Bonsoir tous le monde !
Merci à 77 , thenadgaga , Natsu'eichi , Angelica R , Yuru 946 et Evil Queen Momo pour la mise en favori.
Regina lily Swan : merci d'avoir pris le temps de me laisser un commentaire. Je suis contente que ce début t'ai plu, et j'espère que la suite te plaira tout autant. N'hésite pas à me faire part de ton ressenti, cela me fera plaisir :-)
Chapy : Merci beaucoup, heureuse que tu ai apprécié ta lecture. Merci d'avoir laissé une trace écrite de ton passage. En espérant que la suite te conviendra :-)
Jessie 943 : Je sais, je riais toute seule en imaginant cette scène. Pour ce qui est de la Malédiction, elle sera bien présente, désolée. Je le laissais d'ailleurs entendre à la fin de mon prologue en insistant sur le fait que Regina reprenait son entraînement auprès de Rumple... J'espère malgré tout que la suite te plaira... :-) Encore merci pour ton commentaire qui m'a fait très plaisir.
Voilà, à présent que j'ai fait le tour des remerciements, je vous laisse lire ce premier chapitre. Encore une fois, n'hésitez pas à me laisser vos impressions. Je ne sais pas vraiment quelle longueur fera cette histoire, je me laisse guider par mon inspiration du moment et les idées qui me viennent lorsque j'écris...
J'essaierai de poster chaque fin de semaine (mon second chapitre est presqu'achevé) pour ne pas trop vous faire attendre.
Bonne lecture :-)
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Regina se baladait dans les rues de la ville, souriant chaque fois qu'elle croisait un villageois, pardon, un habitant de la ville, la saluant avec respect et déférence. Voilà qui la changeait agréablement de leur attitude méprisante dans la Forêt Enchantée. Son plan avait parfaitement fonctionné, et chaque jour, elle se délectait du fruit de sa douce vengeance. Elle adorait voir Blanche dans la vie insipide de Mary Margaret, petite institutrice à l'existence solitaire et misérable. Et de temps en temps, elle se rendait à l'hôpital, juste pour vérifier que Charmant était bien dans le coma et ne risquait donc pas de réussir à rejoindre son amour.
« Parfait ! » clama-t-elle avec un large sourire.
Tranquillement, elle finit son inspection de la ville, ravie de constater que rien ne changeait et que personne, en dehors d'elle et de ce cher Gold, ne semblait s'en rendre compte. Mais c'était là aussi un des effets de sa Malédiction. Ils étaient figés dans le temps, et les années passaient sans laisser la moindre empreinte sur eux. Personne ne s'étonnait de ne jamais vieillir. Personne ne trouvait étrange que les enfants restent des enfants, que les personnes âgées ne meurent pas de leur belle mort, ou encore que personne ne vienne jamais dans leur ville. Fugacement elle songea à ce qui pourrait briser le sort noir, avant de chasser cette déplaisante pensée comme elle l'aurait fait d'une mouche. Cela n'arriverait jamais puisque l'enfant de son ennemie n'était nulle part en vue.
Elle savait que Charmant avait réussi à l'envoyer dans un autre monde pour la sauver de la Malédiction, et que Rumplestinskin avait affirmé que l'enfant reviendrait un jour pour tous les sauver, mais rien ne prouvait que ce bébé miraculeux avait bien atterri dans le même monde qu'eux. Et puis Storybrooke était indétectable par le monde réel, elle y avait veillé. Lorsque le monde extérieur s'approchait trop près de leur petite ville, ils en étaient habilement détournés et pour eux, il n'y avait qu'une vaste étendue forestière à la place de la ville.
« Parfait ! » s'exclama-t-elle de nouveau avant de se décider à rentrer chez elle.
Son travail de maire était assez répétitif et généralement elle expédiait la paperasse avant la fin de la matinée, ce qui lui laissait ensuite tout loisir de savourer sa victoire totale et écrasante. Durant de longues années, elle se satisfit totalement de cette plaisante routine, ignorant résolument le sentiment lancinant qui s'emparait progressivement d'elle, refusant de laisser quoique ce soit gâcher son bonheur durement gagné. Mais était-elle réellement heureuse ? Ne confondait-elle pas bonheur et satisfaction ? Depuis quelques temps, elle se sentait… frustrée et nerveuse. Et elle détestait cela. Elle avait obtenu ce qu'elle avait tant désiré, mais elle réalisait que passé les premiers moments de griserie, cela ne lui suffisait pas. Elle voulait plus. Et ce que son cœur voulait réellement, aucune malédiction ne pourrait le lui apporter.
Et alors qu'elle rentrait chez elle à pieds, espérant voir ses pensées s'éclaircirent et le tumulte de ses sentiments s'apaiser, elle se figea en passant devant le parc dans lequel les familles se rendaient. Voilà ce qu'elle voulait. Voilà ce que son cœur appelait inlassablement. Pourquoi n'y avait-elle pas le droit ? Etait-elle à ce point monstrueuse et repoussante pour que personne ne veuille fonder une famille à ses côtés ? Perturbée par ses pensées, elle reprit son chemin, son masque d'impassibilité bien en place, et ce ne fut qu'une fois à l'abri des regards chez elle, dans sa belle et grande maison, digne de la reine qu'elle était, que son sourire se fana, et que son cœur se serra. Seul le silence accompagna le martèlement de ses talons vertigineux durant son avancée vers le salon. Elle n'avait personne. Personne avec qui savourer son Triomphe. Personne à aimer.
« A quoi bon tout cela ? » murmura-t-elle avec abattement.
Seule, à l'abri des regards, elle laissait tomber le masque et regrettait sa solitude. Pourtant n'avait-elle pas tout fait pour éloigner les autres ? Et elle avait réussi au-delà du possible. Elle savait que la docilité des habitants de la ville n'était due qu'au sort d'oubli qu'elle leur avait lancé et que si par malheur la Malédiction était brisée, ils recommenceraient à la traiter comme ils l'avaient toujours fait. Mais ils avaient mérité sa colère. Sa vengeance était justifiée, elle en était persuadée. Ils méritaient de comprendre ce qu'elle avait enduré en perdant Daniel. Oui, elle avait bien fait. Et pourtant, elle n'avait personne avec qui partager sa vie, et un ancien désir revint la tirailler. Celui de devenir mère.
« Oh Daniel, si seulement tu étais là mon amour… » souffla-t-elle en laissant échapper une larme « Nous serions enlacés sur ce canapé, à regarder nos enfants rirent et s'amuser près de nous… »
Voilà ce qu'il lui manquait cruellement. Un enfant à elle. Un enfant qu'elle aimerait de tout son cœur, même si certains prétendait qu'elle n'en avait pas. Un enfant qui l'aimerait de manière inconditionnelle, qui ne la jugerait pas. Un enfant qui lui apporterait le bonheur qui lui manquait tant et qui rendrait ce monde encore plus parfait. Et pour la première fois en dix-huit longues années, elle se résolut à faire ce qu'elle s'était promis de ne plus faire. Solliciter l'aide du Ténébreux. Mais sans lui, elle ne pourrait jamais réussir à adopter un bébé dans ce monde.
« Je sais que le prix qu'il me réclamera sera faramineux, mais le jeu en vaut la chandelle s'il me permet d'avoir une famille… » souffla-t-elle en redressant fièrement la tête.
Sa décision prise, elle choisit de ne pas perdre de temps et gagna sans plus tarder l'antre de Gold. Autant en finir le plus rapidement possible. Sans tergiverser, elle lui fit part de sa requête, et à sa grande surprise, il accepta immédiatement de l'aider. Suspicieuse, connaissant le côté retord de cet homme, elle l'étudia attentivement, cherchant le piège, mais ne décela rien de suspect.
« Merci » laissa-t-elle échapper du bout des lèvres avant de ressortir de sa boutique.
Il lui avait dit qu'il l'informerait rapidement du fruit de ses recherches, et il ne lui restait plus qu'à attendre qu'il se manifeste. Et pendant deux longues semaines, elle se rongea les sangs, se demandant s'il ne prenait pas plaisir à la faire languir ainsi. Ce qui n'aurait rien de surprenant quand on connaissait le penchant sadique de ce monstre pour la torture. Enfin, par un bel après-midi ensoleillé, il lui remit tous les papiers nécessaires à une adoption et qui faisaient officiellement d'elle la mère d'un beau petit garçon de quelques jours. Il ne lui restait plus qu'à se rendre à l'orphelinat de Boston pour y récupérer son fils.
« Mon fils… Henry Daniel Mills… » sourit-elle en caressant le nom sur le formulaire.
Le cœur battant la chamade, elle fit rapidement sa valise, et sans l'ombre d'une hésitation, elle sauta dans sa Mercedes et quitta la ville. Se retenant d'enfreindre les limitations de vitesse pour aller plus vite, elle rallia Boston. Mais avant de se rendre à l'orphelinat, elle s'arrêta dans une boutique spécialisée dans l'équipement pour bébé et acheta le nécessaire. A commencer par un siège auto et une poussette. Elle dévalisa également le rayon layette, et en moins d'une heure, son coffre et le siège arrière étaient surchargés de tout ce qu'il fallait pour un bébé et qu'elle ne possédait pas encore. Satisfaite, elle alla enfin chercher son fils.
« Enfin… » soupira-t-elle béatement en prenant délicatement le minuscule bébé dans ses bras, sous le regard bienveillant de la directrice de l'orphelinat.
« Vous voici mère » énonça la brave femme en observant le visage rayonnant de Regina.
Ce n'était pas la première fois qu'une procédure d'adoption se faisait par l'intermédiaire d'hommes de loi, mais c'était bien la première fois que tout allait aussi vite. Mais en voyant le bonheur de cette femme et l'amour avec lequel elle couvait ce petit bonhomme, toutes ses craintes disparurent. Elle avait vu suffisamment de moment comme celui-là pour savoir que ce petit garçon serait aimé au-delà de l'imaginable. Il aurait une belle vie, elle n'en doutait pas.
« Encore une petite signature, et il est tout à vous » reprit-elle d'une voix douce en tendant le formulaire à Regina qui le signa d'une écriture assurée et élégante.
Souriante, la femme remit sa copie à Regina et classa le dossier Mills avant de raccompagner cette nouvelle famille jusqu'à la voiture de la jeune mère. Elle écarquilla les yeux en avisant le contenu de la voiture et constata que tout était de la meilleure qualité. Remarque il suffisait de voir cette femme pour comprendre qu'elle avait les moyens. Vaguement, la directrice de l'orphelinat se demanda pourquoi une femme comme elle, belle et riche, était encore célibataire et préférait recourir à l'adoption. Mais cela ne la regardait pas.
« Au revoir et merci pour tout » sourit Regina en installant avec délicatesse Henry dans son siège bébé.
« Nous nous revoyons dans un an pour signer les papiers définitifs » lui apprit la directrice.
Même si elle doutait que cette femme change d'avis, cela était déjà arrivé, et elle espéra pour ce petit bonhomme que ce ne serait pas le cas. Regina acquiesça simplement puis prit place derrière le volant et s'éloigna prudemment, ne pouvant s'empêcher de dévorer du regard l'adorable bébé endormi paisiblement près d'elle.
« Nous serons heureux ensemble, je te le promets Henry » sourit-elle en profitant d'un feu rouge pour caresser d'un doigt délicat le velouté de la joue de son fils.
Radieuse, elle rentra à Storybrooke et s'arrêta au Granny's, Henry pleurant depuis quelques minutes. Attrapant le sac à langer sur le siège arrière, elle le passa sur son épaule avant de sortir tout en douceur son fils de son siège. Elle fit une entrée remarquée dans le petit restaurant familial, mais elle n'y prit pas garde, toute son attention fixée sur le bébé dont les pleurs s'étaient légèrement apaisé dès l'instant où elle l'avait pris dans ses bras.
« Un bébé… » entendit-elle Mary-Margaret souffler, lui faisant relever les yeux.
Et ce qu'elle vit dans le regard de la brune la fit jubiler. Un mélange de chagrin et de jalousie. Ce fut très bref, mais elle l'avait vu. La grande et parfaite Blanche-Neige était jalouse d'elle. Cette journée ne pouvait pas être plus parfaite. Affichant un sourire radieux, elle avança un peu plus dans la pièce, tous les regards braqués sur elle et l'enfant.
« Tout le monde, je vous présente mon fils. Henry Mills » annonça-t-elle fièrement, soulevant un concert de murmures incrédules.
« Félicitations Madame le Maire, il est magnifique » sourit gentiment Mary-Margaret sans quitter Henry du regard.
« N'est-ce pas ? » convint Regina en souriant tendrement au bébé qui geignait doucement contre son sein, cherchant à téter.
« Il a l'air d'avoir faim… » commenta l'institutrice avec un sourire amusé.
« Granny, pourriez-vous faire réchauffer ce biberon s'il vous plaît ? » s'enquit distraitement Regina en tendant le lait à la vielle dame sans même la regarder.
Sans discuter, la vieille dame s'en chargea et en moins de cinq minutes revint avec le lait chaud. Et pour la première fois, Regina nourrit son enfant. Pendant qu'Henry avalait sa pitance comme si sa vie en dépendait, son beau regard noisette croisa celui de Regina, et une connexion s'établit entre eux. Regina sentit un sentiment qu'elle n'avait plus ressentit depuis des lustres l'envahir, et son cœur se dilata de bonheur. Elle avait enfin sa fin heureuse parfaite. Dès qu'Henry eut terminé, elle gagna les toilettes et avec des gestes un peu maladroits changea la couche pleine du nourrisson avant de le changer et de le ramener contre sa poitrine.
« Je vais m'améliorer mon petit prince, je te le promets » s'amusa-t-elle en déposant de délicats baisers sur la douce toison du crâne du bébé qui s'était déjà endormi.
Revenant dans la salle, elle remercia Granny, salua Mary-Margaret avec un sourire jubilatoire et retourna à sa voiture, impatiente d'arriver chez elle et d'y installer définitivement Henry. En l'attendant, elle avait aménagé une nursery dans une des nombreuses chambres d'invités, sachant que peu importait le temps que Gold la ferait patienter, il finirait par lui donner ce qu'elle lui avait demandé. A Boston, elle n'avait acheté que les quelques articles qu'il lui manquait, même si elle n'avait pas résisté devant les petits vêtements pour bébé. Tous les meubles en bois avaient été fabriqués par Marco, l'ébéniste de la ville, et la chambre d'enfant était tout simplement magnifique.
Folle de bonheur, Regina déposa Henry dans son berceau et le regarda longuement dormir, tel le petit ange qu'il était. Ensuite, elle s'empressa de décharger sa voiture, regrettant l'absence de sa magie pour lui éviter les nombreux aller-retours qu'elle dut faire pour rapporter l'ensemble de ses achats à l'intérieur. Epuisée, elle finit par se laisser tomber sur un fauteuil et rejeta la tête en arrière, les yeux rivés au plafond. Elle n'était plus seule à présent. Elle avait un fils. Un petit-être sans défense qui dépendait totalement d'elle. Et cette idée la terrifia. Et si elle ne savait pas s'y prendre avec lui ? Pour le moment tout allait bien, mais il était assez facile de s'occuper quelques heures d'un bébé.
« Et si je n'étais pas une bonne mère pour lui ? S'il ne m'aimait pas ? » s'affola-t-elle en sentant ses angoisses revenir au galop.
Et si elle n'était pas capable de l'aimer réellement ? Si elle gâchait tout ? Pire, si Henry se détournait d'elle et la quittait lui aussi ? La folle farandole de ses peurs tourbillonna dans son esprit, lui donnant le tournis. Prise de nausée, elle crispa la main sur son ventre, et sentit sa respiration se précipiter dans sa gorge. Elle devait se calmer. Elle s'inquiétait pour rien. Dans ce monde, elle était une respectable notable, maire d'une paisible petite ville. Henry n'aurait aucune raison de faire le lien entre elle et la Méchante Reine d'un conte pour enfant. Mais au fond d'elle, une petite voix lancinante ne cessa de la tarabuster. Cette nuit-là, elle dormit très mal, ne cessant de se tourner et de se retourner dans son lit. Perdant finalement la guerre contre Morphée qui semblait bien décidé à l'ignorer, elle se releva dans un grondement rageur, et enfilant son peignoir, gagna la chambre d'Henry.
« Et moi qui croyais que les nourrissons ne faisaient pas leurs nuits… » commenta-t-elle avec un doux sourire en voyant son petit prince profondément endormi.
Allongé sur le dos, sa petite couverture repoussée à ses pieds, il respirait paisiblement, les bras repliés au-dessus de sa tête. Il était si mignon que Regina ne résista pas à son envie de le toucher. Avec une délicatesse qu'elle ne se connaissait pas, elle caressa tendrement le duvet de sa joue rebondie, et à nouveau son cœur s'affola à l'idée qu'il lui soit un jour arraché. Ne voulant pas le réveiller, elle se résolu à quitter la nursery et descendit à la cuisine, se préparer un chocolat chaud.
« Si mes ennemis me voyaient, ils s'en donneraient à cœur joie… » grimaça-t-elle en se moquant d'elle-même et de l'image qu'elle devait renvoyer.
Mais pour le moment elle s'en moquait. Tout ce qui l'intéressait, c'était le petit homme qui dormait au-dessus de sa tête et pour qui elle voulait plus que tout devenir une excellente maman. Et elle réalisa qu'elle ne le pourrait pas tant qu'elle serait rongée par son désir de vengeance et par sa peur de se voir arracher son bonheur. Mais comment s'en débarrasser ?
« Je devrais peut-être aller voir Archie ? » s'interrogea-t-elle en levant les yeux au ciel.
Elle n'arrivait pas à croire qu'elle puisse sérieusement l'envisager, mais elle était prête à tout pour l'amour d'Henry. Il avait besoin d'elle, et de préférence de la version gentille d'elle-même. Elle devait donc faire disparaître la Méchante Reine pour ne garder que l'ancienne Regina. Mais encore fallait-il qu'elle sache comment s'y prendre. Archie était peut-être agaçant, mais il était psychologue. Enfin dans ce monde qu'elle avait créé, l'était-il devenu. Et il pourrait peut-être, avec un peu de chance, l'aider à y voir plus clair sur ce qu'elle devait entreprendre pour devenir la mère qu'Henry méritait d'avoir.
Revigorée par cette pensée, elle se détendit et trouva enfin le sommeil, même s'il fut de courte durée. Cependant, lorsque les pleurs d'Henry se firent entendre, elle se sentait reposée, et décidée à gagner cette nouvelle bataille. L'échec n'était pas une option. Car ce n'était plus seulement son bonheur qui était en jeu à présent, mais celui de cet innocent petit bonhomme qui n'avait rien demandé, et surtout pas à se retrouver au milieu de tout ce bazar. Allant préparer un biberon, elle grimpa vivement les escaliers, et après avoir soulevé Henry, s'installa dans le rocking chair près de la fenêtre et nourrit son fils.
« Je te promets que tout ira bien Henry. Je vais trouver comment être digne de toi.. » murmura-t-elle, perdue dans le regard encore brillant de larmes du petit garçon.
Comme s'il avait compris ce qu'elle lui disait, la petite main d'Henry se referma autour de son doigt et le serra de toutes ses forces. Regina eut l'étrange impression qu'Henry lui apportait son soutien. Secouant doucement la tête, se moquant d'elle-même, elle le prépara avant de déplier la poussette et de se rendre à pieds en ville. En arquant un sourcil, elle remarqua que les gens se montraient particulièrement aimables avec elle, comme si la présence d'Henry l'avait rendue plus accessible, plus humaine à leurs yeux. Sans s'attarder sur la question, elle poursuivit son chemin jusqu'au cabinet d'Archie qui la reçut sans faire d'histoire.
« Si je comprends bien, votre plus grande peur, c'est de ne pas être la mère qu'Henry mérite » résuma Archie après l'avoir écoutée.
« Henry mérite ce qu'il y a de mieux, et moi… » soupira Regina en faisant preuve d'une honnêteté qui la surprit elle-même « Je suis tellement brisée… » conclut-elle en pinçant les lèvres.
« Pas brisée Regina » la reprit immédiatement Archie en lui souriant avec bienveillance « La présence d'Henry dans votre vie prouve que vous êtes encore capable de vous ouvrir à l'amour » ajouta-t-il en souriant gentiment.
« L'amour est une faiblesse… » gronda mécaniquement Regina avant de grimacer « Excusez-moi, parfois ma mère a tendance à s'exprimer à travers moi… » railla-t-elle en grimaçant de plus belle.
« Et je pense que c'est sur cela qu'il nous faut travailler Regina » déclara gravement Archie « Le problème, ce n'est pas vous, mais votre mère et la femme que vous êtes devenue à cause d'elle » ajouta-t-il devant le regard sceptique de la jeune femme.
« Une femme à son image. Cruelle et sans cœur » se décrit Regina en se raidissant.
« Encore une fois, ce n'est pas vrai. C'est peut-être l'image que vous avez réussi à renvoyer aux autres, mais ça ne veut pas dire que c'est celle que vous êtes réellement » la contredit Archie avec un sourire entendu horripilant.
« Qu'en savez-vous ? » gronda Regina, même si elle n'y mit pas la même virulence qu'habituellement.
« Votre présence ici se suffit à elle-même » se contenta de répondre Archie sans se laisser démonter.
Regina était une femme impressionnante. Elle exsudait la confiance en elle et une autorité toute… royale, et pourtant elle avait un petit côté fragile qui prouvait qu'il avait vu juste. Il fallait simplement qu'elle l'accepte, et dès lors, il ne douterait pas qu'elle se déferait de ce masque que la vie et des personnes comme sa mère, l'avait contrainte à revêtir pour ne plus le quitter.
« Je savais bien que ce n'était pas une bonne idée… » maugréa Regina en imaginant déjà Archie aller crier sur les toits qu'elle avait un cœur.
« Regina vous devez établir votre priorité, et dès que ce sera fait, je suis persuadé que la solution s'imposera d'elle-même à vous » conclut Archie en se levant, lui signifiant la fin de leur entretien.
« Docteur Hooper, n'oubliez pas qui je suis, et si jamais vous vous avisiez de rapporter cette conversation à qui que ce soit, vous le regretteriez amèrement… » le menaça froidement Regina en plantant un regard acéré dans celui du psychologue.
« Je suis tenu par le secret professionnel… » se contenta de bafouiller Archie, songeant qu'il avait oublié terrifiante aux qualificatifs qu'il avait attribué plus tôt à la jeune femme.
Sur un dernier regard d'avertissement, Regina quitta le cabinet, non sans s'être assuré qu'Henry était de nouveau chaudement couvert. Il faisait bon dehors, mais les nouveau-nés étaient particulièrement fragiles, et elle ne voulait pas courir le risque que son précieux fils tombe malade. En la voyant agir de manière aussi prévenante et tendre avec le bébé, Archie ne douta pas qu'elle serait une mère merveilleuse. La seule qu'il restait à en convaincre restait la principale intéressée. Il espérait que leur conversation avait pu aider Regina à y voir plus clair.
« Je suis bien avancée… » gronda Regina en marchant lentement sur les trottoirs, tentant de savoir si oui ou non, aller voir Archie avait été une bonne idée ou pas.
Que lui avait-il dit exactement ? Que sa mère était à l'origine de tous ses problèmes. Ça elle le savait déjà. Et avec culpabilité, elle réalisa qu'elle s'était vengé sur Blanche et les habitants de la Forêt Enchantée parce qu'elle ne pouvait pas atteindre la principale intéressée. Lorsqu'elle avait bannie sa mère dans le Pays des Merveilles elle s'était également privée de ses chances d'obtenir réparation. Alors elle avait reporté sa soif de vengeance sue Blanche, oubliant son affection pour la jeune princesse. Et qu'est-ce que cela lui avait apporté au final ? En dehors de plus de souffrance assaisonnée à une bonne dose de culpabilité. Elle était devenue exactement ce que sa mère voulait faire d'elle et elle se détestait pour cela. Alors comment pourrait-elle être aimée d'Henry alors qu'elle était incapable de s'aimer elle-même ?
« En oubliant… » souffla-t-elle en se figeant après avoir croisé Mary Margaret qui lui adressa ce timide sourire plein de douceur qu'elle lui lançait si souvent bien avant qu'elles ne deviennent ennemies.
Oui, il fallait qu'elle oublie son ancienne vie pour ne conserver qu'en mémoire celle qu'elle s'était créée. Elle devait devenir totalement Regina Mills, et tirer un trait définitif sur la Méchante Reine. Mais pour que cela fonctionne, elle n'était pas la seule qui allait devoir oublier. Gold le devrait aussi. Et pour réussir à lui faire boire une potion d'oubli, elle allait devoir ruser. Mais pourrait-il refuser de venir boire un verre avec elle pour le seul plaisir de l'entendre se confondre en gratitude devant lui. Il jubilerait trop d'avoir acquis un tel pouvoir sur elle pour cela. Galvanisée, elle traversa la ville au pas de course et se précipita vers son caveau. Elle n'avait peut-être plus ses pouvoirs, mais elle pouvait tout de même réaliser des potions, et elle n'allait pas s'en priver.
« Quand j'en aurais fini, je serais enfin la maman que tu mérites d'avoir mon petit prince chéri » sourit-elle en se penchant pour déposer un doux baiser sur le front de son fils qui continuait à dormir paisiblement.
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Et voilà, c'est déjà la fin...
Merci d'avoir pris le temps de me lire.
La suite la semaine prochaine, en espérant avoir quelques retours pour m'aider à savoir si je dois continuer dans ce sens ou pas...
PS : je n'ai pas de bêta, donc je me suis relue plusieurs fois, mais je m'excuse pour les fautes qu'il reste peut-être dans ce chapitre :-(
