Bonjour chers lecteurs, merci beaucoup pour vos messages fort sympathiques et très encourageants. Voici donc le deuxième chapitre de Azkaban Crime, avec l'arrivée de notre Dieu, de notre Idole, de notre F.P.V (fantasme presque vivant) j'ai nommé : Scabior le magnifique !
Allez, en piste jeune homme !
Le salon était plongé dans l'obscurité, hormis la faible lueur dégagée par les quelques braises rougeoyante de la cheminée. L'âtre était en pierres grises, une sorte de petit paravent en métal posé sur le rebord permettait sans doute d'éviter les projections enflammées. En face du feu se trouvait un fauteuil bleu roi de style Louis XV, à ce moment précis occupé par une silhouette massive qui se tenait droite, son visage savamment masqué par le bien connu quotidien « La Gazette du Sorcier ». La une du journal à sensation était occupée dans sa totalité par une photo du sombre bâtiment : Azkaban. Un grand titre était, pour la première fois, écrit dans un rouge évoquant du sang frais.
Crime à Azkaban, la sécurité pour les citoyens, mais pas pour les prisonniers.
A la page 6, diverses photos s'étalaient, allant de la victime au directeur de la prison qui refusait toute interview. Mais dans les nombreux paragraphes qui maculaient la page d'encre noire, plusieurs mots écrits en gras eurent vite fait de taper dans l'œil du lecteur. « meurtre sanglant » , « carnage », « innommable cruauté », « magie noire », « rituel satanique » … enfin en fin de page, quelques lignes firent frémir les lèvres cruelles de la personne.
« Le ministre de la justice Albertus Grahams , a déclaré que ce fâcheux incident ne se répétera pas et que des mesures allaient être prises. »
La silhouette lâcha la feuille de choux sur le sol et aspira une gorgée de son thé blanc avant de susurrer aux ombres ambiantes : « La machine est en marche mes amis, la machine est en marche. »
.
.
A-Z-K-A-B-A-N A-Z-K-A-B-A-N A-Z-K-A-B-A-N A-Z-K-A-B-A-N
.
.
« C'est hors de question. » récita, d'une voix calme et ferme, l'actuel ministre de la justice. « Tant que je serais en poste, aucune soi-disant enquête ne sera tolérée sur le sol d'Azkaban. C'est une prison, elle est censée être le repaire des pires malfrats magiques. Ma prison ne sera pas la scène d'une farce grotesque cherchant un criminel parmi tant d'autres ! »
« Mais monsieur le Ministre, si je puis me permettre il serait sage d'éviter toute récidive. L'image sécuritaire de notre politique tomberait à l'eau. » riposta son conseiller.
« Et vous voudriez me faire croire que c'est quelque mage, habile dans les magies occultes qui auraient fait le coup ? Allons Alphonse reprenez-vous ! Êtes-vous idiot en plus d'être incompétent ? La véritable raison c'est qu'une bagarre a eu lieu et l'un a été un peu plus fort et sauvage que l'autre, pas de quoi en faire toute une histoire ! Les journaux ont exagérés voilà tout. Donc non, je refuse catégoriquement que cette pimbêche de Granger mette ne serait ce qu'un orteil à Azkaban, me suis-je bien fait comprendre, Alphonse ? »
« Oui monsieur le Ministre » grinça son conseiller en lui jetant un regard noir dés que son supérieur lui tourna le dos.
« Oh et envoyez un hiboux à cette sorcière vaudou pour lui dire que ses services ne sont plus requis. Et surtout, pas la peine d'être aimable cette fois-ci. »
.
.
A-Z-K-A-B-A-N A-Z-K-A-B-A-N A-Z-K-A-B-A-N A-Z-K-A-B-A-N
.
.
Dans la prison, l'ambiance était loin d'être aussi calme que dans le cabinet du ministre. Dans chaque aile du bâtiment, à chaque étage, à chaque couloir et dans chaque cellule régnait une extraordinaire panique. L'habituelle distribution du journal, pour ceux qui savaient lire et surtout pour ceux qui étaient encore un peu sain d'esprit, s'était terminée dans un capharnaüm. Tous les prisonniers ou presque criaient, s'époumonaient pour clarifier la situation. En gros : étaient-ils tous en potentiel danger de mort ou pas ?
Le hic était que même les gardiens, déjà peu bavards, n'en savaient rien du tout. On les avaient prévenus de la venue de la célèbre Hermione Granger, puis le ministre lui-même avait annoncé que cette rumeur était fausse et que même le fameux meurtre magique n'était que la conséquence d'une rixe entre détenus. Mais Joy Crimson, l'Auror légiste, savait que ce n'était pas un autre prisonnier qui avait fait le coup. La preuve était que le cœur du malheureux battait encore entre les murs de sa geôle.
La femme d'une trentaine d'année errait toujours dans les quartiers des gardiens, un rouleau de parchemin entre les mains. La visite officieuse de l'experte s'imposait … officieuse et surtout secrète. Après tout le polynectar était plutôt simple à trouver lorsqu'on avait des relations au département des fraudes magiques …
Convaincre la spécialiste que se rendre incognito sur les lieux du crime était plus sûr n'avait pas été une partie de plaisir. L'ancienne Gryffondor avait gardé son courage (parfois suicidaire) et surtout sa rancœur envers le ministre qui lui avait refusé l'accès aux lieux. Mais bon grés mal gré, Hermione Granger avait ingurgité la fiole d'où s'échappait une odeur putride.
Sa peau avait commencé à gonfler et ses cheveux à se raccourcir à une vitesse dépassant l'entendement. Lorsqu'elle ouvrit les yeux, Hermione ressemblait à un énorme potiron sur patte. Une petite femme aux cheveux rouges et à l'embonpoint tel qu'elle ressemblait à un culbuto.
« Comment s'appelle la personne dont j'emprunte l'identité ? » demanda-t elle.
« Véronica Marshall, elle a accepté de prêter un de ces cheveux pour cette infiltration. J'espère que nous n'aurons pas de problème. » maugréa Joy en cherchant son laissez-passer dans ses poches.
Finalement les gardes, trop occupés à calmer la panique ambiante ne posèrent que peu de questions. Les deux jeunes femmes avançaient à grands pas dans les allées de la prison, surprenant des cris et des gémissements apeurés parmi les condamnés. Soudainement la légiste stoppa sa course et fit signe à sa « collègue ».
« Prenons l'escalier, on ira plus vite en passant par le couloir blanc. »
« Le couloir blanc ? » demanda Hermione en haussant un sourcil rouge.
« C'est là où sont mis les prisonniers qui sortent de l'infirmerie, le temps qu'ils récupèrent tu comprends. »
Après un hochement de la tête, elles reprirent leur avancée.
Le couloir blanc n'avait vraiment rien de blanc. Il ressemblait pierre pour pierre et barreau pour barreau au reste des cellules. La seule différence se trouvait dans le contenu de ces cellules. Les détenus étaient souvent couverts de bandages ou étaient branchés à différentes machines, et étaient souvent dans des états de délire ou inconscient.
Hermione préférait ne pas s'arrêter pour observer ces malheureux et se contentait de suivre sa guide vers la scène de crime. Alors qu'elles arrivaient au bout du couloir, une voix s'éleva dans le silence troublé par quelques gémissements douloureux.
« Pénélope ? »
Le corps emprunté par l'héroïne de guerre se retourna vers l'homme qui avait parlé et l'observa avec une curiosité malsaine.
Il était à genoux derrière ses barreaux, ses mains pâles mais puissantes les enserrant avec une force désespérée. Ses cheveux étaient très longs, emmêlés dans une tresse extrêmement maladroite, retenu par un bout de ficelle. Sa peau était blafarde, son visage était amaigri et ses lèvres craquelées s'ouvraient sur un souffle haletant. Son nez fin et presque féminin se retroussait comme s'il prenait de grandes inspiration. Ses yeux, quant à eux, étaient couverts d'un bandage blanc qui ne laissait rien deviner de la couleur de ses iris. L'homme enfermé reprit, d'une voix quelque peu enrouée, faute d'utilisation.
« Pénélope, je te reconnais. Ton odeur … la forêt … »
Hermione se sentit pâlir. Elle revoyait précisément cet homme, à l'époque mieux en chair, plus fort, au meilleur de sa forme, sa voix grave lui demandant comment elle s'appelait, la surnommant « ma jolie », son nez dans ses cheveux … le prénom lui revint avec force : Scabior.
Elle n'avait jamais cherché à savoir ce qu'il était devenu, après tout pourquoi l'aurait-elle fait ? Il n'avait été qu'un ennemi de plus croisé au hasard. Mais à cet instant les émotions contradictoires qu'elle avait ressenti la submergeaient. Le stress, la peur face à l'avidité du regard de l'homme, la chair de poule et la chaleur étrange qui l'avait envahie lorsqu'il avait inspiré l'odeur de ses cheveux … la guerre lui revenait en pleine figure.
Hermione fit un pas en arrière et répliqua d'une voix froide et calme.
« C'est une erreur, je ne vous connais pas. »
Avec ces derniers mots, elle entraîna la légiste vers la scène de crime. Elle fut reconnaissante à l'agent Crimson d'être assez intelligente pour ne rien demander de plus.
« C'est ici. » déclara Joy en ouvrant la grille. Hermione sortit un sachet de sel et en enduit ses mains avant d'en tracer une ligne sur le seuil de la porte. Elle passa la ligne et observa la scène.
Tout avait été laissé en état, le cœur rouge toujours palpitant au cœur de l'étrange dessin runique. Hermione s'approcha au plus près du piège et tendit la main, comme pour sentir une aura. Un choc fit vibrer la pièce entière, comme si le pentacle repoussait la sorcière et son contact. Les sourcils froncés, elle fit naviguer sa main le long du dôme que formait l'aura et en chercha la moindre fissure.
Elle finit par reculer, désorientée.
« je ne comprends pas. » soupira-t-elle en étudiant toujours le cœur toujours en vie.
« Que … Qu'Est-ce que vous ne comprenez pas, miss Granger ? »
« Lorsqu'un magicien ou une magicienne opère ce genre de magie, quelque soit son niveau il y a une sorte de …de signature dans l'aura du pentacle. Une fissure si vous voulez qui a une forme et une orientation particulière. Seulement l'aura de ce pentacle n'a aucune fissure, aucune signature magique particulière. »
« Je suppose que ce n'est pas une bonne chose. »
« Effectivement … »
« Mais peut être … savez-vous quelle est l'utilité de ce sort ? »
Hermione ne répondit pas, et sortit un petit couteau suisse, que le garde qui l'avait fouillée n'avait pas su identifier. Elle sortit une lame et, dans un geste vif, perça la peau fine de son poignet. Quelques gouttelettes de sang tombèrent à ses pieds. Durant quelques secondes rien ne se produisit puis, le cercle changea de couleur et passa à une couleur ocre. La pièce semblait brûler de l'intérieur et, sous les yeux ébahis de la légiste, les quelques gouttes de sang roulèrent vers le pentacle et furent immédiatement aspirées par le cercle, tandis que d'innombrables ramifications relièrent le cercle au cœur prisonnier. Celui-ci battit plus fort et un grondement de bête résonna dans la cellule.
Pâle comme la mort, Hermione posa du sel sur sa coupure, grimaçant et secouant sa main pour faire passer la brûlure. Elle sortit de la petite pièce et regarda sa collègue.
« Un cercle de sacrifice … » dit elle d'une voix blanche.
« Mauvais signe ? » questionna inutilement l'agent Crimson.
« Très … ça signifie … Oh mon Dieu ! L'homme tué servira de nourriture éternelle à un Démon tant que l'invocateur ne sera pas détruit : corps et âme. Et d'après l'appétit du Démon invoqué, je peux vous assurer que vous aurez d'autres cadavres sur les mains. J'oubliais, impossible de dire quand il va frapper et surtout qui il va frapper. »
« Oh sainte-Mère de Merlin. » souffla Joy.
« Comme vous dîtes … »
A suivre.
Désolée ce n'est pas très aboutit mais bon j'espère que ça vous aura plu. Le pourquoi de la présence de notre Scabior dans le couloir blanc sera révélé plus tard chers amis, pas d'inquiétude. En tout cas merci beaucoup pour vos encouragements, ça fait très plaisir à lire :D Je ne sais pas du tout quand le troisième chapitre viendra grossir les rangs mais sachez que je me mettrais à son écriture très bientôt :)
Oh et petite question importante pour la suite : vous préférez un happy end ou pas ? et est ce que vous souhaitez l'intervention d'un petit lemon entre Hermione et Scabior ou alors on reste platonique ? (oui je sais ça fait deux questions mais tant pis)
