Chapitre 2 - "A new threat"
Elle n'avait pas la moindre idée de ce que ce geste allait provoquer ni des répercussions que cela aurait sur elle et encore moins de la raison pour laquelle son corps était étendue là, totalement desséché. Mais elle savait avec certitude que la dague plantée dans le coeur de son amie, disparue mystérieusement des semaines plus tôt, la rendait prisonnière de son état.
Comme s'il avait s'agit d'un conte de fée, April Young retira le poignard et espéra que la jeune femme se réveille d'un long sommeil. Quelques secondes s'écoulèrent et aucun fait surnaturel ne se produisit. Après plusieurs minutes planté devant le cercueil, April commençait à ne plus y croire lorsque la teinte grisâtre qui recouvrait entièrement le corps de son amie s'estompa pour laisser apparaître la peau fraîche d'une jeune femme de dix-huit ans. Les yeux écarquillés à la fois d'émerveillement et d'horreur, la jeune fille observa sans bouger la résurrection de Rebekah.
Celle-ci ne tarda pas à ouvrir la bouche pour laisser échapper une faible respiration.
A cet instant, toute personne normalement constituée aurait pris ses jambes à son cou même si elle connaissait l'identité de la personne. Aucun fait scientifique n'aurait pu expliquer le phénomène qui se produisait sous ses yeux. Seulement, depuis la mort de son père, April était tourmentée de milliers de questions et préférait mourir que de rester sans réponse.
Rebekah était-elle restée dans ce cercueil depuis tout ce temps?
Qui ou plutôt quoi était-elle?
Elle ou son espèce avait-il un lien avec la mort de son père?
Et si ce n'était pas le cas, elle espérait toujours que Rebekah tienne sa promesse de l'aider à découvrir la vérité sur la mort de son père.
Elle n'eut pas le temps de se torturer d'avantage l'esprit qu'elle fut soudainement saisie à la gorge et plaquée contre le mur de la grotte avec une extrême brutalité par une Rebekah qui semblait avoir recouvré toute sa vigueur d'antan.
Pourtant, Rebekah était bien en dessous de ses réels capacités, elle se sentait faible et lorsqu'elle vit et sentit le sang de la jeune humaine, elle ne se posa aucune questions et mordit à pleine dent dans la veine qui palpitait de façon effrénée à son cou.
Quelques instants plus tard, Rebekah recula à une bonne distance de sa proie, un air de souffrance sur les traits de son visage inhumain.
- Tu ne devrais pas être là. Pourquoi est-ce que tu m'as sauvé?
April ne répondit pas, bien trop choquée par la violence dont elle venait de faire l'objet et par la créature qui lui faisait face pour émettre un son. Seul un souffle de douleur lui échappa, alors qu'elle retenait avec peine le sang qui s'écoulait de sa plaie.
- Je ne veux pas te tuer, l'avertit l'Originelle, mais si tu ne t'en vas pas tout de suite je serais incapable de me contrôler.
Même à plusieurs mètres d'April, son sang si chaud et si jeune emplissait sauvagement ses narines. Toutes les fibres de son corps réclamaient de prendre la vie de l'humaine.
Malgré la menace, April ne fit pas un geste en direction de la sortie de la grotte.
- J'ai besoin de me nourrir, lui expliqua douloureusement la créature en elle. J'ai besoin de sang et si tu ne t'éloigne pas de moi dans la seconde qui suit je te viderais du tien. Est-ce que tu comprends ça?
Un éclair de lucidité passa dans le regard apeuré de la jeune humaine. Elle sembla brusquement reprendre pied à la réalité et étudia d'un mouvement vif et circulaire toutes possibilités de fuite qu'il lui restait. Alors que la vampire s'apprêtait à fondre sur elle, April courut jusqu'à une cage pour s'y enfermer. Hélas le battant étant cassé, elle ne put correctement refermer la porte. Il y avait bien une chaîne en fer, balancée négligemment au fond de la geôle, qu'elle aurait pu enrouler autour des barreaux mais elle devait se rendre à l'évidence, jamais elle ne pourrait s'enfermer à temps.
Durant de longues secondes, Rebekah fixa la jeune fille d'un regard assoiffé, prêt à bondir sur les barreaux tandis qu'April lui suppliait d'épargner sa vie en lui rappelant qu'elles étaient devenues amies et que c'était elle qui l'avait libéré.
Contre toute attente, Rebekah sortit de la grotte à vitesse vampirique, laissant à sa jeune victime la vie sauve.
Klaus sortit de la douche à regret, une serviette enroulée autour de sa taille, déçu d'avoir laissé l'eau effacée la violence de ses crimes. À bien y réfléchir, il y avait longtemps qu'il ne s'était pas senti aussi puissant et intouchable et se jura de ne plus se laisser amadouer par les sentiments primaires des humains. L'amour, l'amitié, la compassion et la bienveillance ne lui avait jamais été et ne lui serait jamais réservé. Il ne parvenait pas à comprendre à quel moment il avait dérapé au point de laisser croire à tout ce petit peuple d'adolescent téméraires qu'ils pourraient un jour le battre mais, ce soir là, il espérait avoir remis chacun à sa place.
Il allait se diriger vers sa chambre quand un mauvais pressentiment le fit faire demi-tour et dévaler les escaliers de sa somptueuse et imposante demeure. Il ouvrit en grand la double porte de sa bibliothèque et s'avança d'un pas vif et nerveux au fond de la pièce vers l'un de ses tableaux du XVIIe siècle représentant un paysage à l'orée du crépuscule. En le décrochant du mur, il se retint d'envoyer valser la toile qu'il tenait entre ses mains en constatant que la porte du coffre dissimulé derrière le tableau avait été forcée.
Avec tout le self control qu'il possédait encore il reposa délicatement l'une de ses toiles favorites. Un sourire sadique se dessina sur ses lèvres.
- Vengeance, douce vengeance, j'entends résonner ton chant! entonna-t-il d'une voix à peine audible.
Stefan était adossé contre le bureau renversé de sa nouvelle chambre, le regard vidé de toutes émotions. Personne, pas même son frère, n'aurait su dire s'il était sur le point de laisser une fois de plus éclater sa colère sur le mobilier ou bien de fondre en larmes. Alors que son corps ne semblait plus le soutenir, ses pensées paraissaient tourner à mille à heure, passant d'un regard larmoyant et désespéré à un autre glacial et haineux.
- Que ne ferait-on pas par amour, n'est-ce pas Stefan? l'interrompit brusquement la voix calme de Klaus.
Il entra dans la chambre de son frère d'armes sans attendre qu'il l'y invite et s'avança à pas mesuré vers lui.
- Décidément, tout le monde semble s'être donné le mot pour me décevoir.
- De quoi est-ce que tu parles? demanda Stefan d'une voix tout aussi calme.
- Tu m'as avoué ce soir t'être servi de cette très chère Caroline pour pénétrer chez moi et tenter de me voler un bien.
- A quoi bon revenir sur cette histoire. Tu attends peut être des félicitations pour l'avoir si bien caché?
- Une once de remord pour avoir violé mon espace aurait été un bon début.
- Et bien je n'en éprouve pas. Je te l'ai dit, je ne te fais pas confiance, Klaus.
- Oh mon frère, chantonna Klaus. Combien de fois va t-il falloir que je te répète que l'amour est notre plus grande faiblesse?!
- Mais de quoi est-ce que tu parles? s'enquit Stefan avec agacement.
Klaus avisa un coupe papier tombé du bureau lors de la colère de Stefan et le ramassa.
- Les sentiments humains nous nuisent. L'amour nous pousse à commettre des actes déterminant et fâcheux pour notre avenir, dit Klaus d'une voix toujours aussi calme en jouant avec son coupe papier, enfonçant lentement la pointe dans sa paume.
- Mais je ne t'en veux pas, il est si aisé de se laisser entraîner par cette douce mélodie.
Stefan fronça les sourcils complètement ahuri par les mots de Klaus. Il savait ce que l'Originel avait enduré ce soir-là et doutait sérieusement de sa bonne santé mentale.
- Klaus, si tu me disais plutôt ou tu veux en venir! Je n'ai vraiment pas la tête à ça.
- Pauvre Stefan, murmura Klaus d'un air affligé avant de le plaquer brutalement contre le mur le plus proche et de planter le coupe papier dans son coeur.
Klaus était réputé pour changer radicalement de comportement en un temps reccord mais ce coup-ci, Stefan n'avait rien senti venir. Il suffoqua non pas de douleur mais de peur.
- Un millimètre plus loin et tu aurais pu dire adieu à ta petite Elena. Tu n'as pas idée du cadeau que je t'aurais fait. Mais, tu me connais, je ne suis pas de nature généreuse.
- Qu'est-ce qui ne va pas chez toi? hurla Stefan sans comprendre son soudain excès de colère.
- Où est mon épée? aboya Klaus sur le même ton.
Sans laisser l'opportunité à Stefan de retirer le coupe papier en bois, il enfonça d'avantage la pointe dans la plaie.
Stefan grogna de douleur avant de repousser violemment son assaillant de toutes ses forces. S'il parvint à se dégager c'est parce que Klaus le voulait bien.
- Tu dois te foutre de moi, explosa Stefan en retirant d'un geste sec le couteau planté si près de son coeur.
- Ne joue pas avec moi, camarade.
- Tu sais très bien que je n'ai pas trouvé l'épée.
- Mon épée, corrigea Klaus.
Il affichait à présent un sourire carnassier.
- Dans ce cas comment explique-tu le fais qu'elle ait mystérieusement disparue de sa cachette.
- Je n'en ai pas la moindre idée, assura Stefan en écartant les bras.
- Quelle étrange coïncidence, tu ne trouves pas?
- Je.. n'ai... pas... ton... épée, articula lentement Stefan dans l'espoir que ça rentre correctement dans la tête de Klaus.
- Tu paraîtrais presque sincère, reconnut Klaus en riant.
- Pourquoi aurais-je pris un objet dont je n'ai plus l'utilité? acheva de le convaincre Stefan.
Le rire mauvais de Klaus se figea, véritablement surpris.
- Tu as piqué ma curiosité? fit soudain Klaus avec grand intérêt en attendant la suite.
- D'après Damon, le professeur Shane connait l'endroit exacte où le remède se trouve. La potion est enterré avec son créateur, Silas, un ancien vampire.
- Et par le plus grand des hasards, ce Shane aurait il mentionner la position exacte de la tombe?
- Non mais si on en croit ses dires, on n'a plus besoin de la carte ni même de l'épée.
- C'est complètement ridicule, ricana Klaus.
- Je comprends tes réticences mais si tu as perdu l'épée c'est notre seule chance de trouver le remède contre le vampirisme et guérir Elena.
- Je n'ai aucunement perdu l'épée, le reprit l'hybride vexé. On me l'a volé!
- Tu devrais faire plus attention à tes affaires, osa Stefan qui se sentait de nouveau en position de force.
Klaus lui lança un regard noir et grogna intérieurement.
- Je serais vraiment très curieux de rencontrer ce professeur, reprit-il calmement.
- Il pratique les sciences occultes, je serais toi je n'irais pas me frotter à lui sans savoir exactement où je mets les pieds.
- Je n'en avais pas l'intention, du moins pas tout de suite. Je ne suis aussi dupe que toi et ta petite bande d'adolescents, Stefan. Je ne reposerais pas tous mes espoirs sur un sorcier à la manque. Ce Shane attend forcément quelque chose en retour et je ne serais pas là pour le lui accorder. Mais vas-y, fonce tête baissée si tu veux!
Klaus fit volte face en souriant de façon moqueuse.
- Qu'est-ce que tu veux dire?
- Je vais récupérer mon épée. C'est la seule chose en laquelle je crois.
Il devait être deux, peut être même trois heures du matin, Caroline n'en avait pas la moindre idée mais il lui semblait que cela faisait une éternité qu'elle était allongée dans la pénombre en espérant que le sommeil l'emporte. Elle était étendue dans son lit recroquevillé dans la position du fœtus, emmitouflée dans sa couette. Elle voulait fermer ses yeux et le fit mais dès qu'elle se perdait un peu trop dans ses pensées, ceux-ci se rouvraient obstinément, comme pour l'empêcher de se reposer. Cela faisait plusieurs heures que Klaus lui avait rendu une visite des moins amicales et qu'elle tentait d'oublier cette douloureuse expérience.
Des images flashèrent dans son esprit, elle revit Klaus l'acculer contre le mur, le visage ravagé par la colère. Ce n'était pas la première fois qu'elle le voyait si furieux mais jamais sa fureur avait été dirigé contre elle. Lui qui s'était toujours montré si doux, affectueux et charmeur à ses côtés. Caroline ne pensait pas pouvoir composer avec ce Klaus froid et sans pitié.
Bien malgré la jeune femme, des souvenirs de moments qu'ils avaient partagé ensemble envahirent son esprit. La soirée en l'honneur des Originels fut l'instant qui l'a frappa le plus. Pour une étrange raison, dans cette somptueuse robe bleu nuit que lui avait offerte Klaus et dans cet univers totalement hors du temps, elle s'était sentie à sa place. Loin de sa vie d'adolescente et de ses petits tracas, loin de ses malheurs qui gâchaient sa vie depuis sa transformation en une créature de la nuit, loin de tout ce qui la raccrochait à sa vie humaine.
Jamais elle ne se l'était avouée mais le fait est qu'elle avait apprécié cette soirée bien au delà de tout ce qu'elle aurait pu imaginer.
La danse qu'elle avait partagé avec Klaus, l'homme qu'elle était censée craindre, resterait à jamais un moment gravé dans sa mémoire. Elle avait eu la sensation de retrouver sa liberté et sa joie de vivre. Et à cet instant, qui n'avait hélas duré que le temps d'un battement d'aile, elle aurait accepté de tout abandonner pour partir avec lui et découvrir ce monde merveilleux qu'il avait dit vouloir lui offrir.
Puis la réalité l'avait frappé de plein fouet, Klaus était et resterait ce monstre qui avait déverser le sang de ses amis et réduit des milliers de vie à néant. A l'inverse Caroline était cette jeune fille figée à jamais dans son corps de dix-sept ans, ce tout jeune vampire qui avait encore tant à apporter à ceux qu'elle considérait encore comme ses semblables et qui ne renierait sa nature humaine pour rien au monde.
Ses yeux clairs s'emplirent de larmes tandis qu'un nouveau souvenir s'insinua dans son esprit, celui-ci bien plus récent où Klaus lui avait laissé entrevoir une toute autre facette de sa personnalité. Une personne bien plus belle et plus humaine que toutes celles qu'elle avait rencontré jusqu'à présent. Seulement une fois de plus, la réalité l'avait frappé de plein fouet lui interdisant de penser à Nicklaus Mickaelson comme un homme meurtri que la vie n'avait pas épargné.
Il avait fallut que les paroles de Stefan lui ouvre enfin les yeux pour qu'elle accepte le fait que Klaus soit capable de ressentir de véritables sentiments. Il n'était qu'un surhomme incroyablement solitaire, il ne pouvait accorder sa confiance en personne pas même en elle à qui il avait plus d'une fois sauvé la vie et en qui il avait maintes fois prouvé sa bonne foi.
Caroline s'en voulait atrocement de l'avoir trahi une fois encore, et elle ne pouvait s'expliquer pourquoi elle avait tant souhaiter sa mort. Elle devait se montrer honnête et reconnaitre que lorsqu'elle avait exposé son plan pour se débarrasser une bonne fois pour toute de Klaus à Tyler, son corps entier avait vibré d'excitation à la simple idée d'en finir avec l'Originel. Outre le fait d'avoir fait preuve d'une témérité affligeante, Caroline se demandait comment un tel plan avait pu émerger de son esprit. En y réfléchissant à tête reposée elle s'était rendue compte de la folie de son projet et avait souhaité y mettre un terme mais avait appris de Stefan que c'était bien trop tard puisque Klaus avait tout découvert.
A ce moment là, elle avait craint non pas les foudres de Klaus mais de croiser son regard empli de déception.
Elle pouvoir encore sentir le sang des hybrides sur les vêtements de Klaus comme si elle-même l'avait versé. Car indirectement, elle était en partie responsable de leur mort.
Caroline étouffa un sanglot, le nez enfoui dans sa couette.
Comment avait-elle provoquer un tel désastre? Bien sûr, ce n'était pas d'elle que venait le plan initial de Tyler mais en le soutenant elle y avait largement contribué.
Elle pouvait remercier le ciel que Klaus l'ait finalement épargné bien qu'une partie d'elle aurait presque souhaité qu'il l'achève.
Dorénavant, leur relation allait prendre un tournant tout à fait différent et elle n'était pas sûr de pouvoir y faire face.
Il en était fini de leur petit jeu, tout à fait innocent de séduction. Leurs futures rencontres seraient ponctuées de paroles dures et pleines de menaces avant qu'une indifférence totale naisse entre eux. Elle ne sut s'expliquer pourquoi cette pensée la faisait souffrir. Le pire dans tous cela c'est qu'elle ne pouvait s'en prendre qu'à elle-même.
Le vibreur de son smartphone la tira de ses pensées et à contre coeur, elle se redressa.
Se faisant, elle prêta un rapide coup d'oeil à son radio réveil à sa droite qui indiquait 4h15 du matin. Caroline n'en revenait pas que ses pensées aient pu la troubler au point de la garder éveiller tout ce temps alors qu'elle se sentait épuisée.
En s'emparant de son téléphone, la jeune femme avisa le nom de Tyler affichait en grosse lettres. Il venait de lui envoyer un message texte mais elle n'était pas sûre de vouloir y répondre dans l'instant. Elle savait combien il devait avoir besoin de soutien et de parler à sa petite amie mais cette dernière ne pouvait s'enlever la visite de Klaus de l'esprit. Elle allait reposer son téléphone mais se décida tout de même à consulter son message.
"Caroline, je ne peux plus rester ici. Rejoins-moi au Wickery Bridge à l'aube. Ecris-moi dès que tu as ce message mais surtout ne m'appelle pas. Je t'aime."
Caroline écarquilla les yeux sans comprendre. Qu'est-ce que Tyler avait encore l'intention de faire? Fuir ne ferait qu'agrandir la colère de Klaus et elle refusait de se retrouver à nouveau au milieu.
"Quoi que tu aies prévu de faire, réfléchis-y à deux fois."
Elle attendit tremblante la réponse de Tyler.
"Rejoins-moi à l'aube, Caroline. Je t'en prie, je ne veux pas partir sans te dire aurevoir."
Alors il allait vraiment l'abandonner? Elle se demandait où Tyler se cachait et ce qui se passerait si Klaus découvrait que son seul et unique hybride encore en vie prévoyait de lui échapper.
Caroline avait choisit d'accéder à la requête de Tyler de le retrouver sur le pont Whickery dès le lever du jour.
Tyler l'y attendait, un sac de voyage chargé à ses pieds. Non loin de là, en travers de la chaussée, une voiture grise était garée. Bien que ce ne soit pas la voiture habituelle de Tyler, Caroline sut qu'il avait tout prévu pour son départ.
- J'ai bien cru que tu ne viendrais pas, annonça Tyler en voyant arriver sa petite amie avec dix bonnes minutes de retard.
Elle y avait songé mais connaissait assez Tyler pour savoir que lorsqu'une idée voyait le jour dans sa tête personne ne pouvait l'en dissuader.
- Pitié, dis-moi que tu pars juste quelques jours!
- Je ne peux plus rester à Mystic Falls, Caroline.
Il vint à sa rencontre mais celle-ci le repoussa en faisant trois pas en arrière.
- Alors tu choisis la solution de facilité, la fuite? lui cria-t-elle - Ne le prends pas comme ça, ma puce. Si je pars, c'est que j'ai de bonnes raisons - Lesquelles? Est-ce que ces raisons justifient de me laisser seule ici ramasser les morceaux de notre stupide plan.
- Je ne partirais jamais si je ne te savais pas en sécurité?
- En sécurité, tu plaisantes? Qu'est-ce qui te fait croire que je suis intouchable.
- Klaus ne toucheras jamais à un seul de tes cheveux, remarqua Tyler de la colère dans la voix.
- Qu'est-ce que tu en sais?
- Parce qu'il aime trop le pouvoir qu'il a sur toi et parce qu'à sa façon tordue, il tient à toi Caroline.
- Ça ne l'a pas empêché de venir s'en prendre à moi, hier soir! lui apprit la jeune femme.
Soufflé par cette révélation Tyler se tut un moment avant de déclarer:
- Je vais le tuer!
- Non tu ne vas rien faire du tout et tu vas arrêter cette guerre contre lui qui ne mènera à rien de bon.
- Est-ce qu'il a levé la main sur toi? gronda Tyler dont la bête en lui se réveillait.
- Non... il a... il ne m'a rien fait, avoua Caroline les bras ballants. Mais il m'a menacé.
Tyler poussa profond soupir de soulagement puis fit de nouveau quelques pas vers sa petite amie. Cette fois-ci, elle ne le repoussa pas et accepta de se laisser aller un court instant dans ses bras réconfortants.
- Il n'aura bientôt plus l'occasion de te toucher. Je vais y mettre un terme.
Caroline se détacha vivement de la chaleur de ses bras et le fixa d'un air profondément agacé.
- Arrête de vouloir t'en prendre à lui. Tu ne vois pas que ça ne marchera jamais?
- Cette fois il n'y a pas d'autres alternatives.
- Mais de quoi est-ce que tu parles? Tu ne vois donc pas que tu ne fais pas le poids?
Tyler la dévisagea, vexé par ses propos.
- Je te remercie de m'accorder ta confiance, ironisa-t-il en s'écartant de sa belle.
- Ce n'est pas de confiance dont il est question mais de bon sens, insista Caroline dont les yeux commençaient à la piquer.
- Je ne vais pas rester là à attendre que Klaus m'arrache le coeur, ou qu'il prenne une fois de plus possession de mon esprit ou que sais-je encore. Il est hors de question que je revive ça. Je préférerais encore crever.
- Ne dis pas ça! supplia la jeune femme, choquée.
- Je ne dis pas ça pour te blesser, se radoucit l'hybride, mais pour te faire comprendre que je ne suis rien sans mon libre arbitre.
- Je le sais, admit Caroline. Dis-moi au moins où tu vas?
- Je suis désolé mais je ne peux pas. Moins tu en sauras, mieux ce sera, dit-il d'un ton ferme.
Elle lui lança un long regard de travers avant d'hausser les épaules en signe de reddition.
- Très bien mais ne t'attends à ce que je te saute dans les bras tout en sachant que tu cours à ta perte.
- Je ne sais pas quand je reviendrais, lui dit franchement Tyler. J'avais espéré qu'on ne se quitte pas fâché.
- Est-ce que je te reverrais seulement un jour? lui demanda-t-elle en retenant ses larmes.
- Ça, je te le promets.
Il la serra de nouveau dans les bras mais la chaleur et le réconfort que Caroline avait ressenti quelques minutes plus tôt n'y étaient plus. Elle ne prit aucun plaisir à cette étreinte et se dégagea doucement en évitant soigneusement de le regarder. Elle se pinça violement les lèvres jusqu'à s'en faire saigner pour ne pas éclater en sanglots.
- Je n'ai pas le choix, souffla-t-il comme excuse en lui caressant brièvement la joue.
Puis il recula et balança son énorme sac de voyage sur ses épaules avec une facilité déconcertante.
- Je reviendrais, furent les derniers mots qu'il lui adressa avant de monter dans sa voiture.
La jeune femme ne redressa les yeux qu'en entendant le véhicule démarrer.
De grosses larmes roulèrent sur ses joues et inondèrent bientôt son visage. En portant ses mains à son visage elle ressentit soudain une sensation désagréable mais qui ne lui était pas étrangère parcourir son corps.
Elle fit rapidement volte face, et sut qu'elle n'avait pas imaginé cette sensation d'être épiée puisque Klaus se tenait devant elle en plein milieu de la route.
