Ça y est. C'était fini. Le médecin avait rendu son verdict. Sa mère avait beaucoup pleuré. Lui aussi. Il lui restait 3 mois, tout au plus. Le désespoir commençait lentement à l'envahir. Lentement, mais sûrement. Il ne lui restait plus que 3 mois. Mais c'était quoi, 3 mois, dans une vie ? Rien. Rien du tout. C'était presque comme s'il était déjà mort. Il sortit de l'hôpital avec sa mère, toujours en pleurs.
Une fois dans sa chambre, il se remit à pleurer. Les larmes coulaient sans vouloir s'arrêter, mouillant inlassablement ses joues. Qu'allait-il advenir de lui ? Devait-il le dire à ses coéquipiers ? Non, il avait déjà les réponses à ces questions-là. Il allait mourir, mais ne dirait rien à personne. Il avait déjà demandé à sa famille de garder l'information. Et son avenir ? Il ne pourrait pas devenir sportif professionnel. Il ne pourrait pas jouer d'autres tournois. Il ne pourrait pas être heureux. Il ne pourrait qu'attendre que la mort vienne le chercher.
Le lendemain fut un matin comme les autres. Équipé de son éternel pousse-pousse, il alla chercher Midorima. En le voyant, ses pensées ne purent s'empêcher de devenir noires. Shin-chan non plus, il ne pourrait plus le voir. Toutes les soirées à se demander s'il devait se déclarer ou non étaient devenues inutiles. S'armant de son sourire incassable, il lança un joyeux « Monte, Shin-chan ! »
Le vert monta, sans un regard envers son coéquipier. Takao commença à pédaler, mais ne put retenir quelques larmes. Il aimait Shin-chan. Il l'aimait comme un fou. Certes, cet amour ne lui avait pas apporté que du bonheur. Mais il s'en fichait. Dans 3 mois …
- Oi, Takao, tu pleures ?
Le faucon essuya discrètement les larmes qui perlaient aux coins de ses joues et lui sourit.
- Qu'est-ce que tu racontes, Shin-chan ?
- Je porte peut-être des lunettes, mais je ne suis pas aveugle, tu sais. Arrête-toi sur le bord du chemin.
- Mais-
- Maintenant.
Il s'arrêta à contre-coeur puis se retourna.
- Mais tu vois bien que je ne pleure pas ! Et puis pourquoi je pleurerais ?
- Je ne te crois pas.
- Tu veux vraiment que j'te dise ? Bah je t'aime et toi non. Voilà !
Il avait menti. Ce n'était évidemment pas à cause de ça qu'il pleurait. Mais il préférait que Shin-chan le déteste plutôt qu'il ne découvre la sombre et triste vérité.
Puis, il se passa quelque chose que Takao n'aurait jamais cru possible. Shin-chan...était rouge comme une tomate. La vision était tellement exceptionnelle qu'il aurait bien pris une photo, tiens.
- Je...pas ça...c'est que…
La tomate humaine s'avança, se baissa et embrassa timidement la joue de Takao.
- C-c'est pas ça ...
Le point guard sourit.
- Hehe
Il se remit en selle et recommença à pédaler.
Son désespoir et sa tristesse étaient toujours là, tapis dans l'ombre. Mais un tout petit rayon de soleil était venu.
Il n'allait rien dire à Shin-chan.
Il allait sourire.
Et profiter de ce bonheur éphémère.
L'églantine rouge ou blanche signifie un bonheur éphémère.
Moi qui aime écrire des trucs tristes, j'ai bien aimé cette fleur :3
Merci à ceux qui ont followé et/ou reviewé cette fiction, ça me fait très plaisir et m'encourage à continuer !
Merci d'avoir lu,
Eri~
