Disclamer : Les personnages de cette histoire ne sont pas à moi mais à JK Rowling.
Note : Je tiens encore à remercier tout ceux qui m'ont laissé une rewiew. Je vous avais dit que le chapitre suivant serais très vite là et bien le voici : BONNE LECTURE.
note 2 : Merci Yohina pour ta rewiew, la prochaine fois laisse moi ton mail que je puisse te répondre directement. Gros Bisous.
Chapitre 2 :
Draco voyageait au pays de Morphée quand brusquement quelque chose le heurta à la hanche, lui causant une vive douleur au coté.
Dans un sursaut, il ouvrit les yeux et vit une grande brune en sous vêtements noirs penchée au-dessus de lui.
- Désolée, dit la fille d'un air penaud, mais vous êtes en plein dans le passage. Je cherche la salle de bains.
- La quoi ?
- La salle de bain.
- Oh, Seigneur …
L'espace d'une seconde, il eut l'impression d'entendre grincer les rouages de son cerveau. La salle de bain… évidemment songea-t-il. Du pays des rêves à un vieux matelas posé à même le sol d'un mini loft new-yorkais, la transition était brutale.
- Je suis vraiment désolée pour le réveil, dit la fille, je ne vous avais pas vu, je…
- Je sais. Ne vous excusez pas. Il n'y a pas de mal. La salle de bain se trouve à droite au bout du couloir.
- Merci.
Elle enjamba d'un pas précautionneux le matelas posé dans l'entrée, et obliqua dans le couloir en sautillant comme si elle marchait sur des braises.
Draco attendit qu'elle ait disparu dans la salle de bain pour se lever en se drapant dans son duvet. Il jeta un regard à sa montre posée sur le parquet à coté de lui. Il était un peu plus de dix heures. Théodore dormait sûrement encore. En général, ses petites amies d'un soir se réveillaient avant lui, et celle-ci n'avait pas dérogée à la règle.
Force lui était d'admettre une nouvelle fois que la cohabitation devenait de plus en plus difficile. L'exiguïté de l'appartement, la promiscuité qu'elle occasionnait, tout cela ne pouvait que lui rappeler le caractère forcément provisoire de l'arrangement que son ami Ron, violoniste et amateur de femmes, lui avait proposé. Les vingt mètres carrés que celui-ci lui avait réservés n'étaient plus qu'un amoncellement de toiles, de chevalets, de dessins, de tubes de peinture, de pinceaux, d'étagères couvertes de flacons d'essence de térébenthine ou d'huile de lin. Même un lit d'une personne n'y entrait plus, et depuis trois semaines il dépliait un futon et un duvet dans le couloir ou l'entrée – il ne voulait pas de surcroît « squatter » le séjour – pour pouvoir dormir. Il commençait à payer cher le « luxe » de ce pied à terre stratégique au cœur de Manhattan.
Il terminait de se presser une orange pendant que le café coulait dans la cuisine design en granit blanc quand la brune aux sous-vêtements noirs, qui avait passé un chandail et une mini jupe, réapparut. L'espace d'une seconde, il la regarda se balancer en silence d'avant en arrière sur le seuil de la cuisine en se tordant les doigts d'un air gêné.
- Entrez, voyons. Venez vous asseoir. Un café, ça vous dit ?
- Je ne pense qu'à ça.
Il s'écarta du plan de travail et lui tendit la main en souriant.
- Moi, c'est Draco.
- Pansy, dit la brune, le soleil matinal illuminant ses iris d'un stupéfiant bleu cobalt.
- Enchanté, Pansy.
- Ron dort encore, dit elle. Impossible de le réveiller. Je n'ai jamais vu quelqu'un qui ait un sommeil aussi profond. Je ne sais pas, je trouve ça… comment dire ? inquiétant, non ?
Draco vida d'un trait son verre de jus d'orange.
- Inquiétant ? releva-t-il en essuyant sa bouche avec le revers de sa main.
La jeune femme se hissa sur un tabouret haut et appuya ses coudes sur le bar.
- Je veux dire, pour un violoniste, précisa-t-elle en se mordillant les lèvres. Quand on pense à quelqu'un qui dort comme ça, on imagine plutôt un chauffeur routier ou un bûcheron, non ?
- Vous voulez dire que le violon, ce n'est pas assez… physique, c'est ça ?
La jeune femme leva les yeux au plafond, l'air de réfléchir à la question, puis :
- Laissez tomber, lâcha-t-elle finalement, comme si elle mesurait soudain l'ineptie de son raisonnement. Oubliez ce que je viens de dire.
Elle repéra un exemplaire de La Gazette de Manhattan ouvert sur le bar et, intriguée par la photographie en pleine page qui accompagnait un article intitulé « Un expressionniste à New York » demanda :
- Mais c'est vous, là ?
Draco déposa devant elle une tasse de café brûlant.
- Merci.
- Oui, dit Draco pour répondre à sa question. Mais c'est déjà vieux d'une quinzaine de jours. Je viens d'exposer à la Galerie Poudlard, à Chelsea. J'ai eu droit à un peu de presse.
- Ouah, je suis impressionnée, dit Pansy. Je compte maintenant dans mes relations un violoniste et un peintre célèbres. Pour une petite réceptionniste d'hôtel comme moi, c'est beaucoup.
A cet instant, on sonna à la porte.
- Ne vous dévalorisez jamais, Pansy, lui dit Draco en posant sa tasse pour aller ouvrir, ou des personnes mal intentionnées en profiteront.
La jeune femme le regarda sortir de la cuisine, pendant que sa petite phrase faisait son chemin dans son esprit. Elle n'avait jamais vu les choses sous cet angle. Elle hocha la tête en souriant, à la fois impressionnée et touchée par cette mise en garde désintéressée.
Draco ouvrit la porte et se trouva nez à nez avec un employé de la poste en uniforme marine et jaune, un jeune rouquin au visage criblé de tache de rousseur et dont l'oreille droite était ornée de dizaines de piercings.
- Monsieur Malfoy ?
- Oui.
- Télégramme, Monsieur, dit le rouquin en lui tendant un pli cacheté, ainsi qu'un écritoire à pince. J'ai juste besoin d'une signature ici.
Draco prit le pli, puis l'écritoire, et signa en fixant le postier d'un drôle d'air.
- Simple curiosité : tous ces… piercings, dit-il en montrant son oreille, c'est autorisé par votre direction ?
- Ce serait de la discrimination, autrement, expliqua logiquement le rouquin. C'est tribal.
- Oh. Et de quelle tribu êtes-vous ?
- Moi, j'suis de New York.
- Evidemment.
Il salua le jeune postier et referma la porte en secouant la tête d'un air affligé. Dans le couloir, il décacheta le pli. Il émanait de l'administrateur de la Fondation de l'Ordre du Phoenix, Severus Snape. Il lut les quelques lignes dactylographiées sur le papier bleu, leva les yeux au plafond, puis les relut, incrédule. Hasard ou destin, une fois de plus, son avenir d'artiste allait trouver, semblait-il, une échappatoire aux difficultés du quotidien. Oui, songea-t-il, sa bonne étoile brillait plus fort que jamais.
- Il n'en est pas question, Mione. Pas pour tout l'or du monde, prévint Harry en croisant ses couverts dans son assiette, puis les bras d'un air indigné.
Hermione déglutit un morceau de tarte grillée au saumon fumé et secoua lentement la tête.
- Tu raisonnes comme un enfant, répliqua-t-elle d'un ton agacé. Quand vas-tu te décider à grandir un peu ? On dirait que je viens de te demander de te jeter du haut de l'Empire State Building.
Tout deux étaient attablé dans un petit restaurant au cœur même de Manhattan. La salle était au trois quart vide et des haut-parleurs diffusaient en sourdine de vieilles balades françaises.
- J'aime encore mieux me jeter dans le vide que partager un atelier avec ce type.
- Mais tu ne le connais même pas.
- Ce que je sais de lui me suffit, crois moi. Le courant ne passe pas entre nous, c'est évident. Ça arrive, que veux tu ? Non, je préfère de loin rester dans mon studio de Harlem, où je ne dois rien à personne.
- Et pour cause, c'est un squat ! lui renvoya son amie. Le rez-de-chaussée est déjà muré. À quand les étages ? Allons, Harry, tu ne peux pas laisser passer une chance pareille. Tu n'en as tout simplement pas le droit.
- Ah non ?
- Un loft-atelier de deux cents mètres carrés avec vue sur Central Park, est ce que tu sais ce que ça représente ?
- Dix millions de dollars ?
- Je dirais plutôt un rêve inaccessible.
- Je ne vendrais pas mon âme au diable.
- J'en connais qui l'ont vendue pour mille fois moins que ça, et pour de bien plus mauvaises raisons, rétorqua cyniquement Hermione. Et puis, vu tes préférences sexuelles, je te pensais athée !
Harry esquissa son premier sourire depuis qu'ils avaient abordé le sujet concernant la proposition de la Fondation de l'Ordre du Phoenix, avant de s'abîmer dans ses pensées. Force lui était de reconnaître que la proposition était inespérée. L'exposition de la Galerie Poudlard avait été un franc succès médiatique, au point que la Fondation avait tout simplement décidé de continuer de jouer gagnants ses deux premiers poulains en lançant un nouveau concept : faire vivre et travailler à demeure ses deux artistes dans un loft-atelier en plein Manhattan, et faire de celui-ci sur le modèle des galeries d'art – mais en plus intime, en plus personnel – une sorte de vitrine artistique, symbole de l'entrée dans le XXIème siècle de l'empire bancaire Gringotts. Exigence était faite aux deux artistes d'y rester toute l'année à disposition des médias internationaux. En échange, la Fondation leur assurait une confortable rente mensuelle et couvrait de surcroît tous leurs frais artistiques.
- Si vraiment tu as l'intention de réaliser des projets d'envergure, tu n'as pas le droit de refuser, avertit Hermione.
Elle avala une gorgée de vin rouge et commenta avec désinvolture :
- Excellent ce vin californien non ?
- Quoi ?
- Je dis : ce vin est excellent.
- Oh… oui, dit Harry l'esprit ailleurs.
Hermione sourit à son tour en constatant que le jeune homme n'avait pas encore touché à son verre.
- Je prie que… Malfoy a dit oui, évidemment ? repris Harry.
- D'après toi ?
- Et tu dis que la Fondation est prête à financer n'importe quel projet ?
- Snape s'engage à vous laisser carte blanche sur le plan artistique. Financièrement, il n'y a pas de plafond aux allocations qu'il propose. Si tu décides demain de faire comme l'artiste Christo et d'emballer Central Park de cent mille mètres carrés de tissu de couleur safran, il te suivra. Pourvu que, médiatiquement, l'empire bancaire s'y retrouve.
Harry repris ses couverts dans son assiette et piqua mollement son « roulé aux crabes alaskien »
- Ce Malfoy est tout ce que je déteste chez un homme, soupira-t-il, conscient en même temps qu'aucun de ses arguments ne pesait d'un poids suffisant face à l'enjeu de cette proposition.
- Je te l'ai dit et je te le répète : c'est parce que tu ne le connais pas, insista Hermione. Il est très sympa.
- Ouais, c'est aussi ce qu'on disait de mon voisin de palier avant qu'il étrangle sa belle-sœur et qu'il écope de perpète.
Hermione laissa échapper un rire et secoua la tête en soufflant sur sa frange.
- N'importe quoi, vraiment. Ça s'appelle de la défiance et du parti pris. Ce n'est pas digne de toi.
- Ouais, bah, je ne sais plus ce qui est digne ou pas digne. Je ne sais qu'une chose : je serais dingue de refuser cette proposition. Malgré tout. En un mot : je suis coincé.
- Tu es génial, lui dit Hermione.
- C'est ça, caresse moi dans le sens du poil. Profites-en, je sens qu'il va se hérisser d'ici peu.
- Draco est un ange, tu verras.
- Oui, Belzébuth aussi en était un, avant sa déchéance.
A suivre…
