Me revoilà !
Comme vous le noterez, je fais quelques petits arrangements... Le principe d'une fanfiction !
Je vous laisse à votre lecture (oui je poste un peu plus tôt que promis cette fois ;-) ), et si cela vous plait... N'hésitez pas à commenter ! D'ailleurs je remercie les quelques mises en Fav'...
Et surtout ma première revieweuse, Iota26 ! Merci pour ton très gentil message, et de me suivre depuis siiii longtemps alors. Je compte bien jouer sur les dialogues entre nos deux protagonistes préférés !
Chapitre de mise en place de l'histoire... Bonne lecture !
Chapitre 1
Paris, 2018
Mes talons résonnaient sur le marbre de l'immense hall, dans une cadence qui faisait écho à ma nervosité, alors que je me dirigeais vers le bureau de l'accueil.
"Bonjour", glissai-je d'une voix qui se brisa sur la fin. Je toussotai pour me reprendre : "Je suis convoquée à un entretien d'embauche à 14h. Avec Monsieur Desmond.
- Madame Bennet ? répondit l'agent après avoir tapoté sur son clavier.
- C'est ça.
- Ascenseur F, septième étage, à droite en sortant. Bureau 712.
- Je vous remercie."
Je soufflai un bon coup et pris la direction qu'il m'avait indiquée d'un geste vague de la main. Ascenseur F... Ah, le voilà. J'avais 20 bonnes minutes d'avance, mais je montai directement. Sait-on jamais, ce bâtiment me paraissait tellement immense que je craignais de me perdre.
Cela faisait deux ans que j'avais obtenu une thèse en Physiologie, et j'avais eu la chance de trouver immédiatement un poste d'ingénieur dans un laboratoire de recherche. Quelle n'avait été ma surprise quand un beau matin, j'avais reçu un e-mail de la part d'un chasseur de têtes qui se disait intéressé par mon profil, pour un poste de directeur scientifique junior chez l'un de ses clients - une entreprise indépendante reliée à l'industrie pharmaceutique, rien de plus précis n'était indiqué. J'avais cru à une blague d'un ami. Mais non ; après recherche, Monsieur Desmond existait bien, était bien chasseur de tête, et avait bien suivi ma réponse par un appel téléphonique pour m'indiquer, sans rentrer dans les détails, qu'un de ses clients recherchait un profil auquel je correspondais bien pour un poste à responsabilité dans son entreprise. Plutôt surprenant, compte tenu de ma faible expérience professionnelle, mais visiblement la jeunesse comptait comme un point fort pour ce poste.
J'arrivai enfin à la porte du bureau 712, et m'installai dans l'un des fauteuils libres dispersés dans le couloir. J'eus le temps de me demander s'il s'agissait de vrai cuir. Les locaux étaient luxueux, et si j'ignorais quelle était l'entreprise qui cherchait un directeur scientifique, je me doutais qu'il s'agissait d'un gros poisson ; les honoraires d'un chasseur de tête installé dans ce bâtiment ne devaient pas être donnés.
Quinze minutes après mon arrivée, la porte du bureau 712 s'ouvrit. Un homme de grande taille, mallette de cuir à la main et tempes grisonnantes, en sortit et se retourna pour serrer la main d'un homme plus petit, au visage rondouillard et dénué de cheveux. Le grand homme s'en alla, et le second se tourna vers moi.
"Madame Bennet ?"
Je me levai d'un coup, mon cœur manquant un battement.
Du calme, ma fille, tout va bien se passer. Au pire, quoi ? Tu loupes le job ? Et alors, tu as déjà un travail certes peu excitant mais qui paie bien. C'est pas la fin du monde. Décompresse et fonce.
Je souris.
"Tout à fait.
- Je suis M. Desmond. Je vous remercie d'avoir bien voulu faire le déplacement."
Je serrai sa main tendue, et le suivis dans la pièce ; bien entendu vaste, organisé autour d'un immense bureau en bois sombre. Une bibliothèque regorgeait de livres probablement jamais ouverts à droite, et une grande plante verte faisait office de décor à gauche. Un ordinateur trônait sur le côté du bureau où s'entassaient plusieurs fins dossiers.
Monsieur Desmond me désigna une chaise plutôt banale, comparée à tout le mobilier à côté duquel j'étais passée au cours de ma déambulation dans le bâtiment ; probablement une manœuvre d'intimidation. Il s'installa dans un immense fauteuil en cuir noir de l'autre côté du bureau, et ouvrit une pochette contenant plusieurs documents dont mon C.V.
"Donc, Madame Bennet, diplômée de l'Université de Washington D.C. jusqu'au Master, puis de l'Université d'Aix-Marseille pour la thèse de doctorat, deux ans d'expérience dans la recherche, domaine neurologie-électrophysiologie. Comment cela se passe-t-il, pour vous ?"
Un peu décontenancée par la question, je répondis sans doute trop rapidement.
"Six ans d'expérience dans la recherche. La thèse est un travail à temps plein."
Il me fixa, attendant une suite, et je me repris.
"Mon poste actuel... Il s'agit d'un poste à responsabilités qui demande beaucoup d'implication et me permet de mettre en pratique les connaissances que j'ai acquises. Le contact avec les clients et le management d'une équipe de techniciens sont tout à fait stimulants."
Aïe. En m'écoutant parler, je me sentis ridicule. J'avais l'impression de réciter un texte mâché et recraché, dénué de personnalité. Si je voulais que mon profil paraisse exceptionnel, il allait falloir que je fasse mieux...
Je soufflai un bon coup, et attendis la prochaine question.
oOo
"Alors, comment ça s'est passé ?"
Je soupirai en remuant ma cuillère dans mon café. Inutile, puisque je le buvais noir et sans sucre, mais j'avais besoin de m'occuper les mains.
J'étais assise à la terrasse d'un café avec Jane, qui m'interrogeait sur mon entretien. Toutes deux habillées d'un tailleur, crème pour elle, noir pour moi, nous avions l'air de deux femmes d'affaires profitant d'une belle après-midi d'automne pour un after-work en terrasse. Je souris, fatiguée.
"Honnêtement, plutôt bien je trouve. J'ai eu droit à la série de questions classique, du genre que tu trouves sur le net quand tu tapes "Entretien d'embauche". Il avait une pile de dossiers, pour le même client j'imagine, mais m'a promis qu'il me recontacterait dans la semaine. Écoute, même moi je me trouve un peu jeune pour occuper direct un poste de directeur scientifique. Quoiqu'il en soit, si je suis retenue, je rencontrerai de nouveau le chasseur de tête ainsi que le grand patron la semaine prochaine.
- C'est super !" s'enthousiasma Jane. "Je suis sûre que tu lui as plu. Je le sens bien." ajouta-t-elle avec un sourire encourageant.
Ah, Jane. Décidément elle n'avait pas changé depuis l'école. Que dis-je, depuis le jardin d'enfant. Je lui souris vraiment, cette fois.
"En tous cas, le poste a l'air chouette. En fait il s'agit de développer le pôle neuro d'une entreprise qui réalise les tests indépendants pour les big pharma. Et de "commercialiser le savoir-faire" à ce qu'on m'a dit, donc pas mal de contact en anglais... Je pense que c'est aussi pour ça que mon C.V. retient l'attention.
- Eh bien, ça te changerait de tes cellules en culture ! Tu aurais des déplacements à faire ?
- Congrès et visites des clients, même si une équipe commerciale se charge en majeure partie de ça... C'est sûr que ce boulot a l'air plus varié que ce que je fais maintenant. Mais rien n'est fait... Malgré tout, ça te dit un resto pour fêter ça, ce soir ?
- Ce n'était même pas la peine de le demander !"
Jane et moi ne nous étions finalement pas quittées, après le lycée. Toutes deux nous avions obtenu une place à la fac à Washington, aussi nous nous étions mises en colocation. Je n'aurais pas apprécié l'expérience, même avec de proches amis, si ce n'avait été avec elle ; mais Jane étant Jane, sage et tranquille, ces quelques années s'étaient déroulées sans encombres.
Jane avait choisi de faire des études dans la mode. Elle avait donc, au bout de quelques années, décidé de les terminer en France, à Paris. Sur le coup, cela lui avait valu quelques sarcasmes de ma part. Paris, la mode, tu ne trouves pas ça cliché ?
Je n'aurais auparavant jamais imaginé quitter les États-Unis de mon propre chef, mais finalement, alors qu'elle se préparait à s'expatrier je m'étais renseignée sur les études en France et j'y avais trouvé mon avantage. Il m'avait été relativement aisé de trouver une thèse à Marseille, qui se targuait de favoriser l'échange international - notamment avec les pays anglophones -, quand Jane posait ses valises à Paris. Je ne connaissais pas vraiment le français en arrivant, mais le monde scientifique a cet avantage non négligeable d'avoir pour langue officielle l'anglais. Les formations proposées gratuitement par les écoles doctorales françaises pour apprendre la langue de ce pays avaient fait le reste, et désormais, seul mon accent trahissait mon origine.
Pendant quelques années la colocation avec Jane n'avait plus été possible, mais nous nous y étions remises dès que j'avais obtenu mon poste actuel, en banlieue parisienne. Cela nous permettait de nous loger un peu mieux que la chambre de bonne dans laquelle Jane avait passé quelques années.
Notre café terminé, nous prîmes le RER pour retourner nous changer dans notre appartement.
L'avantage de la ville, en tout cas autour de Paris, c'est que rien n'était loin quand on souhaitait sortir.
L'inconvénient de la ville, en tout cas autour de Paris, c'est que rien n'était loin quand on souhaitait se reposer.
Ce soir, de très bonne humeur, je voyais plutôt le côté avantageux.
oOo
Attablées au comptoir dans un bar lounge qui se voulait bobo-branché mais était fréquenté finalement par une population trop hétéroclite pour y parvenir, Jane et moi trinquions avec le mojito hors de prix que nous venions de nous offrir.
"A ton entretien qui va porter ses fruits, je le sens !" fit gaiement Jane.
Tchin.
"A ces mojitos dont le prix prouve que l'eau pétillante est devenue une denrée rare, répliquai-je.
- Lizzie ! Sois sérieuse un peu.
- Mais je le suis !
- Pourquoi tu ne profiterais pas plutôt que de tout railler ?
- Parce que tu serais inquiète et te demanderais ce qui m'arrive ?"
Elle soupira.
"Bonsoir." Nous interrompit une voix grave.
Jane sursauta, et je relevai les yeux sur un homme qui venait d'arriver derrière elle.
Grand, les cheveux châtain, le regard vert, c'était un très bel homme ; et à en croire son regard, il n'en pensait pas moins de Jane. J'avais l'habitude ; il n'est pas toujours facile de sortir avec quelqu'un comme elle. Partout où elle passait, sa beauté fragile brillait comme une étoile éclipsant toutes les autres femmes.
Jane se renferma, à son habitude, et je soupirai intérieurement.
"Bonsoir, finis-je par répondre. On peut quelque chose pour vous ?
- Illuminer ma soirée de votre compagnie ?" répondit l'homme, son regard appréciateur se reportant sur moi.
Oh, visiblement, Monsieur n'était pas difficile. Heureusement que cela arrivait, parfois, sans quoi je serais toujours vierge à l'heure actuelle, aimais-je penser avec cynisme.
"Moi qui pensais que vous désiriez simplement récupérer une chaise", fis-je en désignant la salle bondée.
- Je serais ravi de pouvoir m'y asseoir, s'il vous reste une chaise libre."
Jane se tortilla sur sa chaise, les joues rosies. Elle était toujours un peu mal à l'aise, en présence d'inconnus - surtout quand ceux-ci étaient clairement en mode drague, ce qui, soyons honnête, se voyait facilement en soirée.
Je haussai les épaules, et l'homme prit ça comme un accord. Après tout, il était bel homme, et j'étais bien plus sociable que mon amie. Je ne me voyais pas rester sur Paris des années sans faire la moindre connaissance hors collègues de bureau.
"Vous avez un bel accent, fit l'homme en s'asseyant. Anglaises ?
- Américaines.
- Oh, vous nous venez de loin ! Qu'est-ce qui vous amène sur Paris ?
- La tour Eiffel ? rétorquai-je d'un ton légèrement moqueur.
- Donc vous êtes là pour le tourisme.
- Non, pour le travail.
- Il est agréable de se dire que j'aurais peut-être la chance de vous recroiser, dans ce cas." répondit-il avec un sourire charmeur. "Je m'appelle George. Ça fait un peu 16ème, mais on s'y fait, ajouta-t-il en riant.
- On ne choisit pas son prénom", souris-je. "Je suis Lizzie. Et voici Jane."
Jane lui lança un regard timide assorti d'un bref sourire.
"Salut", lâcha-t-elle enfin.
"Salut, Jane."
Je souris de la voir s'empourprer de plus belle. Pauvre Jane. Depuis sa déception sentimentale du lycée, elle avait vraiment du mal. A presque trente ans, elle n'était sorti qu'avec deux personnes. Charles, et Tom, un homme rencontré à la fac et avec qui au final ça n'avait jamais fait tant d'étincelles. Quand elle était partie en France, ils s'étaient quittés sans trop de paroles, sans chercher à poursuivre leur relation. Elle avait juste pris fin, comme ça.
Ça n'avait pas été aussi évident, avec Charles.
"Vous êtes en France depuis longtemps ? reprit George.
- Quelques paires d'années", répondis-je évasivement. "Tu travailles dans quoi ?
- Qui te dit que je travaille ? répliqua-t-il avec un sourire en coin.
- Ton costume. Je ne peux pas croire qu'on sorte en jolie veste et bras de chemise juste pour le plaisir, d'autant qu'il fait encore très chaud ce soir.
- Je suis dans la finance. Et vous ?"
La conversation se poursuivit ainsi pendant une bonne heure. George se révéla être quelqu'un de très charmant et amusant ; à tel point que même ma timide Jane se décoinça rapidement, et se détendit de plus en plus. Résultat des courses, au moment de partir dîner toutes les deux - nous n'avions pas forcément envie d'intégrer George à notre plan initial, à savoir le resto post-apéro, aussi charmant soit-il -, nous avions récupéré son numéro en échange de la promesse de l'appeler bientôt pour sortir boire un autre verre.
"Tu le trouves sympathique ?" me demanda timidement Jane alors que nous marchions en direction de notre chinois préféré.
Je resserrai ma veste sur mes épaules ; l'air s'était rafraîchi dans la soirée.
"Oui, il est plutôt amusant. Peut-être devrais-tu le rappeler." la taquinai-je en lui donnant un coup de coude.
Inutile de la regarder pour deviner qu'elle rougissait.
"Je ne sais pas. Et puis, tu discutais bien plus avec lui. Je pense que tu lui plaisais."
Je haussai les épaules.
"Soyons réalistes, Jane, nous lui plaisions toutes les deux. Il est charmant, quoiqu'il en soit, et on pourra toujours l'inviter à se joindre à nous si un soir on a envie de sortir. Ça n'engage à rien.
- Et c'est plus sécurisant d'avoir une présence masculine pour sortir le soir." Ajouta-t-elle avec un sourire satisfait.
Je souris. Ça, c'était tout Jane. Timide maladive mais prête à faire confiance à un inconnu rencontré une heure plus tôt pour nous raccompagner dans les sordides rues de banlieue. Pour ma part, je ne faisais confiance qu'à mon instinct et à la bombe de laque glissée au fond de mon sac.
"Si tu le dis, Jane." pouffai-je.
Ce soir-là, nous fêtâmes comme il se devait mon entretien.
Une semaine après, Je reçus un appel du chasseur de têtes qui m'apprit que j'avais décroché une rencontre avec le boss de la boîte.
Un mois plus loin, je mettais fin à mon CDD et commençais en CDI chez PsypharmaTox SAS.
oOo
Six mois plus tard
Je fermai la grosse pochette noire ; étude terminée, à archiver. Ouf. J'avais cru jusqu'au bout que je ne réussirais pas à en venir à bout à temps avant la réunion.
Je jetai un œil à ma montre.
Cinq minutes. J'ai le temps pour un café.
Je me levai et me dirigeai vers le bureau de ma collègue du pôle cardio.
"Charlotte, tu as le temps pour un café ?
- Tu n'as pas une réunion toi ?
- Dans cinq minutes. J'ai bien besoin de ça.
- Tu as fini ton dossier de 4 tonnes ?
- A l'instant."
C'était ma toute première étude client ; une étude qui s'était prolongée sur 6 mois -donc, depuis mon arrivée ; j'avais travaillé en binôme les quatre premiers mois avec un autre collègue-, avec moult données récoltées, imprimées, et à archiver. L'écologie n'était pas le point fort de ce client, il avait fallu probablement décimer une forêt pour éditer son rapport. Et j'embrayais sur la mise en place d'un de nos modèles, avec formation sur site, chez l'un de nos autres clients pour le mois prochain. Je savais d'ores et déjà que j'allais me taper quelques déplacements jusqu'à Bordeaux, et que je ne me reposerais pas énormément. Mais j'aimais vraiment mon nouveau métier, et pour être honnête, j'avais hâte d'y être.
La mission en question était la succursale bordelaise d'un de nos plus gros clients, aussi, je n'avais pas encore traité directement avec le responsable - mon patron s'en était chargé. Dans cinq minutes, nous nous réunissions tous dans nos locaux afin de fixer les aspects pratiques de cette mission qui m'occuperait a priori les trois prochains mois à temps plein, puis de manière plus occasionnelle sur deux ans au total.
Excitant, je vous l'avais dit ?
Charlotte ferma sa session et se leva pour me suivre avec sa tasse. La sécurité jusqu'au bout. Charlotte ne quittait jamais son bureau sans verrouiller sa session, ne déjeunait jamais qu'avec ses propres couverts et non ceux mis en commun, et ne buvait jamais son thé dans une autre tasse que la sienne. Ceci se répercutait sur sa façon de travailler, et elle avait été une alliée précieuse pour me former et me donner des repères à mon arrivée.
"Tu les connais, toi ? demandai-je.
- Le responsable avec lequel tu vas travailler, c'est Colin ?
- Oui, je ne lui ai parlé que deux fois en téléconférence mais je ne l'ai pas encore vu. Il me parait sympathique.
- Il l'est. Ce n'est pas la personne avec qui je bosse le plus, cela dit, mais ils sont tous très professionnels et réactifs. Leur patron est un vrai con, par contre.
- C'est ce que me disait Paul. Je suis censée le rencontrer là-bas, bien entendu...
- Tu te feras ta propre idée, mais bon courage."
Je jetai un nouveau regard à ma montre, et soupirai avant de me diriger vers la salle de réunion, café en main. La pause avait été courte.
Quand j'y rentrai, j'étais la première ; Paul arriva juste derrière.
Paul était notre patron, la personne que j'avais rencontrée lors de mon deuxième entretien avec le chasseur de tête. Un cinquantenaire sec et vif, au regard glacier perçant, qui ne vous mettait pas forcément en confiance de prime abord ; mais c'était aussi un homme brillant et qui savait faire des affaires. Nous avions tout de suite accroché. Tout le monde dans l'entreprise -du moins, dans les locaux que j'avais intégrés- et s'appelait par son prénom ; cependant Paul aimait donner du Monsieur Machin et Madame Truc à tout le monde. Il refusait en revanche qu'on en fasse autant avec lui.
"J'ai une mauvaise nouvelle" m'annonça-t-il de but en blanc en fermant la porte derrière lui.
"Le responsable ne vient pas ? demandai-je en le regardant faire.
- Pire. C'est son patron qui vient.
- Oh. Le fameux. Quel est son nom, à propos ? De toutes façons, j'allais être amenée à le rencontrer... Autant que ce soit en terrain connu.
- Il passait par l'AQ, il arrive. Courbettes et sourires polis, Mademoiselle Bennet, avec lui ça s'envenime vite et c'est un gros poisson, je tiens à le rappeler."
Okay. Sa réputation le précédait, c'était la moindre des choses que l'on pouvait dire.
Nous nous installâmes autour de la table de réunion, et j'ouvris le dossier à présenter pour approbation, me plongeant dans mes notes pour me donner une contenance. Un coup bref se fit entendre, et la porte s'ouvrit.
Je levai les yeux au moment où l'homme se figeait. Un ange passa.
Sur le coup, je ne mis pas de nom sur ce visage qui pourtant, m'apparut vaguement familier, et dont les yeux s'étaient fixés sur le mien.
Paul se leva, désigna une chaise, et fit les présentations.
"William Darcy, je vous présente notre jeune collaboratrice, embauchée il y a maintenant six mois. Comme je vous le disais, c'est elle qui va gérer l'installation."
Je pense qu'à ce moment précis, je me mis à passer par toutes les couleurs physiologiquement possibles.
"Elizabeth." Fit-il simplement d'une voix plus rauque que dans mon souvenir.
Je déglutis.
"Fitzwilliam." Répondis-je d'un ton bas, mais plus ferme que je ne l'aurais cru.
Paul haussa les deux sourcils, ce qui était assez rare pour être noté.
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Et voilà où en sont nos personnages !
J'ai conscience que ce chapitre peut être frustrant, puisqu'il s'agit de mise en place... Mais n'hésitez pas à me faire part de ce que vous en avez pensé ! SI vous êtes sages (ok, surtout si j'avance bien), il est pas exclu que vous n'ayez pas à attendre 7 longs jours pour avoir la suite de la confrontation Lizzie/Will ;)
