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Loin de tous ces événements, sur notre bonne vieille terre, dans une rue anodine...
"Bonjour !"
La porte de la boutique d'antiquités venait de s'ouvrir accompagnée d'une sonnerie amicale. Une boutique comme tant d'autre, pleine de vieilleries et de souvenirs en plus ou moins bon état. Des rangées de vieux livres alignés sur des étagères vétustes, des jouets en bois n'utilisant pas de piles ni de microprocesseurs, des outils et des costumes appartenant à des époques oubliées.
Le vieux monsieur qui se tenait derrière le comptoir retourna le bonjour à la personne qui venait d'entrer. Il aimait voir de jeunes gens fouiner dans son magasin. Il s'amusait à regarder ces représentants d'une autre génération, fouiller dans des malles remplies de bricoles sans valeur, mais sans prix pour les connaisseurs, à la recherche d'un passé oublié de tous, et dont ils ne pouvaient s'imprégner qu'à travers des objets abandonnés d'une époque révolue.
"Un vrai p'tit curieux celui-là." Pensa-t-il, se rappelant l'époque où il avait commencé à rassembler tout ce contingent de bric à brac au grand désespoir de sa mère. Il le dévisagea pendant que le jeune homme feuilletait un journal imprimé un demi siècle plus tôt. Assez grand mais pas spécialement élancé, en fait plutôt anodin. C'était ses lunettes rondes, toutes simples comme lui, qui lui donnaient cet air sympathique. Son allure générale aussi était des plus simple, des chaussures bateau, un jean, un polo avec un sweat sur les épaules, il ressemblait à un de ces enseignants de faculté, le genre intellectuel décontracté, plus décontracté qu'intellectuel...
Le vieil antiquaire se leva et se dirigeât vers le jeune homme qui commençait à déballer toutes ses étagères
"Vous désirez un objet en particulier ?" Demanda-t-il en regardant par dessus le foyer de ses épaisses lunettes, pour se donner un air plus stricte.
"Oui et non, en fait je recherche une babiole pas trop chère et assez exceptionnelle, vous voyez quelque chose de vieux et d'énigmatique. Un truc que l'on ne trouve que chez les antiquaires."
"Un "truc"... Je vois, J'ai peut-être ça. Ne bougez pas, je vous apporte un "truc" tout de suite, si vous pouviez remettre en place les livres que vous avez dérangés, en attendant..."
L'antiquaire revint quelques minutes plus tard, un rouleau de papier poussiéreux dans la main.
"Voila qui pourra vous intéresser, c'est un vieux parchemin écrit dans une langue étrange. Je l'ai fait expertiser un jour, personne n'a pu me dire sa provenance et je ne sais toujours pas si c'est une farce ou un objet de grande valeur. Je suis prêt à vous le léguer pour la modique somme de cinquantes euros."
"Adjugé !" Répondit-il du tac au tac, visiblement peu impressionné par le discours du vieux vendeur. "Je prends ces deux livres avec. Je paie par chèque si cela ne vous dérange pas"
"Pas du tout." Il regarda quand même attentivement le chèque et écrivit la totalité des numéros de la carte d'identité au verso.
Il lut son nom en levant les yeux, comparant la photo sur la carte et l'original qu'il avait en face de lui.
"Oui, c'est bien ça. Au revoir"
La sonnette aux clochettes si accueillantes tinta de nouveau et Axel se retrouva dans la rue. Il déplia le parchemin.
"Indescriptible ! Voilà comment on se fait bêtement arnaquer de cinquante euros !"
Le parchemin était couvert de signes, de petits gribouillis. Les phrases étaient écrites avec des motifs pires que ceux utilisés par les chinois, seules les premières phrases ressemblaient à une sorte de latin
"Qu'est-ce que c'est que ça ? Oumlatris vern omsillmat kallaorstryit zimnolinardauoitris illidis ?" Il répéta plusieurs fois la phrase essayant de déchiffrer ce qu'il voyait sur le parchemin. Se concentrant sur chaque mot, les yeux braqués sur la feuille.
"Outch !"
Il venait de se cogner sur un mur ou plutôt une paroi en pierre.
"Qui a mis cette chose sur le trottoir ?" Mais où était le trottoir, tout autour de lui était différent. Il s'était retrouvé dans une sorte d'immense grotte."
"Ce n'est pas possible, j'ai des hallucinations !" Machinalement il longeât la paroi, encore sous le choc, se demandant à quel moment il avait tourné sans s'en rendre compte, pour arriver là.
Elle était clairsemée de tableaux, ou plutôt d'aquariums. Il s'approcha de l'un d'eux, à l'intérieur un homme nu se tenait en suspension au milieu de la cage en verre. La grotte possédait un grand nombre de ces alcôves, à chaque fois il y avait un être différent. Un homme musclé comme hercule, un autre moustachu ressemblant à un nain avec des bras noeux de forgeron, celui d'après était mi-homme mi-lézard, une femme avec de grandes ailes bleues. Il était surpris de la variété des êtres exposés, une vraie salle de trophées pour chercheurs en génétique.
"Mais qu'est ce que c'est que ce canulard !" Dit-il à voix haute, autant pour se rassurer dans ce lieu qu'il trouvait de plus en plus hallucinant, que pour s'assurer de sa propre présence.
Tout était si incroyable que cela commençait à lui donner le tournis. Il ne se posait tellement de questions, que tout s'emmêlait, sa tête, mais aussi ses jambes qui commençait à se dérober sous son corps. Trop d'images, trop de visions, émerveillé à chaque nouvelle découverte. Il avançait comme un zombie, sans savoir quoi faire.
Courrir ? S'enfuir ? Se reveiller ? Crier à l'aide ?... Trop de questions... Il continua d'avancer, espérant que l'énigme se résolverai d'elle-même.
Le jeune homme découvrit un passage dans une des parois et l'emprunta. Il menait à une autre grotte plus vaste encore, des amoncellements d'armures y étaient éparpillés, des épées, des lances, des haches... Tout étaient empilés en vrac.
"Ça y est j'ai compris, je suis entré dans un entrepôt de théâtre, j'ai du passer par une porte sans m'en rendre compte en lisant ce maudit parchemin... Ça alors !"
Axel tenait le parchemin et pouvait le lire maintenant.
"Qui que tu sois étranger,
lis ce sort de déplacement
pour venir nous aider sur Girandir.
Car notre monde est en danger
et seul un être différent
peut le sauver du démon Ourkalssir"
"Oumlatris vern omsillmat kallaorstryit zimnolinardauoitris illidis"
"Mais c'est fou ! Je suis en plein délire !" Axel continua quand même à lire la suite du document.
"Une fois sur les lieux,
choisis une des créatures,
car tu n'auras le droit de te déplacer
sans corp appartenant à ce monde.
Aidé par les dieux,
tu seras enfin en mesure de m'invoquer,
à l'aide d'un de mes sorts,
et l'histoire te sera contée."
"C'est incroyable ! Je ferais mieux de m'en aller avant d'être bon pour l'asile !"
Une lumière indiquait la sortie de la grotte, il se dirigeât vers elle et au moment de la traverser, il fut repoussé en arrière. Un mur invisible l'empêchait d'aller plus loin.
"Mon Dieu, comment cela se peut-il ?"
Il resta un moment immobile, atterré par sa découverte, tout était vrai et il n'y comprenait rien !
D'un autre côté, enfin quelque chose d'extraordinaire bouleversait sa vie. Poussé par la curiosité, son envie d'en voir toujours plus, il décida de suivre les conseils du parchemin, pour savoir si tout compte fait il ne s'agissait pas d'un rêve.
"Oui, sans doute un rêve..."
Il repartit dans la salle aux créatures, il comprenait mieux maintenant. Il devait y avoir une race par alcôve et il était résolu à en choisir une pour sortir d'ici ou de son rêve. Quite à être en plein rêve, il comptait bien profiter de la situation, la vivre pleinement. Sans doute se réveillerait-il ensuite.
Ce qu'il voyait ne pouvait appartenir effectivement qu'au monde de l'irréel, les minotaures existaient, les centaures aussi, les géants...
Prenant cela comme un jeu, il était dans une sorte de fête foraine et visitait la foire aux monstres. Il s'arrêtait devant chaque vitrine, puisqu'il devait prendre le corps d'un autre pourquoi pas celui de cet humain qui avait l'air des plus costauds, ou cet étrange avatar à quatres bras...
"Hé, celui-là a une meilleure tête !" Il regardait une créature qui avait l'avantage d'être mieux en tout point, un visage très fin, élancé, musclé mais bien proportionné et son allure générale était très gracieuse, le seul inconvénient était ses oreilles pointues.
"Mais bon, il a de longs cheveux, ça se voit à peine, puisque je dois choisir, autant prendre la place de celui-là ... Il a une de ces classe !"
Il s'approcha de la vitrine en verre, en riant de sa propre inscouciance. Tout était si étrange que cela lui était égale. Il y avait une petite inscription sur la vitre. Pour essayer de la lire, il se pencha en avant et posa la main sur la surface lisse de la vitre. Il sentit une brûlure intense au niveau de son avant-bras puis du coude, la chaleur s'étendait au fur et à mesure qu'il s'enfonçait dans la paroi. Il ne pouvait empêcher sa chute et était inexorablement happé vers l'intérieur. La douleur devenait insupportable, son visage se colla contre la glace puis plus rien. Le trou noir.
"Quel rêve !" Le jeune homme s'étira, se mit sur les coudes pour se relever. "Holà, j'ai un de ces mal au crâne..." Il passa sa main sur son front et la fit glisser en arrière, sur ses cheveux longs... Cheveux longs... CHEVEUX LONGS !!
Il se releva d'un bond, se passa les mains partout sur lui. Et s'arrêta de respirer quand il se vit flotter dans la cage en verre en face de lui.
Immobile, n'osant plus bouger ni parler, il se contentait de regarder hébahis son ancienne enveloppe physique.
Son premier réflexe fût de poser sa main sur la vitrine pour essayer de le récupérer. Elle resta sur le verre glacé. Prit de manique, Il martela la vitre comme un damné, lui donna des coup de pieds, hurla, pleura, gémi... Puis, à bout de force et de nerf, il se recroquevilla sur le sol.
"Tout cela n'est que folie... Je ne comprends plus rien..."
Il releva la tête, se forçant à réfléchir.
"Je suis certain qu'il s'agit de moi en face, mais... C'est impossible ! Tout est devenu si confu..." Dit-il à voix haute tout en caressant ses oreilles pointues.
Ne sachant pas si les choses allaient de mieux en mieux ou l'inverse, il tenta de rassembler ses esprits pour faire le point. Qui était-il ? Il regarda ses mains fines et délicates, la peau très claire. La solution se trouvait devant ses yeux, l'inscription qu'il voulais voir et qui l'avait fait se pencher.
En mémoire aux demi-elfes de Girandir, tombés en défendant Girandir
"Non ce n'est pas moi !" Traversant les bribes de souvenirs qui lui restaient, il cru se souvenir d'un nom.
"Axel... oui, je crois que... C'est incroyable... tout est si brouillé dans ma tête !"
Il plaquant ses mains de chaque côte de ses tempes, et secoua énergiquement, comme s'il voulait faire sortir l'intru qui lui martelait le crane.
Ce mal de tête le lancinait, il allait devenir fou. "Non, je le suis déjà je crois..."
Nerveusement à bout, le froid l'envahi et il se mis à grelotter. Les vêtements étaient restés de l'autre côté de la vitre et il n'était visiblement pas possible de replonger pour les récupérer. Sa pudeur le poussa à sortit de sa torpeur pour y remédier.
"Je ne peux décement rester nu ici à ne rien faire !"
Axel se souvint de la grotte qui semblait servir d'entrepot et en repris le chemin pour trouver de quoi se vêtir.
Il s'aperçu que c'était plus facile à dire qu'à faire, il n'avait pas la maîtrise de ce corps. Se lever était une aventure ! "Comment ai-je pu réussir à taper contre la vitre tout à l'heure ?!" Il trébuchait sans arrêt en pestant. Plus il se concentrait, plus son mal de crâne augmentait. Après ce qui lui paru une éternité, il recouvra sa clarté d'esprit, suivit de peu par sa bonne humeur.
"Bon cela s'améliore..." Il leva une jambe, puis l'autre et se mit à danser. "Hey ! finalement, je m'y fais ! si mes amis me voyaient ! je me débrouille comme un Dieu ! Quelle souplesse... Je me... Je..."
Ses amis, sa vie. Qu'était elle devenue ? Et comment retrouver l'ancienne ? Il ne pouvait s'agir d'un rêve, tout était trop réél !
Axel se concentra sur sa nouvelle tache. Il devait s'habiller. Il lui était impossible de réfléchir sereinement en étant tout nu. Et Il y avait largement de quoi y arriver dans la grotte.
"Le problème c'est que ma taille a diminuée, cela fausse totalement mon jugement." S'esclama t-il en jetant au loin un casque en métal.
"Bon, je ne vais pas me plaindre non plus, un bon mètre soixante quinze tout en muscles secs, voilà qui plairait à mes amies !"
Il restait tout de même assez fluet, et les armures qu'il trouvait étaient pour des colosses ou des nains musclés, il n'y avait pas d'intermédiaire. La seule chose qu'il trouva à sa taille fut une longue chemise en toile légère et un pantalon collant. Il mit un temps fou pour se chausser, les bottes qu'il trouva étaient beaucoup trop féminine à son goût... Mais il n'y avait rien d'autre à sa taille.
Axel recouvrit le tout d'une sorte de robe de prêtre et qui cachait l'emsemble, y comprit son embarra.
"Mais quelle honte ! Si je dois retourner dans la rue, je vais me faire embarquer... Direct à l'asile ! Non mais regardez moi ça, vêtu comme un troubadour tout droit sorti d'une pièce de Hamlet." Il reconnu malgrè tout que c'était très agréable à porter, léger et souple. En fait il se sentait à l'aise pour la suite de son rêve.
"Et maintenant, que suis-je sensé faire ?"
Il se dirigeât vers son point de départ pour retrouver le parchemin. C'était la clef pour entrer sur ce monde, c'était peut-être aussi celle pour en repartir.
Le parchemin n'avait pas bougé de place, il était tombé par terre devant l'alcôve qui conservait maintenant son corps.
"A l'aide d'un sort de m'invoquer..." Axel avait beau relire en long et en travers le parchemin, il n'y avait pas de sort, au verso non plus.
"C'est malin, je suis un peu bloqué, que se passe t'il à présent ?" Pas de réponse. "Un sort d'invocation... Il n'y a plus qu'à revenir sur mes pas et essayer d'en trouver un parmi les vêtements et les armes. Il est temps que cela s'arrete, je commence à en avoir assez de faire le va et vient d'une grotte à l'autre !"
Il fouilla un peu partout à la recherche de rouleaux de papier, s'émerveillant de chaque objet découvert, ce qui n'accélérait pas sa recherche.
Au bout de plusieurs heures de vaines recherches, le désespoir commençait à l'envahir. Axel trouvait de tout, sauf des parchemins, du simple canif à la hache de guerre à deux mains, de la baguette en fer incrustée de pierreries à l'armure de titan dorée, mais pas le moindre bout de papier contenant un sort pour invoquer qui que ce soit.
Même si son occupation favorite était de faire les brocantes ou les antiquités, Axel commençait à se lasser de tourner en rond. Il décida de faire un tour dehors pour se dégourdir les jambes, se changer les idées.
Il stoppa en hésitant devant la grande ouverture de la grotte. S'il s'agissait d'un rêve, il pouvait agir à sa guise... Il allait être fixé et combler ce besoin de savoir s'il pouvait dépasser l'entrée pour parcourir ce nouveau monde tout droit sorti de son imagination.
"Oui, j'ai du me cogner et m'évanouir, tout ceci est trop féérique pour etre réél ! Je vais me réveiller... bientôt... Et si, tout compte fait, c'était bien la réalité ?"
Il soupira, puis, dans le même élan, il prit la décision de sortir et inspira pour se donner du courage. Il n'en croyait pas ses yeux, le sort existait, mais pas sous la forme d'un parchemin. La solution était depuis le début au-dessus de lui, il venait de lever la tête en remplissant ses nouveaux poumons et le sort était écrit sur le plafond juste à l'entrée. Il se demanda quand même si l'inscription n'était pas apparue lorsqu'il avait tenté de traverser le mur invisible. Les lettres étaient trop grosses pour ne pas les avoir remarquées avant.
"Quimrassen fulmordraven bervbegen sirmit pilgsitrunn..."
Rien.
"Et bien ce n'est pas ça du tout !" Il persévéra néanmoins.
Après un grand nombre d'essais, il dut finir par trouver la bonne intonation, car un halo lumineux se forma devant lui. Axel qui ne s'étonnait plus de rien, ne fut pas pris de panique quand une voix lui adressa la parole.
"Ainsi c'est toi l'élu." La voix était grave, elle résonnait dans la grotte lui donnant quand même la chair de poule... "Sans doute es-tu surpris de te retrouver ici, c'est moi qui t'y ai fait venir, j'espère que tu seras indulgent car il est très important que tu acceptes ce que je vais te demander."
Comme Axel ne disait rien et ne bougeait pas non plus, le monologue forcé de la voix reprit.
"Mais avant tout il faut que je te raconte tout de notre monde pour que tu puisses t'y intégrer. Une fois que je t'aurai narré l'histoire de Girandir, je te confierai une mission, j'ose espérer que tu l'accepteras car tu es le seul être extérieur à notre monde à avoir trouvé un de mes parchemins. Et le peu de pouvoir qui me reste s'échappe au fil du temps. Je n'en aurai pas assez pour attendre le prochain qui se présentera dans ce sanctuaire.
Sortant de son ébettitude, Axel referma sa bouche en faisant claquer sa mâchoire
"Alors ce n'est pas un rêve..."
"En doutais-tu ?"
Pas de réponse.
"Tu as été long à m'invoquer..."
"Ce n'est quand même pas de ma faute si ce maudit parchemin était incompréhensible !" s'esclaffa Axel, cachant son émotion derrière un semblant d'humour.
Mais ce qu'Axel venait de dire dû vexer quelque peu la voix car elle lui répondit immédiatement.
"J'ai envoyé dans une multitude de dimensions parallèles un nombre encore plus grand de parchemins, ils sont écrits dans le langage le plus commun de Girandir et je suis, malgré tes reproches, fier d'avoir réussi à en envoyer au moins un dans ton monde !"
Le ton était autoritaire, mais pas blessant. Ce qui n'empêcha pas le visage d'Axel de virer au rouge. De plus, ses oreilles s'aplatirent automatiquement, dans un réflexe incontrôlable. Il en eu honte, et se trouva ridicule et se demanda s'il avait fait le meilleur choix en prenant ce corps.
Loin des tracas du jeune homme, la voix entreprit de continuer son récit, déterminée à raconter l'histoire de Girandir sans être interrompue cette fois ci.
"Bien, j'ai l'impression que tu es disposé à m'écouter maintenant."
La lueur prit forme humaine, Celle d'un viellard à la longue barbe blanche.
"Je me nomme Falgronn, et j'étais un puissant magicien il y a quelques mois encore."
Il avança vers la salle des aquariums. Une fois de plus, Axel le suivit et refit le chemin en soupirant.
"Je vois, tu es un humain de la Terre." Dit il en observant le corps. "Un des nombreux mondes parallèle dont je connaissais l'existance."
Axel allait lui demander comment récupérer son corps et son ancienne vie quand le mage reprit son discours.
"Girandir est une planète beaucoup plus ancienne que la Terre dont tu viens. Ses occupants n'ont jamais été intéressés par la science, ils préféraient vivre en harmonie avec la nature. A cette époque, Girandir n'était pas très peuplé, il y avait de la place pour tout le monde et les guerres étaient très rares. Le monde était alors partagé entre trois grandes races, la plus importante était celle des Humains, ensuite venaient celles des Nains et des Elfes.
Les nains vivaient loin des grandes citées humaines, dans les montagnes. Ils travaillaient dans leurs mines à la recherche d'or et de joyaux dont ils sont si friands. Mais à l'inverse des Elfes, qui vivaient dans les forêts, ils étaient jaloux de la puissance des hommes et enviaient leurs villes si riches et prospères, leur cupidité étant sans borne .
Les dieux n'étaient pas très puissants à l'époque, mais ils s'aidèrent de cet état d'esprit pour influencer les nains. Leur promettant moultes richesses s'ils les choisissaient comme divinités. Les clans se laissèrent influencer, augmentant l'importance des Dieux et leurs pouvoirs. Les humains firent de même pour se protéger des Dieux nains, les Elfes durent suivirent le mouvement.
Dès lors, les Dieux prirent une place importante sur Girandir. Devenant de plus en plus puissants et exigeants. Les villes étaient remplies de temples et ils s'en érigeaient un peu partout, même dans les lieux les plus reculés de Girandir. Vint le terrible moment où ils entreprirent de se battre les uns contre les autres, pour affirmer leur suprématie sur les divinités qui leur étaient inférieures.
Les peuples sur Girandir se divisaient en trois classes sociales, la première s'occupait de la production, elle regroupait les paysans, les forgerons, les boulangers..., la deuxième partait en guerre pour piller et détruire les "infidèles", et enfin celle qui ne faisait rien d'autre que prier. Soit pour consoler les peuples vaincus des malheurs qui s'abattaient sur eux, soit pour encourager les armées des vainceurs qui repartaient guerroyer. Plus les habitants priaient pour eux, plus ils devenaient puissants. Les Dieux formaient des alliances pour augmenter leurs forces, se regroupaient par nombres toujours croissant. Des factions devinrent vite importantes et complexes, pour finalement n'en garder que deux. Le bien et le mal.
La planète était devenue un immense champ de bataille où les Dieux bougeaient leurs pions.
Au début, ils se contentaient d'envoyer les divers peuples s'entre-tuer, mais quand ils se sentirent suffisamment puissants, ils finirent par intervenir directement.
Les divinités se matérialisèrent pour mener leur combat. Ce fut alors la grande bataille des Titans. Pour régler leurs querelles ils prirent l'aspect de géants, leurs tailles équivalaient à leur puissance, certains dépassaient les montagnes, d'autres, moins vénérés, n'étaient pas plus grands qu'un arbre, mais tous se jetaient dans la mêlée. Ils se servaient des éléments naturels, les tempêtes, le feu. Ou des armes divines, comme des épées de foudre, des massues de glace, ou les terribles haches de lave...
La bataille dura toute une semaine. Quand elle prit fin, sans vainqueurs ni perdants, sur le millier de divinités qui avaient foulés notre sol, il n'en restait plus qu'une centaine. Repus et rassasiés, ils cessèrent le combat. Et d'un commun accord, repartirent dans leurs royaumes célestes où ils doivent encore se délecter des souvenirs du combat.
Ils ont donc abandonné Girandir, mais il resta de la bataille un résidu magique qui se répandit sur la surface de la planète, affectant la végétation, les animaux ainsi que ses habitants. Certains endroits furent enchantés d'autres maudits suivant les batailles qui s'y étaient déroulées.
Les êtres touchés par ces particules invisibles reçurent des pouvoirs magiques plus ou moins importants, certains y étaient très réceptifs comme les Elfes d'autres beaucoup moins comme les nains. Ainsi, le destin défavorisa ceux qui étaient en partie responsables des événements qui avaient secoué Girandir. Ceux qui avaient fauté en premier et entrainé les autres races dans le chaos.
La leçon avait été retenue.
Tout le monde réfréna sa frénésie religieuse, les différents peuples des survivants se pardonnèrent leur folie respective et tout rentra dans l'ordre. De bonnes résolutions furent prises pour enrayer la jalousie des nains, ils commerçaient maintenant avec des humains et se rendaient divers services. Quand aux Elfes, ils décidèrent de se rapprocher des autres peuples, eux qui avaient tendance à vouloir vivre en autarcie, loin de leurs préoccupations.
Pourtant, comme pour se rappeler du mal qui avait été fait, un nouveau fléau apparut. D'autres races virent le jour, créées par la magie dégagée lors de la bataille des Titans. Certaines étaient douces et amicales comme les Alwins, mais la plupart étaient belliqueuses et chaotiques en particulier les Orcs et les Gobelins qui étaient les plus nombreux. Ils tentèrent plusieurs fois de détruire les trois anciennes races. Heureusement elles firent front ensemble et les repoussèrent à chaque fois. Durant des milliers d'années, les royaumes se défendirent , mais les trois principales races de Girandir perdirent du terrain, et se regroupèrent dans le sud du continent principal. Il colonisèrent toute cette partie. Les nouvelles races se dispersèrent à l'exterrieur de cette zone de Girandir et on n'entendit peu parler d'elles, sauf lorsque des colons tentaient de s'établir plus en avant dans ses contrées qui devint pratiquement inconnues et oublièes avec le temps, car on ne recevait aucune nouvelles de ceux qui étaient parti.
Le continent civilisé de Girandir à la forme d'un immense triangle. Les royaumes des nains, des elfes et des humains y occupent chacun une pointe. Cela représente malgré tout une surface importante par rapport à ton monde qui a une circonférence plus petite que le nôtre. Le reste du monde étant abandonné. Personne ne se souvient exactement de son étendu.
D'après des mages visionnaires qui ont cartographié la partie connue de Girandir à l'aide de sorts de visions ou de boules de cristal, notre planète serait même constituée d'autres continents, mais personne n'a pu le confirmer.
Des empires se formèrent, des dynasties aussi, régentés par un système féodal complexe.
De leur côté, ceux qui maîtrisaient la magie créèrent de nouvelles confréries : les magiciens, les neuromanciens, les sorciers, les conjureurs, les prêtres... En fait il y en eu une multitude très diversifiée, certaines étaient spécialisées dans la création d'objets, d'autres dans l'enchantement... Elles devinrent vite indispensables à notre société et se perfectionnèrent sans cesse.
Des guildes régissent presque toutes les classes sociales, la guilde des marchands, des voleurs, des guerriers, des assassins, des fermiers... Les plus puissantes d'entre elles ont autant de pouvoirs et d'influences que des rois. En égales, elles règnent sur des villes entières .
Et la vie suivit son cours, jusqu'à il y a dix ans.
A cette époque j'étais un archémage très puissant, je faisais partie de la guilde des mages blancs, une des plus puissantes confréries sur Girandir. Elle se situe à Hilsta, capitale royaume des Humains, gouvernée par le roi Priamt. C'est une école gigantesque qui doit comprendre quatre cents élèves, dirigée par une vingtaine de vieux mages, il n'en reste plus que cinq ou six aujourd'hui.
Les autres on été détruits par un des élèves. Il s'appelait Jeandred Braknash, il était particulièrement doué et passait rapidement toutes les étapes du dur apprentissage de la magie. Mais un jour, on le surprit en train d'utiliser la magie noire, pas celle de la guilde des sorciers mais celle maudite dont s'était servi les dieux chaotiques lors de la bataille des Titans.
Les recherches sur cet art magique avaient été interdites pour préserver Girandir du mal qui en découlait. Cette magie était très dangereuse, seules les créatures mauvaises tentaient de s'en servir car elle pervertissait l'âme et finissait par contrôler l'esprit de celui qui jetait les sorts.
Braknash fut banni de la cité. Il disparut dans la partie du monde inexploré en jurant de se venger, mais on n'entendit plus parler de lui. En fait, il forma une armée de créatures monstrueuses, discrètement.
Puis les hordes de Braknash se déversèrent sur le nord du royaume du roi Priamt. Son armée créée magiquement était redoutée de tous. Et il savourait à l'avance la revanche qu'il allait bientôt pouvoir prendre"
La voix continua son récit jusqu'à l'attaque de Braknash à Briford. Axel s'était assis pour l'écouter, il était sûr que cela ne pouvait être un rêve et en était rassuré, tout était trop compliqué pour que son subconscient l'ai l'imaginé, seul un fou aurai pu donner tant de réalisme à un rêve.
"Pauvre apprentit mage, il aurai fait un bien meilleur Héro que moi." Pensa-t-il en écoutant le passage sanglant de la bataille dans le manoir.
"... Et oui, l'archémage que tenait Braknash, c'était moi. Il me croyait mort et regardait mon sang s'écouler de mes entrailles, mais mon esprit s'était déjà échappé. Je m'étais réfugié chez un des mages survivants, il protégeât mon enveloppe psychique le temps que je trouve une solution pour récupérer la déesse Almatrill. Je l'avait envoyée aléatoirement sur Girandir et même moi qui avait lancé le sort, je ne pouvais savoir où elle se trouvait.
Heureusement, le démon Ourkalssir que Braknash avait invoqué n'intervint pas. Pour les dieux, l'univers des morts doit être insupportable car il ne voulait pas se risquer à sortir du Château du sorcier, sous peine de se faire surprendre et détruire par Almatrill. Même les explications du sorcier quant à la nature de la déesse ne le firent pas changer d'avis, une enfant encore inconsciente de ses immenses pouvoirs tenait en respect le démon.
Mais, tout en restant à l'écart de ce qui ce passait à l'extérieur du château, son influence néfaste était des plus importante pour Braknash. Avec son aide, il créa une dizaine de nouveaux monstres plus diversifiés et plus forts. Ces monstres devinrent ses lieutenants et se chargèrent de regrouper la plupart des êtres chaotiques éparpillés sur notre monde, pour renforcer son armée.
Les races tels que Orcs et autres Gobelins, comptaient bien prendre eux aussi leur revanche. Ce fut alors la guerre des trois plateaux. Durant des mois, des batailles firent rage, mais les trois royaumes avaient l'avantage d'être protégés des contrées inexplorées par des remparts naturels, comme les montagnes du nord pour celui des Nains, la mer des Sartars à l'ouest pour celui du roi Priamt et les grandes failles des forêts du sud pour celui des Elfes.
En fait chaque royaume n'avait de contact avec l'extérieur que par une plaine, toutes les attaques furent maîtrisées. Braknash décida de cesser ces batailles inutiles et se concentra sur la recherche d'Almatrill.
Toutes ses armées se divisèrent en petits groupes et se dispersèrent dans les contrées inconnues de Girandir. Elles commencèrent à fouiller méticuleusement les forêts, les vallées des Terres Sombres, que l'on ne connaît presque pas, ce qui donnait un avantage à Braknash, qui les connaît mieux pour y avoir été exilé.
Ce changement de situation nous inquiéta et les trois royaumes décidèrent de se lancer eux aussi dans cette recherche. Mais ils ne purent envoyer leurs armées, ils en avaient besoin pour protéger les différents plateaux. Alors ils offrirent de grosses sommes d'argent pour monter de petits groupes d'expéditions, formés de mercenaires, d'aventuriers, de nobles à la recherche de gloire et de renommée, des races mineures voulant se faire accepter...
Mais Je m'aperçus qu'une malédiction planait sur les habitants et que personne sur Girandir ne pourrait retrouver la déesse. Il fallait donc que je fasse intervenir une personne extérieure à notre monde et qu'en plus elle puisse prendre l'apparence d'une forme de vie à l'alignement minimum "neutre-bon" et reconnue comme telle sur Girandir. La société de notre monde est basée sur les comportements différents de chaque individu par rapport au bien et au mal. Les alignements vont de "chaotique-mauvais" à "loyal-bon", ainsi un paladin qui défend le bien à toujours une conduite loyale et bonne, mais un voleur à un alignement beaucoup plus complexe, il peut être mauvais et tuer ses victimes sans remords, voler les plus riches pour prendre le nécessaire à sa survie, ou encore, déposséder des créatures à l'alignement opposé au sien pour le redistribuer à sa guilde. Quoi qu'il advienne, un habitant de Girandir se tiendra à son alignement, tout ce qu'il entreprendra se fera en fonction de cette ligne de conduite et les rapports qu'il entretiendra avec les autres en dépendront aussi.
Le meilleur moyen était donc de te donner un corps appartenant à un être qui aurait eu comportement adéquat, en espérant que tu aies une bonne conduite par la suite...
La montagne des héros me semblait une bonne solution. Cette montagne est inconnue de la plupart des habitants de Girandir, beaucoup en ont entendu parler, d'autres en ont fait des chants épiques, mais en fait je me demande si je ne suis pas le seul au courant de son emplacement.
Il y a de cela des centaines d'années, ce lieu était le sanctuaire des héros de Girandir, morts lors des grandes batailles contre les troupes de Gobelins ou autres monstres.
Ils étaient réstauré magiquement et conservés ici en tant que mémoire de Girandir, pour que tout le monde soit fier de leur courage et que tous se souviennent des combats qui unifièrent les différents peuples contre la barbarie des races chaotiques.
Mais avec le temps, ce temple des héros fut oublié. Son histoire était présente dans tous les esprits, ils se souvenaient seulement de sa signification mais plus de son emplacement.
L'esprit des héros était parti rejoindre le royaume des morts, mais leurs corps reposaient ici, maintenus dans une sorte d'hibernation, pour être les symboles de la nouvelle société basée sur la justice et l'honneur. Je les trouvaient donc dans cet état, prêts à devenir le réceptacle d'un nouvel esprit, le tien en l'occurrence... Pour en arriver là, il me fallut dépenser beaucoup d'énergie magique, je n'ai donc pas pu t'aider tout de suite lors de ton arrivée. Ma psyché est très volatile sous cette forme c'est pourquoi je me suis enfermé dans un mur invisible protecteur, de plus je voyais en cela une sorte de test qui sélectionnerait une personne suffisamment intelligente pour réussir à retrouver la déesse Almatrill, l'enfant-Dieu. Acceptes-tu cette quête ? Toi seul peux la retrouver maintenant, la décision est entre tes nouvelles mains de demi-elfe."
Axel n'en revenait pas, l'histoire qu'il venait d'entendre l'avait convaincu de la véracité de sa situation, mais il ne se sentait pas vraiment capable de réussir à accomplir quoi que ce soit avec succès. En plus, il avait choisi une demi portion !
"Désolé de poser cette question qui va vous sembler idiote, mais qu'est-ce qu'un demi-elfe ?"
"Oui, c'est vrai, excuse moi, mais j'oubliais que tu venais de la Terre et qu'il n'y a pas de magie sur cette planète. Les êtres féeriques comme les lutins et les gnomes ne font partie que du monde imaginaire. Mais sur Girandir, c'est l'inverse, rien n'est plus commun qu'une facétie de Quix ou de lutins, par contre, un moteur à essence est absolument inconcevable pour les habitants de Girandir. Peu de mages sont assez puissants pour explorer les autres mondes parallèles par la pensée.
Ne parle jamais du monde d'où tu viens si tu veux être pris au sérieux. Comme tu dois t'en douter, les elfes aussi appartiennent au monde magique de Girandir. Le corps que tu as choisi appartenait à un grand archer, il s'appelait Arion Girandirill, du nom d'une grande forêt elfique de l'ouest. Il faisait partie de la famille royale mais fut déchu de son titre de prétendant au trône car sa mère, la princesse Sylvianna, se maria avec un prince Humain. Il aurait pu retrouver son titre après les exploits qu'il accomplit lors de différentes batailles mais il fut tué. En héros on ramena sa dépouille ici, dans cette montagne. En fait il avait hérité de sa mère la beauté des elfes, leur magie et leur dextérité et de son père, la ténacité et la force, c'est un très bon choix que tu as fait, mais de toute façon, ton choix ne pouvait être que bon, tu as dans ce lieu les plus valeureux héros de chaque peuple de Girandir."
"Et bien il semblerait, que je ne puisse décemment pas refuser, après tout ce que vous avez fait. En fait, je suis très excité par cette aventure qui s'offre à moi. Sur mon monde, la vie devient vite routinière, il faut travailler toute sa vie pour gagner un peu d'argent et en profiter quelques années lors de la retraite, mais bien souvent il est trop tard et quand on fait le calcul de sa vie, on s'aperçoit qu'il ne s'est rien passé d'intéressant et que l'on aurait mieux fait de vivre autrement. Alors j'accepte avec joie et appréhension, car, malgré tout, je ne suis pas un héros."
"Je suis très heureux de ta décision, car j'ai omis de te dire que je n'avais aucun moyen de te ramener sur Terre, Seul Almatrill en a le pouvoir, mais il faut d'abord que tu la retrouves, puis que tu trouves un moyen de réveiller la puissance qui est en elle pour qu'elle détruise le démon Ourkalssir et Braknash."
"Holà, ça a l'air de se compliquer..."
"Ce n'est pas tout, c'est la première fois qu'un terrien vient sur Girandir et je ne sais pas s'il y a des effets secondaires lors d'un transfert d'esprit. De plus, la mort est encore plus réelle ici que sur Terre, ne la prends pas à la légère."
"Bref, mon avenir n'est pas rose."
"Je te donne un dernier conseil, ramasse le plus d'or possible dans cette salle et trouve une ville avec une taverne, là tu trouveras d'autres aventuriers qui se joindront à toi, soit pour de l'argent, soit pour le salut de Girandir. Méfie-toi des alignements négatifs et des nains qui ne s'entendent pas vraiment avec les elfes... mais bon, tu es aussi à moitié humain.
Je te laisse à présent, ma psyché se disperse et dans quelques secondes ce sera la fin de Falgronn l'archémage de Briford. Dommage... J'aurais aimé voir La déesse Almatrill sauver Girandir..."
La voix de Falgronn devint de plus en plus faible, puis son image se voila pour ne laisser que quelques étincelles et Axel se retrouva seul, face à l'entrée de la grotte ainsi qu'à son destin.
