Chocolat chaud

Disclaimer : tous les personnages appartiennent toujours à J.K. Rowling, excepté ceux d'Elsa et d'Augustus qui sont en notre possession !

Chapitre 2
: Mises en garde

La Grande Salle résonnait d'un vacarme qu'elle n'avait pas entendu depuis deux longs mois. Les élèves ravis d'être retour dans le lieu qui était devenu leur deuxième foyer, ne tarissaient pas de bavardages. Tous les « Anciens » se dirigèrent vers leurs tables respectives, et bientôt les seuls à rester debout furent les nouveaux.
« Les premières années, avancez !», ordonna une jeune femme au chignon serré. Timidement, ceux-ci firent quelques pas jusqu'au tabouret placé au milieu de la pièce. Intrigués, ils regardèrent ce qu'il y avait posé dessus : l'objet qui trônait en plein centre de la salle avait tout l'air d'être un vieux chapeau de sorcier, bien rapiécé…Mais il ne l'était pas seulement. Car c'est lui qui se mit à entonner :

« Il ne faut pas se fier aux apparences
J'ai pas l'air fier mais pourtant je pense
Comme vous le voyez je ne suis pas un chapeau ordinaire
Je ne sers ni de couvre-chef ni de serpillière
Mais c'est moi qu'on a désigné pour choisir
La maison qui saura le mieux vous convenir
C'est loin d'être une tâche aisée
Mais ce n'est pas la seule dont on m'ait chargé
Ouvrez grands vos oreilles, écoutez-moi bien
Sachez comprendre mon message, car il n'est pas anodin.
Il y a des siècles de cela,
Lorsque la magie Poudlard créa
Ses grands fondateurs comprirent
Qu'immortels ils n'allaient pas devenir
Et qu'en l'occurrence il leur faudrait
Quelqu'un digne de perpétuer
Leurs idées et leur mémoire
Autrement qu'un vieux grimoire.
Il leur vint alors à l'esprit
De me donner la vie
Ainsi que de me transmettre
Tout ce que pour eux un sorcier devait être.
Godric Gryffondor était le plus courageux
Et rien ne valait la bravoure à ses yeux
De même le travail était roi
Selon l'avis de Serdaigle Rowena.
L'ambition, pour Salazar
Etait la seule vertu digne de tout Serpentard.
Quant à la fidèle Poufsouffle Helga
C'est vers les plus loyaux qu'allait son choix.
Maintenant ils sont partis
Mais à travers moi il leur est permis
De respecter leurs préférences
Et de donner à tous une chance
D'étudier dans la maison
Qui convient le plus à vos passions.
Celle-ci sera votre refuge
Mais dans les autres ne voyez pas vos juges
Tous élèves, tous semblables
Les uns envers les autres toujours aimables
Sachez préserver cette amitié
Car rien n'est plus précieux que cette unité.
C'est elle qui vous sauvera
Si un malheur parmi nous s'abat
La peur fait commettre des crimes
Et la division tous nous décime.
C'est pourquoi souvenez-vous
Que personne n'est seul parmi nous
Continuez à vous entraider
Même quand des années se seront écoulées.
Oubliez certaines divergences
Car il n'y a aucune différence
Un sorcier est un sorcier
Aucune personne, aucun pouvoir
Aucune force ni aucun savoir
Ne vaut la vie d'un être aimé ! »

Un silence de quelques secondes fit place à la longue tirade du Choixpeau avant que chacun reprenne ses esprits et se mette à applaudir, comme le voulait la coutume. Des regards intrigués s'échangeaient parmi les plus âgés, tandis que les première année se regardaient de manière étonnée et inquiète. Les professeurs mêmes avaient l'air plutôt décontenancés, hormis l'homme à la longue chevelure et à la barbe argentée, qui paraissait imperturbable. Toutefois, la maîtresse de cérémonie put déceler sur son visage un air grave qu'elle ne lui connaissait pas…
« Professeur McGonagall, lui dit-il alors ayant surpris son regard. La Répartition peut à présent commencer. » Elle se ressaisit et ses paroles habituelles lui revinrent aussitôt :
« Lorsque je vous appellerai, vous avancerez jusqu'au Choixpeau et vous vous en coifferez. » Elle sortit un parchemin de sa poche et commença à lire la liste :
« Aubigné, Jacqueline ! » Deux nattes blondes sortirent du lot des jeunes élèves agglutinés, et la petite fille se dirigea lentement vers le tabouret. Avec appréhension, elle se saisit du Choixpeau et le posa sur sa tête. Tous les regards étaient braqués vers elle, en particulier ceux de ses camarades de la même année qui la dévisageaient en se demandant ce qui allait bien pouvoir lui arriver… quand la voix du Choixpeau retentit de nouveau : « Poufsouffle ! ». La salle applaudit pour acclamer la première de ces nouvelles recrues, sur les lèvres de laquelle un sourire soulagé était enfin apparu. On lui indiqua la table de sa maison pendant que le professeur McGonagall poursuivait : « Brown, Eric ! ». Il ne restait qu'un élève solitaire lorsqu'elle termina enfin : « Zlyer, Scott ! ». Il rejoignit la table des Serdaigles, l'assistance au complet était à présent assise. Le Hall résonnait des ventres qui criaient famine, et les nouveau venus regardaient avec insistance leurs assiettes qui pourtant restaient désespérément vides. Mais les plus âgés savaient qu'il manquait une partie importante du cérémonial de la rentrée : le discours du directeur. En effet, celui-ci ne tarda pas à se lever, faisant taire les derniers chuchotements.
« Bonjour à tous ! Avant toute chose, je souhaite au nom de l'école entière la bienvenue aux première année et une très bonne année pour chacun, même les plus vieux, à Poudlard ! »
De nouveau, la salle se répandit en applaudissements de toutes parts. Lorsque le silence fut revenu, le professeur à la barbe blanche reprit :
« J'ai le plaisir de vous annoncer que notre corps enseignant comporte un nouveau membre : votre ancien professeur de Défense contre les Forces du Mal ayant décidé de réaliser son projet de faire le tour du monde en quatre-vingt jours, je me suis en quête d'un remplaçant : et le voici ! Ou plutôt, la voici : je vous présente Paloma Endara, qui est venue spécialement pour vous de Bolivie ! » Il désigna la jeune professeur, qui se leva, aussitôt acclamée par tous les élèves.
« C'était une prof ! chuchota un Serpentard à Augustus.
- Je le savais ! répliqua celui-ci d'un ton hargneux. Je l'avais vu entrer dans le compartiment des profs au début du voyage. Pourquoi crois-tu que je lui aurais obéi sinon ? »
Ses compagnons se contentèrent de le regarder, impressionnés. Cela expliquait tout, leur chef de bande ne se serait pas abaissé devant n'importe qui. Ils échangèrent un regard, jugeant qu'il valait mieux se taire. Quand il était de cette humeur massacrante, gare au premier qui oserait prononcer un mot de travers. Il restait humilié par les Gryffondors, qui l'apprendraient sûrement bientôt à leurs dépends…
« Je rappelle à tous que la Forêt interdite l'est toujours, ainsi que les Bombabouses et autres Pétards magiques du Dr Flibuste, la liste complète pour ceux qui désireraient la consulter se trouvant au bureau de M. Rusard. »
« Comme toujours, les éléments perturbateurs seront sanctionnés par la perte de points à leur maison, tandis que les élèves méritants seront là pour compenser leurs bêtises en rattrapant les points perdus ! »
« La Coupe de Quidditch sera supprimée. » Un mouvement général de désapprobation secoua la salle à cette annonce, certains se contentant d'exprimer leur mécontentement, d'autres s'interrogeant sur la raison d'une telle décision.
« Je vous dois des explications. Cette compétition, bien qu'alimentant la vie de l'école et étant appréciée par tous, incitent à la rivalité entre les différentes maisons. La période tourmentée dans laquelle nous nous trouvons n'est que trop propice aux divisions. C'est pourquoi j'estime nécessaire de ne pas vous y encourager. Vous êtes tous en mesure de comprendre les raisons de mon choix, aussi je ne tente pas de vous les dissimuler. Il est important que vous sachiez tous ce qui se déroule à l'extérieur de ce château. Dans ces murs, vous êtes à l'abri, mais ailleurs, vous ne le seriez pas. Le nombre de disparus augmente chaque jour depuis quelques années, mais cet été, la situation a gravement empiré. Les meurtres se font de plus en plus nombreux, de sorciers comme de Moldus. Nous sommes tous susceptibles d'être la prochaine victime, ou de perdre un proche. Nul n'est épargné : même les plus puissants, s'ils refusent de se rallier à eux, succombent. La mort n'est pas le seul mal dont ils soient capables : les trois Sortilèges Impardonnables n'ont jamais été autant pratiqués. Vous savez ce que cela signifie : on peut vous faire avouer vos plus grands secrets sous la torture, ou se servir de vous par la contrainte.
Vous êtes tous amenés à quitter Poudlard. Le pouvoir qu'on vous promettra de la Magie Noire vous tentera peut-être. Mais avant de vous engager sur ce chemin, souvenez-vous des êtres qui vous sont chers. Si vous hésitez à commettre les crimes qu'on vous ordonnera d'exécuter, on vous atteindra à travers eux. Vous ne pourrez plus reculer, et mettrez ceux que vous aimez en danger. Réfléchissez avant de faire un pas en leur direction : si vous ne le faîtes pas pour vous, faîtes le pour eux.
Vous savez au nom de quelle prétendue supériorité ils se croient permis d'éliminer qui leur semble indigne d'exister. Mais ce serait la pire des erreurs que de croire qu'ils ont raison, ou d'imaginer que vous êtes protégé par votre appartenance à une généalogie « sans défaut ». Nul n'est hors d'atteinte. Non, même les plus grandes et anciennes familles de sorciers. Quelle est la différence entre un enfant né de parents moldus et un sorcier depuis des générations ? Leur éducation n'est pas la même. Pour le second, la magie fait partie de sa vie de tous les jours, alors que le premier ignorait son existence. Mais c'est là la seule différence. Arrivés à Poudlard, vous ne possédez pas tous les mêmes capacités, mais cela n'est aucunement lié à votre ascendance, comme vous avez eu l'occasion de le remarquer. Ici, vous êtes tous sur un pied d'égalité. Certains ont plus de facilités dans telle ou telle matière, d'autres dans d'autres domaines. Cherchez le vôtre, plutôt que de pencher vers ce qui vous paraît être la facilité. Je le répète encore : le nom que vous portez importe peu devant la mort. Si vous avisez de leur déplaire, le sang dont vous êtes l'héritier ne vous sauvera pas. Regardez la terreur que Voldemort fait régner autour de lui : rien qu'au son de son nom, vous tremblez. Ce sera bien le seul, il aime à être l'unique maître. S'il prône la domination des Sangs-Purs, c'est seul qu'il vous gouverner. Il vous promettra d'abord la puissance, puis la mort si vous faillissez. Vous serez enclins à perpétrer le plus horrible des actes : tuer. Avant qu'il ne soit trop tard, je vous le redis : une vie est ne vie, qu'on soit Moldu ou sorcier, de quelque origine que ce soit.
Certains d'entre vous ont déjà connu des décès. Tôt ou tard, vous serez un jour ou l'autre confrontés à la mort. Pensez à la douleur qui a été, ou qui pourrait être la vôtre, et qui sera celle des personnes attachées à votre cible. Mais comme je vous l'ai expliqué, à ce moment-là vous n'aurez plus d'issue. Entre une personne inconnue et une personne proche, votre choix est humain. Vous comprenez donc qu'il est vital de ne pas laisser cette situation s'installer ! Trop nombreux sont ceux qui ont déjà péri, et je compte sur vous pour ne pas permettre qu'il y en ait d'autres ! Allez vers ceux envers qui vous avez toujours été distants, faîtes un effort plutôt que de vous enfermer dans vos préjugés ! Les enfants des Moldus vos diront comment sont ceux que certains parmi nous méprisent : des êtres humains, au même titre que nous, et qui ne méritent pas moins la vie ! Les rencontres que vous ferez ne pourront que vous apporter la conscience qu'il faut réagir afin de sauver le monde qui est le nôtre, qui sera le vôtre. Peut-être ne vous aimerez–vous pas : il est des querelles intestines qu'on ne peut réconcilier. Mais alliez-vous dans l'adversité… »
Le directeur resta un instant à regarder son assemblée qui l'écoutait, le souffle coupé. Seul un œil averti pouvait remarquer l'air de désaccord qui imprégnait les traits de quelques élèves…
« Je vous laisse enfin profiter du festin tant attendu. Et je vous fais confiance. » Il se rassit, dans le silence le plus complet. Puis le Professeur McGonagall, qui siégeait à sa droite, se mit à l'applaudir. Elle fut aussitôt suivie par les élèves, auparavant trop abasourdis par ce qu'il venaient d'entendre pour régir.
« Regarde les Serpentards », chuchota Elsa à sa voisine. Lily tourna la tête et aperçut Augustus Malfoy et ses sbires, qui loin d'acclamer le directeur, étaient déjà en train de manger, comme si de rien n'était. « Ce n'est pas la politesse qui les étouffe, constata-t-elle. Si au moins ça pouvait être leur repas… » Leur acte était grave, elles le savaient. A la même table, un peu plus loin, Remus Lupin se faisait la même réflexion.
Lorsque le calme revint dans la Grande Salle, c'est sans plus beaucoup d'appétit que les jeunes sorciers entamèrent leur dîner de rentrée.

« Je réclame une nouvelle fois votre attention, afin de vous faire part de projets plus joyeux. Nous avons décidé d'instaurer pour les septième année des Tours Perfectionnée d'Ensorcellement. Cela consistera à mener des recherches sur un thème de votre choix, pour aboutir à la création de votre propre sortilège. Vous serez par groupes, et guidés par des professeurs. Ceux des matières concernées vous ne parleront plus précisément aux heures consacrées à cette activité… » Un brouhaha envahit immédiatement la salle à cette annonce. Inventer soi-même un sort ? Mais c'était ce dont ils avaient toujours rêvé !
« Avec ça, on va pouvoir mener la vie dure aux Serpentards ! Qu'est-ce qu'on va bien pouvoir inventer ? se réjouissait James.
- Je n'ai pas encore d'idée, mais quand on aura trouvé, ils vont en baver, » lui assura Sirius.

- Encore faut-il que les profs acceptent… fit remarquer Remus. Je crois que vous serez contraints de laisser tomber vos plans démoniaques ! » finit-il avec un sourire. Les deux autres ouvrirent la bouche pour répliquer, mais ne trouvant pas de quoi répondre, se contentèrent d'enfourner une nouvelle part de gâteau…
« Les nouveaux Préfets-en-Chefs sont cette année Franck Londubat et Bellatrix Black. »
« Un Gryffondor et une Serpentard ? Mais qu'est-ce qui lui prend ? s'effraya Lily.
-Cela va dans le sens de ce qu'il nous a dit tout à l'heure, la raisonna Elsa. Les sorciers de toutes les maisons doivent s'unir…
- Mais comment veux-tu que nous nous rapprochions des Serpentards ? Déjà que nous avons du mal à communiquer avec des personnes de notre propre maison ! dit-elle en désignant les Maraudeurs de l'autre côté de la table commune.
-Il faudra faire des efforts, lui répondit son amie en souriant.
-Du genre ?
-Du genre…Aller apporter son petit-déjeuner au lit à Augustus Malfoy tous les matins ! lança-t-elle à Lily qui manqua de régurgiter son gâteau chocolat.
-Tu rigoles ? Je préfèrerais encore astiquer le peigne de Potter, vu la fréquence à laquelle il s'en sert…Quoique, non, ça se discute, se reprit-elle en voyant James, apparemment très occupé à avaler le plus de gâteau possible, concurrencé par Sirius et Peter, sous l'œil réprobateur et amusé de Remus.
-Entre la peste en le choléra… résuma Elsa.
-On est servies ! » conclut son amie.

Le dîner terminé, les élèves se dispersèrent dans les couloirs en direction de leurs salles communes respectives. Arrivées devant le portrait de la Grosse Dame, Lily et Elsa réalisèrent qu'elles ne connaissaient pas le mot de passe…
« C'est Lucrecia ! » leur jeta une jeune fille en passant en trombe devant elles. Les deux amies échangèrent un regard, avant de s'engager à leur tour derrière le tableau.
« Alice ! » appela Lily. Celle-ci se retourna, visiblement pas d'humeur à discuter.
« Euh…, merci pour le mot de passe ! improvisa Lily, jugeant qu'il était inutile de lui demander ce qui la mettait dans cet état. On aurait pu passer la nuit devant la Grosse Dame, elle ne nous aurait pas ouvert ! Comment l'as-tu su ? continua-t-elle, sur sa lancée. Mais son innocente question sembla assombrir encore plus le visage de sa camarade.
- J'ai entendu Franck le dire à quelqu'un, bougonna-t-elle.
Lily se mordit la langue. Quelle gaffe n'avait-elle pas faite ! Elsa, moins prudente mais aussi moins gaffeuse, décida que puisque le sujet était abordé, autant parler franchement :
-Qu'est-ce qu'il t'arrive ? Tu n'as pas l'air bien !
Alice tourna la tête.
- Non, il n'y a rien !
- Pas à nous, s'il-te-plaît ! Tu ferais mieux de nous en parler, peut-être pourra-t-on faire quelque chose…
-Non, répondit-elle. Vous n'y pouvez rien, c'est de ma faute, à moi seule. Je n'ai pas été choisie comme Préfète-en-Chef… avoua-t-elle enfin.
Elsa et Lily se regardèrent : c'était donc ça !
-Mes parents vont être si déçus… » Elle s'enfuit en courant vers leur dortoir pour cacher les larmes qu'elle ne pouvait plus retenir.
« En voulant bien faire, Dumbledore a quand même ravagé des cœurs, » soupira Lily. Car les deux amies n'étaient pas dupes : si Alice était si triste de ne pas avoir été nommée Préfète-en-Chef, c'est parce qu'elle perdait l'occasion d'être de nouveau réunie avec son homologue masculin…
Elles s'affalèrent sur leurs fauteuils favoris, épuisées par cette rentrée pour le moins éprouvante.