te ferais jamais de mal. J'essaie d'être honnête et juste, pour toi, mais toi, tu es horriblement monstrueux …

- Ne dis pas ça !

L'implora Harry, qui avait l'impression d'être comparé à Voldemort. Drago se reprit. En utilisant le mot de monstre, il avait précisément fait ce qu'il ne voulait pas : blesser consciemment Harry. Il se redressa et reprit :

- Désolé. Je ne voulais pas dire ça. Enfin, je pense que tu as compris. Je ne peux pas rester avec toi si tu n'agis pas comme dans un couple. On ne peut pas rester ensemble si tu ne me considère pas comme ton petit-ami …

Les yeux emplis de larmes, Harry l'implora :

- S'il te plaît, ne fais pas ça … Je … je veux changer ! Je veux bien qu'on révèle à tout le monde notre relation, et je suis prêt à me confier à toi, tout ce que tu veux !

Autour d'eux, sans qu'ils ne s'en aperçoivent, les images commençaient à disparaître des murs. Drago se releva, et serra Harry contre lui. Il avait la gorge nouée. Il ne voulait pas que ça se finisse avec Harry. Il était ce qui lui était arrivé de mieux. Il prit le visage d'Harry dans ses mains et posa son front contre le sien.

- Toi. Et les Weasley. Et Hermione aussi.

- Quoi ?

- C'est vous mes plus gros points faibles. Si quelqu'un voulait me faire du mal ou me faire du chantage, c'est à un de vous qu'il faudrait s'en prendre. Et je déteste ma famille moldue. Ils m'ont toujours traité comme un bon à rien, et ils m'ont fait croire durant toute mon enfance que mes parents étaient des monstres. Et je déteste ton petit air arrogant, parce que tu es terriblement sexy quand tu te crois supérieur à tout le monde …

Le blond laissa échapper un sourire et caressa tendrement sa joue, le poussant à continuer. Harry glissa ses mains contre son torse et continua :

- Quand je suis ici, ma plus grande peur c'est qu'Ombrage revienne enseigner et me force encore à utiliser sa plume pour me punir. Et je déteste quand tu me caresse ou que tu m'effleure dans les couloirs, ça me rend fou. Par contre, j'adore quand tu joues avec ta langue à certains endroits …

- Tu pourrais préciser ?

Demanda le blond, un sourire coquin au visage. Harry allait lui répondre, mais la porte réapparue. Il lui sourit et lui vola un baiser rapide :

- On en rediscutera plus tard. Passons à la deuxième vertu.

Le blond glissa sa main dans la sienne, et ils franchirent ensemble la seconde porte, laissant la première pièce vide. Lorsqu'ils arrivèrent dans la deuxième pièce, sur la porte qu'ils venaient de franchir s'inscrit « Prudence », et elle disparue.

Prudence : attitude visant à éviter de causer un dommage, réfléchir aux conséquences de ses actes et à agir de manière à éviter toute erreur.


Alors, qu'avez-vous pensé de cette première vertu ? Comme toujours, je vous laisse la définition à la fin pour que vous compreniez mieux certaines choses ...

A demain ;)